CHAPITRE VWGT-SlXlÈME
scheiks des Mossamédahs, les principaux officiers, et avec eux les katebs et les schaoudys, ainsi qu'une partie du peuple et des petites gens, et l'on passa l'acte de cette cession, que jura l'émir Abou Bekr, renonçant en sa personne et sur sa foi aux terres de Marok et autres du Maghreb, en faveur de son cousin Youssouf ben T&schfyn. Ils se levèrent aussitôt, se dirent adieu et se séparèrent. Abou Bekr s'en retourna avec sa suite à son quartier d'Aghmat. Youssouf revint avec les siens à Marok, d'où il s'empressa d'envoyer un magnifique présent à son cousin, contenant les richesses suivantes, savoir : vingt-cinq mille dinars d'or pur, soixante-dix "chevaux de race, dont vingt-cinq couverts de caparaçons et de harnais garnis d'or battu ; soixante-dix épées, dont vingt montées en or et les autres en argent; cent-cinquante mulets choisis ; cent riches turbans et quatre cents autres des meilleures fabriques de Sous ; cent habits fourrés de fines peaux de chevreaux; deux cents bournous, les uns blancs, les autres rayés, et de couleurs diverses ; mille pièces de toile pour la coiffure ; deux cents pièces de toile fine ; sept cents mantes à se vêtir, rouges, blanches et d'autres couleurs, à l'usage des Lamtounes;deux cent cinquante casaques d'écarlate; soixante-dix robes de drap fin pour se préserver de la pluie ; vingt jeunes belles esclaves blanches, et cent cinquante esclaves noires ; dix livres de bois aromatique des Indes de l'odeur la plus vive et la plus suave; cinq sachets du musc le plus fin ; deux livres d'ambre ; quinze de camphre et d'algalie ; un troupeau de vaches et de moutons, avec grand nombre de charges de froment et d'orge '.Une lettre d'envoi accompagnait ce riche présent. Youssouf y priait l'émir son cousin d'en excuser la modicité, et de le recevoir avec sa bonne grâce accoutumée, quoique si peu digne de celui à qui il était envoyé.Abou Bekr, dit-on, fut ou feignit d'être fort touché de
l D'après Yahya en ton livre : des présens que se sent faits entre eux lei rois iDQdèlei et les rois de l'Islam (molonk adjeroy we molonk al Islam).
cette sorte d'hommage. Il répartit aussitôt les richesses qu'il venait de recevoir à ses soldats et à ses généraux, et se retira ensuite au désert, où il mourut longtemps et non trois ans après comme le dit Conde , dans une eldjihed contre les Nègres. Tant qu'il vécut son cousin Youssouf eut l'attention de lui envoyer chaque année un riche présent, et d'entretenir avec lui de bonnes relations, utiles à leurs intérêts communs ».
Ebn Abd el Halim raconte avec quelque différence, ou du moins avec des détails particuliers, le retour d'Abou Bekr et la cession de pouvoir qu'il fit à Youssouf, et il y fait intervenir Zeynab, la compagne assidue de sa gloire et de ses travaux dans les onze années qui viennent de s'écouler, d'une façon qui n'a rien que de vraisemblable.
Lorsque l'émir Abou Bekr, dit-il, fut informé de la formidable puissance et des victoires que Dieu avait accordées à Youssouf, il vint le trouver du fond du Sahra, dans le dessein de le déposer et d'établir un autre khalife en sa place. Youssouf, en ayant eu avis , demanda là-dessus conseil à sa femme Zeynab bent Ishak el Hawàry , qui , connaissant le caractère pacifique d'Abou Bekr et sa répugnance à répandre le sang musulman , conseilla à Youssouf d'aller au-devant de son cousin avec quelque appareil militaire, qui lui fit craindre un éclat : — « Retranche en allant au-devant de lui, dit Zeynab à Youssouf, les civilités et les soumissions que tu as accoutumé de lui rendre ; montre-lui moins de politesse et agis en toute chose comme si tu t'estimais son égal et en cUt
I Condeplacele reloor d'Abou Bekr en l'an 46U de l'hégire— 1073 éc J.-C.,et le fail mourir Irois ans après dans le Sahra, c'est-à-dire vert 1076, bien qu'Ebn Abd ol llalim nous dise formellement (p. 89) qu'il y mourut en schaban 480 («otembre 1087). — Chose singulière! après nons avoir raconté le retour d'Abou Bekr sous la date en question 468 de l'hégire, le récit terminé, Condo ajoute incontinent: • delà (d'où? je ne sais) il (on ne sait à qui se rapporte eeti'I) il revint sur Fèz, la tint assiégée environ un an et la prit en l'année 435, c'està-dire 1065 de J.-C. Telle est sa méthode, tel est l'ordre chronologique cl le labeur nalient avec loriael Condo a roniu boni à haut aaa bmhf.iut étirait*
r * wv *^ *1 W v#WM*»w WW0V U i/VW* "VB IUUJVVUWA VAWMW