‹ histoire d'ecosseChapitre 20 sur 86 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

Projets d^édouard I^r. —Mort de la pncelle de Non -wè^e, — Jean Baliol; la gaerre contre PAagleCerre; la défaite à Dunbar; son renyersemeni du trdne.

P^rle décès prématuré d'Alexandre III, lapueelle deNorwège* SSL petite-fille , demeura seule et incontestable héritière du trône, fdouard r' d'Angleterre, proche parent de^f orpheline , forma aussitôt le projet d'étendre sa royale autorité sur le nord de la Bretagne , par un mariage entre cette jeune princesse et son \inique fils^ Edouard, prince de Galles. Les barons d'Ecosse ne montrèrent pas d'aversion pour cette alliance, mode le plus naturel peut-être d'unir deux royaumes que la nature avait joints, quoique de malheureux événements les eussent séparés. Les grands nobles de ce pays , nous l'avons vu , étaient Normands , aussi bien que les seigneurs anglais ^ beaucoup d'entre eux possédaient des terres dans les deux états ^ c'est pourquoi l'idée de s'allier à l'Angleterre ne fut pas si impopulaire alors qu'elle le devint ensuite , quand de longues et sanglantes guerres eurent rendu les deux nations irréconciliables ennemies. Toutefois, les £cossais prirent les plus rigoureuses précautions peur que tou9 les droits et privilèges d'Ecosse, comme royaume distinct, fussent maintenus et garantis *, pour que les Ecossais de naissance 23e fussent jamais appelés à répondre en Angleterre d'actions faites par eux dans leur propre pays ; pour que les archives nationales ne sortissent pas du royaume, et qu'aucune contribution pécuniaire , aucune levée de troupes, ne pussent êtredemandées hors des cas voulus par les anciennes coutumes. Ces pré{iminai«res furent réglés entre le roi Edouard et une assemblée des états écossais qui eut lieu à Birgham en juillet 1290. Edouard promit tout, et môme jura d'exécuter ce qu'il promettait 5 mais il demanda d'une manière si pressante à être mis en possession de tons les châteaux écossais, que les membres de l'assemblée s'en alarmèrent et crurent avoir lieu de douter que le roi Ht grand cas de son serment et de sa promesse.

Sur ces entrefaites, Marguerite, la jeune héritière, mourut tan** 4is qu'elle revenait en Ecosse. Alors unenouvelle carrière s'ouvrit

H HISTOntfi ITÉCOSSE.

aux ambitieux , car par cet accident les descendants d'Alexandre m à qui la couronne était échue en 1284 , furent complète-* ment éteints, et le sceptre put dès lors être réclamé par quiconque prouverait avoir une parenté collatérale , même éloignée , avec Tex-famille régnante d'Ecosse.

Aussi beaucoup de prétentions au trône s'élevèrent-elles ; mais les principales furent celles de deux grands seigneurs d'extraction normande , Robert Bruce et Jean Baliol. Le premier était seigneur de Gallôway ; le second , d'Annandale en Ecosse. Voici quel^ étaient leurs titres à l'héritage royal.

Guilteume^le-Lion avait un frère, nommé David, et créé comte d'Hun tingdon, qui laissa trois filles, dont la première, Mai^uerîtè, épousa AUan , seigneur de GalIoway; la seconde, Isabelle, Robert ftruce; et la troisième, Ada, Henri Hastings. Jean Baliol réclama donc la couronne comme fils de Devei^oil , fille de Mar- {;uerite , elle-même fille aînée de David ; et Bruce , d'autre part, comme fils d'Isabelle , la deuxième fille , prétendant qn'il était ^nsi , d'une génération, plus près du comte David, à qui les deux compétiteurs rapportaient leur parenté. Il s'agissait simplement de savoir si le droit de succession auquel David d'Hun tingdon aurait pu prétendre de son vivant, passait à son petit-Gb Baliol, ou devait être regardé comme passant à Bruce , qui , quoique fite de la plus jeune sœur, était éloigné d'un degré au moins de la personne dont il se réclamait. Effectivement , il n'était, lai, que petit-fils du comte Ikvid , leur aïeul commun , tandis que Baliol en était l'arrière-petit-fils.

De modernes jurisconsultes auraient sur-le-champ prononcé en faveur de Baliol ; mais la nature précise du droit de représenta tion en matière d'héritage n'avait pas été alors fixée en Ecosse.

les deux barons résolurent d'appuyer leurs titrés par la force des armes. Beaucoup d'autres réclamations , plus ou moins spé* cieuses, furent mises en avant. Le royaume se divisa et subdivisa en factions^ et Edouard P*^ prévit qu'à la feveur des troubles de h guerre civile qui menaçait d'éclater, viendrait le moment où il {K)urrait recourir à cette prétention de suprântiatie qui avait si ébstinément été reproduite par les monarques d'Angleterre, mafe toujours tant combattue par ceux d'Ecosse , comme à un moyen tf établir définitivement son autorité dans ce royaume. Il confia retendue de son ambitieux et inique dessein à ses plus.intimei^

CftAnniËVt. a

emseillers. « Je sonmettrai l'Écran à mon autorité, diadt^il^ coÊome y Y éi déjà soumis le pays de Galles. »

Ge SoQverain , non-seulement on des plus habiles géttéraux 9 mais encore an des plossnMils et des plos hardis pdittqaes d'alors et même de tous les temps, assembla une armée sur la finontière, puis présenta au clergé et à la noblesse d'Ecosse une requête formels tendant à ce que , en sa qualité de seigneur suzerain du royaume, on le reconnût comme seul arbitre dans la compétition i la couronne el qu'on se soumit généralement à sa sefttmce.

Si mille querelles, mille contestations, qui allaient surgir de touies parts , avairat permis aux grands d'Ecosse d'enrisager at« tentîtement l'aTenir, il est probable que d'une yoix unanime ils eussent rejeté cette requête par une dénégation expressedu droit de suzeraineté que le roi d'Angleterre s'attribuait sur ses TOisint» et qui , quoique réclamé souvent, d'une manière tantôt insidieuse tt cachée , tantôt plus ouverte , avait été toujours combattu pir les rois écossais. Oui , toujours ils avaient retosé de le reconnais tre , si ce n'est après le traité de Falaise conclu ra 1174 , et p« lequel le droit dont il s'agit ftat réellement concédé josqu'ei 1 ISd, époque où Richard P'y renonça moyennant un retour pécuniaire. Mais, déchirés qu^ils étaient par cent partis, alors que douie compétiteurs se di^utaient la couronne ^ les Ecossais même les {dus patriotes et les plus prudents semblMt avoir cru qu'il valait mieux se soumettre à la décision d'un des pins sages et plus puissants monarques de l'Europe, au prix il est vrai d'une partie de leur indépendance, mais d'un sacriflce qu'ils pouvaient croiie femporaîre et presque nominal, qu'exposer le pays à la ftib aux horreurs d'une guerre civile et aux armes de l'Angleterre.

Les barons écossais purent se rappeler aussi que tout récera* ment ils avaient été sur le point , par le traité de mariage entre le grince anglais de Galles et leur souveraine Marguerite, de mettre leur royaume sous la protection de l'An^eterre, d^arche peu dfflESrente de celle que le monarque animais proposait alors. lit noblesse d'Ecosse adroit donc la requête d'Edouard , et accepta tfonwMtrage. Douze prétendants vinrent exposer leurs titres, et t|u»ique Edouard lui-même prétendit avoir pour sa part droit «u loyMme comme à un fief qui retotame au suzerain , il ne le r^ âûna cepMdaiit qu'avec une espècede modàration aflbctée. Sans aucun doute il smtt mieux ses vues en ne distribuant que les cartes etM seeonteutanC d'êlve Tarbttm du jeu , i|iie s'il se tût

M HISTOIBE D*É(X)SS£.

raagé parmi les joueurs. On peut méipe tenir pour certain que i loin d'avoir le désir d'insister sur une prétention qui aurait poussé tous les compétiteurs à s'unir contre lui , il n'épargna aucune ruse pour embrouiller l'affaire en multipliant le plus possible le nombre des prétendants et en les irritant les uns contre les aur très.

Les candidats , convoqués à cet effet , reconnurent solennellement le droit d'Edouard comme seigneur suzerain, et convinrent de se soumettre à sa décision. Par la suite , nous lâcherons d'expliquer pourquoi ces nobles Normands se prêtèrent sans trop de mauvaise grâce à une soumission que, comme enfants du sol, ils auraient vraisequblablement rejetée. On livra les châteaux et forteresses du royaume au pouvoir du roi d'Angleterre , 80US prételcte de lui donner les moyens de faire exécuter le jugement qu'il prononcerait. Quand ces préliminaires eurent duré plusieurs mois , pour que les Ecoi^ais s'accoutumassent à voir gouverneurs anglais et garnisons anglaises dans leurs places , et que de continuelles discordes , qui devaient devenir plus nom-* breuses et plus envenimées à proportion que le débat pendant se prolongerait , missent la nation hor& d'état de résister à l'autorité étrangère, Edouard I'''' appela Jean Balîol à la couronne écossaise , qui dorénavant devait relever de lui et de ses successeurs, et rendit à ce nouveau roi les châteaux écossais au nombre de vingt qu'il avait eus en sa possession.

La conduite d'Edouard avait jusqu'alors été passabl^nent égoïste, mais non peut-être au-delà de ce que bien des personnes se permettraient de regarder comme juste. Le titre qu'il se prétendait à la suzeraineté , tout mal fondé qu'il fût, n'était pas, de son invention , mais lui avait été trananis comme un droit que ses ancêtres avaieùt réclamé de temps immémorial, et arrivant une époque où les Ecossais eux-mêmes furent contraints de le reéonnaitre , beaucoup de souverains eussent pensé qu'il ne fallait pas sacrifier une chance pareille à de stériles considératioos d'abstraite justice.

Mais il fut bientôt évident que la reconnaissance de la supré* matie n'était pas le seul but d'Edouard , et qu'il se proposait aussi d'user de son droit sur Baliol , de manière que lui ou l'EcQisse se vissent obligés à une rébellion et donnassent à leur seigneur suzerain un prétexte de s'emparer du fief rebelle. Pour y parvenir, le roi d'Angleterre encouragea de vexatoires procès contre BtûifA^

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