V. la Dépêche de Philippe II, p. 504 et 508, note
M. Mignet.
Son Histoire de la révolution française faisait pressentir ses œuvres ultérieures. Marie Stuart, Antonio Perez, Charles-Quint, sont autant de médailles d’une grande fidélité. M. Mignet laissera dans la haute biographie une trace magistrale.
Journal d'Edouard,
Lettres de Cranmer à la reine Marie, dans Strippe.
Revue d'Edimbourg.
Mémoires de sir Henri Sydney.
Lettre fort intéressante de Burleigh à Walsingham, sur le caractère flottant d’Élisabeth. V. Chalmcrs, pièces officielles.
Mémoires de Melvil.
Dépêche du comte de Shreicsbury sur l’exécution de la reine d’Écosse.
Lettre du pape Sixte V à Philippe II.
Le souverain pontife promet au roi d’Espagne un subside d’un million de couronnes, dès que les Espagnols auront débarqué en Angleterre. Cette lettre est déposée aux archives de Simancas.
Mémoires de Sully.
histoire d’Élisabeth d' Angleterre
Œuvres de Bacon.
Bacon, par Charles de Rémus at.
Naunton.
Harrington.
Procès d'Etat de Hotcel.
William Rawley.
Il était secrétaire et chapelain de Bacon, auquel il a consacré une notice. t
Ambassade de M. Uurault de Maisse en Angleterre, vers la rogne Elisabeth, ès années 1597 et 1598, touchant la paix qui depuis fut conclue à Venins, avec un journal de tout ce qu'il a fait, depuis le 24 novembre 1597 qu'il partit de Bouen, jusqu'au 29 janvier 1598 qu'il en retourna et arriva à Dieppe.
Ce manuscrit in-4° est conservé aux archives des Affaires étrangères. C’est un magnifique manuscrit sur maroquin rouge aux fleurs de lis. Il est copié d’une écriture si belle et si nette qu’elle est aussi facile à lire qu’une impression très-soignée.
Il y a une erreur de pagination au feuillet 319, duquel on saute au feuillet 379, sans qu’il y ait interruption réelle dans le texte. Le manuscrit, en tout, a 421 feuillets, desquels il faut retrancher les 60 pages mentionnées par inadvertance.
Ce qui a rendu à toutes les époques les recherches agréables dans ce département des Affaires étrangères, c’est la courtoisie des directeurs qui se sont succédé aux archives comme une dynastie d’hommes éminents, M. le comte d'Hauterive, M. Mignet, M. Cintrât, au-dessous desquels M. Dumont persiste au milieu de tous les changements, tel qu’un secrétaire perpétuel digne par son érudition de veiller avec son élite de collaborateurs à ces richesses diplomatiques de la France.
Les Dépêches (dispacci) et les Rapports (relazioni) des ambassadeurs vénitiens.
Pendant sa mission, un ambassadeur de Venise rédigeait ses dépêches; après sa mission, il prononçait dans le sénat de la république
DOCUMENTS
un discours (relazione) qui était le compte rendu, le récit, l’odyssée, l’histoire de cette mission. De là un intérêt immense. Cette relation était ensuite déposée dans la chancellerie secrète, un trésor de documents incomparables.
Les ambassadeurs de France, Sully, Hurault de Maisse, le cardinal d’Ossat et les autres , Walsingham et les Anglais , Busbec et les Allemands, envoyaient aussi des dépêches toutes vives soit de grâce, soit de tact, soit de bon sens, soit de divination ; mais ils n’avaient pas. audelà des dépêches, comme les ambassadeurs italiens, les relazioni, sortes d’annales où, à l’exemple de Machiavel, dans sa correspondance diplomatique, ces ambassadeurs pouvaient et devaient embrasser la religion, la justice, les armées, les finances, l’administration, le gouvernement, les classes diverses, les ministres et les rois d'un pays. Ils ont par là un avantage sur tous les négociateurs du monde, et ils ajoutent à cet avantage la séduction du génie de leur race.
Consulter sur ces admirables documents de la ville des doges M. Albéri; M. Baschet; M. Tommaseo; M. Gaschard, le savant collecteur des relazioni concernant Charles-Quint et Philippe II ; et M. Niel, qui ne sait pas moins les livres les manuscrits, que les portraits.
Diarii di Marin Sanuto.
C’était un sénateur qui, sous ce titre, pendant quarante années, s’est fait l’historiographe de Venise. Ces journaux ou mémoires quotidiens, interrompus seulement par la mort, sont le livre intarissable et capital sur Venise, de 1490 à 1533. M. Rawdon Brown et d’autres érudits ont fouillé ce livre sans l’épuiser. M. Albéri et ses amis l’explorent avec succès, et ils le complètent par les recherches les plus curieuses dans leur Recueil de Florence. Les deux volumes consacrés à la diplomatie du sénat et des doges auprès despapes.de 1500 à 1600, montrent, dans l’espace de ce siècle seulement, l’intervention à Rome de plus de soixante ambassadeurs vénitiens, les plus déliés et les plus fermes de la république. M. Tommaso Car et M. Emmanuele Cycogna, deux collaborateurs de M. Albéri dans la collection de Florence, ont approfondi par des notes et des renseignements précieux toute la période diplomatique si importante entre Venise et Rome. Ils éclaircissent, citent ou résument tant d’admirables relazioni dignes de Machiavel. Indirectement et par des ricochets de lumière, rien ne révèle aussi bien la politique des papes, auxquels les Tudors échappèrent pour jamais.
histoire d’élisabeth d’anoleterre
Antonio Perez. — Les seuls mémoires qu’ait l’Espagne sont de Perez. Ce Memorial, ces Relaciones, ce célèbre Mémoire sous forme de plaidoyer, ces Relations retentissantes, devinrent un livre qui fut traduit en anglais, en français, et qui eut six éditions.
Néal. — Il is tory of the puritans.
H. Taine. — Histoire de la littérature anglaise.
Mémoires de la cour d'Élisabeth, reine d'Angleterre, par Lucv Anax,
Ballades, légendes et chants populaires de l'Angleterre et de l' Écosse", Walter Scott, Thomas Moore.
Édouard lord Herbert db Cherbcrv. — Mémoires.
Je veux indiquer encore ce livre. C’est l’un des plus charmants que j’aie jamais lus. S’il n’éclaire pas beaucoup les faits, il éclaire les mœurs.
Lord Édouard Herbert, qui adorait la poésie, surtout celle de Spenser, continue, dans des proportions un peu moins historiques, un peu plus romanesques, l’esprit platonicien et le courage aventureux de Philippe Sidney et de Walter Raleigh.
11 vint au monde à Eyton, dans le comté de Montgomery (pays de Galles). Il fut ambassadeur en France sous Jacques Ier; avant et après, il se montra partout le plus brillant des volontaires et des gentilshommes. Né en 1581, il mourut en 1648, un an avant l’échafaud de Charles 1". Il s’était d’abord prononcé pour le roi, puis il prit parti pour le parlement.
Ses mémoires sont bien peu politiques, mais je n’en sais pas de plus intéressants. Il faut absolument les lire.
11 est nôtre par le talent, par les deux siècles qu’il reflète et par une visite qu’il fit à la cour à dix-neuf ans (1600).
« ... Comme c’était l’usage pour tous les hommes de s’agenouiller devant la grande reine Élisabeth qui régnait alors, je m’étais mis à genoux dans sa chambre, quand elle la traversa pour se rendre à la chapelle de White-Hall. Dès qu’elle me vit, elle jura comme à son ordinaire en demandant qui j’étais. Tous les assistants me regardèrent, mais personne ne me connaissait j alors sir James Croft, pensionnaire de la reine, s’aperçut qu’elle s’arrêtait, et, revenant sur ses pas, lui
DOCUMENTS
dit qui j’étais et que j'avais épousé (à quinze ans) la fille de William Herbert de Saint-Gillian. La reine me regarda attentivement et dit avec son juron habituel, que c'était pitié de m’avoir marié si jeune, puis elle me donna sa main à baiser deux fois et deux fois elle me frappa gracieusement sur la joue. » P. 49-50.
Je citerai encore quelques lignes de lord Herbert à l'époque de son premier voyage en France. Présenté par l'ambassadeur d’Angleterre 5 la duchesse de Ventadour, cette dame, fille du connétable de Montmorency-Damville, invita chez son père, à la campagne, le jeune et hardi Gallois.
Le connétable l’accueillit, comme un fils, au chateau de Mello, dans le Beauvoisis.
« Je passai, dit-il, à Merlou (Mello) deux ou trois jours, et il arriva qu’un soir une fille de la duchesse (de Ventadour), âgée de dix ou onze ans, sortant du château pour se promener dans la prairie, je l'accompagnai avec plusieurs gentilshommes français et quelques dames. Cette jeune fille portait sur la tête un nœud de rubans, qu’un gentilhomme français lui enleva tout à coup et attacha à son chapeau ; la jeune fille offensée lui redemanda son ruban; qu’il refusa de rendre. Mademoiselle de Ventadour s’adressant à moi : « Monsieur, me dit-elle, « reprenez, je vous prie, mon ruban à ce gentilhomme. » J'allai aussitôt à lui, et, avec toute la politesse possible, mon chapeau à la main, je lui demandai de me faire l’honneur de me permettre de rendre à la « jeune duchesse son nœud de rubans. Croyez-vous, me répondit-il « brusquement, que je vous le donnerai, quand je le lui ai refusé? — Soit, « monsieur, répliquai-je, je vous le ferai rendre de force. » Et alors, remettant mon chapeau sur la tête, je tâchai de prendre le sien ; mais il s’échappa en courant, puis, après une longue poursuite dans le pré, voyant que je le gagnais de vitesse, il tourna court et s’élança vers la jeune dame pour lui présenter le ruban : mais je le saisis par le bras et dis à mademoiselle de Ventadour que c’était moi qui le lui rendais. « Pardonnez-moi, me répondit-elle, c’est lui qui me le donne. — Ma- « dame, lui dis- je, je ne vous contredirai pas, mais s’il ose dire que ce « n’est pas moi qui l'ai forcé à le rendre, je me battrai avec lui. » Le gentilhomme français ne répondit rien et reconduisit la jeune fille au château. Le lendemain je priai M. Thownsend d’aller dire à ce cavalier qu’il avouât que je l’avais forcé à rendre le ruban, et, s'il s’y refusait, de le provoquer de ma part. Mais mon ami, ne le trouvant pas disposé
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à accepter ce cartel, le quitta, et, comme je le suivais, quelques gentilshommes du connétable lui donnèrent avis de ce qui se passait. Il fit alors venir le cavalier, le tança vertement sur son impertinence d’avoir pris le ruban de sa petite-fille et lui ordonna de sortir de sa maison. Depuis, je n'ai jamais ouï parler de ce gentilhomme, envers lequel j’avais cru devoir me conduire de la sorte pour obéir h mon serment de chevalier du Bain. »
Ce serment obligeait à la protection des dames et paraissait à lord Herbert d’autant plus sacré que c'était le grand comte de Shrewsbury, un glorieux parrain héraldique celui-là, qui lui avait chaussé l’éperon. Comme chevalier d’ailleurs, lord Herbert s’appliquait à imiter les modèles poétiques de la Reine des Fées. Il lisait et relisait tout ce qui avait paru de ce poème du grand et malheureux Spenser.
Les principaux titres de lord Herbert, qui était un héros dans la mêlée, et, hors de la mêlée, un penseur, méritent d’èire signais. Comme philosophe, il a son livre de Veritate prout distinguitur arevelatione...; comme biographe, il a son Histoire de Henri VIII et ses propres Mémoires, édités par Horace Walpole en 1730, traduits dans notre langue par le comte de Bâillon en 1863 (I vol. in-4°).
Ces trois œuvres sont trois coups de force et de grâce. Les Mémoires singulièrement racontent avec une verve incomparable et une originalité anglaise cet étonnant lord Herbert, qui s'était si bien emparé de l’opinion publique d’alors, que les femmes, les poètes, les grands seigneurs et les déistes commandaient à l’envi, la plupart secrètement, des copies de son portrait au peintre Larkin.