‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 273 sur 282 · CHAPITRE VIHGT-SEPTliME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIHGT-SEPTliME

La fin do règne d Àlfonse correspondit au grand mouvement des croisades ; les dernières années du xime siècle furent marquées par l'irruption de l'Earope sur l'Asie. L'Espagne prit peu de part à ce mouvement. Elle avait chez elle l'ennemi que les croisés allaient chercher en Orient. Quelques Espagnols, toutefois, enflammés du même zèle qui entraînait les compagnons de Godefroi de Bouillon en Palestine, prirent la croix et se rendirent en Syrie. De ce nombre furent Guillaume Jordan, comte de Gerdagne, qui, depuis, mourut d'un coup de flèche à la défense d'un château près de Tripoli de Syrie ; Gérard, comte de Roussillon; Guillaume de Canet, et quelques autres barons catalans qui passèrent en Palestine dès 1 01)0 x. L'exemple de ces chevaliers fut imité par beaucoup d'autres dans la suite2; mais les papes intervinrent pour arrêter ce zèle qui s'égarait.Urbain II, le véhément promoteur des croisades orientales, dut retenir plus d'une fois l'ardeur des Espagnols prêts à s'y mêler, en leur assignant pour but de chasser de leur Péninsule les Sarrasins qui en possédaient encore les meilleures et les plus riches terres; son successeur Pascal II fit de même, et rendit, en 1 105, une bulle parlaquelle il ordonna à ceux d'entre les Espagnols qui s'étaient

< Voyez les Geste Dei per Francos, et le testameol du comte de Roussillon dans Marca.

2 Un acte de donation de Guillaume Bérenger, chanoine de Barcelone, daté de Tripoli de Syrie du 3 septembre 1111, par lequel il dispose en faveur de ion église d'une propriété qu'il possédait à Monjuicb, est signé de divers chevalière catalans qui servaient parmi les croisés, savoir : de Guilliem Jofre de Servia, de Coculus son frère, do l'etrusGueraus,d'Arnaldus Guillem, deKamon Folch, et de Pierre Mir ou Miron (Ant. Eccl.Bàrci.,1. i, fol. 211, nom. 051 et C;*>2).— Voyez encore le testament en faveur de la même église, d'une noble femme nommée Adhalcidis, du district de la Roca, qui partit en 1101, ea habit de guerrière, avec les troupes qui s'embarquèrent à Barcelone pour la croisade(Ant. Eccl.Barc, I. m, fol. 32, num. 87). En général c'est Barcelone qui a le plus fourni d'hommes et de secours aux premières croisades (voyez Archiv. S. Sedis Barcin., arraar. 1, num. 60, etc.). In de ses enfans nommé Pélrus mourut dans ce siècle archevêque de Tyr, après avoir été prieur du Saint-Sépulcre; il on est parlé comme il suit, opud Gesta Dei per Francos : Dominus Pelros natus Uispaniœ civilate Barcbioonœ ; nobilis iccnndum carnem, sed spiritu nobilior.

TOERE D ESPAGNE.

croisés pour la terre sainte d'accomplir lear vœu en combattant contre les infidèles qui faisaient prévaloir le Koran sur l'Évangile dans leur propre pays. L'Espagne, de la sorte, sons tout le règne d' Alfonse comme sons les règnes suivans, tandis que les pèlerins d'Occident allaient combattre les Musulmans en Asie, par un effet de sa destinée exceptionnelle, les combattait dans ses limites mêmes, et continuait chez elle la croisade commencée avant toutes les autres par Pelage à Govadunga, il y avait tout-à-l'heure quatre cents ans.

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