CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
Règne des fils de Ferdinand en Castille et Léon. — Régne de Ramire en Aragon. — Commencement et situation de ce royaume. — Mort de Ramire à la bataille de Grados. — Guerres et rivalité entre Sancbo , Alfonse ol Garsia.. — Bataille de Llant.nda. — Bataille de Golpcjare. — Défaite et fuite d'Alfonso à Tolède. — Commencemens du Cid. — Alfonse a Tolède. — Il se lie d'amitié avec Yahya el Mûmoun , émir do Tolède. — Guerres de Sancho contre «on frère Garsia , et contre ses sœurs Geloire et Urraca. — Sfége do Zamora. — Mort do Sancho. — Alfonse VI, pour la seconde fois roi do Léon, est proclamé roi do Caslille et de Galice. — Guerre d'Alfonse comme allié d'El *Iamoun contre Témir de Séville Ebn Abéd. — Retour. — Motifs de la çunrre entreprise contre Yahya 11, surnommé El Knder Billah, deusièmo successeur d'El Mâmoun. — Succession di-s émirs do Tolède. — Faits divers. — Siège et prise de Tolède par Alfonse. — Conséquences de cet événement.
Le jour même de la mort de Ferdinand, qui fut en possession du trône de Castillc pendant trente ans et dix mois , de février 1035 jusqu'à la fin de sa vie , et de celui de Léon pendant vingt-huit ans, six mois et cinq jours, du 22 juin 1037 au 27 décembre 1065, ses trois fils furent proclamés dans la capitale, Sancho, roi de Castille, Alfonse, roi de Léon, et Garsia, roi de Galice. Quant à F Aragon et à la Navarre, ils étaient toujours, l'un entre les mains de Sancho, l'autre en celles de Ramire. 11 parait que les trois frères, quoique mécontens de la part qui leur était échue , vécurent en assez bonne intelligence pendant quelque temps, chacun dans ses domaines, soit qu'avant d'entreprendre la guerre, ils voulussent éprouver la fidélité de leurs sujets et mesurer leurs forces, soit, comme quelques-uns le pensent, qu'ils fussent retenus par le respect qu'ils avaient pour leur mère dont ils ne voulaient point abreuver les derniers jours d'amertume. Si tel fut leur motif,
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il est probable que la bonne harmonie dura entre eux au ir.oius deux années, jusqu'à la fin de 1067, époque à laquelle nous avons vu que mourut la veuve de Ferdinand.
Les affaires d'Aragon méritent vers ce temps une attention particulière. Nous savons quel était Ramire. Frère de Ferdinand, il gouvernait l' Aragon depuis 1035, et cefutsous lui que ce royaume se constituait commença à prendre quelque importance1. Sur les premiers temps de son règne les sources manquent. Maisnous lui voyons faire acte de roi,àlamanièredu temps, dès le début (vers 1035), c'est-à-dire présider un concile tenu en cette année au monastère de Saint-Jean de la Peïïa*. Les actes de ce concile sont évidemment tronqués ; mais ce qu'il en reste suffit pour montrer que les conciles avaient par toute l'Espagne un caractère politique et civil autant que religieux. « Étant assis le glorieux prince Ramire ensemble avec les vénérables évêques Sanctius, Garsia, Gomesanus, et les abbés du monastère de Saint- Jean, Belascus et Parternus Minor ; assis pareillement tous les frères et tous les prêtres du royaume dans le chapitre du sus-nommé monastère, Sanctius, évèque d'Aragona (que je soupçonne avoir été le surnom de Jaca), commença à parler ainsi : Traitons avec un soin diligent et prévoyant, s'il plaît à notre seigneur Ramire, roi, aux évoques et aux abbés, ainsi qu'aux moines et à l'universalité des prêtres ici présens, de la discipline et de l'ordre ecclésiastique, de ce qui concerneTordiuation conformé ment aux préceptes de la loi divine et aux constitutions du concile de Sicée, ei, avec le secours de Dieu, raffermissons toutes choses, afin qu'elles durent à jamais dans le temps, suivant ce qui a clé
1 Les ùocuineus authentiques sur le règne du premier roi d'Aragon sorti extrêmement rares ; Zurita cl Briz Martini z en contiennent un paît nombre. Nous avons moins consulté Blanca, el nullement les annalistes moderm s.
2 Apud S. Joanncm Pinnulensem. - (Ayuirre prouve très bien (Collecl.
Max. Conril. Hum-. »• »»» P- *-6 el "lO 1UW c" conci,c doil Ôlre plaC* *" C°m' mencemcnl du règne de Bamire , et non pas en 1062 comme le veut Jerdow
JUancu, in Commenlariis Rerum Aragcnia?.)