CHAPITRE VINGT-QUATRIEME
évoques de la France méridionale , s'assemblèrent à "Barcelone à l'effet de consacrer la nouvelle cathédrale récemment relevée par le comte Raymond Bérenger, et d'approuver le décret d'Ali ben Moudjéhid en faveur de l'évoque de ce dernier siège. Les évêques catalans étaient Guillelm, évoque d'Urgel, un autre Guillelm, évoque d'Ausone (Vie), Bérenger, évoque de Girone, Paternus, évèque de Tortose (qui avait un pasteur chrétien , bien qu'encore sous la domination musulmane) , et Guillabert, évoque de Barcelone ; les évêques français étaient Guifred, archevêque de Narbonne, qui signale premier, Baymbaud, archevêque d'Arles, et Arnaud , évèque d'Elne. La cathédrale, restaurée par les soins du comte Raymond Bérenger avec le concours de sa femme Almodis et de l'évoque de la ville Guillabert1, fut placée sous l'invocation de la sainte croix et de sainte Eulalie, vierge et martyre. Quant à l'acte d'attribution accordé par l'émir de Dénia à 1'évêque de Barcelone, les assistans le confirmèrent dans toutes ses parties et ordonnèrent à tous de se conformer aux clauses expresses de cet acte , sous peine d'excommunication et d'anathème*. Les évêques et le comte fixèrent aussi de concert, et d'une manière précise , les limites de l'évêché de Barcelone , qu'on rétablit particulièrement par devers celles des évêchés d'Ausone et de Girone , qui , à ce qu'il semble , avaient dù se permettre quelque empiétement sur les terres de sa circonscription. De ce côté, ces limites allaient, selon toute apparence , jusqu'où elles vont de nos jours: du côté du midi et de l'occident elles s'étendaient le long de la côte maritime jusque vers Tortose. On nota de plus, comme devant appartenir un jour
1 In qaa renovaiione et reitaaratione haboit coniortem cooperatorem , et factorem pinm atque benignam Guillabertum prœfats praesulem urbif.
2 ... Sicut Hla icriplura testatur, quam inde Mujrbid et filial ejus Hali III»naëlilae qoondam fecerunt, et Guillaberto epiacopo Barchinonensi dederunt et iradiderunt.
à notre évêché , le territoire de Balaguer vers la Sègre , dont on se proposait de faire la conquête ; car on voulut , par une prévision remarquable, qu'il fût pourvu dès ce temps à toutes les éventualités de l'avenir , à tous les agrandissemens légitimes et probables, qu'on régla à l'avance, et dont les signataires firent une obligation pour leurs arrière-neveux C'est ainsi que le grand nom de Tarragone préoccupant encore les esprits , on statua que si , comme le comte en avait formé le projet, Tarragone était quelque jour tirée par les princes barcelonais de l'état d'abaissement où elle languissait, elle serait rendue par eux ou par leurs successeurs aux anciens honneurs qui lui étaient dus, et rétablie dans tous ses droits épiscopaux de métropole a. Ceci se passait le 16 novembre 1058. Déjà le 5 septembre précédent 3 , une ligue avait été faite et conclue à Barcelone entre le comte de cette dernière ville et Ermengaud, comte d'Urgcl , contre l'émir de Saragosse , en présence des mêmes évèques que nous venons de voir consacrer la cathédrale de Barcelone, et accepter solennellement le décret d'Ali ben Moudjéhid. « In nomine Dei. Hrcc est convenientia qoae est facta inter domnum Ravmundum Barchinonensem , et domna Almodis comitissa , et domnum Ermengaudum comitem Urgellenscm, «dit au début ce pacte de guerre. Les premiers efforts de cette ligue , à en juger par la mention des terres de Balaguer rapportée plus haut , devaient porter , ce
1 ..t Çt contra occidentem versos Derlosam annotatos Ralagarii locos : m
qaicqnid infra et extra (praedicta sedes) adquisivil Tel adquisireril habeat
confîrmatum per nos prsdictos episcopos , et manu nostra roboralam , sn e per alios , atquc per me Raymaodum comitem , et prr me coroilissam Almodem, et snecessores nosiros, et filios, et nepoles, et pronepotes, et deinceps alios.
2 Nam et providontia nostra curavit , ut si Tarraco , que diu elanguil, adhuc per nos principes, aut per successor«s nostros largi*>nte Deo Tires convalesctndi habuerit , et in prislini honoris statu m Deus reduxerit ; per nos et snecessores nostros non perdat quod juste babuil, et habtre debebit, et débité recuperare poterit.
3 Actum fst hoc noni* s<»piorobris anno xxviii régis Henrici.