IK
IGaO
TIt
Année» de cherté : 1595, 1615, 1625, 1630, 1635, 1636, 1637, 1638, 1640, 1645, 1650, 1660, 1675, 1680, 1600, 1710, 1725.
1636, 1637 et 1638, années de peste ; il n'y avait pas de froment. Lés
pris du seigle et de l'avoine étaient exorbitants. Cette grande cherté s'est
prolongée jasqa'en 1650.
Vers le milieu du xvii^ siècle, l'argent avait à peu près quatre fois la valeur de nos jours.
l/hectolitre durait coulé :
Froment
Seigle
Compte du receveur du domaine de VÉlai à Arlon en 475 f.
!le«*li(re.
Froment
38'/, frs.
ScigJc
Avoine
Orge
28 cl 35
Sarrassin
se
Efeautre
L'année t752 était encore une année de cherté.
Extrait d'un petit registre In 4^ sans pagination contenant des taxes et (Us- UibuiioM de procès (archives de VElat à Arlon.)
Le bich(*t de froment coulai! % sols frs. 2, 1 4 33 sols frs. e,GG
Id. de métillon 21 1,73 27 3,âi
Id. de seigle 17 1,40 24 1,90
Arrivons k des époques plus rapprochées de nous (1).
Hectolitre
■étcil ttiflU afvin HBW*^tcm.
1815 14,46 et 18,46 1 1.63 et 16,49 9,61 et 13,33 4,72 et 7,72 2,03el4,98
(i) Ce qui suit est extrait <lu Mémorial administratif du Grand ducltè de Lusembourg et du Mémorial administratif de la province de Luxembourg.
Qoo^<z
rruml
IMlil
ui«lt
•niH
MBBM it Um.
1830 aoûl
i83l janvier
Laissons de côté les années 1814, 1815, 1816 et 1817, qui appartiennent à une époque de guerre, ii la coalition de l'Europe contre la France, époque fatale qui fut suivie de la famine en 1817.
Les années 1830, 1845, 1855 et 186U marquent également des temps extraordinaires de cherté, par suite de manque de récoltes. Dès 1865, nous atteignons une situation assez normale qui indique néanmoins une période constamment ascendante dans les prix des céréales. Comparez 1820, 1831 et 1835 avec 1872, les prix ont plus que doublé.
Les mêmes enseignements nous sont fournis pour le pain et la viande.
Extrait du petit registre in 4» désigné plus haut :
Taxe du pain.
La valniir d'un sol
juin
mars
novembre
doit pesnr
Pain de Tromenl onces
Bis blanc, id.
métilloD, id.
1 sol de farine de froment .
id.
1 id. bis blanc mélillon, id
Avril 1794.
1 ' de farine
6 kreulzer
2 liants
frs. 0,fi\
1 * de pain blanc
1 * métillon
(I) Au inarclié du 3n iiiillet 1873 à Arlon, les piîx élaieiil les suivants par liectoIit**c
Froment a 9 fr.f.
iMéleil 24
Seigle 17
Avoine 10
Os prix n'ont fait que croître depuis.
Ces chiffres indiquent également des années de cherté, les prix deviennent eicessifs eo 1794; le pays était alors envahi par les Français. Voici les prix d'époques plus près de nous :
Pain
de froment
de seigle
Le kilogr.
0,99 et 0,83
0,91 et 0,30
Le roëine accroissement se remarque dans les prix du pain aussi bien qne pour les céréales ; cela devait être.
Taxe de la viande.
Extrait du petit registre in 4^^ déjk cité :
avr
il 1764 avr
•il 1770
sept. 1780
déc
Mit
In. Mil
In.
iMs
In.
Mb
In
La livre de bœuf gras
Mouton
2Vi
Veau
0,1646 2Vi
Vache grasse
Porc
Bœuf
vache
veau
mouton
cochon
18181e kilogr.
(0 Ce soQt les setiU documenls que fournissent les Mémoriaux administrati/s de Luxembourg et d*Arlon. Les prix de 1873 sont ceux courants du marché d^Arlon.
(a) Les recueils admioîstralirs ne publient pas de documenls pour les années entre 1817 et i835; de même entre i85o et 1867.
Qoo^(^
IMOUfiTRIEi COVIIBRCE. 401
La conclusion à tirer de ces divers documents est toqours la même : les conditions de Texistence journalière sont changées ; depuis moins de quarante ans, les choses les plus nécessaires a la vie ont doublé de prix. Les bénéfices de Tindustriel, du commerçant, de ragricultear, se sont accrus dans la même proportion ; leur position n'a pas varié ; il n'en a pas été ainsi de ceux dont les moyens d'existence sont restés k peu près stationnaires. Telle est la classe des fonctionnaires publics (1).
SECTION IIL — Industrie. Commerce.
Quelques lignes des commentaires de César donnent une idée de l'industrie et du commerce de la cité de Trêves avant l'arrivée des Romains.
Un certain luxe dans les habitudes de la vie commune, dans les vêtements, dans les habitations, était la conséquence naturelle de l'industrie et du commerce. Il n'y avait pas de comparaison k faire sous ce rapport entre les Gaulois et les Germains (Caes. lib. /, c. 31). C'est la proximité de la province romaine et les importations maritimes qui ont bit connaître l'abondance et les jouissances du luxe fldem^ lib. F/, c. 24).
Ces conséquences de la proximité de la province romaine devaient être peu sensibles dans le Nord des Gaules. Cependant César constate que les Ubiens étaient plus civilisés que Je reste des Germains, parée que, étant placés sur les bords du Rhin, ils communiquaient avec beaucoup de mar* chauds et d'ailleurs le voisinage des Gaulois les avait façonnés à leurs mœurs (Caes. lib. /F, c. S).
Suivant M. Sghayes {ta Belgique sous les Romains) les Gaulois du Nord avaient fait quelques progrès dans l'industrie : tissage du lin, fabrication des toiles fines pour étoffes et toiles fortes pour la marine ; étoffesde laine fines et fortes pour habillements ; feutrage ; teintures et colorants ; broderies en argent et en fils de couleurs ; fabrication des savons, des tonneaux ; exploitation des mines de fer et de cuivre ; préparation du fer et du cuivre à divers usages ; étamage ; armes de guerre ; monnaies d'or, d'argent, de cuivre et de métaux mélangés (2).
(i) Les ouvriers agricoles devieanent rares } aussi, leurs préteolîons se iont-elles éle« vëes : le salaire de la journée est presque doublé. 11 faudra songer k remplacer, k la campagne, la main d'œuvre par le travail des machines. Déjà, dans de nombreuses exploitations rurales, le fléau a fait place à la batteuse. On devra penser égalemant k remplacer la faulx par la faucheuse et la moissonneuse.
(3) Les Gaulois tissaient et brodaient les étoffes; Tétamage fut trouvé chez les Biturîges et le placage chez les Eduens. Ils étaient surtout célèbres dans ce dernier art fleurs ouvriers plaquaient des chars entiers avec une telle perfection » qu'on s*y trompait (Burette, histoire de France, i , 20).
Sous les Romains, dont la domination dans les Gaules a duré cinq siècles environ, ces industries se développèrent et le commerce s'étendit. La roé* tropole de Trêves absurba une partie des produits, l'autre partie se dirigea vers rilalie et Rome (1).
Les Romains, en effet, tiraient de grands avantages de l'Ardenne et do Luxembourg : ils y faisaient Torger des armes, des boucliers, des épées, des dards, des cuirasses, des batistes et toutes les armes de guerre. Les laines de la Gaule étaient très-estimées : on les filait, on les teignait avec art.
La Moselle avait ses vignobles.
On a retrouvé h Viehtcn les ruines d'un établissement métallurgique romain et dans divers endroits de la province, des restes de forges à la manière catalane.
Les moyens de transport étaient ou la mer ou les fleuves ou bien la voie de terre.
Les relations commerciales étaient favorisées par les routes romaines, sûres et bien entretenues, par les stations et les mutations ofa les voyageurs trouvaient des relais et des gites (2).
Ces voies de communication ont été détruites par les Barbares et n'ont pas été rétablies sous les Franks ni par la féodalité.
Tout tomba, industrie et commerce.
Plus tard, les relations commerciales se rétablirent de loin en loin par l'institution des foires. Mais les moyens de transport étaient si difliciles et ofl*raient si peu de sécurité, que les marchands se transportaient par caravanes et en armes, afin de repousser les attaques des malfaiteurs. Les seigneurs eux-mêmes, du haut de leurs repaires, vrais nids de vautours, épiaient ces caravanes et les rançonnaient.
(i) Straùo lib. 4 Georg. « Tarn copiosi sunt in pecuduni et suûm grèges, ut sagorum et salsainenlorum copÎHin, non Roms tantum suppeditent, sed et plerisque Italie parlibus. »
jiusone disait que Trêves enlrt'tenait, revêtait et armait toutes les forces de l'Empire:
Imperii vires quod alit^ quod vestit, quod annal.
C*est ainsi que nos ancêtres menaient jusqu'i Rome des troupeaux de porcs, de looiitons et d'oies.
fa) A Rome on aviiil une haute idée de l'opulence des Gaules.
Lorsque l'Empereur Claudius voulut faire approuver par le sénat le dessein qu'il avait de rsndre ceux <les Gaulois qui tenaient le premier rang dans leur patrie, capables de posséder les plus grandes dignités dans la république, ce Prince parmi plusieurs autres raisons, allégua celle-ci : ne vaut-il pas mieux, pour nous^ engager les Gaulois à venir consommer leur) revenus dans Rome, que de les laisser jouir de leur or et de leurs richesses au-delà des Alpes. Auriun et op€$ suas inférant potius ^uam sepatati possideanU
Qoo^<z
INDUSTRIE, GOmiERGB. 408
Les Toires étaient alors des institutions nécessaires et dintérét publie. Par ordonnance du i7 janvier IGOi, les archiducs firent défense de tenir foire ou marché public sans autorisation de leurs A. A. R. R., sous peine d'amende (1).
(i) Je relate ci-après quelques dispositions anciennes concernant les foires et marchés, aîosi que les poids et mesures.
Loi de Beaumont de Tan iiBs.
Art. 5. Les marchands de draps et autres qui livrent ^ Taune, que leurs aunes ne soîeat ajustés avec celui du seigneur et que les draps et autres denrées soient loyales et marchandes, sur peine de perdre les dites denrées et être punis comme faux marchands.
Art. 6.
Sans suivre le nombre de mesures :
La livre se fuit par seize onces^ la demy livre par huit onces j le quarteron par quatre onces et le demy quarteron par deux onces.
I^ grand muid de grain par douze septiers, le septier par quatre quarteU^ le quarte par àevLM- àicAets.le bichet par deux quarterons,
La tonne d'huile se fait par dix sepiien, le septier par quatre quartes^ la quarte par deux painteSf la pain le par deux chàpines.
Le grand muid de sel par vingt-sept quartels.
La queue de vin par trente-six septiers, la demy queue par dix huit scptiers.
Art. i8. L'homme qui fera noise k jour de marché ou autre semblable, en sera k 60 sols d'amende.
Art. 56. Les mesures de lavernic doivent être ajustées par les hiayeurs et les justicîerê, si elles sont trouvées fausses, elles doivent être défoncées a plaîn marché et puîsars et brûlés en un feu de fagots, et ceux banis de vendre vin et de non plus user de mesure uy tenir taverne.
Franchises et coutumes de Dampvillers du 3 août ibSi {Luxemùurger WeistAuntâr p. i58).
i4. Les foires et marchies seront francs pour tous ceux qui vouldroiit arriver avec toutes marchandises, et ne se lèvera gabelles, tonlieux neaultres dénies sur les marchandises soit pain, vin, chair, bledz ou autres grains, draps, toiles^ poissons, liarencx ou autres qu'elles soient, tant sur les forains comme subiectz.
i5. Toutefois les maire et gens de justice auront le regard sur les marchandises pour visite si elles sont suffisantes et principalement sur celles qui se distribuent par poîi» aulnes et mesures.
16. Tous les ans une fois la justice fera la visitaon des poixj mesures et aulnes, assavoir si elles sont justes selon l'usance du lieu.
Charte d'Yvoix donnée par Louis, comte de Ghiny en février 1313.
9. Le jour du marchié sera franc à tous venans du dehors partout le dimanche jusque au vf'spres du mardi [Luxemburger H^eistfiUtner^ p. 374).
Coutumes de St, Hubert publiées par l'abbé Cyprian Mareschal de 1663 & 1686.