‹ Histoire d'ArlonChapitre 40 sur 139 · XI. Gouvernement des Pays-Bas · texte numérisé non relu

XI. Gouvernement des Pays-Bas

Une statistique de I8i7 constate alors Tétat des écoles dans notre province; il y avait :

Salles d'écoles 168

Élèves i2,665

Institateors 330

Dans les 162 localités où il n'y avait pas même de salle d'école telle quelle, on se bornait à louer, pour Thiver, une mauvaise chambre toute Doe où les enfants venaient s'entasser pêle-mêle. Le loyer en était souvent payé par les élèves, qui apportaient le bois pour le chauffage en hiver.

Environ 60 localités ne possédaient pas même d'école.

L'enseignement avait, en général, une durée de trois à cinq mois.

56 écoles étaient alors tenues par des prêtres gratuitement. Un desservant, auquel on demandait de fixer une indemnité à lui payer, répondit que, par état, il était obligé d'enseigner et de donner l'instruction aux enfants. Les écoles dirigées par les prêtres étaient, à cette époque, les meilleures dans DOS campagnes ; mais leur peu de durée, cinq mois au plus, ne permettait pas d'en tirer beaucoup de fruit : les enfants apprenaient k lire, à écrire et le catéchisme, plutôt en vue de la première communion (2).

(i) Extraits dti Mémorial administratif du grand-duché de Luxembourg^ année i8i4. (i) Archives de l'État à Arlon.

En ISSi, une eaquôte fut ouverte 4aii8 toute la province, afin de reconnattre Tétat de l'instruction primaire. Il est curieux d'en constater les résultats a une époque qui n'est pas très-éloignée.

L'instruction a été négligée ou empêchée par les troubles de la guerre On a été obligé de se contenter d'écoles très-médiocres à défaut des ressources communales.

Les écoles étaient généralement de quatre mois, mais la fréquentation des enfants n'avait pas même cette durée. Présents tous le premier mois, un tiers avait déserté le mois suivant, et le quatrième mois» il n'en restait plus qae le quart.

Dans presque toutes les communes, après la première communion, toute instruction était finie pour l'enfant.

Dans la généralité des écoles, on apprenait à lire, un peu à écrire et lecatéebisme. Un bourgmestre déclare que le catéchisme suffit et qu'il n'est pas même nécessaire que l'enfant sache lire ; il apprend le catéchisme auprès do curé, comme il a appris ses prières, de vive voix.

Un autre chef de commune disait que les pères avaient vécu sans école et que les enfants pouvaient faire comme eux; que d'ailleurs l'enseignement prescrit était contraire aux usages reçus.

Presque pas d'instruction gratuite pour les enfants pauvres.

L'instituteur était presque toujours loué par les parents pour la saison d'hiver; il touchait un maigre écolage, mais il avait le logement quand le bâtiment d'école le permettait, et, en outre, la nourriture chez les pareols à tour de r6ie.

Aussi, ne faut-il pas s'étonner si, dans une section de commune, en iSâl, un individu, loué pour tenir l'école, avait trouvé plus avantageux de rompre son engagement, de faire un marché pour couper du bois de chauffage, ce qui lui procurait un salaire supérieur. Et le bourgmestre, qui en rendait compte, avait la bonhomie de se fôcher d'un pareil procédé.

Les instituteurs étalent de véritables mercenaires, à peine placés audessus du pâtre communal ; on ne pouvait leur demander ni savoir ni amour de leur état, ni méthode d'enseignement ; ils étaient simplement des gardiens d'enfants pendant quelques mois de la mauvaise saison, aussi à charge aux élèves que ceux-ci lui étaient importuns ; mais le père de famille était débarrassé pour un temps de ses enfants et c'était uniquement ce qu'il voulait (1).

(i) Archives de l'État à Arloii.

L'iNsmiKrrfON fcbliqub. 949

Cependant, en 1821, la situation de Tinstruction primaire s'était améliorée dans le Grand-Duché.

Dès 1816, des subsides royaux furent attribués Ji des écoles.

Un arrêté royal du 9 septembre 1817 créa un jury d'instruction dont les fonctions furent déterminées par une instruction générale du 15 septembre suivant.

Le jury d'instruction prit les mesures suivantes :

Nomination de délégués dans les cantons ;

Révision du personnel enseignant ;

Appropriation et construction de bâtiments d'écoles avec un mobilier scolaire convenable ;

Élâblifisement d'une école modèle k Luxembourg, pour la formation des instituteurs.

Aussi, en 1821, on constata qu'il y avait :

Salles d'écoles 191

Élèves 15,810

Instituteurs 375

C'est déjà un peu mieux qu'en 1817 ; mais que d'abus étaient encore restés vivaces et persistaient, malgré \^ recommandations, malgré la surveillance des délégués. Le jury d'instruction s'en plaint amèrement dans deux circulaires des 27 mars et 19 août 1819, dont je ne donne pas le texte, parce que les mêmes plaintes se reproduiront plus tard.

A ces abus, le gouvernement opposa de nouvelles mesures. Un arrêté royal du 25 juillet 1822 statua des pénalités contre ceux qui se livraient à l'enseignement sans titre légal. On devait être pourvu d'un brevet régulier ou d'un certificat d'admission et, en outre, d'un acte de nomination légale comme instituteur dans une localité. Le titre se conférait ensuite d'un examen.

Ces dispositions rencontrèrent peu de sympathies et ne furent pas observées ; c'est ce que constate clairement une circulaire du jury d'instruction en date du 11 octobre 1823 :

c £n ce qui concerne la nomination de l'instituteur, les abus sont encore fréquents.dans beaucoup de communes. Ici^ ce sont quelques pères de famille qui, ayant des enfants à envoyer ù l'école, se choisissent un prétendu instituteur sans l'Intervention d'aucune autorité ; là, c'est le pasteur qui fait le choix exclusivement; ailleurs, c'est le curé avec le maire et l'adjoint, voire même avec uae espèce d'agent de l'ancien régime qui s'ingère des intérêts communaux sous le titre illégal et aboli de centenier ou de syndic.

Googh

250 HISTOIRB D'aRLOM.

c Qii'nrrive4-il de là? chaque année, vers le mois de décembre» on loue pour deux à trois mois, un soi-disant instituteur parmi une foule d'iodivîdus qui vont chercher des conditions. Ou y rencontre di^s manœuvres que la cessatiou des travaux champêtres a réduits ù roisiveté, des maçons, des tisserands, des cordonniers et quantité d'autres artisans qui saisissent ce moment pour gagner quelques sols de plus qu'ils ne tirent de leur métier. On les engage non en raison du plus ou moins de mérite qu'ils peuvent avoir, c'est ce dont on ne s'inquiète guère, mais selon le plus bas prix auquel ils se soumettent à servir. Figurons-nous l'état abject dans lequel ces misérables vivent, obligés qu'il sont de donner leurs tristes leçons dans de mauvais galetas où les enfants sont entassés les uns sur les autres, de courir journellement de maison en maison, pour prendre une chétive nourriture qu'on leur reproche même souvent et de faire les démarches les plus humiliantes pour être payés de leurs rétributions qu'ils ne perçoivent presque jamais en entier. >

De nouvelles mesures furent ordonnées. Un arrêté royal du 30 octobre 1823 remplaça le jury d'instruction par des inspecteurs et une commission d'instruction composée de ces inspecteurs sous la présidence du Gouverneur.

Une instruction publiée dans le Grand-Duché seulement le 3 juin 1824 détermina les fonctions des inspectfurs et de la commission.

Aucune école primaire publique ou particulière ne pouvait être ouverte sans une permission spéciale. L'instituteur devait avoir obtenu un brevet de capacité et une nomination précise pour telle ou telle localité. On délivrait, en outre, des certificats d'admission provisoire.

L'école modèle de Luxembourg continua de fonctionner tous les ans ; les cours furent améliorés et étendus.

Les traitements accordés sur le Trésor public furent plus nombreux. On prit des dispositions pour augmenter les allocations communales et les rétributions scolaires.

On s'occupa davantage de l'instruction des enfants pauvres. On arrêta des mesures pour encourager la fréquentation des écoles et instituer partout des cours d'été.

Des soins persévérants furent apportés à améliorer, à agrandir les maisons d'école existantes et à en construire de nouvelles. Le Gouvernement augmenta les subside^ accordés pour cet objet. Le Grand-Duché s'associa lui-même à ces sacrifices en votant un crédit en faveur de l'enseignement primaire.

Deux antres dispositions contribuaient aux progrès de cet enseignement.

Googh

l'instruction publique. 251

Dès 18%1, des sociétés d'instituteurs furent fondées et ont été encouragées en 1825, par des subsides de FEtat. Ces sociétés, qui se réunissaient à certaines époques de Tannée, avaient pour but de faire connaître nonseulement les différentes méthodes reconnues propres k l'enseignement des diverses branches de l'instruction primaire, mais encore les livres et les moyens qui conviennent à chacune de ces branches, comme aussi d'éclairer les membres de la réunion sur l'usage et l'application des livres et de ces moyens. Là, chaque instituteur était tenu de rendre compte des essais qu'il avait tentés, des succès qu'il avait obtenus ou des entraves qu'il avait éprouvées, la discussion qui s'établissait à cet égard tendait à fortifier tous les membres de l'association dans la carrière à la fois honorable et pénible qu'ils avaient embrassée.

La seconde mesure était une société particulière qui avait pris naissance en 1819. Les membres de cette association étaient nombreux : elle comprenait toutes les sommités sociales. La cotisation annuelle de chaque membre était de six florins.

La société distribuait des secours pécuniaires et s'occupait de travaux en tout genre dans l'intérêt de l'instruction élémentaire. Outre les livres qu'elle distribuait aux réunions d'instituteurs, elle avait, dès 1821, établi à Luxembourg, une bibliothèque de pédagogie contenant les livres français et allemands destinés, les uns à propager les meilleures méthodes d'enseigner parmi les instituteurs, les autres à fournir pour l'éducation de leurs élèves les préceptes les plus vrais et les plus précis sur tous les genres de devoirs de l'homme en société.

D'après le règlement de cette bibliothèque, les instituteurs étaient admis à prendre des abonnements de lecture. Un catalogue des livres qui composaient la bibliothèque leur avait été distribué.

Je reprends les faits.

Le 2 juin 1828, parut un règlement définitif des écoles publié par la Députation des Etats et approuvé par arrêté royal du 12 juillet suivant. Des instructions des 5 septembre et 21 novembre 1828 expliquèrent et développèrent les dispositions de ce règlement. Voici les principes adoptés :

Obligation d'avoir une école daus chaque commune ou de se réunir à l'école d'une commune voisine ;

Obligation d'avoir un bâtiment approprié au service de l'école et de le garnir d'un mobilier classique convenable ;

Nomination de l'instituteur par la commune ; suspension et révocation par la Députation des Etats ;

fSi UtSTOtRE D'aRLON.

Logement à fournir à rinstiluteur on paiement d*une indemaité;

Obligation de payer à l'instituteur un traitement de i50 florins au moins à fournir par la caisse communale, et, à défaut, par les rétributions des enEaints solvables ;

État des taxes scolaires dressé par le conseil communal, rendu exécutoire par la Députation des Etats et recouvrable comme en matière de taxes municipales; taxe obligatoire pour les parents à raison de leura enfants âgés de six à douze ans accomplis qui ne fréquentaient pas Técole.

Allocation spéciale aux budgets communaux pour Tinstruction des enfants indigents, à défaut de fondations suffisantes ;

Écoles permanentes, avec organisation de cours d'été pour les enfants employés aux travaux de la campagne ;

Écoles de six mois pouvant être autorisées, moyennant un traitement de 00 florins à l'institotenr ;

Dépenses des écoles obligatoires pour les communes, et portées d'offlee, le cas échéant, aux budgets communaux, sauf les subsides de TÉlat et de la province.

Un arrêté royal du 27 mai 1830 apporta quelques modifications k ces dispositions.

En principe, ces diverses mesures étaient excellentes ; j'ai tenu à les rappeler ; elles devaient porter d'heureux fruits, mais les événements politiques qui survinrent dans le cours de cette année 1830, ne permirent pas d'en attendre l'exécution dans le Grand-Duché.

La commission d'instruction, dans sa séance générale du 22 avril 1830, a fait un exposé de tout ce qui, à cette époque, concernait l'enseignement primaire.

La situation est ainsi indiquée :

L'enseignement plus continu et plus répandu, embrassant M ptas grand ncMobre d'objets ;

L'étal de l'institaleur relevé par des traitements plus proportionnés aox besoins de la vie ;

Les bonnes méthodes mieux appliquées dans de grandes et belles salles noavellement construites ;

L'uniformité des livres dans l'enseignement ;

L'instruction développée chez les instituteurs parla fréquentation de l'école modèle de Luxembourg, par leurs conférences dans des réunions périodiques et par la lecture de livres fournis par des bibliothèques spéciales.

c Toutefois, sgoute l'exposé, ce perfectionnement serait plus rapide, si tant de communes ne manquaient de locaux et de meubles convenables et si elles

Googh

aTaient plus 4e ressources pour se les procurer. D'ailleurs, les vieille^ coutjViines oot leur empire ; le goftt des parentSi Jongleoips écarlé de l'iûstrMCIjoo, ne se tourne pas facilement de ce côté. Dans les campagnes surtout, les individys plus près de la nature, plus occupés d'elle, sont moins frappas de Tinstruction même étémeotaire. N'ayant nul désir de ce q^'il^ ignorent, ils sont peu jaloux de le voir apprendre à leurs enfants. L'école étant nécessairement éloignée de l^iirs habitations éparaes, peyveQt*ils les y laisser aller seuls? A-t-on le temps de les y x^onduire et de les y aller cbercber? Lorsqu'ils sont en état d'y aller sans y être conduits, ne sont-ils pas utiles à la maison, soit pour les travaux des champs, soit pour la garde des bestiaux, soit pour aller au bois? On aime mieux le service présent, quelque modique qu'il soit, que des études dont le prix est éloigné, et qu'on ne sait pas apprécier de si loin. Tel est le langage que des routines aveugles, enracinées depuis longtemps, font tenir à la plupart des habitants. Ajoutons-y nndiflërence qui est pour ainsi dire indigène dans les campagnes et l'on se convaincra que la forée d'inertie etde résistance ne peut se dissiper que par la puissance d'un régime coactif, d'un régime qui modifie des mœurs si contraires à l'éducation populaireetqui les dirige vers l'esprit de nos lois et de nos institulieas. Ceux qui veulent l'indépendance ^ojiue de l'instruction'augurent sans doute fort Jbtien de ^nr siècle, mais la masse est^Ile à Ip bauteor de cette Ui^rje? Avec une telle émancipation^ les écoles resteront nulles, connue eUesToiit tpujours été^ 11 est vrai.QMc le règlement provincial renferinç d? 9M0J jaous préserver de ce mal et qu'il a jeté des germes qui promettent beaucoup. Déjà ils se seraient considérablement développés, si la fièvre du pétilionnement, quia tant agité certaines provinces, n'avait pas fait invasion daps une partie du Grand-Duçhé.

L'Exposé termine atinei :

t Q^.iropve encore |ix)p de cotmoiunes qm refusent d'établir des éçples p<3riQaaeptf^ ; d'autres cédant aux remontrances, les fixent bien sur le papier, mais ne les tiennent pas réellement ; — d'autres enfin ne les organisept que popr quelçue^ mois. La plupart de ces communes arriérées témoignent de la répugns^nce à porter le traiten^ent des instituteurs à une hauteur sufBsante pourra subsistance de l'année ; elles cherchent, en outre, à éluder les dispositions si salutaires sur les fonds à affecter au chauffage de l'école et au logement de Tinstituteur, à l'ameublement des salles, à l'achat des livres et autres matériaux nécessaires pour rinstmction des indigents. Ces défauta proviennent, tantôt de la ténacité de leurs habitudes et de leurs préjugés, tantôt de l'une et de l'autce à la fois. A ces difficultés se joint pa^rfois l'esprit de relâchement soufflé par les ^dameucs qui ont -si iooonsidérément éclaté contre le cégime de l'instruction publique et qui ont fini par pénétrer dans le Nord-Ouest du

Googh

Grand-Duché ; témoins les communes de celle partie qui avaient convenablement ravivé leurs écoles l'année dernière et qui les ont laissé retomber cette année- ci dans leur ancienne débilité, i

Qael aveu d'impuissance ! Il n'en pouvait être autrement. Dans une grande partie de la province, il n'y avait pas de routes. La voirie vicinale, telle que nous la concevons aujourd'hui, n'existait pas. Les villages, principalement dans l'Ârdenne, restaient isolés, k peu près inabordables et presque sans relations.

Doit-on s'étonner si les habitants persistaient dans des habitudes séculaires, dans des préjugés transmis des pères aux enfants? doit-on être surpris,.s'ils ne comprenaient pas les bienfaits d'une instruction élémentaire, et s'ils n'y voyaient tout au plus qu'un moyen d'apprendre le catéchisme, aQn d'arriver à la première communion ?

Et c'est au milieu de cette population indifférente qu'on voulait introduire un système préventif et coactit :

Préventifs en établissant des peines contre tonte personne qui enseignait sans un brevet et sans une nomination par l'autorité :

Coadify tn forçant les communes de fournir des écoles avec un mobilier convenable, à l'instituteur un traitement dont le minimum était fixé, un logement ou une indemnité qui en tenait lieu, en obligeant les pères de famille ayant des enfants en âge d'école, de payer une taxe recouvrable par voie de contrainte.

Au fond, la plupart de ces dispositions étaient très-bonnes, nous les retrouverons plus tard ; mais alors ce n'était pas la loi qui les avait prescrites, elles étaient ordonnées par des arrêtés royaux ; bien plus, elles résultaient d'abord de simples mesures prises par l'autorité Grand-Ducale successivement, coordonnées ensuite et renforcées dans un règlement provincial, approuvé par le Roi.

Et l'on s'étonnait de la fièvre du pélilionnement qui faisait^ en i829 et iSSOj invasion dans le Grand-Duché et de f esprit de relâchement soufflé par les clameurs qui avaient éclaté contre le régime de l'instruction publique et avaient pénétré dans une partie de la province.

Les événements du mois de septembre 1830 modifièrent complètement la situation et y apportèrent de profondes perturbations.

Avant d'aborder ce sujet, je dois rappeler ce que furent l'enseignement moyen et l'enseignement supérieur sous le Gouvernement hollandais.

Googh

l'instruction publique. 255

Enseignement moyen.

Sous le goQvernement des Pays-Bas, une ordonnance de 1817 créa des collèges sous le nom d'athénées. Un de ces athénées fut élabli à Luxembourg. L'enseignement comprenait les langues anciennes, les langues modernes, les sciences. Ces établissements étaient érigés par l'État ou par les communes sous la direction et la surveillance du gouvernement. Des subsides étaient accordés aux communes.

Aucun collège particulier ne pouvait être établi sans avoir obtenu l'autorisation royale.

La nomination des professeurs appartenait au gouvernement et nul ne pouvait se livrer à l'enseignement moyen, s'il n'était diplômé.

Un arrêté royal du 14 juin 1825 décida que tous les collèges, quels qu'ils fussent, seraient soumis \k la surveillance du gouvernement.

Un arrêté royal du 27 mai 1830 rapporta ceux du 14 juin et du 14 août 1825 et accorda la liberté d'ouvrir des écoles, des institutions, sans être porteur d'un diplôme, mais il consacra la surveillance du Gouvernement sur tout établissement d'instruction.

Ces diverses mesures avaient excité en Belgique un mécontentement général, qui fut porté k son comble par ce qui fut prescrit pour l'enseignement supérieur.

Enseignement supérieur.

Dès le 25 septembre 1816, trois universités furent créées, Tune à Loutain, la seconde à Gand et la troisième à Liège.

Le même régime que pour l'instruction primaire et l'instruction moyenne, fut appliqué k l'enseignement supérieur.

Le 14 juin 1825, le gouvernement Hollandais institua le collège philosophique, où des jeunes prêtres devaient recevoir l'instruction préparatoire, sous la direction et la surveillance de l'autorité civile.

La mesure fut alors comblée et toutes ces dispositions, qui touchaient plus ou moins aux sentiments religieux des populations, lurent plus tard une des principales causes de la révolution de 1830. Le gouvernement du roi Guillaume fut renversé par les mêmes causes qui avaient amené la révolution brabançonne sous Joseph II; ce qui s'était passé alors fut une leçon perdue pour l'administration hollandaise.

986 HisroiftE d'arlov,

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