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IV. Gouvernement de la Belgique

L'arrêté du gouvernement provisoire du 15 octobre 1830 proclama la liberté de l'enseignement et l'abolition de toute loi ou disposition qui gênerait cette liberté.

La Constitution du 7 février 1831, dans son article 7, déclara que l'enseignement est libre et que toute mesure préventive est interdite, et elle ajouta que rinstruction publique donnée aux frais de l'État serait réglée par la loi.

Le âl mai suivant, le Régent prit un arrêté pour supprimer les commissions d'instruction et les inspecteurs des écoles.

Ainsi, en quelques mois, est tombé tout l'édiGce si péniblement construit par l'administration Grand-Ducale, auquel elle avait mis la dernière main en 1^30, pour en recueillir les avantages dans un avenir assez prochain.

11 ne faut pas condamner la liberté de l'enseignement; elle est un grand bien, mais on doit constater que, seule, elle a été impuissante à satisfaire tous les besoins.

Arrivons au développement des faits.

Ettsmg$Kfnent prif/èaive.

Le système de prohibition et de coaction de l'administration précédente devait amener une réaction. La liberté «d'iensei^Mr fut entendue dans le sens le plus large et le plus absolu, c'est-a-dire le droit de ne pas faire ou ëè faire «lal.

On retomba bientôt dans la situation d'avanl 4^19.

L'ânstmction iprbnaire fift abandonnée pnr left cofnmimes, afu dergé et aux particuliers. Celles-ci firent peu <<m poinft^e ^orifices 'po«r les écoles. A<«98i la cairiière fut-^elle dései^téepMrhpIvpaitdesbousiiistituteiirs formés il l'yole modèle et Lasemboiirg^ pow vechercbeor ^es enqifloîs pk» rémunérateurs.

Plwieurs avaient été ^LémisBionnés «ans motif ^et par suite d^ arrbifraire que rien ne jostiflait.

la tenue des écoles publiques, là où elles ne ftrrent poiiH ^ntrèrement supprimées, fut de aouveau mise au rabais ; toute dignité fut effacée chez l'iiMtitutear 4J)Ugé de se «ontonter de ce que les pères de famille TOidaîeirt bien lui payer, soit en argent, soit m ^lenrées, ^^^ler chercher de nouveau, de maison en maison, la nourriture de chaque jour.

Googh

On en revint généralement «n écoles temporâireft de quatre, cinq ou six mois ou plus.

L'enseignement devint tel quel, sans surveillance, sans méthode ; on abandonna l'uniformité des livres. On apprenait seulement à lire tant bien que mal et un peu k écrire. Faire apprendre le catéchisme était la principale occupation du maître.

Les enfants indigents étaient à peu près exclus de Tinstruction.

Dans ce naufrage général de Tinstruction primaire quelques écoles surnageaient : c'était dans les villes et dans quelques rares communes importantes, où le besoin de savoir était mieux senti.

Le gouvernement combattit cet esprit désorganisateur par les seules armes qu'il possédait, par la persuasion presque toujours impuissante, mais plus efficacement par le maintien et l'augmentation de traitements sur le trésor public.

A l'octroi de ces subsides personnels aux instituteurs, certaines conditions étaient attachées dans l'intérêt d'un bon enseignement.

Il en fut ainsi jusqu'en 1837.

La loi communale du 30 mars 1 836 déclara obligatoires les frais que la loi sur l'instruction publique met à la charge des communes ; mais comme il n'existait pas encore de loi sur l'enseignement primaire, le principe posé dans la loi communale était en quelque sorte une lettre morte.

La loi du 30 avril 1836 imposa aux provinces, l'obligation d'accorder des secours aux communes pour l'instructÎQQ primaire. A partir de 1837, l'action de la province fut jointe à celle de l'État.

De 1837 a 1842, les mesures prises par l'autorité ont consisté :

En traitements de l'État, en traitements de la province, lesquels ont été accordés sous des conditions déterminées : capacités et moralité de l'instituteur ; instruction des eniants indigents, permanence de l'école.

Des écoles normales pour former d^ instituteurs ont été créées à Vîrton, k Bastogne, k Arlon. On institua des concours entre les instituteurs primaires {BègUment provincial du i2 juillet 1838).

A la fio de 1842, on comptait dans la province :

Bons instituteurs 179

Instituteurs passables 14&

— absolument mauvais. * 1412

Nombre des écoles commanales. .

— privées. . •

Nombre des élèves :

Écoles communales 23382

— privées 2658

Revenu des instituteurs Subsides de FÉUt. . . .

— de la province.

Allocations communales.

Bureaux de bienfaisance.

FondalioDS

Rétributions scolaires. .

frs

Ainsi, dans 37 communes, les écoles restaient abandonnées, sans contrôle, à la seule surveillance des administrations communales.

Sur 466 écoles, 269 ne recevaient aucun encouragement de TËtat ou de la province. Les instituteurs s'y maintenaient avec les seules ressources locales, c'est-à-dire avec une allocation communale ou nulle ou insuffisante, et des rétributions scolaires, parfois assez élevées, mais dont la rentrée était incertaine.

La situation s'était améliorée. En somme, on n'avait pas trop à se plaindre du régime de la liberté d'enseignement tempéré par les mesures officieuses prises par l'administration provinciale, de concert avec le Gouvernement,

Nombre de communes :

Subsidiées par l'État et la province.

Non subsidiées

Nombre d'écoles

Subsidiées

Non subsidiées. . . .

Googh

l'instruction publique. 959

et il était permis d'espérer encore mieux de Tavenir ; mais ces mesures ont pris fin avec la promulgation de la loi organique de l'instruction primaire du 23 septembre i842, iutroductive d'un régime nouveau.

Je n'ai pas k entrer dans beaucoup de détails sur cette loi et sur Texécution qu'elle a reçue successivement,^ous avons tous assisté a cette exécution depuis trente ans. Je me borne k tracer le. cadre de la loi :

Obligation d'avoir, dans chaque commune, au moins une école communale ou adoptée ou privée ;

École communale placée dans un local convenable, pourvu du mobiHer classique nécessaire ;

Obligation d'admettre gratuitement à l'école tous les enfants indigents de 7 à i ans, en leur fournissant les livres et les autres objets classiques voulus pour leur instruction ;

Matières comprises dans l'enseignement primaire ;

Surveillance des écoles par l'autorité locale et par des inspecteurs civils, par les ministres des cultes et par des délégués des chefs des cultes;

Approbation des livres destinés à l'enseignement primaire ;

Mode de nomination, de suspension et de révocation des instituteurs ;'

Mode d'inspection âes écoles, inspecteurs cantonaux, inspecteur provincial, payés soit par la province, soit par l'État;

Conférences trimestrielles des instituteurs ;

Dépenses des écoles à charge des communes aidées des subsides de la province et de l'État ; ce qui comprend le service annuel et la construction, l'amélioration des bâtiments d'écoles ;

Traitements fixes des instituteurs, émoluments divers, logement ou indemnité quand le logement n'est pas fourni en nature ;

Écoles normales établies par le Gouvernement ou adoptées. Bourses accordées pour la fréquentation des écoles normales et continuées à titre de noviciat;

Concours entre les élèves des écoles primaires ;

Bibliothèques cantonnâtes ;

Établissement de caisses de prévoyance en faveur des instituteurs primaires ;

Création d'écoles d'asile pour les petits enfants ;

Ouvertures d'écoles d'adultes, d'ateliers de charité et d'apprentissage.

On rencontre dans la loi organique de l'enseignement primaire la plupart des dispositions du règlement grand-ducal du 2 juin 1828. Ces dispositions ont été même renforcées. Pourquoi donc le règlement provincial, dès son apparition et son exécution, a-t-il soulevé tant de mécontentement ? Pour-

4Mi Ift Idi dtf S8 géptmiib»e 4849 iKt-atle élé metpfléB et efiéenlée beaucoup â'oj^positiott dé« te priwApe 1 Pontqém rest-eUenqoitfd'InHi rëelamatiofl ? C'est qûè te règlemeiit gmd^diieal n'éuil pi» vase loi Uhre- (nent vôtéè ; e'est que la CoMiitotion bdge coùsaere te pmeipe d'on ênaeigtatemeiil doniié par TÉtat ; e'eat qie cet eDaeigaenest eM réglé par des lois.

D'an antre côté, la situation générale n'est plus la même. Depuis plus dé quarante atis, leë Toies de communteatioM ont été mnltîpliééè ûMm la province et ont donné un accès facile dans les moindres tîliar|^« Les déplacements, les relations entre les habitants sont deventfs pltfs fréquents; on a une meilleure entente des besoins publics et de leur utilité. Lé commerce s'est développé et le bien-être a été augmenté. La génération qui occupe aujourd'hui le pouvoir communal est, en général, celle qui est sortie des écoles primaires régénérées soit avant 18d0, soit depuis Ià36 ; instruite elle-même, elle comprend mieux les bienfaits de l'instruction.

Voilà pourquoi nos écoles primadres se sont développées et pourquoi les sacrifices en faveur de l'enseignement élémentaire ont été considérablement augmentéSi

Qu'on juge de la situation actuelte comparée k ce qu'elle était avant 1843!

Situation de l'instruction primaire dans la province en 1871 :

Nombre d'écoles 488

Nombre d'instituteurs, d'institutrices, de sous-maitres et de sous-maitresses B88

Nombre d'élèves admis aux écoles

Indigents . IdSda

Solmbles 17051

Ressources affectées au service ôfdidaire : Encaisse de 1870 . . . . frs. 12920 Fondations et bienfaisance . • . 13183

Caisses communales 240718

Rétributions des élèves ..... 107309 Subsides de l'État et delà province. 341313

Total, ft. 615443

L'owrucrioii pouque.

Dépenses ; Personnel. TraitemeDt fixe en institutears . 320365 Rétribotiûiis scolaires .... 107309 Indemnité^ potrr rinstrtictioD gratuite des indigeols »... 03686 Indeamkés am écoles adoptées. 40030

Totalt fr. 531890 Maliriel. Loyer et indemaités de logement anx instituteurs. . 13618 Objets chssiques, entre^ tien des Idcaut, éclai* rage, chauffage et dis* ffibution de prii . 89SS8 101947

Total général, fr. 633346

Ajoutes :

Pour 8 écoles gardiennes.

Gôttttiunes» .... 6496

État 2289

Protinee iOOO 9795

Pour 124 écoles d'adultes.

Communes . . . 25854-40

État 12416-60

Proviace .... 3000-00 41271-00

Pour 25 bâtiments d'école construits, réparés, agrandis et ameublis en 1871 ....

État 94532

Province 78777

Communes .... 170180 323489

Ml

Écoles normale».

NiveUes: 18 élèves de la province.

Bourses État ... . 3600 Province 1600

3«S HISTOIRE D'ARLOM.

Virloti. 76 élèves. Bourses État. 15000

Province 8000 23000

CarUbourg. 125 élèves. BoursesÉtat. 8800 8800

Bastogne. 70 élèves. Bourses État. 12200

Province 4350 16550

Arlon. M élèves. Bourses État. 8800

Province 2350 11150

Yoilk une situation excellente comparativement à des temps qui ne sont pas trop éloignés ; mais ce qui fait la pl^ie de l'enseignement primaire, c'est la fréquentation incomplète des écoles par les enfants. L'été, les classes sont à peu près désertes, et il est établi, par la statistique, que, pour la Belgique entière, sur cinq enfants qui, chaque année, quittent les écoles, il y en a deux seulement qui ont terminé toutes leurs études primaires ; les trois autres ont abandonné ces études sans les avoir com-

C'est un triste héritage des siècles antérieurs, d'habitudes invétérées qu'il sera longtemps encore difBcile de changer.

Je termine cet exposé de notre enseignement primaire en 1871, en indiquant quelle est actuellement l'inspection des écoles dans la province.

Enseignement civil.

Intpecteur profrincialy M. Henckels, à Arlon.

Inspecteurs cantonaux.

!•' ressort. Les cantons de Virton, d'Étalle, de Florenville, M. Layon» à Bellefontaine.

2« ressort. Les cantons de Messancy, d' Arlon, de Pauvillers, H. Maas, i Stockem.

d« ressort. Les cantons de Bouillon, de Paliseul, de Saint-Hubert, de Neofchâteau, M. Boreux, à Bertrix.

4* ressort. Les cantons de Vielsalm, de Houffalize, de Bastogne et de Sibret, M. Delvenne, à Rettigny.

5« ressort. Les cantons de Nassogne, de Marche, de Durbuy, d'Ërézée, de Laroche, M. Baugnet, à Hotton.

Googh

L'mSTBUCTIOlf POIILIQUB,

Inspection eccléHastique.

Inspectear diocésaio. H. Tabbé Lambert, à Neufchâteau. Inspecteurs. MM. les doyens dans leurs ressorts respectifs : à Arlon, MM. Gaspar, curé de S^Martin et Raths, curé de S^Donat.

Enseignement moyen.

Ayant 4850, le Gouvernement avait pris des mesures pour maintenir quelques établissements d'instruction moyenne ; mais l'enseignement moyen donné par TÉtat ne fut organisé que par la loi du l^''' juin 1850.

La loi créa des athénées royaux et des écoles moyennes inférieures (art. i), dont la direction appartient au Gouvernement (art. 1 i).

La loi reconnut également les établissements provinciaux et communaux, ou patronés par les provinces et les communes (art. 15 et 30).

Nombre d'arrêtés royaux ont été pris pour l'organisation des établissements d'enseignement moyen du premier et du second degré ; ils ont abouti k un règlement définitif organique du 18 juillet 1869, qui rapporte tout ce qui a été prescrit précédemment.

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