CHAPITRE ViNGT-UftllÈME
Nunus contribua autant qu'il le put à la restauration de la ville de Léon et fonda un monastère de religieuses sous r invocation de saint Félix, martyr de Gironne, et y fit élever des édifices somptueux, comme il appert d'un document qui se trouve au folio 363 du Ghartulaire. Il y avait dans ce monastère deux soeurs religieuses, Douma Honnega et Douma Godo, que l'évéque appeHe congermanas mea$. En l'année 1020, Nunus fit son testament, par lequel il donne à saint Félix et à sa maison plusieurs propriétés et des bijoux de prix , avec la danse qu'après la mort des deux sœurs susnommées le monastère passerait dans le domaine de l'église de Sainte- Marie. Une dernière clause porte que son corps devra cire enterré dans l'église du saint martyr. Ce testament fut fait le 1er août, jour où l'on célébrait la fête de ce saint
Les historiens nationaux s'accordent à dire qu'AHousc V, voyant entièrement dépeuplée une ville aussi importante que J 'avait été Léan, capitale de son royaume, résolut de la relever de ses ruines, et s'en occupa avec une extrême ardeur, d'où lui vint le surnom qu'il a toujours conservé de celui qui repeupla Léon. Ge fait, rapporté par les anciens historiens, a donne heu à cette opinion reçue de tous les écrivains modernes que la ville de Léon demeura ruinée cl inhabitée depuis l'invasion d'El Mansour jusqu'au temps dont nous parlons. Morales la représente dans un état déplorable. Elle ne paraissait plus une ville vivante, dit-il, mais le cadavre d'une ville. Il est toutefois prouvé par les documens contemporains conservés dans les archives de Léon, que nonseulement plusieurs églises et un grand nombre de maisons et de monastères ne furent pas détruits, mais encore que depuis le couronnement d'Alfonse les édifices endommages avaient été réparés et de nouveaux avaient été construits; il est dès lors vraisemblable que ces auteurs n'ont voulu parler
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HISTOIIIE O" ESPAGNE.
que des réparations faites par Alfonse aux murailles extérieures de la ville, qu'il fit construire en bois et en terre, et de raccroissement qu'il lui donna par l'édification de nouvelles maisons et de nouvelles églises.
Lucas de Tuy dit que le môme roi fit élever en terre et en brique l'église de Saint-Jean, où est aujourd'hui le monastère de San-lsidro; mais cette église était beaucoup plus ancienne, puisque Sancho-le-Gras avait fait construire près d'elle le monastère de Saint-Pélage. Lucas de Tuy n'a voulu parler sans doute que de quelque réparation ou de la construction de quelque portion considérable ajoutée à l'édifice principal.
Alfonse fit transporter dans cette église les corps de tous les rois inhumés dans les différentes églises du royaume de Léon, entre autres celui de son père qu'il fit venir de Villabuena dans le Bierzo, où il avait été enterré. Il fit aussi réparer le monastère de Saint-Pélage qui avait été fort maltraité par les Arabes lors de leurs dernières irruptions. Il faut croire que la protection particulière du roi accordée à ce monastère était due à la présence de Domna Tcresa, sa sœur , veuve du wali de Tolède, Abdallah ben Abd el Aziz, qui y avait pris le voile son retour de Tolède, comme nous l'avons vu.
Pélagc d'Oviédo a écrit, dans l'ère 1180, une courte histoire de la fondation des quatre villes de Tolède, Sarragosse, Léon et Oviédo , d'après les plus anciens manuscrits qu'il avait trouvés dans l'église de Saint-Pierre de Cannaméma et suivant les traditions qui lui avaient été transmises par ses pères, afin, dit-il, que tout le monde sache par qui avaient été bâties ces quatre villes. Attribuant la fondation de Léon à Nerva et aux légions romaines que cet empereur avait envoyées en Espagne, il parle ensuite de l'arrivée à Léon d'El Mansour et de son fils Abd cl Mèlek, qui en fifent abattre les tours et démolir jusqu'en leurs fondemens les portes, au nombre de quatre, qu'il suppose avoir été à l'orient, à l'occident, au midi et au nord de la ville. Avec