CHAPITRE XI
Conséquences de la Tletoire de Bannoekbvrn.— lU» ftroidîssement de Pardenr belUquense des Anglais. — BaTsees snr UfroBUére.^Loi qol déleraiine le sncccft* seor de Robert Brnee. - Mariage de la princesse Uar^ |ory avec le grand-maître de rÉcosse. «- Edouard Broce envahit PIriande; set premiers succès; sa défaita et sa mort à la bataiUe de Dnnkeld.^ Message du pape; les cardinaux qui le portent sont dépouiUés aux fiontiéres; Bruce refuse de recevoir leurs lettres.— Mission tout à £ait infructueuse du père lïeiHon auprès de Bruce. — Bervick surpris par les Ecossais et assiégé par les Anglais; secouru par Robert Bruce. — Batailla de Mitken. ~ Trêve de deux ans. «-Succession de U couronne réglée de nouveau.-^ Béglement au sujci des armes. — Disputes avec le pape. — Lettre des barons écossais à Jean XXII.— Conspiration de WilUaai de Soulis. — Parlement noir. — Exécution de David de Brechin.
La victoire de Bannokburn fut suivie d^me multitude de résultats qui peuvent prouver combien il est évident que l'énergie d*une nation , sa sagesse , son habileté , sa bravoure et ses succès dépendent des mesures qui pr^Ment à son gouvernement et de la direction donnée à ses ressources. L'indolence avec laquelle Edouard n avait mené les affaires d'Angleterre ; sa négligence au 4Siujet de la guerre d'Ecosse, tandis qu'elle fut admirablement conduite presqu'en dépit de tout obstacle par les talents de Bruce et de ceux que son génie avait appelés aux armes •, cette première faiute , aggravée par le grand et décisif échec que le roi anglais
i De telles armes furent réellement conservées. T-es propriétaires du petit domaine ^e Denchaj, dans le comté ide Fifo, possèdent un sabre qui leur a été transmis de père en fils et qui porte cette fiëre inscription :
«A Bannockburn j'û servi Bruce, et les Anglais n'eurent pas k ' •'en Taïuer.» -w. St
avait essuyé dans sa dernière tentative d'écraser Tennemi après ravoir laissé devenir plus fort que lui-même, avaient produit dans toute TÂngleterre un tel effet sur l'esprit public, que si nous né le trouvions signalé par ses propres historiens, nous pourrions à peine le concilier avec les triomphes de ce peuple sous le règne précédent d'Edouard 1er et le règne postérieur d'Edouard IIT. « Cent Anglais , dit Walsingham , n'auraient pas'été honteux de fuir devant trois ou quatre simples soldats écossais , tant ils avaient perdu leur courage national ! »
A trois reprises en une seule année , les troupes écossaises ^ commandées par James Douglas et par Edouard Bruce , envahirent les frontières anglaises, et portèrent partout le meurtre et l'incendie; chaque fois ils exercèrent les cruautés les plus affreuses sur les infortunés hatûtants, et les forcèrent , du moins le petit nombre de ceux qui purent échapper,à chercher un asile derrière les remparts de Berwick, de Newcastle oudeCarlisle, toutes places de guerre soigneusement fortifiées et défendues par des garnisons considérables.
Cependant , des commissaires , nommés par les deux peuples pour traiter de la paix, s'étaient réunis; mais d'une part, les Écossais étaient enflés de leurs succès , et de l'autre , l'esprit national des Anglais l6s empêcha de souscrire aux conditions que leurs antagonistes proposèrent. La négociation fut donc rompue , et la guerre continua avec une animosité mutuelle : mais l'avantage demeura toujours aux Ecossais; toujours ils dévastèrent d'autant plus horriblement les frontières du nord qu'ils n'y rencontraient aucune résistance, et que jamais les habitants ne leur rendaient la pareille. En même temps, une famine étendait ses ravages à travers les deux co4)tes, et ajoutait ses horreurs à celles du glaive , qui , dispersant les paysans et détruisant les productions agricoles , avait beaucoup contribué à faire naître ce nouveau fléau.
En 1315, les états, ou parlement d'Ecosse, prirent en considération les maux que le pays avait soufferts à la mort d'Alexandre III pv suite de l'incertitude de la succession du trône , et rendirent un arrêt par lequel Edouard , frère du roi , fut probablement , d'après les anciennes coutumes de la nation écossaise , appelé à la couronne dans le cas que Robert mourût sans héritiers mâles; si Edouard ou ses enfants ne pouvaient jouir de ce privilège, l'héritage royal reviendrait à Marjory, fille unique du roi Robert, et