‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 45 sur 282 · CHAPITRE VIflGTil · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIflGTil

naitre la suprématie que réclamait Djehwar, au nom de V ancienne métropole musulmane de l'Andalousie.

D'un autre côté, le royaume de Malaga et d'Algéziras était gouverné par les Édrisites, Alides ou Hainmoudites; car tels sont les trois noms sous lesquels on désigne tour à tour cette dynastie. On se souvient des vicissitudes de cette famille. Ainsi que nous l'avons vu, en 406 (1015) Aly cl Mottawakkel s'empare de Malaga, règne ensuite à Cordoue, et y périt étouffé dans un bain en 408 (1018). Son frère Kasem lui succède et règne à Cordoue, à Malaga et à Algéziras jusqu'en 1021, qu'il est détrôné par son neveu Yahya el Motaly ben Aly; recouvre le khalifat en 1023, et le perd de nouveau la même année. Yahya el Motaly demeure maître de Malaga et d'Algéziras, fait emprisonner son oncle Kasem, reprend possession de Cordoue et du titre de khalife en 1025, et meurt en 1026, près de Ronda, défait et tué par Ebn Abèd de Séville. Sa tète, envoyée dans cette ville, sert à y faire une coupe ornée de pierreries et cerclée d'or; car, non moins que les héros Scandinaves, Ebn Abèd aimait à boire dans le crâne de ses ennemis. L'empire de Cordoue est à jamais perdu pour les Hammoudites. Leur puissance, au contraire, se raffermit à Malaga, à Algéziras et en Afrique, mais en se divisant. A la nouvelle de la mort de son frère, Édris ben Aly part avec les généraux Ebn Bokynah et Nadjah, Slave de nation, qui tous deux commandaient en Afrique pour les Alides, et vient se faire proclamer à Malaga; il reçoit des scheiks réunis le surnom d'El 01 wy (l'estimé), et le titre significatif d'Émir el Mouményn(4 18— 1027). Les fils d' Yahya, Édris et El llassan, reçoivent, l'ainé, Édris, le gouvernement de Tanger, et le cadet, Hassan, celui de Ceuta. Comme c'étaient des enfans, on n'eut pas de peine à les persuader, dit l'historien qui nous sert de gnide. Leur oncle Edris ben Aly était d'ailleurs plein de vertus et d'humanité; il rappela les exilés, leva le séquestre mis par sou frère sur leurs biens,

aiSTOUlE D ESPAGNE.

et rendit les hameaux et les villes à leurs anciens possesseurs. Telle était sa libéralité qu'il faisait distribuer chaque djoumah aux pauvres cinq cents pièces d'or. Il ne put cependant étendre son empire sur tous les états de son frèré, et un parti s'éleva à Algéziras en faveur des fils de son oncle Kasem, de ce Kasem que Yahya, selon toute apparence, avait fait périr en prison1. Un scheik de Maghrav?a, appelé Abou elHedjadj, avait pris soin des fils de l'ex-khalife. A la nouvelle de la mort de leur cousin, persécuteur de leur père, il rassembla les noirs dont il était chef, et qui composaient la garnison u'Algéziras, et leur dit : « Je vous présente ces deux jeunes gens, Mohammed et Hassan, fils de Kasem ben Hammoud; ce sont vos sahebs, fils de vos sahebs; ils seront vos généraux et vous donneront une bonne solde, s'ils peuvent compter sur votre fidélité et votre valeur.» Les noirs tirèrent leurs épées, et jurèrent de leur obéir et de soutenir leurs droits jusqu'à la mort. Mohammed, quoique très jeune, les remercia, et leur promit qu'il serait, toute sa vie, le chef et le compagnon de ses noirs.

Les Édrisites étaient maîtres ainsi de tout le revers méridional des Alpujarras, à l'exception du territoire d'Almeria qui appartenait à Zohaïr cl Sékléby, depuis Motril jusques à Tarifa, et, au-delà du détroit, des villes et des territoires de Ccuta et de Tanger. Enfin il ne faut pas oublier les premiers maîtres de Grenade naissante, alliés des Édrisites, dont le premier fut l'Africain Abou Mosny Zawyy ben Balkyn ben

i En ce temps, dit la chronique de Conde, revint d'Afrique le roi Yahya ben Aly, qui, désespérant de rétablir ses affaires à Cordoue, se contenta de s'affermir dans son gouvernement d'Aldjézirah-Alhadra et do Malaga. Ayant appris que son oncle était à Xérez, il envoya sa cavalerie pour le chercher. Le vrali do X< rez le lui livra, et le roi Yahya le fit mettre dons une étroite prison, où il mourut plusieurs années après , sans qu'il parût y avoir d'antres raisons de cette inimitié, sinon que Kasem, étant oncle de Yahya et vieux, ne voulait point se soumettre a obéir au fils de son frère. Ainsi le rapporte Aboolfêda, qui nous apprend que Kasem avait vingt ans de plus que son frère Aly.

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