‹ histoire d'ecosseChapitre 2 sur 86 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Seoi». " KttiB6ifc Macâ^îB.

Qaoiqae l'histoire d'Ecosse soit celle d'un pays trop pauvre et comptant une population trop peu nombreuse pour être classé parmi les grandes puissances européennes , elle a néanmoins fixé l'attention du monde , de préférence même aux annales d'états plus florissants et plus riches. C'est ce qu'on peut attribuer juste* ment aux prodiges de valeur et de fermeté avec lesquels les habitants défendirent jadis leur indépendance contre les attaques les plus formidables, aussi bien qu'à l'intime liaison des événements de cette histoire et de celle d'Angleterre, royaume dont la Bretagne du nord, après avoir été loog-temps son ennemie invétérée^ est maintenant devenue, par le traité d'union , une partie mté« grale et indissoluble.

Les limites d'un résumé nous obligent à traiter, plus succincte* ment que nous ne le voudrions, cet intéressant sujets et il nous £9iudra , en conséquence , rejeter beaucoup de ces détails qui excitent l'intérêt et charment l'imagination. Nous tâcherons pourtant, de ne passer sous silence rien de ce qui semble né* cessaire pour tracer un lucide tableau du cours général des évé* nements.

L'histoire de toutes les nation3 modernes de l'Europe doit commwc^ à la décadence de l'empire romain. La dissolution de ce colosse donna naissance à des états presque innombrables, de même que le dépérissement et la décomposition de la matiëyre animée renouvelle seulement les formes de la vie animale, mais ne diminue pas la quantité de cette vie. L'ambition de ce peupla extraordinaire, tant sous la république que sous l'enivre, était d'étendre l'autorité de Rome sur le monde entier; et tandis mémo que sa propre constitution luttait contre l'influence d'un rapide déetiii , la rage avec laquelle il ifeXofqtàt â^imposer son jeng' à ceux de ses infortunés voisins qui conservaient encore leur liberté , se manifestait sur lesp qîaU tes plus ^toignés de son loi*

mense territoire. Jules-César avait commencé la conqoète de la Grande-Bretagne, dont la position insulaire, entourée qu'elle est par un Océan fertile en tempêtes, ne la sut point garantir de l'ambition romaine. Ce fameux conquérant fit sa descente l'an 55 avant J.-G.; et les Bretons méridionaux * furent, l'an de grâce 80, soumis complètement au sceptre de Rome , et réduits à la condition de tributaires par les armes victorieuses d'Agricola.

Cet intelligent capitaine vérifia ce qu'on avait jusqu'alors révoqué en doute , que la belle contrée dont il avait ainsi subjugué la partie méridionale , était une île , et que , du côté du nord, son extrémité, couverte de montagnes , de bois et de marais inaccessibles , en même temps que peuplée par des hordes de barbares qui subsistaient principalement de la chasse , était baignée par l'Océan septentrional. Apprendre qu'il existait un peuple libre dans son voisinage , et sur-le-champ se mettre en route afin d'aller le soumettre , c'était la règle de chaque général romain ; et l'usage influa de sa toute-puissance sur Julius Agricola , beaupère de l'historien Tacite , qui commandait à cette époque dans le sud de la Grande-Bretagne. Mais combien de magnifiques et fertiles régions, d'une étendue infiniment plus considérable, avaient été conquises par les vainqueurs du monde avec beaucoup plus de promptitude et beaucoup moins de dommage , que ces âpres provinces du nord ne devaient leur en coûter !

L'année SO vit Agricola partir de Manchester , nommée alors Mancunium. Elle se passa , ainsi que les premiers mois de 81 , à dompter les tribus qui habitaient le sud du pays qu'on appelle actuellement l'Ecosse , et à obliger ceux des naturels qui résistaient de franchir les golfes de Forth et Clyde , les envahisseurs croyant les chasser dans une autre île. Ce n'est qu'en 83 qu'ils purent eux-mêmes s'aventurer à traverser le golfe de Forth * , et k s'engager parmi les marécages , les lacs et les forêts qui avoisinent Lochleven. Après qu'Agricola y eut divisé ses troupes en trois corps , l'un d'eux , composé de la neuvième légion , fut attaqué si soudainement par les indigènes en un lieu appelé Loch Ore , que les Romains éprouvèrent une grande perte et ne furent sauvés que par le retour du général en chef qui vint â marches

' i Les Anglais proprement dite, lesquels sont méridionaux par rapport à leurs Toi- •!ns les écossais. ▲■ M.

2 Le texte dit : ihe firih of the forth, le firlh de forth, parceqne le mot firth ou frUh signifie détroit, bras de mer ou golfe, a. v.

CHAPiniE I. s

forcées les secourir. Dans l'été de 84 , Agricola , passant au nord, atteignit la contrée des Calédoniens ou Hommes des bois , nation fiftroache , ou plutôt confédération de clans , dont les terres a^yaient servi d'asile à toutes les tribus et A tous ceux qui , dans le sud , préférant la mort à l'esclavage, s'étaient retirés devant les progrès des conquérants. Les Calédoniens et leurs alliés , sous les ordres d'un chef que les Romains ont affublé du nom de Galgacus, s'avancèrent en braves à la rencontre des envahisseurs , et les combattirent héroïquement à un endroit situé sans aucun doute du cdté méridional des monts Grampians, quoique les antiquaires ne soient pas d'accord sur le théAtre précis de l'action. Les Ro* mains remportèrent la victoire , mais perdirent tant de monde , qu'Agricola fut contraint d'interrompre ses opérations sur terre, «i rebroussa chemin pour s'assurer des territoires qu'il avait envahis. La flotte romaine doubla le nord de l'Ecosse , et les cam* pagnes d'Agricola se terminèrent par ce voyage de découverte; Après son départ en 8d , on ne continua point la guerre contre les Calédoniens ; cependant , on fit beaucoup pour conserver du moins la partie méridionale de ses conquêtes, car c'est alors probablement que furent conçus et exécutés ces nombreux forts , ces longues routes , ces admirables camps^ qui étonnent aujourd'hui l'antiquaire , lorsque voyant la contrée si pauvre, même de nos jours, il réfléchit combien il fallut un vif amour de la puissance , et un extrême orgueil national pour entraîner les Romains à s'assurer au prix de tels travaux la possession de sauvages districts qui n'étaient que montagnes, landes, broussailles et

Ajoutons qu'après tout elle ne fttt jamais sûre. L'empereur Adrien se contenta de reconnaître implicitement ce fait, l'année IW deTëre chrétienne , en établissant une ligne extérieure de défense contre les fiers Calédoniens.C'était une solide muraille, qui s'étendait à travers l'Ile , de la Tyne au Solway ^ , beaucoup en deçà de la limite des conquêtes d'Agricola. On doit, il est vrai, supposer que les Romains du deuxième siècle continuèrent, au total , à posséder militairement la contrée au-delà de cette pre« mière muraille , peut-être jusqu'au golfe de Clyde et de Forth ; tandis qu'il semble probable que, de l'autre côté des rivières qui débouchent dans ces golfes , leur autorité ne fut ni régulière , ni permanente. Mais sous le règne d'Antonin, une seconde muraille

1 RiTièret d^Ëcotte. a. m.

iO HISrOlftB «lltoOSSE.

^ ràretô,5 encore pluâ septentrionale y fut coQ9(ri>ito àêm timtt to largeiir de Hle, et s'étoidit de CariddeQ, qui est proeiw liniithgow aur le golfe de Forth, au golfe de ayde. Ce dernier boutovard servit à protéger lar^cm comprise entre le» Estuaifoei^^ tandlsque les contrées qui se pculcHigentaïk-dèlà furwt abandon» nées » ou peu s'en faut , à leurs naturels et indépendants proprté» taires. Ainsi les Bomains eurent deux murailles, dont to plus a^pr tentrionale était un rempart extérieur lié par des communieatÎQiii militaires et flanqué de redoutes pour recevoir une premi^ attaque , et lajHus méridionale» un retranchement int^ieur poior s'y mettre à ral»ri m cas de nécessité.

L'existence d'une douUe lifipde de fortiioaytion parait démontrexr que vers l'année 140 , époque où le boulevard le plus avancé vers le nord fut fini, ce puissant peuple ne possédait rien d'une mnr nière positive au-delà de cette seconde barrière. U ne fistuânût cependant pas douter, k défaut même de routes et de camps qui le prpuvassent, que, si les Aomains ne purent sul^uguw abcKdiUi^ Vient ni les provinces om^dérables envahies par Agrici^ dam le comté de Fife, ni dans les districts occidentaux et par-delà le mur d'Antonin , ils les tinrent en respect et en crainte. Gamdo^ dun^m, ou Gamelon, vaste et forte ville, fut fwdée par eax^ près de Falkirk,. pour défendre l'extrémité (H^lent^ du mur , et de nombreux forts d'architecture rmnaine dont il reste des ruines sont placés de manière à fermer les passages qui descendenfe des Higblands *. L'existence de ces forts, et le tracé de routei stratégiques ou de camps qui remontent aux Romains, prouvent aussi le soin qu'ils prenaient pour maintenir sur différents points les c(Hnmunications nécessaires entre les deux murailles, afin que les troupes à qui la garde en était confiée pussent toujours i^ir de concert et combiner leurs mouvements.

Malgré ces précautions militaires, toute la force de Borne ne put soutenir ses ambitieuses prétentions à la souveraineté de nie, et en l'année 170, les Romains aband^inèrent la plus sep» tentrionale des deux murailles, qu'Antonin avait bâtie, pour se retirer derrière celle qui avait été érigée cinquante ims aupaff»v vaut sous Iqs* ausfMces de l'empereur Adrien. Toutefois , ils de* meurèrent eu possession des forts et des postes établis par eu

i Ou bras de mer \ mot lire du Uti a JBHmrwmt à* M. 2 Hautes terres ou montagnes d^j^cosse. A. M.

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