‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 28 sur 282 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

rcnt maître jusqu'en 10221. C'est ce capitaine arabe, appelé tour à tour par les chroniqueurs chrétiens Muguet, Mugcttus, Musat, Muzeit, etc., qui fut le fondateur et la souche des rois arabes de Dénia et de Maïorque. C'est ainsi que nous voyons s'élever successivement ces dynasties d'émirs ou rois musulmans qui se partagèrent l'Espagne au milieu des troubles, et s'établirent sur les ruines du khalifat de Cordouc, dont cet épisode m'a peut-être détourné trop longtemps.

Quoique resté maître de Cordouc par la mort de sou compétiteur, Aly ben Hammoud ben El Hassan, l'Édrisitc, ne s'y fit point proclamer khalife aussitôt après son entrée. Il ne l'osa que le 13 de djoumadah-cl-akber 407, et ce fut alors qu'il prit les surnoms d'El Motawakkel Billah (celui qui se confie en Dieu) et d'El Nassr Leddin Allah (le défenseur de la loi de Dieu). Aly était de l'illustre maison d'Édris et l'héritier désigné d'Hcscham; mais tous ces titres ne lui assurèrent point une souveraineté incontestée. Il écrivit aux walis des provinces pour en être reconnu; mais quelques-uns à pciuc entendirent son appel. Ceux de Séville, de Mérida, de Tolède et de Saragosse ne répondirent point à ses lettres et lui refusèrent le serment d'obéissance. Ces walis se nommaient, celui de Séville , Ebn Abèd ; celui de Mérida , Schabour cl Farsy (Sapor le Persan); celui de Tolède, Ismayl ben Dzy el Noun , et celui de Saragosse, El Mondhir, et appartiennent aux fondateurs de dynasties ou de royaumes dont nous parlions tout à l'heure.

Aly, d'un caractère hautain et altier, ne tarda pas à s'aliéner Hhayran lui-même; il le renvoya dans son gouverne- # ment d'Almeria, et celui-ci, blessé, songea à se venger. Il forma une ligue contre Aly, dans le but avoué de rétablir dans le khalifat un membre de la famille des Ommyades,

1 Aono 1020. Mugettoa cepil Caitram Johaunis , quod aub Mcdiolanensi epijropo erat,el in allo anoo in Sardlniam ett reveraus, el Piaani ilcrum corn JanueDsibus cooeesacruot ; aliter terô veoire noluvrunt.

ligue dans laquelle entrèrent avec empressement El Mondhir de Saragosse, les alcaïds de sa province , ceux d'Àrjona, de Jaen, de Baeza, et tous les gouverneurs attachés aux familles d'Aby Ahmer et d'Ommyah, ou -ennemis des Africains. Les chefs de cette ligue réunirent leurs bannières à Guadix, et jurèrent de combattre jusqu'à ce qu'un Ommyade eût été remis par eux en possession du khalifat d'Occident; après quoi l'armée nouvelle, dont le commandement fut dévolu d'un commun accord à Hhayran, se mit en marche pour Cordouc.— Aly vient à sa rencontre, l'attaque inopinément et la bat : mécontens les uns des autres, les chefs se séparent. Hhayran lève une nouvelle armée, et, bien qu'assiégé dans Jaen par les troupes d'Aly, il y fait proclamer khalife AM el Rahman, wali de cette ville, arrière-petit-fils d'Abd cl Rahman III (408 de l'hégire — 1017 de J.-C.)*. Ses vertus non moins que ses immenses richesses et sa libéralité, dit un historien, lui avaient gagné tous les cœurs dans la province où il vivait oublié. Grenade, Elbira, Malaga et Algéziras, où commandaient Zawyy cl Mansour le Sanhadjite et Kascm, frère d'Aly, ne le reconnurent point toutefois; mais il le fut avec empressement à Valence, à Tortose, à Tarragonc, à Saragosse et dans toute l'Espagne méridionale, et l'on y fit la khothbah en son nom. On lui donna le titre d'El Mortadby Billah (celui qui est agréable à Dieu, l'agréé de Dieu), et il nomma Hhayran hadjeb de sa maison. Celui-ci, ayant réuni une armée, marcha contre Aly, mais fut défait, refoulé au-delà des Alpujarras, et oblige de se renfermer dans Alméric, où Aly vint l'assiéger avec une partie de ses forces, tandis que Zawyy le Sanhadjite contenait; avec l'autre, Abd el Rahman dans Jaen. Blessé et pris dans une sortie, Hhayran fut amené devant ce terrible Aly, qui, faisant gratuitement l'of-

» Abd cl Rahman était fils do Mohammed, fils d'Abd el Mclek, fils d'Abd el Rahman el Nassr.

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