‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 212 sur 282 · msTom* d'espagke · texte numérisé non relu

msTom* d'espagke

illustre et le principal émir des émirs d'Occident, puissant par les armes, conquérant et vainqueur d'infidèles, nous implorons ton appui en ce pressant dauger, nous t'appelons à défendre notre loi et à nous secourir nous-mêmes. La douleur de nos disgrâces est excessive ; des tribulations et des calamités nous entourent de toutes parts en Espagne, et nous sommes menaces de dangers encore plus grands dont on ne peut, sans effroi, concevoir l'idée. Ces gens maudits nous entourent de tous cotés, depuis que les nôtres ont négligé de les soumettre comme jadis, et de demeurer unis contre eux. Nos ennemis se sont agrandis, ont pris des ailes, et comme ils nous ont toujours haïs, leur puissance et leur rage s'étant accrues, ces chiens nous attaquent maintenant de telle façon, qu'ils nous tiennent intimidés, toujours le menton sur notre dos, sans qu'il nous reste d'autre ressource pour nous mainteuir que de feintes paroles de soumission et de douceur ; traités perfides qui ne donnent point de repos, et nous tiennent au contraire .dans l'anxiété et dans un souci continuel de ce qui peut survenir. Il ne sert de rien pour les apaiser de leur envoyer chaque jour des présens et de riches tributs, de leur laisser retirer de notre pays toute espèce de provisions et de denrées; tout cela ne calme point notre effroi ni ne diminue nos dangers; et cependant si le mal n'allait pas plus loin, nous le supporterions et demeurerions tranquilles au milieu de la misère et des infortunes de cet état; mais eux ne s'arrêtent point : ils nous enlèvent chaque jour nos biens; et nous, malheureux, nous nous les laissons enlever en silence, et il nous semble que c'est une grâce qu'ils nous font que de ne nous pas faire plus de mal; nous leur en sommes en quelque sorte reconnaissans ; et nous sommes à chercher ce que nous pourrons leur donner encore lorsqu'ils viendront nous demander de nouveaux dons, à moins qu'ils ne nous prennent les yeux ou la chair de nos membres. Comme ils savent que nous n'avons plus rien à leur donner, et que leur avidité est

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