CHAPITRE VINGT- UNIÈME
elles forent détruites et dispersées les tables de marbre qui
s'y trouvaient, portant gravés les noms des préfets romains qui avaient bâti et peuplé la ville.
La ville demeura cinq ans dépeuplée après cette destruction, jusqu'à ce qu'Alfonse Y, successeur de Bermude, y ayant appelé eu concile les principaux personnages de son royaume, tant ecclésiastiques que séculiers, fit reconstruire à cette occasion les quatre portes en bois et en terre, et leur donna des noms différens de ceux qu'elles portaient auparavant. La porte orientale s'appela porte de l'Évèquc, la septentrionale Postigo, l'occidentale Gauricnse, parce que la route qui conduisait au village de Cuorcses, situé de l'autre coté du Vernesga, venait y aboutir; enfin la méridionale fut appelée porte de l'Arc, parce qu'elle était construite en forme d'arc. Celle-ci était en pierre.
Cette relation de Pélage d'Oviédo est de l'ère ! 180, et fut écrite peu de temps avant sa mort1. Mais, quoique la plupart des choses que cet écrivain rapporte sur son temps méritent d'étro crues, on ne saurait adopter ce qu'il dit sur les noms des portes de Léon. Il résulte en effet de plusieurs manuscrits que ces noms leur avaient été donnes bien avant leur réédification par Alfonse. Dans nn document il est question de la porte de l'Évéque cent ans avant le rétablissement de la ville : In primis, dit ec document, cor te in Legione ad porta de Episcopo*. La porte Cauriense est mentionnée par plusieurs actes, et notamment dans un de 1ère 1016, par lequel une religieuse appelée Léocadic vend aux moines de saint Cosme et de saint Damicn une corte, qu'elle • possédait, y est-il dit, près de l'église de Saint Marcel et la
1 Elle peut servir A établir l'époque de ta fondation et do ta réédiflcatlon de la ville : — Ab aîdiflcatione prœfata* nrbis usquo bodle quod est cra mclxxx suntannl IranaacU dccccxxx.EI ab introitu Quorum Ajjar usque hodie, quod est era mclxxx, suot anni ccccxxx, et a restauratione urbis vaque hodie, quod est era mclxxx, sont anni transacti clxi.
2 Esp. Sagr., i. xxxjt, p. 44».
porte Cauriense. Ainsi , les noms que Pélage croit donnes à ces portes par Alfonse Y lai sont bien antérieurs, et les noms que leur avaient donnés les Romains s'étaient perdus bien avant la venue d'El Mansour et d'Abd el Melek.
Mais ce qui surtout releva Léon et contribua à lui rendre lin peu de son ancienne splendeur, ce fut le concile qu'y réunit le roi 1020.
. Parmi les conciles du onzième siècle, un des plus mémorables sans contredit fut celui-ci, qu' Alfonse V convoqua et présida en personne avec la reine Gcloira, sa femme, et auquel assistèrent tous les évèques, les abbés et les grands du royaume, à l'effet de rendre et d'établir, dit le premier canon, les lois à observer à l'avenir, tant dans le royaume de Léon que dans les Asturies et dans la Galice l. Les auteurs varient sur la date de ce concile : les uns le mettent en 1012, les autres en 1020; ceux-là, le 25 juillet, ceux-ci, le 1er août. Toute l'équivoque vient de la place d'un point. Au lieu de Era MLVIII kal. Augusti, c'est-à-dire le 1er août de l'ère 1058 (1020 de J.-C), quelques-uns ont- écrit ou ont lu Era ML. VIII kal. Augusti, 25 juillet de 1ère 1050, qui revient à 1012. De là la divergence que je signale. Mais un manuscrit de la bibliothèque de Madrid fixe cette date à l'ère 1058; ce qui pour nous lève tous les doutes9. L'assemblée, composée, suivant l'antique usage, de laïcs et de clercs, délibéra également d'affaires de religion, d'état et de police. Ses décrets ou canons sont au nombre de quarante-huit. Dans
I Sub era mlviii, kal. Augusti , in prasentia Régis Domini Adefonsi, et uxoris ejus Gelolra Regioas , convenimus apud Legionem in ipsa sede Beats Mariai' omoes Pontifical , et Abbatea,et OpUroates Regni Hispauhn, et jussu iptiua régis lalia décréta decrerimos, quœ firmiter teneantur foturis temporibus hic in Legione, et in Asturias et in Galleda.
S Voyex a uni le Mss. rite par Sandoial dans sa chronique de l'empereur Atfonae VII, p. Lucaa de Tuy donne |a même date, el comme il n'a pas spécifié les katendes il ne peut y avoir d'erreur : — Res aolem Adefonsus célébrait conciliera cum episcopis, comltibw, et polestatibus suis, era mltiu.