Sebek-nofru-râ
4 ans
Skémiophris
4 aus
durée totale 213 ans 1 1
durée totale 160 ans.
Une étude , même superficielle de la liste monumentale (A) démontrera que les Égyptiens attribuaient à chaque pharaon la
somme totale de la durée de son règne sans tenir compte des réductions à faire par rapport aux règnes simultanés , dont nous possédons plusieurs dates du temps des premiers quatre rois. Donc le chiffre de 213 ans 1 mois et 17 jours que le canon de Turin note comme durée des règnes de la 12e dynastie, doit être nécessairement restreint. On verra qu'effectivement Amenemhât Ier n'a régné que 20 ans , Usurtasen Ier 42 ans , Amenemhât II 32 ans et Usurtasen II 19 ans. Il sera évident par cet exemple, contre quelles difficultés la science doit lutter pour rétablir le véritable canon des anciens rois d'Egypte.
Manéthon nous affirme que cette dynastie, qui joua un grand rôle dans l'antiquité, était originaire de Thèbes. C'est d'autant plus probable que les rois appartenant à cette dynastie ont laissé des souvenirs très-précieux à Thèbes où le sanctuaire du grand temple d'Amon à Karnak est orné de textes et de noms royaux datant de l'époque de la 12e dynastie. Du reste le sol antique sur les deux bords du Nil est couvert de débris qui appartiennent à ce temps. Ce qui les distingue notamment , c'est le cachet d'une admirable perfection de l'art et du goût qui leur est imprimé et qui révèle mieux que toute autre chose la grandeur de leurs auteurs.
[1. AMENEMHÂ T Ier.]
Le premier roi qui ouvre la série , porte le nom officiel
^ O [1 q ^ ^)| Sehotp - àb - râ est son nom de famille
Q- f\ ' ~n 1 Amen-em-hcit. C'est probablement la même
personne qui, sous le règne de Neb-taui Mentuhotep, fut chargée du transport de quelques monolithes des carrières de Hammamât (voir ci-dessus page 80) . Le roi possédait le pouvoir royal non-seulement sur l'Egypte proprement dite , mais il l'étendait encore jusqu'aux régions éthiopiennes. Une stèle conservée aujourd'hui parmi les collections égyptiennes du Musée Britannique constate qu'un fonctionnaire de la cour , à l'époque du règne de notre pharaon , était préposé aux mines d'or dans la Nubie. Il s'agit sans doute de ces
mines qui se trouvent dans la vallée à'Olaqi, situées entre le Nil et la mer Rouge , à quelques journées de la frontière d'Égypte. Des fragments en granit rose d'un groupe de deux figures assises, dont Tune représentait le roi Amenemlwt Ier , ont été découverts à Thèbes au centre du grand sanctuaire d'Amon. Ce fait donne la preuve incontestable que ce pharaon avait déjà commencé à bâtir le sanctuaire du dieu thébain. Les restes d'une autre statue ont été trouvés dans le Fayoum. Les carrières du Mokattam et les rochers de la vallée de Hammamât ont conservé, dans leurs sculptures et dans leurs inscriptions, le souvenir du même pharaon dont la pyramide, selon la tradition des monuments, fut distinguée
par le nom de a ^ J ^ , c'est-à-dire «la Haute et Belle.» Malgré
le petit nombre de monuments contemporains dç ce roi , il n'est point douteux qa'A??ienemhât Ier n'ait exercé son gouvernement sur l'Egypte entière. Nous devons en excepter peut-être les parties du Delta situées du côté de l'est , aux bords du lac de Menzalèh, et habitées par une nation mixte d'Egyptiens et d'accolants sémitiques dont rinfluence prévalut bientôt et d'une façon si désastreuse pour les pharaons et leur pays. Un des papyrus hiératiques, qui se trouvent aujourd'hui dans les armoires du Musée égyptien à Berlin, et qui malgré les plus grandes difficultés provenant de son écriture archaïque et de son style , a été traduit par M. Goodtvin, renferme un tableau très-caractéristique de la vie et des moeurs à l'époque $ Amenemlwt Ier. C'est l'histoire d'un certain Seneha qui habitait l'Egypte sous le règne de ce pharaon et qui raconte naïvement les événements qui touchaient sa personne. Forcé de quitter l'Egypte par des motifs que nous ignorons, il prend la fuite pour échapper à la main du roi son maître. En racontant tous les dangers auxquels il fut exposé pendant sa fuite, il nous fournit l'occasion de connaître l'itinéraire de son voyage. C'est du côté de l'est qu'il dirige ses pas, dans cette contrée de la basse Egypte où des gardes et des fortifications (il les appelle anbu « les murailles ») empêchent les ennemis et les étrangers de franchir la frontière de l'Egypte. A la fin il arrive sans aucun accident à Tennon.
pays étranger dont le roi Amunensa le reçoit d'une manière trèshospitalière. Après avoir passé nombre d'années à la cour de son protecteur, qui lui donna sa fille en mariage et qui le traita en ami, après avoir procréé des enfants et ramassé des richesses , il ne peut résister au désir de revoir sa patrie. Atmnemkât Ier lui envoie , par écrit , une réponse favorable à sa demande , il prend congé de son beau-père , le roi de Tennou , et retourne en Egypte pour passer le reste de sa vie à la cour du pharaon.
[2. USURTASEN Ier] Sous le règne de son successeur, qui porte le nom officiel
^ U^jj ieper-ka-ra et le nom de famille 1 ^
Usurtasen nous .avons à enregistrer un nombre de monuments d'une grande importance pour l'histoire de cette époque. Nous allons en faire connaître les plus instructifs qui ne cesseront jamais d'attirer sur eux l'attention du savant aussi bien que celle du simple voyageur.
Le premier rang parmi eux occupe sans doute le fameux obélisque qu'on voit encore aujourd'hui dans le voisinage du village arabe Matarièh , à deux heures de distance du Caire. C'est presque le seul monument qui soit resté pour témoigner de l'existence de cette ville que les auteurs classiques ont tant célébrée en parlant d'Héliopolis comme le centre des doctrines scientifiques des prêtres égyptiens. Les inscriptions donnent à cette ville le nom de
[| ^ Annu (c'est On de la Bible très-fréquemment employé avec
le surnom ^du Nord» pour la distinguer d'un autre Annu «du Sud, » nom donné à la ville appelée Hermonthis par les Grecs et située dans la Thébaïde. La ville d'Héliopolis était une des grandes résidences de l'empire égyptien, et son temple du soleil, le temple àAtoum, jouissait de la plus haute vénération de la part des pharaons qui s'y rendaient à toutes les occasions pour accomplir les rites prescrits par la religion. Comme ce sanctuaire a complètement disparu de la terre, nous ne savons rien ni sur sa grandeur ni sur sa disposition. Nous devons la connaissance de ses diverses parties
uniquement à la description que le géographe Strabon en a donnée dans ses observations sur l'Egypte. A l'exemple de tous les monuments de ce genre, le grand obélisque, dont nous venons de parler, était placé en face de la porte principale du temple. Ses quatre faces sont ornées d'une bande d'hiéroglyphes qui reproduisent les mêmes mots et qui renferment le sens suivant: aHorus. la vie de ce qui est né , le roi de la haute et de la basse Egypte , existant par le soleil (%eper-ka-rci}\ le maître des deux diadèmes , la vie de ce qui est né , le fils du soleil ( Usurtaserij. , qui aime les esprits de la ville d'Héliopolis , vivant à toujours, le vainqueur de ses ennemis, la vie de ce qui est né , ce dieu gracieux , existant par le soleil , à la première époque de la période de 30 ans, a exécuté cet ouvrage, lui qui donne la vie à toujours. » Voilà des noms et des titres unis au simple fait que le roi Usurtasen Ier a fait faire l'obélisque pour l'ériger à un certain jour de fête de l'année égyptienne. Le lecteur aurait peut-être attendu une révélation d'une certaine importance soit pour l'histoire ou la chronologie , soit pour la religion ou la philosophie, au lieu de rencontrer un texte aussi banal que celui que nous venons de traduire. Mais nous ferons observer une fois pour toutes que les plus beaux et les plus grands monuments de l'Egypte qui doivent leur origine à une idée pharaonique, sont ornés d'inscriptions qui . à peu d'exceptions près , ne contiennent que des formules et des légendes sans profondeur et répétées à profusion. C'est, en égyptien, le langage officiel plein d'emphase et d'expressions sublimes pour lesquelles les temps modernes n'ont pas de correspondant.
Les restes d'un autre obélisque ont été découverts dans l'ancienne province du lac Moeris . près du village arabe Begig. Les inscriptions et les tableaux qui ont échappé à la destruction , démontrent que le monument en question a été érigé par le même pharaon en l'honneur des divinités locales de la ville Set ou Sefi ! Crocodilojmlis) .
Un des tombeaux de Béni - Hassan , si remarquable par sa belle architecture et par la richesse de ses peintures et décorations . a conservé dans ses textes des souvenirs historiques
qui se rapportent aux premiers cinq pharaons de la 12e dynastie. Ce tombeau, une chapelle funéraire dans le style de l'époque, taillé dans le roc de la montagne, était destiné au service des mots et à la mémoire de plusieurs personnes d'un rang élevé qui de leur vivant avaient gouverné le district SâJi c'est le nome (VAntinoë de la basse époque) . La première place parmi eux est occupée parles deux nomarques surnommés Amenemhât et ynum-hotep. La famille de ce dernier est résumée dans le tableau suivant, que nous avons dressé en nous servant des indications fournies dans les textes du tombeau en question.
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