‹ histoire d'ecosseChapitre 36 sur 86 · CHAPITRE XI. ttl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. ttl

aux descendants de cette princesse. Elle fut aussitôt mariée i Walter, grand sénéchal d'Ecosse ; et comme de cet heureux mariage naquit un Gis qui, dans une génération postérieure, succéda au trône écossais , leur postérité occupe maintenant celui de la Çraode-Bretagne.

Oïl pent présumer que Robert , connaissant le caractère martial de son frère {klouard et son expérience dans la guerre , aima mieux permettre à lui et à ses enfants d'occuper le trône , que le léguer directement à sa propre Glle; et par là exposer rétat encore mal affermi au gouvernement d'une femme. Mais le monarque, ii y a aussi lieu de croire , craignait sans doute que la bouillante yaleur et l'ambition immodérée d'Edouard ne le poussassent i contester le droit de sa Oile ; et Robert voulait, au sacriGce même de ce droit qui ne devait être qu'ultérieurement valable, épargner à l'Ecosse le risque d'une compétition au trône, quMl savait par expérience être la cause d'tm si grand nombre de maux. Si tel fut le mobile de sa conduite, c'est un nouvel exemple de la tendresse paternelle que le grand Bruce portait à la nation dont il avait restauré la monarchie et assuré l'indépendance.

Mais l'ambition d'Edouard Bruce était trop impatiente pour qu'il attendit que la couronne écossais lui échût par la mort de son frère , quand une occasion qui semblait s'offrir d'elle-même lui présenta la perspective d'acquérir sur le champ un royaume par répée. Ce fut lorsqu'un parti de chefs irlandais, mécontents de la domination anglaise , envoya prier Edouard Bruce de venir à leur secours avec des forces assez considérables pour chasser les Anglais d'Irlande et s'emparer du sceptre de cette belle tle. Avec le consentement de Robert, qui se félicita de faire ainsi diversion contre l'Angleterre sur un point vulnérable, et peut-être ne fut pas fâché de se débarrasser en même temps d'un esprit inquiet dont l'ardeur n'avait pas à s'employer , Edouard envahit l'Irlande à la tête d'une armée de six mille Ecossais. Il livra beaucoup de batailles et les gagna toutes. Il se rendit maître de la province d'Ulter et fut solennellement reconnu roi d'Irlande, mais se trouva obligé, au milieu de ses succès, d'implorer des renforts du roi Robert; car l'impétueux Edouard, qui n'épargnait jamais sa propre personne , n'exposait pas avec plus de scrupule celle de ses partisans. Ses victoires équivalaient donc à autant de défaites , en ce qu'elles lui coûtaient de braves soldats qui les payaient de leur vie.

lit HISTOIRE D'ECOSSE.

Robert Bruce mena des renforts au secours de son Mre, weù une armée qui le mit à même de parcourir Tlrlande , aiaîs sans obtenir aucun avantage durable. Il menaça Dublin , et pénétra dans l'ouest jusqu'à Limerick, mais fut forcé, par le man« que depovisions, de rentrer dans l'Ulster au printemps de 1317; Quand peu après il revint en Ecosse , il laissa à Edouard une partie de ses troupes, mais emporta probablement la oonvietioft que son frère s'était engagé dans une entreprise qui n'o&ait aucune chance de réussite , puisque d'une part il ne pouvait comp* ter ni sur la foi de ses sujets irlandais , comme il les appelait , ni Bur la fermeté de leurs troupes ,' et que de l'autre , TÉcosse était trop épuisée pour lui fournir de nouvelles recrues d'auxiliaires.

Après le départ de son frère, Edouard termina sa carrière d'ambition à la bataille de Dundalk, où, le 5 octobre 1318, la fortune abandonna enfin un guerrier qui avait si long-temps fatigué sa pa-» tience par des excès de témérité. Ce fatal jour, il en vint aux mains, contre l'avis de ses officiers, avec une armée anglo-irlandaise dix fois plus nombreuse que la sienne. Un des plus vigou** reux champions , rangé sous la bannière des Anglais , nommé John Maupas, attaqua Edouard en particulier, le tua, mais fut aussi tué par lui. On trouva leurs cadavres étendus l'un sur l'ait^ tre au milieu du champ de bataille. Les vainqueurs mutilèrent Iftchement le corps de celui devant qui la plupart d'entre eux avaient fui tant de fois.Un officier général desÉcossais, appelé John Thomson , ramena en Ecosse le reste de leur armée, et ce fut ainsi que l'invasion écossaise en Irlande se termina , pour ne rien dire de la perte d'une multitude de braves soldats que leur pays regretta cruellement par la suite dans les moments de détresse.

Pendant ces campagnes irlandaises , des événements qui ne manquaient pas d'importance s'étaient passés en Ecosse. Le roi^ qui donnait une attention spéciale aux aflkires maritimes, avait menacé la côte anglaise d'un débarquement sur plusieurs points. Il avait également détruit ce que son ancien et mortel ranemi ^ J<^il de Lom , conservait encore d'autorité dans les Hélnrides) il l'avait même fait prisonnier et renfermé dans le château de Loch«^ Leven où il mourut dans les f^rs. Puis, de nouveaux efforts pour troubler la frontière anglaise renouvelèrent les maux de ees malheureux districts. En 1316, Robert, à la tôte d'une armée considérable , pénétra dans l'Yorkshire et ravagea le pays jusqu'à JUcbmond, qui n'échappa aux flammes que moyennant une fort^

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somme. Mais deux tentatives cfassaiii faites m Benrick et sur CmtMe fareat l'ane et l'autre .repoussées arec succès par les garcosoiis anglaises.

Paidant qoe Robert Brace et son frère étaient en Irlande , les Aillais de lear e6té se jetèrent plnsieurs fois sur la frontière. Ma», quoique le roi fût absent, Douglas et Stewart la défendis re»t toujours ayec la plus heureuse valeur.

Un combat remarquable eut lieu près d'un château nomm é linttiauglee, i m viron deax milles au-dessus de Jedburgh . Jame9 Douglas campait dans ce manoir, qui s'élève sur les bords du Jèd , et qu'entourait alors la forêt du même nom qui se prolon ge vers.Ia frontière anglaise. Là il apprit que le comte d'Ârundel, en compagnie de sir Thomas de Richmond , comte de Bretagne, et avec une armée anglaise de dix mille hommes , venait de Northumberland pour le surprendre. Or les ennemis de Douglas , comme on Ta dit d'un de ses ancêtres , ne le trouvèrent jamais mÈdormi , ear il était aussi vigilant que fin et que brave. Il réso« hst aussitôt de se mcmtrer plus ajerte que les envahisseurs. Après avon* choisi un étroit passage qui se trouvait sur la ligne que tes comtes anglais devaient suivredans leur marche, il fit arranger le taillis de droite et de gauche en une espèce de palissade , d'où résulta un déGIé à travers lequel il fallait que la route passât et qni en augmefntaît beaucoup les dtfiicultés naturelles. Il plaça ses ardiers en embuscade près de cet endroit; puis, quand les Anglais se tareùi engagés dans le fatal chemin , il fît pleuvoir sur eux une grêle de flèches et les chargea avec une effiroyable furie. Comme ils ne pouvaient prendre leurs rangs ni pour avancer ni pour battre en retraite , ils furent bientôt jetés en concision et contraints de fuir. Douglas avait le mérite particulier de joindre le courage personnel et l'écrit aventureux d'un chevalier ^rant i la froide habileté et à la délibération cahne d'un capitaine ac-< eompli 11 s'^ança tête la première dans la mêlée, prit pour ad^Fersaire le comte de Bretagne , le combattit seul à seul et lut; enfonça son épée daus le cœur, Douglas enleva comme trophée de sa vAleof et de sa victoire un bonnet de fourrure que l'infor*» Umé conîte portait sur son casque; et l'écusson de ses descenâ«its est encore ralouré d'une barrière de jeunes arbres en^ Bfémoire du strsrtagème employé avec succès par le valeureux dNgneur lames de Linthauglee.

Ub cfaevatter françM^, nonmié Edmond deCaiOou, commaa«-

tu HISTOIRE D*ÉCOSSE.

dait à la même époque la garnison de la Ville de Berwick dont il avait été nommé gouverneur. Avec la présomption de ses compatriotes, il se vanta de rapporter un riche butin d'Ecosse. Il flt donc une sortie avec une bande de e;afiCons comme lui-môme; mais tandis qu'ils revenaient chargés d'immenses dépouilles, leur marche Tut interceptée par Douglas , et Caillou perdît également sa proie et la vie. Sir Robert Neville était aussi à Berwick. Il accusa de lâcheté ceux des gascons qui survécurent à l'escarmouche ; et comme les pauvres Français tout piteux alléguaient l'irrésistible vaillance de Douglas, Neville exprima fièrement le désir de voir la bannière du chef écossais déployée, ajoutant qu'il livrerait luimême bataille dès qu'il l'apercevrait. Cette rodomontade parvint aux oreilles de Douglas , et bientôt après la formidable bannière apparut dans le voisinage de Berwick où la fumée de hameaux en flammes indiqua sa présence. Robert Neville rassembla ses forces, et sortit pour soutenir en vrai chevalier les paroles qu'il avait dites. Douglas ne le vit pas plus tôt sortir delà ville, qu'il marcha droit à sa rencontre. Neville et ses gens combattirent avec bra? voure ; même le champion anglais attaqua Douglas corps à corps. Mais l'habileté, la force et le bonheur du héros écossais l'emportèrent : Neville tomba percé pat Douglas , et ses hommes furent défaits.

Un autre incident militaire que l'ardeur du roi , qui se commu* * niquait à Douglas, et qui sans cesse aiguillonnait son habileté, pouvait éveiller un pareil désir de gloire chez des gens même que leur profession éloignait des camps et des combats. Edouard II, voulant se venger de toutes les aggressions des écossais, envoya une flotte dans le golfe de Forth et débarqua un corps considérable de troupes à Dunibrisslesur la côte du comté de Fife.Le shérif rassembla environ cinq cents hommes de cavalerie écossaise, il s'en alla avec eux faire la reconnaissance des envahisseurs; mais dans la crainte de ne pouvoir leur tenir tête, ils battirent en retraite précipitamment. Tandis qu'ils fuyaient ainsi dans un désordre complet, ils furent rencontrés par William - Sinclair , évoque de Dumkeld^ homme aussi remarquable pour son courage que pour sa haute taille, qui résidait non loin de la côte. « Honte ! honte à vous! Iftches chevaliers, à qui on devrait arra* "Cher les éperons de vos talons! » dit le prélat au shérif fogitif et à sa troupe; puis saisissant la lance d'un soldat qui se trouvait près de lui : « Que quiconque aime l'Ecosse me suive ! » s^écria-

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