QUI ONT ÉTÉ CONNUES DEPUIS LE NEUVIÈME SIÈCLE JUSQU'AU DIX-HUITIÈME
MAISON d' AUVERGNE (1)
On ne connaît guère de maison plus illustre dans la Gaule que cette première maison d'Auvergne, qui a donné plusieurs comtes à l'Auvergne et plusieurs ducs à la première Aquitaine. On y trouve Guérin P% comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine, à qui l'empereur Charles le Chauve dut le gain de la bataille de Fontenay; son fils Bernard, comte d'Auvergne, marquis de Gothie; son petit-fils Bernard II, comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine, à qui Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, confia en mourant la tutelle et le gouvernement de son fils, Louis III, qui fut père de Guérin II, comte d'Auvergne, de Guillaume le Pieux, comte d'Auvergne, duc d'Aquitaine et fondateur de l'abbaye de Cluny, et d'une fille nommée Adelinde, qui resta seule de cette grande maison et donna lieu, par son mariage avec le comte Acfred I*"", à l'origine de la seconde maison d'Auvergne, d'où descend aujourd'hui toute la maison de La Tour-Bouillon.
SECONDE MAISON d'aUVERGNE
Cette seconde maison d'Auvergne a quelque chose de bien brillant, car, outre son antiquité, étant issue des anciens ducs d'Aquitaine et comtes d'Auvergne, elle a été féconde en
(1) V. sur cette maison les notes, pages 312 à 3io.
grands personnages qu'elle a donnés à l'Eglise et à ri']lal pendant neuf siècles. Mais ce que Ton aurait de la peine à trouver dans d'autres maisons, c'est que les hommes dont nous lui sommes redevables dans les deux derniers siècles ont pour ainsi dire surpassé ceux qui ont vécu dans les autres, quoiqu'ils aient acquis, par leurs actions et par les services qu'ils ont rendus à nos rois, une gloire qui ne s'effacera jamais. Les seuls noms de François de La Tour, vicomte de Turenne ; d'Henri de La Tour, duc de Bouillon ; de Frédéric-Maurice de La Tour; d'Henri, vicomte de Turenne, son frère ; de Constantin-Ignace de La Tour, chevalier de Malte ; de Frédéric-Maurice de La Tour, comte d'Auvergne , et de Louis, prince de Turenne, ne rappellent-ils pas dans l'esprit ridée d'autant de héros? La grandeur de cette maison paraît encore par ses alUances avec les plus illustres maisons de France et avec plusieurs maisons souveraines de l'Europe. Mais ce qui relève encore plus sa gloire , c'est l'avantage qu'elle a de s'être alliée quinze fois avec l'illustre maison de France, de lui avoir donné deux reines : Jeanne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne, femme du roi Jean, et Catherine de Médicis, qui était du sang d'Auvergne par sa mère, Madeleine de La Tour. Cette grande maison a été divisée en cinq branches, dont il y en a quatre d'éteintes : la seule qui reste est celle des seigneurs d'Olliergues, à laquelle Bertrand, fils de Bertrand, s' de La Tour, HI^ du nom, et.de Béatrix d'Olliergues, a donné commencement. C'est de lui que descendent les ducs de Bouillon d'aujourd'hui, seuls rejetons de cette illustre maison. Les autres branches ont été celles des comtes d'Auvergne, des dauphins d'Auvergne, des seigneurs de Saint-Ilpize et de Combronde, et des vicomtes de Thiers. Les deux premières branches, ayant fini, tombèrent dans la maison royale de France, nos rois étant devenus comtes d'Auvergne et seigneurs de La Tour par le mariage de Catherine de Médicis , comtesse d'Auvergne et dame de La Tour, avec Henri, duc d'Orléans, qui fut depuis roi, et le dauphiné d'Auvergne passa dans la maison d'Orléans par le mariage
de Marie de Bourbon, duchesse de Monlpensier, avec Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIÏI. Il était venu à la maison de Bourbon par le mariage d'Anne Dauphine, fille de Beraud, dit le Grand, dauphin d'Auvergne, avec Louis II, duc de Bourbon.
La branche des seigneurs de Saint-Ilpize, qui commença par Robert P'', s"" de Saint-Ilpize, fils de Robert III, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, et d'Isabeau de Chatillon, sa seconde femme, se divisa encore en deux branches. La branche aînée finit en Bernard III , s' de Saint-Ilpize et de Combronde ; la seconde en Guichard Dauphin II , s' de Jaligny, grand-maître de France , fils de Guichard Dauphin I", s' de Jaligny, grand-maître des arbalétriers de France, et d'Isabeau de Sancerre, sa première femme.
Matfroy, vicomte de Thiers, frère de Robert V% vicomte d'Auvergne, donna commencement à la branche des vicomtes de Thiers, qui eut plusieurs grands hommes, entre autres saint Etienne, fondateur de l'ordre de Grammont. Le dernier de cette branche fut Guillaume de Thiers , qui ne laissa qu'une fille, Marguerite de Thiers, dame de Vollore et de Montguerlhe , qui épousa Pierre de Besse , s'" de Bellefaye en Limousin.
La branche de La Tour des seigneurs d'Olliergues commença par Bertrand, s' de La Tour, IIP du nom , s" d'Olliergues, qui épousa Béatrix, héritière de la maison d'Olliergues, qui laissa Bertrand de La Tour, P' du nom, s' d'Olliergues, qui de Marguerite Aycelin de Montaigu eut Agne de La Tour, pr du nom, s"" d'Olliergues, duquel vint par quelques degrés Agne de La Tour, IV° du nom, s' d'Olliergues, qui laissa d'Anne de Beaufort, vicomtesse de La Tour, Antoine de La Tour, vicomte de Turenne, qui eut d'Antoinette de Pons François de La Tour, IP du nom, qui épousa Anne de La Tour-Boulogne. Il fut père de François de La Tour , IIP du nom , vicomte de Turenne, qui laissa d'Eléonor de Montmorency Henri de La Tour, vicomte de Turenne, duc de Bouillon, prince souverain de Sedan, qui eut d'Elisabeth de Nassau, sa seconde femme,
Frédéric-Maurice de La Tour, duc de Bouillon, qui laissa de Léonor de Berg Godefroy-Maurice de La Tour , duc de Bouillon, grand-chambellan de France, qui eut de Marie- Anne Mancini Manuel-Théodose de La Tour, duc d'Albret et de Bouillon, qui a eu de Marie- Arniande- Victoire de La Tréniouille
Les armoiries des comtes d'Auvergne sont d'or au gonfanon de gueules frangé de sinople.
Les dauphins d'Auvergne, qui descendaient d'un aîné des comtes d'Auvergne, devaient avoir conservé le gonfanon dans leur écu, et le quittèrent pourtant et prirent un dauphin pâmé d'azur sur un champ d'or.
Les armoiries des seigneurs de St-Ilpize et de Combronde étaient d'or au dauphin pâmé d'azur au bâton de gueules.
Les seigneurs de Jaligny, leurs puînés, portaient de même, et pour différence, le bâton brisé en chef d'un écusson d'argent.
La branche des vicomtes de Thiers, qui sont ensuite devenus comtes de Chalon, portait d'azur au lion de gueules.
Les premières armoiries des seigneurs de La Tour-d'Auvergne étaient de gueides à la tour d'argent. Depuis, ils portèrent de France à la tour d'argent. Ils mettaient même assez souvent la tour en abîme sur une fleur de lys du milieu de l'écu.
MAISON d'aURILLAC
Cette maison a été dans un si grand lustre dès le neuvième siècle, qu'Odon, abbé de Gluny, qui vivait dans le dixième, ne fait point de difficulté de dire qu'elle était la plus noble et la plus généreuse des Gaules.
Géraud, comte d'Auvergne, est le premier que nous connaissions de cette maison, qui prit alliance avec Adeltrude de France, que l'on croit avoir été fdle naturelle de Charlemagne, dont il eut, selon quelques-uns, Bamnulphe, comte de Poitiers et duc d'i\quitaine, tige de la maison de Poitiers, et le célèbre saint Géraud, comte d'x\urillac, fondateur de l'abbaye d'Aurillac. Cette maison était unie par le sang à la
première maison d'Auvergne, saint Géraud étant cousin de Guillaume le Pieux.
SECONDE MAISON d'aURILLAC
On croit qu'Avigerne d'Aurillac, sœur de saint Géraud, a donné lieu à cette seconde maison d'Aurillac par son mariage avec Hervé, comte d'Herbauge et de Nantes, dont elle eut Raynaud d'Aurillac et Benoît, tige de cette seconde maison d'Aurillac. De lui descendirent, par quelques degrés, Astorg V d'Aurillac, s' de Conros, et Durand d'Aurillac, tige de la branche de Montal-La Roquebrou. Astorg V d'Aurillac, s' de Conros, laissa de Marguerite de Montai Astorg VI d'Aurillac, s"" de Conros, qui épousa en 1314 Dauphine de La Tour, fille de Bernard, s' de La Tour, VHP du nom, et de Béatrix de Rodez ; de ce mariage vinrent, par quelques degrés, Aymeric H d'Aurillac, s'" de Conros, qui épousa en 1420 Florie d'Estaing, dame de Tinières, fille de Jean, vicomte d'Estaing et d'Helips de P.errefort, dont il eut Alix d'Aurillac, dame de Conros, de La Bastide et de Tinières, qui prit alliance avec Louis de Courcelles, s' du Breuil et d'Aurouze, et de ce mariage vint Louis II, s'' du Breuil, de Conros, d'Aurouze et de La Bastide, qui fut marié avec Isabeau de Langeac. Il lui donna, par donation, tous ses biens, qu'elle porta à Jacques d'Urfé, dit Paillart, fils de Pierre, P' du nom, s' d"Urfé, et dTsabeau de Chauvigny-Blot.
BRANCHE DE LA MAISON d'aURILLAC-MONTAL
Cette branche de la maison d'Aurillac a pris le nom de Montai, qui est un château qui est près de La Roquebrou.
Durand d'Aurillac, fils d'Astorg IV d'Aurillac, s' de Conros, qui vivait en 1251, est celui qui a fait la branche d'Aurillac- Montal. Il épousa Guillemet te, dame de La Roquebrou ; de ce mariage vint Géraud de Montai, s' de La Roquebrou et de Carbonnières. Il laissa de N. de Carbonnières Guillaume de Montai , qui fut père de Bernard de Montai , duquel des-
cendit, par quelques degrés, Jean II de Montai, s' de La Roquebrou et de Carbonnières, chambellan de Charles VIÏI, qui laissa de Jeanne de Balzac Dieudonné de Montai, qui prit alliance avec Catherine de Clermont, fille de Pierre de Glermont, s' et baron de Clermont de Lodève, et de Marguerite de La Tour, dont il eut Guy de Montai, s' de La Roquebrou et de Carbonnières, mort sans enfants des blessures qu'il reçut au siège de Poitiers en 1569, et Gilles de Montai, baron de La Roquebrou et s' de Carbonnières , bailli de la haute Auvergne. Il épousa Catherine d'Ornesan , fille de Jean- Claude d'Ornesan, s' d'Aurade, et de Brunette de Cornil. Il fut tué en 1576. Sa veuve se remaria avec Antoine de Roquelaure, maréchal de France. Elle avait eu de Gilles de Montai Rose de Montai, dame de La Roquebrou et de Carbonnières, qui fut mariée avec François d'Escars, s' de Castelnau. Ce mariage se fit à condition qu'il porterait le nom et les armes de Montai conjointement avec le nom et les armes d'Escars. Ils vivaient en 1610. Ils laissèrent Jacques d'Escars, IP du nom, marquis de Merville et s' de Montai, baron de La Roquebrou, qui épousa Madeleine de Bourbon, fille d'Henri de Bourbon, marquis de Malause, et de Madeleine de Chalon, dame de La Case en Albigeois.
La maison d'Aurillac portait mi-parti d'or et de sinople à la bordure dentelée de l'un et de l'autre ;
Aurillac-Montal, d'azur à trois coquilles d'argent 2 et 1 au chef d'or.