CHAPITRE I. il
^ très grand nombre, ^ serraient d*OQvrages avanete poiur k défense de lamuraHte du sud.
Tant à cause de cet agrandissement de leurs territoires que fer
crainte des aigles romaines, les Calédoniens restèrent tranquillea
jusqu'au commencement du troisième siède , où , en Tan fXff »
une guerre ottyerto éclata de nouveau entre eux et les Romains .
£n 308 , r^npereur Sérère entreprit personneUement la omh
quâte définitive de la Calédonie. Il serait dilBcile de déterminer
pourquoi , lorsque des troubles agitaient l'empire , un prince non
moins prudent que pditique, élevé par ses talents, du simple
ocmunandonent des troupes de Pannonie au rang suprême d'em*
pcrour, alla j en déiHt de son grand âge de. soixante ans, exposer
sa personne et une puissante armée , la fleur de ses soldats, aux
risques d'une lutte hmitaine contre de sauvages tribus, où une
victoire, on devait s'y attendre, ne pouvait lui procurer que peu
de gloke , mais où une débite , où l'insuccès même eût été ta
ruine de cette r^utaUon qui crastituait son titre reconnu à l'enw
pire. Peut-être, Sév^, le coeur ulcéré des dissensions quirfr*
gnai^t entre ses fils Géta et Garaealla , saisit-il , avec la brusque*
rie d'un soldat de naissance et d'éducation , ce moyen d'étourdir
ses chagrins domestiques au milieu du tumulte de la guerre. Un
Écossais peut encore prétendre que la soumission des Calédoniens
n'était une affaire ni peu facile ni peu importante, puisque, dans
des circonstances pareilles , un prince si sage ne voulut déléguer
à p^nsoime l'honneur qui pouvait résulter de la lutte, non plus
que le commandement des forces imposantes nécessaires pour le
conquérir.
L'empereur romain fit l'invasion de la Calédonie à la tèted'une très nombreuse armée. Il abattit des ftnrôts , pratiqua des routes à travers des marais et par-dessus des montagnes, enfin voulut s'a*- $urer des districts qu'il avait envahis. Mais les Calédoniens, tout ^n évitant une action générale , suivirent , ce qui est le meilleur ^rti à prendre pcfur une contrée assaillie par des troupes 4teip^ieures aux siennes, un s^^stème meurtrier d'escarmou* ches sur les flancs et sur les derrières des envahisseurs. Be plus, les travaux des Romains, avec les fatigues et les pri^
if^ations qu'ils eurent à subir, les décimèrent tellement quOt s'il en fout croire l'historien'Dion , ils p^dirent cinquante miUa bommes, ce qui était sans doute plus de la moitié de leurs force»! Sévère, cependant, s'avança jusqu'au golfe de Murray, ou Monty»
i^ 7 troava aux |ours une longueur , aux nuits une brîèveté inconnues dans les régions du sud. Sous cette latitude boréale , Tempereur conclut la paix avec les barbares qui rendirent une partie de leurs armes et s'engagèrent à être soumis ; mais elle fût illusoire. Il revint de sa lointaine et fatale excursion , porté, comme d'usage, dans sa litière à la tête de son armée dont il partageait les périls et les souffrances , et n'eut pas plus tôt atteint York dans sa marche rétrograde, qu'il reçut avis d'un nouvel armement de toutes les hordes Calédoniennes. H donna aussitôt des ordres pour rappeler ses soldats sous les drapeaux et rentrer en campagne , avec le ferme dessein de n'épargner ni sexe , ni fige, mais d'anéantir complètement les naturels de ces sauvages? contrées, dont le caractère semblait aussi intraitable que leur climat et leur sol. Toutefois* la mort épargna à l'empereur le crime d'une si atroce expédition. Sévère expira en février 411/ Son fils restitua aux Calédoniens les territoires que son père avait ravagés plus que soumis^ et la muraille d'Antonin , le plus septentrional des deux remparts , fut encore une fois reconnue tacitement comme frontière de la province romaine et limite de l'empire/ Dès-lors, la guerre dans la Grande-Bretagne fut, de la pairtdesi Romains , purement défensive , tandis que , de celle des Bretons^ demeurés libres ,elle devint une suite rarement interrompue d'invasions qui avaient pour but le pillage. Dans cette espèce de lutte, les Bretons qui s'étaient laissé ravir leur indépendance et ne savaient plus se battre pour leur compte, furent quelque temps défendus par les épéesde leurs conquérants. En 368, et de nouveau en 398 , des secours romains , expédiés dans la Grande-Bretagne , réprimèrent avec succès la furie des barbares. En 422, une légion fut encore envoyée pour défendre les sujets de l'empire ; mais ennuyés d'avoir à les protéger sans cesse , les Romains , en 446 , rendirent fastueusement les Bretons méridionaux à la liberté , et les exhwtant à tâcher de se défendre eux-mêmes pour l'avenir , évacuèrent sans retour la Grande-Bretagne. L'orgueil avec lequel les habitants des régions les plus éloignées de l'Ecosse prétendent n'avoir été jamais conquis par les Romains , n'est pas dénué de fondement. En effet , l'armée de Sévère ne fit qu'envahir la Calédonie sans la subjuguer ; même, le plus loin qu'il s'avanga fut le bord méridional du golfe de Moray , ou Murray . et il n'attaqua aucunement les Highlands, ou hautes terres du nord, ni de l'ouest.