CHAPITRE VINGT- QUATRIÈME
d'honneur à cette époque, Gundisalvus TranBtamiariz (G onzalo Transtamiriz) , lequel rendit aux chrétiens , sous Bermude UI, fila dÀlfonse Y, la ville de Montemayor, conquise par £1 Mansour vers la fin du siècle précédent, et fut tué sous son successeur dans uu lieu appelé Avenozo 1 ; son fils Henendus Gonsalvis (Menendo Gonzalez), que la même chronique qualifie d'homme illustre et d'une grande puissance dans tout le Portugal, et qui mourut Tannée môme de la mort de Ferdinand2; Cresconius, évêque de Santiago, vaillant guerrier, suivant l'histoire de Composte lie; il chassa de la Galice les Normands qui la ravageaient, et fortifia la ville de Compostelle, qu'il fit entourer de murailles et de fortes tours (Compostelle avait été déjà, mais mal fortifiée). Cresconius mourut de maladie en 1068, dans un château que lui-même avait fait construire non loin de la mer, pour la défense des terres de son diocèse3. Ainsi les Galiciens n'avaient pas seulement à se défendre en ce temps des courses pédestres ou équestres des Arabes, mais encore des courses maritimes des Normands. On trouve aussi, dans les mémoires du temps, la mention, mais la mention pure et simple, des comtes Ansur Didaci, Gomesius Didaci, Ferdinandus Layniz, Piniolus Semeniz (en castillan Ansur Diaz , Gomez Diaz, Fernand Laynez, Piûolo Ximcnez), et do quelques autres personnages, que leurs hauts faits avaient rendus illustres, mais de la vie desquels il ne nous reste d'ailleurs aucune notice détaillée. L'épitaphe en langue castillane, de San Salvador de Oùa S où il est dit que les comtes de Du-
I An 1078, secundo idus octobris (14 oct. 1084) Gundisalvus TrastamirU cepit Montem Mojorem, et reddidil eum Clirislianis. — Mra milleiinia seplungesima sexU Calend. scpiembrls (l*r sept. 1058), Gundisalvus Trastamirii occis us est in Avenozo (Chronicon LusHanum, p. 404).
> jfirtlftOS, sexto calend. decembris Aortuni est Menendns Gnwalvis vlr Musiris, et magne potcnna: in toto Portugalll, fiilus Gunsalvi Traslsmlrli (Cbr. Luit. , p. 403) .
* Vid. Uitt* Compost., p. 18.
4 Dans Yepei, Coronica gênerai de la Ordan 4e hb Bénit», I. v, p. 52tf.
reba, Alvaro Salvadorez, Salvador Alvarez ( père des comtes Gonzalo Salvadorez, surnommé Quatre-Mains, et Nuûo Salvadorez), forent tués le 10 août 1037 au service du roi Ferdinand en faisant la guerre contre les Maures, ne mérite aucune confiance, par cela même qu'elle est écrite en castillan; c'est une œuvre moderne, composée vers la fin du quinzième siècle par quelque moine de San Salvador de Ofia. On ne doit pas accorder plus de confiance au récit selon lequel le fameux Rodericus Didaci (Rodrigo Diaz) surnommé le Gid serait volontairement passé en France dans Tannée 1055 à la téte de dix mille chevaliers, pour défendre contre le Pape et l'Empereur les droits du roi Ferdinand, qui refusait de leur rendre hommage. C'est le premier haut fait attribué au Gid. Nous verrons tout- à- l'heure ce qu'il faut croire de l'histoire du héros par l'anonyme auteur de la chronique générale connue sous le nom d'Alfonse-le- Savant, chronique où les fables les plus grossières et les contes populaires les plus absurdes ont trouvé place. Un concile composé de Romains, d'Impériaux et d'Espagnols s'était réuni à Toulouse pour décider la chose. Le parti des dix mille guerriers à cheval triompha comme de raison, et il fut déclaré que les Espagnols, ayant reconquis eux-mêmes leurs domaines, n'étaient pas et ne devaient pas être sujets de l'empereur. Ce conte, si bien accueilli dans les histoires modernes de Garibay, Mariana, Saavedra, Sandoval, et autres, n'a d'autre garant que l'anonyme dont nous venons de parler, et doit être rejeté parmi les nombreux faits controuvés, accrédités par la folle et vaine chronique d'Alfonse-le- Savant1.
i Mariana, ajoutant encore à la chronique, ne manque paa de donner de ce haut Tait un récit circonstancié , et marqué de toutes ces nuances délicates dont lui seul a le secret, et dont à peine se serait avisé quelque témoin oculaire. Malheureusement, de témoin oculaire en ceci, U n'y en a point, et noua en sommes fichés pour h» véracité de Mariana,