V. le Recueil de M. Teulet, t. IV, p
Correspondance de don Bernardino de Mendoça.
Élisabeth, en immolant Marie Stuart, s’affranchissait des conspirations catholiques; mais elle s’exposait aussi aux formidables efforts de Philippe H, l’héritier de la reine d’Ecosse.
Instruit du testament brûlé par Élisabeth et constaté par don Bernardino de Mendoça, Philippe II prend avec son ambassadeur toutes les mesures propres à sauvegarder ses droits. M. Teulet, après avoir médité sur les dangers de la reine d’Angleterre de la part de l'Espagne, se demande si la colère d’Élisabeth contre Davison était une comédie. 11 n’affirme rien, et il a raison de faire un appel à des réflexions nouvelles.
Eh bien ! malgré les hésitations des érudits, aussi naturelles que les hésitations d’Élisabeth, je pense qu’elle n’était pas sincère dans
DOCUMENTS
son ressentiment contre Davison. Elle l’aurait puni davantage, et puis, péril pour péril, elle aimait mieux courir avec ses ministres et l’Angleterre la même fortune que le protestantisme. Elle balança d’abord, comme elle en avait l’habitude, et comme pour Norfolk, comme pour Essex, elle se décida fermement, usant de duplicité pour se couvrir, mais résolue au milieu de ses irrésolutions à tomber du côté de sa passion, de sa vengance, du côté où elle penchait depuis longtemps.