CHAPITRE VTNGT- SIXIÈME
tonte sa vie sans manger de pain , à moins qn'il ne vienne des marchands dans lenr pays, qui leur fassent présent de pain et de farine. La plupart sont mahométans sunnites, et s'assemblent dans la mosquée ; ils font la guerre aux Nègres ».
Le voyageur vénitien Alvige da Ca da Mosto trouva les Sanhadjah, vers 1455, presque aussi grossiers qu'au temps où nous en sommes, et croyait possible de les convertir sans trop de peine à la foi chrétienne , n'étant pas , dit-il , encore bien affermis dans la foi raahoniétane, hormis en ce qu'ils en connaissent par ouï dire *. Les auteurs arabes les nomment aussi Molatsamyns, les porteurs du latsam ou litsam , sorte de voile qui sert à cacher par modestie ou à protéger la bouche contre la poussière du désert 3. Les premières tribus qui embrassèrent les doctrines d Ebn Yassin portaient le latsam. Al vise da Ca da Mosto les trouva de son temps dans le même usage de se couvrir la bouche *. Les Sanhadjites , ainsi vêtus, ressemblent d'une manière frappante aux Nèdes représentés dans quelques anciens monumens.
Parmi les confédérations des anciens peuples de l'Afrique sous la domination arabe , celle des Sanhadjites fut sans con-
1 Voyez ee qne nous avons dit des Sanhadjah ci-devant , d'après Léon l'Africain, t. iv, p. 328 , et suivantes.
2 Legftifrmente si potriano ridurrc alla fed»* nostra, non essendo an-
ekora ben stablliti nella fede Hacomettana, salvo di quanto banno udito dire (Rainusio, Navig. et Viaggi, t. i, p. 90 verso, lettre b.).
2 Velamen oris, vilta , qua obligatur os, ne faciès dignoacatur , eut contra pnlverem. Vid. Menenski, voce Lilsam. — Sont qui sic dicto», dit Aboul'féda, illos indé perbibent, quod pro more Arabum omnium vulgare faciem calyptrfl tetam dicta, nuberc soient; deinde vero quum impcrium in Occidente adipigcerentur, banc soam vittam in pecullarem aliquem modulum conponerent, qnasl no tara diserimiois sliqoani eo affectantes ( Abulféda, t. m, p. 188).
« Qnesti Uli Azanaghi, dit-il, banno on stranio coatoroe, cbe continuaroente portano un fazzuol à torno la testa, con un capo cho viens à traverso 11 viso, e •I cooprono la bocca e parte del nato, et dicono che la bocca è una brutla cosa che'contlnuamenle rende ventositade e mal fiato, e per taotosi deve tener coperta e non la mostrare, volendola quasi coniparar alculo,c que queste due parti si debbono coprire; è vero che loro mai non se la discooprano, bavendone veduti molli, salvo quandomangianoenonpiu(Hamosio,Navig.ctViagg.,U,p.9e verso).
376 HISTOIRE d'espaghe.
tredit une des premières et des plus célèbres. Sons ce général de Sanhadjites , les écrivains musulmans comprenaient la plus grande partie des tribus arabes -berbères qui occupaient le désert entre le Jurjura et la mer, au-delà des anciennes limites de Carthage ; de môme que sous le nom commun de Zénètes, ils désignaient ceux qui habitaient vers la Méditerranée, du pays de Zab au détroit.
Les Sanhadjah fixèrent leur demeure primitive dans les hautes montagnes de l'Afrique supérieure, d'où sortent le Darah, le Zyz et la Seiboue. Mais, dans des temps postérieurs, ils habitèrent le désert, au sud des provinces deTaroudant, de Darah et de Sedjelmessah, auxquelles elles confinaient, entre Taghazay et l'Atlantique , se prolongeant au midi jusqu'au pays des Nègres, et c'est de leur nom qu'a été nommé Sénégal le fleuve qui les séparait de ces derniers.
L'identité de ces peuples avec les modernes Touariks parait incontestable. Comme leurs pères de Sanhadjah, ceux-ci habitent toujours cette immense étendue de pays, désignée sur les cartes sous le nom de Sahra ou Grand Désert. C'est la plus belle race d'hommes que j'aie jamais vue, dit le capitaiue voyageur anglais Lyon1. Ils sont grands, bien faits, ont de beaux traits et un air d'indépendance remarquable. Ils sont blancs ; car ce n'est qu'à la chaleur du climat qu'ils habitent qu'ils doivent leur teint fortement basané , et les parties de leur corps qui sont constamment couvertes sont aussi blanches que la peau de bien des Européens. Leur costume offre encore aujourd'hui cette particularité remarquable, qu'ils se couvrent toute la partie inférieure du visage à partir des yeux; ils ne savent quelle est l'origine de cette coutume , mais ils disent qu'elle doit être sage puisqu'elle vient de leurs pères. Us emploient pour cet usage un morceau d'étoffe de coton , le plus souvent bleu , qui leur passe
» Voy .ee Jani l'înt. de l'Afr. Sept, en 1818, 1819 et 1830, e. 8.