‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 146 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIEME

établi et constitué par l'illustre roi Sanctios, seigneur de toute l'Hespérie, en présence des évêques souscripteurs Sanctius d'Aragona (le même qui portait la parole), Sanctius de Pampelune, Garcia de Najera, Ârnulphe de Ribagorza , Julien de Castelia, Ponce d'Oviédo, et de beaucoup d'autres évêques dont les noms seraient trop longs à rapporter. Or, la loi de notre institution est celle-ci: Que les évêques aragonais soient choisis et élus par les moines du monastère prémentionné *.

Ramire roi , debout au milieu du concile, dit : J'approuve et je corrobore ces décrets de mon père Sanctius, et je souscris votre constitution prédite. Tous les évêques et les abbés ensemble avec les prêtres dirent : Nous approuvons et souscrivons ladite constitution3.

Ici manquent, selon toute apparence, un grand nombre de canons. Puis, vient l'ordinaire formule d'excommunication contre quiconque s'opposerait à l'exécution de ta loi décrétée, telle à peu près que nous l'avons vue en usage au temps des conciles des Goths :

1 Résidente glorioso principe Ramiro, una cum venerabilibus episcopis : scilietl Sanctio, et Garsia et Gomesano ; et abbalibas sancti Joannis crenobii ; scilicet Bêlai eus et Paternas minor ; residentibus eliam universis fralribus cl dericis toi regni in capitulo prenominali cœnobii , ita Sanctius Aragonensis episcopug exorsus est loqui : Pro disciplina et ordine ecclesiaslico, cum diligent! cura ae providentia Iraclemus, si placet Domino nostro Ramiro Régi, oc episcopis, abbatibusque adstantibus, neenon eliam monachis , oc unirersis clericis,ea quœ ordinationis tenorem pertinent , juxia divinœ legis prœcepla , et Nicaenorum canonum conslituta, ac cum adjutorio Domini in omne »Tura roansura soliderous, sicul est prasdestinalum et constitutum ab inclyto rego Sanctio toiius Ilesperi» domino, in prasentia episcoporum subscriptorum : sciliccl Sanctii cpfscopi Aragonensis , et Sanctii Pampilonensis , et Garsiœ Naxarensis , el Aroolpbi Ripa-Curtiensis,el Juliani Casteliensis,et Pontii Ovelensis, et alioruin plurimorum episcoporum, nomina quorum longum est dicere. Hoc yetà est nostras inslilutiouis decrelum : dt episcopi aragokbmses bx monachis pr.*kati cobnobii

OABBANTUR ET ELIGAfITUR.

2 Ramirus rcx stans in medio concilio dixil : Ego laudo et eorroboro décréta gcniloris mei Sanctii, ac huic veslro deQnilloni suscribo. Universi Episcopi, ac abbates, simul cum clericis dixerunt : Laudamus, ac buic subscriplioni nos sobscribimus,

Que si quelqu'un d'entre les futurs rois nos successeurs, transgressant ou écartant ce royal en même temps que pontifical décret , tentait de détruire cette charte , que Dieu tout puissant, qui est le juge des juges et le roi des rois, dissolve et disperse l'honneur et la puissance de son règne , et les donne à d'autres, vigilans et timorés observateurs de nos décrets ; qu'il soit séparé à toujours de la société de tous les chrétiens , et que , iuterpellé par le bienheureux Jean-Baptiste et par tous les saints , il participe dans la compagnie de Dathan et d'Abiron , ensemble avec le traître Judas , des peines qui lui sont dues , et soit brûlé avec eux des éternelles flammes de l'enfer dans les siècles des siècles l. — Mabillon dit, à propos de cette formule comminatoire, d'excellentes choses, et fait observer avec raison qu'elle était prononcée dans la persuasion que personne ne tenterait la violation sur laquelle on appelait toutes les vengeances du ciel et de la terre. Mabillon loue toutefois l'exquise modération des formules adoptées depuis par les pontifes romains , contrairement à l'ancien usage2.

Un autre concile , d'une plus grande importance encore , fut tenu par Ramire, en 1063, à Jaca, alors appelée ou surnommée, à ce que je soupçonne, Aragona, et la première capitale, à coup sûr, qu'ait eue V Aragon. Les actes de ce concile sont extrêmement remarquables. Ils sont, comme toujours en Espagne, moitié religieux , moitié politiques, et c'est là qu'il faut chercher les premiers documens originaux de l'histoire parlementaire de la Péninsule. Il y a mieux : comme on le voit vers la fin, le peuple en masse fut appelé à donner aux décrets de ce concile, pour la première fois, à ce

i ^tuicumque fulurorum Heguin successoruin uostrorum, transgredîentes ci déviantes ab hoc rcgali slmul et poutificoli decrelo, tenlaverit di&fohrcre banc

scripluratn parlicipcnlur in socictate com Dathan cl Abiron et Juda iraditore

in Infor no inferiori,luenlespœnas perpelui incendii, sine fine per œterna seecula.

a Mabillon , de Re IJiplomalica, I. h, c. 9.

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