‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 100 sur 282 · CHAPITRE vnfcT-TROISlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE vnfcT-TROISlÈME

le pays et les beaux jardins de la VégaK. Le Barcelonais, voyant le peu de troupes sur lesquelles il pouvait compter, se plaignit d'Ebn Abêd , et dit à Ebn Omar que si son maître n'arrivait pas, ils ne pourraient rien faire contre ceux de Tolède, qui avaient l'avantage du nombre et, de la position. Sa défiance vint à tel point, qu'il soupçonna qu'on l'avait trompé, afin de l'amener périr là avec ses troupes; et, pour sa plus grande sûreté, il fit mettre sous bonne garde le jeune Raschid ben Mohammed, son otage. Ces plaintes et ces défiances entre les généraux se divulguèrent parmi les troupes , et les esprits s'aigrirent : les espions d'El Màmoun lui en donnèrent avis, de môme que le firent aux chrétiens de Galice les fugitifs chrétiens transfuges du Barcelonais. Pleins de confiance, El Màmoun et ses alliés chrétiens attaquèrent aussitôt ceux de Séville et les Barcelonais, qui furent vaincus, et s'enfuirent devant les vainqueurs de Tolède et de Galice, laissant Je champ de bataille couvert de cadavres. Pendant que se donnait la bataille, l'émir Ebn Abèd s'avançait avec de la cavalerie d'élite qu'il amenait de Jaen. Dès le matin il se trouvait près de Ségura; mais, arrivé aux bords du Wadimena, sa cavalerie ne put passer la rivière à gué, parce qu'elle était fort grossie par les pluies , et il y demeura arrêté tout le jour, sans penser que l'absence de ses troupes se fit si vivement sentir ; ce ne fut que vers le soir, lorsqu'il vit accourir sur l'autre rive les restes fugitifs de l'armée qui se sauvaient des vainqueurs, qu'il apprit la malheureuse issue de la bataille. La terreur des vaincus était telle que beaucoup tentèrent de passer la rivière et furent emportés par le courant. Cela remplit ses troupes d'épouvante et il ne fut pas possible de les faire avancer; elles tournèrent bride, entrèrent à Segura, et sans s'y arrêter plus d'une nuit, Ebn Abèd partit pour Jaen,

i Cette expédition est racontée avec une négligence extrême par l'a u leur arabe. Nooe verrons dans le chapitre mitant ce qu'étaient les auxiliaires chrétiens dont U est ici parlé.

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emmenant avecluile cousin du comte de Barcelone.Ebn Omar, qui s'échappa de la bataille avec quelques cavaliers, le suivit, et, après quelques jours de marche, l'atteignit à Guada Ballon: il l'engagea à accomplir ce qui avait été convenu avec le Barcelonais; mais, faute d'argent, on différa l'échange, et le Barcelonais ( c'est-à-dire Raymond Bérenger Ier, fils de Bérengcr, fils de Borrel,) retourna dans son pays avec le prince Raschid ben Mohammed ben Abéd.

El Mâmoun benDzy el Noun, content de l'heureux succès de la bataille, offrit de bonnes conditions à ceux de Murcie, et Ebn Taher se mit sous sa foi et protection, et lui promit d'être son fidèle vassal; les principaux scheiks de la ville lui firent hommage; il occupa également par capitulation les forteresses d'Auriola et de Mulaque,y mit des alcaïds à lui, et , ayant mis ordre à ses affaires, retourna à Tolède , où il paya et récompensa avec une libéralité toute royale les généraux tant musulmans que chrétiens de Galice et de Castille, qui l'avaient aidé dans cette campagne.

Le général Ebn Omar, dès qu'il eut ramassé la somme nécessaire, passa à Barcelone avec le cousin du comte Ebn Barandjah, lui porta un riche présent de trente mille pièces d'or, et racheta le prince Raschid de Séville, qu'il renvoya à son père avec Âbou Bekr de Tadmir, lequel ne voulut point se départir de son amitié pour Ebn Abed. On dit que ce dernier pleura de joie en revoyant son fils. Le général Ebn Omar entreprit aussitôt de nouvelles négociations avec El Moutémyn, fils de l'émir El Moktader de Saragosse. El Montémyn était wali de Lérida pour son père ; il y excita des discordes et des persécutions contre des familles puissantes, qui furent forcées de quitter le pays, et comme eUes s'étaient réfugiées auprès de Ebn Moudjéhid, seigneur de Dénia, Ebn Omar excita l'émir de Zaragoce à faire la guerre à celui-ci, l'y aida de ses services, et occupa quelques forts en schaban 468 ; mais, pendant qu'El Moktader était à l'expédition de

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