CHAPITRE n. «S
^ue ^ années. Mâcbétb , au^ petit-fils de Malcdm II , mais dtt côté maternel . fat eieité par son ambition à dispoter le fsaepire que tenait la main d*mi antre. En outre , réponse de Macbeth , dont le véritable nom était Graoch , avait de mortelles injares à renger sur le prince régnant. Elle élalt petite-fille de Kenneth IV , taé en 1009, tandis qu'il combattait contre Mat« Colmll, et d*dntres motifs encore d'inimitié enflammaient l'esprit de cette femme qui a été peinte depuis comme la plus fiirouche de Son sexe. Les vieux annalistes joignent quelques instigationsd^un genre surnaturel à TinQuence d'une femme vindicative sur un mari ambitieux. Trois magiciennes, car de simples mortelles n'auraient eu ni cette taille ni cette beauté, apparurent à Macbeth dans un songe ou une vision , et le saluèrent successivement dès titres de thane ^ de Cromarty , tbane de Moray, lequel lui tût accordé peu après par le souverain , et finalement de roi d'Ecosse. Ce rêve , dit-on , fit naître en lui les espérances séductrices si bien exprimées dans le drame qui porte son nom.
Macbeth, en attentant à la vie de Duncan, n'enfreignit aucune loi de l'hospitalité. Il attaqua ce prince et le tua en un lieu appelé Bothgowan, c'est-à-dire Maison-de-Forgeron , près d'Elgin , en l'année 1039 , et non, comme on l'a supposé, dans son propre château dlnverness. Ce fut une œuvre de sang , bien digne de ces sanglantes époques , mais en bonne conscience , les droits de Macbeth à la couronne étaient, suivant la règle de succession écossaise, meilleurs que ceux de Buncan. Une fois sur le trône, ce tyran contre qui on s'est tant élevé, ftit en réalité un roi ferme, juste et équitable.
Des craintes de péril qu'éprouvait Macbeth , à cause d'un parti que Malcolm , fils aîné du Duncan assassiné par lui , avait formé dans le Norlhumberland et maintenant encore dans l'Ecosse , semblent avoir peu à peu aigri le caractère de ce prince et l'avoir fendu formidable àsanoble^e. Il avait proféré particulièrement, contre Macduff , le puissant maormor de Fife, quelques menaces qui décidèrent ce chef à fuir la cour écossaise. Cédant aux sollicitatîonsde ce nouveau conseiller, Siward ; comte danois du Norlhumberland , déploya sa bannière en faveur de l'exilé Malcolm, et envahit TÉcosse en 1054. Macbeth attaqua l'ennemi dans le voîîsinage de son célèbre château de Dunsinane. Il ftit défait , mais survécut à la bataille , et périt , en 1066 , à Lumphananan.
1 Ancien titre saxon qui répondait à celui de co'mte. 4. m.
M HISTOIBE D'ECOSSE.
Il sufGt d'un instant de réflexion pour reconnaître combien ce simple narré des faits diffère de Tarrangementde ceux du drame , dont la fable toutefois s'accorde assez avec les historiens inexacts auxquels Sbakspeare a emprunté ses matériaux. On peut ajouter que les anciens auteurs n'offrent aucune trace de l'existence de personnages tels que Banquo et son fils Fléance ; nous n'avons donc pas motifs de croire que ce dernier , dans sa fuite , s'éloigna^ jamais de Macbeth plus que d'un bout à l'autre de la scène d'un Ibéàtre. Toutes ces choses sont maintenant connues \ mais l'es^ prit conserve obstinément l'impression faite par les brillantes im-r postures du génie. Tant qu'on lira les pièces de Sbakspeare , et que la langue anglaise subsistera , l'histoire aura beau réclamer^ le commun des lecteurs ne se rappellera Macbeth que comme un sacrilège usurpateur y et Richard que comme un difforme meur-« trier.
Macbeth laissa un fils surnommé Luach , ce qu'on traduit par Faiuus, ou le Simple. Après quelques mois de lutte , il fut défait et tué à Essie , en Strath-Bogie.