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LE PREMIER PHARAON MENA ET L ANCIEN EMPIRE

Il y avait dans le huitième district de la haute Egypte, un peu éloignée du Nil, vers la montagne libyque , une modeste ville que

les Égyptiens appelaient ° w ] © Tetri, nom que les Grecs tran-

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écrivaient par This ou Tkims. C'est l'ancienne métropole du 8me nome. Située tout près de la grande ville d'Abydos , elle ne formait peut-être qu'un quartier séparé de cette ville si renommée, à en croire les textes égyptiens. La ville de Tend vénérait spécialement le dieu Anhour appelé Onouris par les Grecs qui le comparaient à leur dieu guerrier Arès, tandis que la ville d Abydos s'occupait du service funéraire du dieu Osiris. Aujourd'hui ces deux localités ont disparu du sol, mais leur souvenir s'est conservé dans la présence d une vaste nécropole et dans les ruines splendides de plusieurs sanctuaires qui se trouvent sur la lisière du désert à l'endroit nommé Harabât-el-Madfouneli par les habitants modernes de cette contrée.

Quoique nous ayons très-peu de chose à rapporter sur l'histoire de la ville de Teni qui à la basse époque, sous la domination romaine , n'était connue que par ses teinturiers en pourpre , elle doit avoir joui d'une très-grande renommée chez les anciens Égyptiens. Encore au temps de la dix-neuvième dynasties les plus hauts fonctionnaires de sang royal étaient distingués par le titre de "princes de Teni.» comme on disait «princes de Eus* et princes de Neyeb (Eileithyiapolis) . La gloire de cette ville se fonda indubitablement sur la circonstance que le premier roi des Égyptiens

et ses successeurs qui composent les deux premières dynasties, d'après rénumération de Manéthon , descendaient d une famille native de cet endroit. Ce roi que les auteurs classiques appellent indifférement Min. Ménis. Meines, Meinios. et Menerés portait

qui se traduirait le mieux parle mot français «stable.» Tout ce que nous savons de lui se borne à quelques notices que nous devons à des auteurs grecs. Selon eux ce pharaon était le premier

bonnes moeurs des temps passés en remplaçant la sobriété et une manière simple de vivre par un luxe royal et par une splendeur somptueuse. On racontait à cet égard que beaucoup de temps après lui un roi nommé Technactis ou Tnephachthus . le père du malheureux roi Bocchoris, ayant éprouve pendant une expédition contre les Arabes révoltés les bienfaits d'un modeste repas et d'une couche de paille, fut tellement dégoûté de La façon royale de vivre, qu'il adopta dès lors la plus simple frugalité. 11 ordonna même à la caste sacerdotale de graver sur une pierre un décret contenant des malédictions prononcées contre le roi Mena, et de la placer dans le temple d'Amon à Thèbes.

Selon les mêmes traditions ce pharaon régla le premier le culte des dieux et le service des temples. C'est lui qui fonda la capitale de l'ancien empire, La ville de Memphis. après avoir changé le cours du fleuve pour élargir le terrain qui devait contenir la nouvelle résidence. Par La construction d'une digue gigantesque, le Nil qui, avant le règne de ce roi, coulait près de la chaîne libyque. fut porté plus à l'est: son ancien lit fut comblé, et c'est ainsi que Memphis gagna son emplacement. Cette histoire n'a rien qui puisse surprendre ou étonner. Encore de nos jours on a réussi à combler un bras du Nil et à réunir l'île en face de Boulaq aux terrains de l'autre côté situés vers l'ouest.

Monsieur Linant-Bey , une des gloires de l'Egypte moderne, ;i émis l'opinion fondée sur un examen de la formation du terrain, que la grande digue "de Oocheiche est probablement celle que le

chez les Égyptiens le nom de

législateur des Égyptiens, mais on l'accusait d'avoir perverti les

roi Mena fit construire pour donner au Nil sa direction vers l'est. Aujourd'hui cette digue sert à retenir toutes les eaux d'inondation

ou dans le Nil selon les besoins. C'est ainsi qu'est occasionné un complément d'inondation dans les bassins inférieurs, et un surcroît de hauteur dans le niveau du fleuve qui . aux environs du Caire, s'élève quelquefois jusqu'à un mètre. M. Linant-Bey veut reconnaître l'endroit où le Nil fut rejeté vers l'est . à deux milles au sud de Memphis.

Sur cet emplacement Mena fit construire la nouvelle ville avec ses maisons, ses fortifications et ses temples. Les Egyptiens, comme en général les anciens . commençaient la fondation de leurs villes par la construction d'un temple qui formait le centre de la ville à fonder. De nouveaux temples érigés après donnaient l'occasion de créer de nouveaux quartiers qui s'étendaient autour du centre avec lequel ils formaient une seule ville. Les noms donnés à ces sanctuaires s'appliquaient aussi aux colonies dans leur voisinage, et c'est ainsi que plusieurs noms peuvent rappeler la mention d'une seule ville. Chez les Égyptiens et dans les légendes hiéroglyphiques les noms : Ha-Patah « le temple de Patah . » Ha-Ka- Patah «le temple du culte de Patah,» Ha-PatahSokar «le temple de Patah-Sokar.» Ta-ân% «la terre de la vie.» Men-nofer «la bonne station» et encore d'autres désignent Memphis. mais toujours par rapport à un certain quartier de la ville. Le nom de Mennofer

t~~~J I *~ /\® est Ie Pms commun et le plus connu. Les Grecs

en faisaient Memphis et les Coptes Memphi . tandis que dans les cunéiformes l'appellation égyptienne est rendue par Mi m pi. Les traces du nom antique se sont conservées très-lucidement dans le nom moderne de Tel-Monf par lequel les Arabes d'aujourd'hui désignent un monceau de décombres sur l'emplacement de 1 ancienne ville.

Tout ce qui en reste aujourd'hui se compose de quelques pierres de construction, d'un nombre de débris de statues el de

qui arrivent de la haute Egypte. Au moyen de grands déversoirs pratiqués dans la digue on les laisse écouler dans la basse Egypte

colonnes , et d'une foule de collines et de monticules qui laissent reconnaître les ruines d'anciennes maisons. Ceux parmi les voyageurs qui visitent les restes de Memphis avec l'espoir d'y rencontrer des vestiges dignes de renommée, seront peu satisfaits du triste aspect qui s'offre à leurs regards.

Le grand temple de Ptah, le centre de la ville . avait son emplacement du côté du midi de la plaine salée qui s étend entre le Koum-el-Khanzir à Test, et entre l'endroit appelé El-Qasrieh à l'ouest. Son axe suivait la direction du sud au nord, et le colosse de Bainsès II couché dans un grand trou et atteint régulièrement par les inondations du Nil , marque la position de la grande porte d'entrée. L'existence d'un lac qui devait appartenir au temple et qui se trouvait au nord du colosse, est prouvée d'une manière incontestable par l'inscription gravée sur le grand bloc de taille au milieu de la plaine. Tout près du village de Qasrieh on découvre les restes d'un temple et les débris de statues qui portent le nom de Ramsès II. Ce sanctuaire suivait la direction de l'est à l'ouest, et les textes qui s'y trouvent prouvent que ce temple de Ramsès 11 avec ses beaux blocs d'albâtre et de granit, fut dédié par le roi au culte du dieu Patah, le Phtha-Hephaistos des Grecs.

Il paraît qu'au moyen âge les ruines de Memphis étaient encore si bien conservées que leurs matériaux et la manière dont ils étaient travaillés pouvaient exciter l'admiration des Arabes. Nous possédons mie description très -poétique des ruines et des merveilles de cette grande ville, faite au treizième siècle par le médecin Abd-ul-Latif. 11 commence son récit par des réflexions extrêmement justes que je reproduis suivant l'excellente traduction du baron Sylvestre de Sacy.

«Malgré l'immense étendue de cette ville, dit-il. et la haute antiquité à laquelle elle remonte, nonobstant toutes les vicissitudes des divers gouvernements dont elle a successivement subi le joug, quelques efforts que différents peuples aient faits pour l'anéantir, en en faisant disparaître jusqu'aux moindres vestiges, effaçant jusqu'à ses plus légères traces, transportant ailleurs les pierres et les matériaux dont elle était construite . dévastant ses édifices . muti-

lant les figures qui en faisaient l'ornement : enfin , en dépit de ce que quatre mille ans et plus ont dû ajouter à tant de causes de destruction, ses ruines offrent encore aux yeux des spectateurs une réunion de merveilles qui confond l'intelligence , et que l'homme le plus éloquent entreprendrait inutilement de décrire. Plus on la considère, plus on sent augmenter l'admiration qu'elle inspire : et chaque nouveau coup d'œil que l'on jette sur ses ruines , est une nouvelle cause de ravissement. A peine a-t-elle fait naître une idée dans l'âme du spectateur, qu'elle lui suggère une idée encore plus admirable : et quand on croit en avoir acquis une connaissance parfaite, elle vous convainc au même instant que ce que vous aviez connu est encore bien au-dessous de la vérité. »

Après ces paroles pleines de charme , le savant médecin présente une description de la fameuse chambre verte faite d'une seule pierre de neuf coudées de hauteur sur huit de longueur et sur sept de largeur, et couverte de figures d'hommes et d'animaux d'une dimension prodigieuse.

De nos jours toutes les fouilles qu'on a entreprises pour arracher au sol antique de MempMs des monuments de valeur historique, n'ont donné que très-peu de résultats satisfaisants. Il paraît que la grande masse de pierres qui composait le temple a été emportée au Caire pour servir de fondements aux mosquées , aux palais et aux maisons construites dans la ville des Califes.

Outre Thèbes, c'est la ville de Memphis sur laquelle les textes égyptiens nous donnent le plus grand nombre de renseignements. Dans nos recherches géographiques, nous avons énuméré la quantité de temples et de sanctuaires qui se trouvent mentionnés dans les hiéroglyphes à partir du grand temple de Patah jusqu'au sanctuaire de la déesse étrangère Astarte. Les grands-prêtres de Memphis comme ceux de Thèbes, jouèrent également un rôle important aux différentes époques de l'histoire d'Égypte. Nous trouvons parmi leur nombre des princes de sang royal. Pour citer un exemple nous rappelons le prince yamus, fils de Ramsès II. qui s'est singulièrement distingué pour le culte des divinités locales. C'est au temps de la décadence de l'empire que les grands-prêtres de

Bkigsch, Histoire d'Égypte. I. \\

Memphis, comme ceux de Thèbes. perdent leur importance politique, les deux villes ayant cessé d'être des résidences de la famille pharaonique.

La nécropole de Memphis. qui s'étend le long du désert à partir à' Abou-roasch jusqu'à Meidoan ou Meidoum la ville V ^tt-tt ©

Mir-tum , Mi-tum des inscriptions] , avec ses pyramides et ses tombeaux, est cette précieuse source dans laquelle nous puisons nos connaissances sur l'époque memphitique de l'ancien empire. Ce sont surtout les générations de la 3e, 4e et 5e dynasties d'après l'ordre adopté par Manéthon) qui se trouvaient inhumées dans les puits souterrains du désert. Moyennant les textes qui couvraient les chapelles construites au-dessus des puits . il y avait de quoi rétablir toute la parenté des familles royales de l'époque indiquée. Aujourd'hui il nen est resté que quelques spécimens . mais parmi eux des exemples de vraie magnificence et splendeur.

A ce temps où la construction des pyramides et des tombeaux demandait des artistes de premier ordre , le métier d'architecte se trouvait confié aux plus hauts dignitaires de la cour pharaonique.

« Les architectes » du roi . les Mur-ket ^ %\ . se recrutaient

assez souvent parmi le nombre des princes . et les textes gravés sur les parois de leurs tombeaux nous apprennent que presque tous sans exception se mariaient avec les filles ou « les petitesfilles » les ^ <ê> ^ suten-rey-t) des pharaons , qui ne refusaient

pas leur main aux Mur-kct.

Voici ceux de cette époque dont les monuments nous ont conservé le souvenir: Heka architecte sous le roi Senoferu . Semnofer (marié avec la dame Àmon-Zefes. petite-fille d'un pharaon . yufu-hotep (marié avec la dame Hontenes , une sute?i-reyj), yufu-âny, le prince Mer-àh , fils du roi yufu et de la dame Setàt, Pirson (sa femme la dame yenshut de sang royal), TV, de basse extraction, marié avec la dame Nofer-hotepes de la famille royale, Hapu, architecte sous le roi Tetà de la sixième dynastie, Meri-râ-cmy architecte sous le pharaon Pepi de la même dynastie,

les architectes Pehen-ka, Râ-ur , Ai. Uah-mer et peut-être encore quelques autres qui nous auront échappé dans nos recherches monumentales.

Une dignité tout à fait particulière est celle que les inscriptions hiéroglyphiques désignent par le titre « prophète de la pyramide de tel pharaon.» Il paraît qu'après sa mort chaque roi était vénéré par un culte spécial auquel le prophète présidait en chef. Grâce à la mention de ces fonctionnaires sur les monuments de l'ancien empire, la science a pu recueillir la plupart des noms royaux appartenant à cette époque. C'est la nouvelle table d'Abydos qui a permis plus tard de classer tous ces rois par ordre chronologique.

En examinant les nombreuses inscriptions des tombeaux de la nécropole de Memphis. il est permis de recueillir une foule de notions très-curieuses sur la personne du pharaon et sur la cour royale à l'époque de l'ancien empire. Le roi y est désigné officiellement par le titre le plus complet «de roi de la haute et de la basse Egypte.» Plus généralement sa personne se cache sous une série d'expressions qui toutes ont le sens de la «grande maison» ou du « grand palais ,» quelquefois au duel: des « deux grandes ?naisons.» par rapport à la division de l'Egypte en deux parties. C'est du titre très-fréquent <^^ Per-âo «la grande maison, la haute porte.» qu'on a heureusement dérivé le nom biblique Pharao donné aux rois d'Egypte. Pour ses sujets le pharaon est une personne divine

nuter)\ le maître neb par excellence. A sa vue il fallait

se prosterner en touchant la terre du nez . quelquefois . par l'ordre gracieux du roi, on touchait seulement le genou de l'omnipotent.

En parlant de lui. on se sert assez souvent du mot hon-f Q ' ^

qui répond tout à fait au titre moderne de Sa Majesté, ou l'on supprime chaque titre, en le désignant très-respectueusement par une construction grammaticale qui, dans la traduction, se rend le mieux par le mot « ora.»

C'est le pharaon qui donne les ordres à exécuter par ses serviteurs . en leur témoignant sa satisfaction par des nominations,

par des cadeaux et d'autres actes de grâce. Il distribue des décorations (par exemple le collier d'or fSS^ nul) , et il fait cadeau . déterres et d'esclaves. Ses filles, les princesses, sont mariées avec les personnes les plus illustres de la cour et de jeunes gens de talent et d'avenir sont admis dans la société des enfants du roi. «La femme du roi» ainsi que les princesses, honorées par les titres de prophétesses des déesses Hathor ou Neit, se trouvent dans « la maison des femmes royales,» le harem pharaonique, placée sous la surveillance d'intendants qui jouissent de la confiance du roi. «La maison des enfants du roi» est dirigée par un seigneur de la cour à qui incombe la responsabilité de la santé et de l'éducation de la descendance pharaonique.

La cour royale se compose de la noblesse du pays et de domestiques de rang inférieur. Les nobles, les |1 <c^> |^ ser des inscriptions, se distinguent par leur sagesse et leur instruction. Les personnes appartenant à la première classe de la noblesse portent

généralement les titres: □ ^ erpâ «l'illustre,» oss^^ hâ «le chef,» Xf^S^ 011 \( 8 «l'excellent,» |1 ^ ,H=^j se%mer uâ-l «l'ami intime.» Les affaires de la cour et de l'administration du pays sont expédiées par «les chefs» ou «les intendants,» par les ® |) ^

hir-sesta ou «les secrétaires» (chef du secret) et par la nombreuse classe des scribes.

Parmi « les chefs » appelés §^ mur , |1 | sehaz , ur ou

em%et qui sont attachés à la personne du roi , il y avait

un maréchal des logis , un intendant de la musique vocale , un autre des plaisirs, un maître garderobier, un maître coiffeur ^) , un autre qui soignait les ongles (-<s>- JJj^) de sa Majesté, et qui lui préparait des bains. D'autres nobles sont chargés de l'administration des magasins de blé, de dattes et de fruits en général, du cellier, de la chambre à l'huile, de la boulangerie et de la boucherie, des érables, etc. Le trésor rempli d'or et d'argent, et

le divan des dépenses et des recettes avaient leurs intendants à eux. La chambre des comptes ne manque pas. Les domaines, les propriétés , les palais et même les lacs du roi sont mis sous la garde d'inspecteurs. Les architectes du pharaon s'occupent de bâtisses d'après Tordre du pharaon, les carrières à partir de celles

du Mokattam (f^\ ^ Rociu , Ta-roâv , le Troja des

Grecs , Tour ah de nos jours) jusqu'à celles d'Assouan (appelées Tou-ters «Mont Rouge» se trouvent exploitées par «des chefs» qui surveillent le transport des pierres taillées à la place de leur destination. Finalement la corvée est dirigée par les chefs des travaux publics.

La population habitant les grands districts des villes comme la campagne est gouvernée par leurs préfets. Des juges exercent la justice , le maître des requêtes du pharaon reçoit les plaintes, et l'application des peines est confiée aux mains d'un grand seigneur de la cour.

Les milices qui se composent de jeunes piétons [mesâ] armés de massues , de haches, d'arcs et de flèches, sont placés sous le commandement de supérieurs. Un général en chef organise les masses, fait les préparatifs nécessaires pour les expéditions militaires et donne les ordres de bataille. Le titre de hir-sesta qui littéralement désigne quelqu'un a au-dessus du secret,» est attribué à toutes les personnes d'une intelligence et d'un savoir supérieurs. Ce sont les académiciens de l'époque. Il y en a qui s'appellent «les hirsesta du ciel, qui regardent le secret du ciel « que nous devons comparer aux astronomes des temps modernes. D'autres sont intitulés : «les hir-sesta de toutes les terres.» Si nous ne nous faisons pas illusion, il s'agit des géographes de<Memphis. On en trouve qui ont le

U3 I "fl *□"□/ ^° Sei01lt; sous un certain point de vue, les géologues du pharaon, connaisseurs habiles du terrain du désert où on allait pratiquer les puits funéraires. De plus nous rencontrons «des hir-sesta des paroles secrètes,» des gens lettrés et compositeurs de thèmes difficiles, et « des hir-sesta de la langue sacrée , » les savants grammairiens de

la cour pharaonique. Le plus fréquemment les monuments rappellent « les hir-seUa du pharaon » ou bien « de tous les ordres du pharaon.» Ce sont les savants secrétaires du roi. Après eux nous trouvons encore des «hir-se&a qui examinent les paroles,» sans doute des lettrés au style élevé, des compositeurs de premier ordre , si Ton ne préfère pas de penser à des juges chargés de l'enquête d'un procès.

Les scribes ( [ifi an\ divisés en diverses catégories selon l'im-

portance de leur charge , transmettent les ordres de leurs supérieurs à qui il faut, enrégistrent les faits dans leurs livres , notent les dépenses et les recettes, et en général, tiennent les livres en bon ordre. Ouvert au scribe de talent le chemin pour arriver au sommet de la bureaucratie pharaonique. La basse-classe des do-

mestiques (les (Ô) des monuments , et des ouvriers-artistes (désignée

par t ah ou am) est divisée en plusieurs rangs (sa, °mfa) qui

obéissent à leurs chefs et qui exécutent leurs ordres. C'est ainsi que la cour et l'administration publique est parfaitement organisée, chacun y tient sa place selon sa dignité , les affaires suivent leur marche régulière et le pharaon est le moteur de la machine gouvernementale.

Et tout ce monde enseveli depuis six mille ans dans les sables du désert , sous les ruines de ses propres ouvrages gigantesques, ouvre les mystères de sa vie publique et privée à la postérité qui admire profondément la perfection de l'esprit , de l'art et de l'administration. Mais où est le' hir-sesta moderne qui lève le voile qui cache encore les origines de ces hommes de jadis?

D'après le témoignage des auteurs grecs , le roi Mena illustra aussi son nom par des expéditions militaires, en attaquant les peuplades libyques. Le proto - dynaste des pharaons d'Egypte devait se terminer par une mort tragique : saisi par un crocodile, il en devint la proie.

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