‹ histoire d'ecosseChapitre 33 sur 86 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

k tête dans la conftision du coinbat, car, au lieu de diriger te course au sud vers Linlithgow, d'où il Tenait, il la dirigea au nord ¥«rs Stirling, et demanda à entrer dans cette place. Philippe de Mowbray, le gouverneur, démontra à Finfortuné prince la témérité d'une telle demande, en lui rappelant qu'il était tenu par un trailé à rendre la forteresse le lendemain, faute d'avoir été secouru d'après les conditions.

< Edouard fut donc obligé de suivre la route du sud^ et de faire sans doute un circuit considéraUe pour éviter l'armée écossaise. 11 fut néanmoins aperçu dans sa retraite, et poursuivi par Douglas, mais avec soixante chevaux seulement, car il n'en put rassembler un plus grand nombre à cet effet. Dans le cours de la poursuite, eut lieu une circonstance qui prouve bien, comme nous l'avons dit précédemment, la façon légère et commode dont un baron écossais portait alors le joug du vasselage. En traversant le Tor-wood, Douglas rencontra sir Laurence Abernetby, qui, avec un petit corps de cavaliers, se hâtait de rejoindre le roi Edouard et son armée; mais apprenant de Douglas que l'armée anglaise était détruite ou dispersée et que le roi fuyait, sir Lau« rence Abernetby se laissa facilement persuader d'unir ses forces à celles de Douglas, et de courir après le prince pour l'aide et la défense de qui il avait, le matin même, ceint son épée et monté son cheval. Le roi, par une fuite rapide et continue à travers une contrée où ses infortunes devaient avoir changé beaucoup de ses amis en ennemis, gagnaenfln le chftteau de Dunbar, où il reçut du comte de March un accueil hospitalier. De Dunbar^ Edouard s'échappa presque seul et se sauva à Berwickdans une barque de pécheur, laissant ainsi derrière lui la plus belle arméd que roi d'Angleterre eût commandée jamais.

La quantité de butin obtenue par les vainqueurs à la bataille de Bannockburn fut inestimable, et les rançons payées par les captifs augmentèrent considérablement la masse du trésor. Cinq proches parents de Bruce, savoir, sa femme, sa sœur Cliristiane, ou Chrétienne, sa fille Marjory, Wishort, évoque de Glasgow , et le jeune comte de Mar , neveu du roi , furent échangés contre le comte de Hereford , grand connétable d'An"» gleterre. "

La perte écossaise fut fort petite. Sir William Vipont et sir Wal-

ter Ross furent les seules personnes de distinction qui périrent;

^r Edouard Bruce était, dit-on , si attaché au dernier de ces HisToiBv d'Ecosse. 8

fit ' HISTOIRE D*£COSSE.

Chevaliers , qu'il exprima le vœu que la bataille n'eût pas été livrée afia que Ross n'eût pas péri.

Les Ecossais eussent pu tirer deceUe grande action des régiei de tactique militaire , qui , dûment appliquées, leur auraient vala par la suite de nombreuses victoires. Robert Brace leiir aTait montré qu'il pouvait mettre la phalange des piquiers d'Ecosse à l'abri de la fatale adresse des archers d'An^eterre, et que , ga- ' rantie des volées de flèches qu'ils tiraient à bout portant et sans interruption , l'in&nterie n'aurait (Nresque plus rien à craindre du choc furieux des gens-d'armes. Cependant , nous ne voyons dans aucune bataille, excepté dans celle de Baanoekburn , qu'on ait songé, ou du mcûns , recouru au moyen si simple de disperser avec de la cavalerie légère les archers anglais. De plu» , il est évident que la même charge qui eût mis en déroute les archers d'Angleterre, eût fourni à ceux d'Ecosse la possibilité de prendre part à l'aciion, d'une manière moins décisive peut-être, mais qui aurait été d'autant plus formidable qu'alors ils n'auraient pas eu d'adversaires.

Mais si , sous le point de vue stratégique , les Écossais ne tiré* rent aucun fruit de la bataille de Bannockbum , elle leur enseigna à persévérer dans la défense nationale, et ce fut une leQon qu'ils n'oublièrent plus jamais, tant qu'ils continuèrent à former un peuple séparé. Ils avaient vu , avant cette fameuse bataHle , ie flambeau de leur indépendance ne jetant plus qu'une lueur mourante , leurs patriotes tués, leurs lois enfreintes, leurs monuments pillés et détruits , leur prince proscrit et excommunié^i qui àms les provinces les (dus sauvages de son pays, ne pouvait trouver une caverne assez inaccessible et assez sombre pour abriter sa tête ; ils avaient vu tout cela en 1306 « et dix années de résistance avaient si cam[déteinent changé la face des choses que le même prince parcourait un champ de victoire en souverain triomphant» avec les premiers nobles de rAogleterre, ses ennemis, élendos morts à ses pieds ou se rendante discrétion. Il est vraissemUaMa que ce fut le souvenir d'un si extraordinaire changement de fortune qui apprit aux Ecossais à ne jamais désespérer de leur li' berté nationale , mais à persister dans leur résistance aux envahisseurs , lors même qu'elle semblait le plus inutile.

A ces jours brillants succédèrent de sombres jours , et les plus tristes furent sous le règne du fils de l'illustre conquérant. Mais ai la crainte ou le doute se glissa dans le co&ur des Écossais j te

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