‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 185 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIEME

Origine des Almora vides. — Prédication et gouvernement d'Abdallah ben Yassin.— Émirat d'Tabya ben Ibrahim. — -Émirat d'Yabya ben Omar — Mort d'Abdallah ben Vania. — Émirat d'Aboa Bekr ben Omar. — Commencemens d'Youssoof ben Taschfyn. — Fondation de Harok. — Cesaion de l'empire du Maghreb par A bon Bekr à Yonttoof ben Taschfjo. — Caractère et conquêtes de Youssouf. — Revirement politique d'Ebn Abéd en Espagne. — Réunion des émirs andalous à Séville pour résister aux progrès de la puissance d'Alfonse. — On y résout d'appeler Youssouf ben Taschfyn en Espagne. — Correspondance et négociations à ce sujet. — Lettres d'Alfonse à Ebn Abéd et réponse de celui-ci. — Délibérations de Youssouf appelé a protéger Pislamisme en Espagne. — 11 demande ayant toute chose la cesaion de mie Verte (Algéairaa), et l'obtient. — Réception de Yousaoof par les émirs andalous. — Ils marchent réunis contre Àlfonse. — Monte mens des deux armées. - Bataille de ZallacaU

De 1037 à 1086.

r À l'ancienne Gétulie, immédiatement limitrophe de la Numidie et des deux Mauritanies vers le sud, succède un vaste espace dénué de circonstances locales particulières, et inscrit sur la carte Déserta Libyœ interioris. C'est le grand Désert, que les Arabes qui le partagent en plusieurs cantons désignent par le nom de Sahra: Des Gétules noirs, Melano Gœtuii, l'occupaient dans l'antiquité, et confinaient à ce qu'on nomme la Nigritie , qui , selon d'Ânville , tirait moins ce nom de la race nègre en général, que du fleuve qui traverse cette partie de l'Afrique. Dan» la portion la plus occidentale du Sahra, touchant à ce que les Arabes appellent Bahr el Mohhyth (la mer environnante), ou bien encore Bahr el Mothallam,dans le voisinage du Wad-Noun, vivaient les Lamtounes, ainsi nommés, dit-on , à cause de leur simple vêtement appelé lamt. Les Lamtounes faisaient partie de la grande famille de Sanhadjah, si fameuse dans l'histoire de l'Afrique Septentrionale,

et qui habitait le grand désert, de ces limites extrêmes du moderne empire de Marok, en tirant vers l'est-nord-est , jusque vers celles de l'Ifrikya proprement dite des Arabes.

Suivant Mohammed ben Hassan ben Ahmed ben Yakoub el Hamdany, dans son livre intitulé La Couronne (el Aklyl) S Sanhadjah était une branche de Hawarah, et celleci de Houmayr. Hawarah, dit notre auteur, n'a été appelée Hawârah que parce que son fondateur, lorsqu'il pénétra dans le Maghreb , au midi de Kayrouan, capitale de l'Ifrikya, dit : Nous sommes dans l'égarement en ce pays. Or , à cause de cela, ce nom d'Havfârah, qui signifie égarement, lai est demeuré. Voilà ce qu'on en dit, ajoute l'écrivain moghrebyn ; mais Dieu sait le mieux ce qu'il en est 2.

La tribu de Sanhadjah se divisa ensuite en soixante-dix kabilehs, au nombre desquelles on compte Lamtouna, Kédala, Massoufa,Lamtah, Mesrata,Tilkyana, Medasa, Bény-Warète, Bény-Meslyr, Bény-Dakhyr , Bény-Zyad, Bény- Moussa, Bény-Lémasch et Bény-Scheschtal. Chacune de ces tribus se subdivise en branches et rameaux si nombreux , qu'on n'en peut pas faire le dénombrement. Ces tribus ou kabilehs habitaient les vastes campagnes qui s'étendent vers le midi, l'espace de six mois de chemin en longueur et de quatre en largeur, d'après notre historien, depuis Noun-Lamtah, an sud de Sous-el-Aksah, jusqu'aux limites méridionales de 11frikya, entre le pays des Berbers et le pays des Nègres. Us étaient la plupart nomades. Il y a parmi eux une nation, dit Ebn Abd el Halim , qui ne sait ce que c'est que le labourage , l'ensemencement, ni la culture des fruits ; ils n'ont pas d'autre bien que les autruches et ne se nourrissent que de viande et de lait. Il y a tel homme parmi eux qui passera

1 In Ebn Abd el Halim, c. 0.

2 Encore aujourd'hui, les musulmans africains ne racontent rien mus raccompagner d'un : Hakéda hyyl ; ici Allah alem ; voila ce qu'on en dit ; Dieu sait le mieux ce qui en est.

Page 1