CHAPITRE VINGT- SIXIÈME
En on mot, nous n'attendons qu'une de ces deux choses, et ce sont deux grandes félicités : ou une victoire glorieuse sur toi (Dieu nous accorde ce bonheur!), ou une mort plus glorieuse encore dans la voie et le service du Seigneur (Dieu nous garde cette béatitude!). Dans le Seigneur Dieu sont le prix et la récompense de tous les travaux terrestres; c'est lui qui a favorisé les armes de nos pères , et nous attendons de lui ou le martyre ou une victoire qui nous rédime et nous retire de nos calamités passées. Veuille le Dieu très-haut que nous te fassions éprouver, ô roi Alfonse, le môme sort dont tu nous as menacés. »
On sent qu'après une telle lettre U fallait résolument se préparer à la guerre. Omar ben £1 Afthas fit un effort désespéré et tenta de recouvrer Gauria , passée aux mains des chrétiens en 1077. Mais, quoique très brave de sa personne, et malgré la confiance que respirait sa lettre , il avait conscience de l'infériorité de ses forces ; et suivant l'entrainemcnt naturel des Andalous il se tourna vers l'Afrique, et songea l'un des premiers à réclamer les secours du puissant chef qui s'y était élevé. Selon l'usage, il écrivit une lettre à Ypussouf pour lui faire connaître l'état désespéré auquel en étaient réduits les Musulmans d'Espagne. Lq lettre était de sa propre main et était ainsi conçue :
« De la part d'Omar ben £1 Afthas, le confiant en Dieu, émir du Gharb de T Andalous, à Youssouf ben Taschfyn, émir des Musulmans.
» Que la lumière et l'éclat qui te dirigent, te conduisent et te meuvent, ù émir des Musulmans, soient comme ceux d'un bon guide (que Dieu veuille fortifier!), ayant pour chemin propre le chemin de la bienfaisance ; que ta science s'occupe et s'emploie toujours à faire du bien à tes frères, et que. tes désirs soient toujours de faire la guerre aux mécréans, ô toi qui t'es voué à honorer, à exalter et à défendre notre loi, ô le plus