‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 72 sur 282 · CHAPITRE VINGT-UNIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-UNIEME

occupé en Galice à réprimer deux séditions, l'une d'un seigneur du pays nommé Oveco Resende, qui prit la fuite devant les troupes royales, l'autre, d'un autre seigneur nommé Sisnand Galiariz, qui ravageait les terres dans le voisinage de Saint-Jacques, et y commettait mille crimes détaillés dans l acté portant donation de tous les biens de ce rebelle à l'église de Saint-Jacques l. Le moment d'attaquer son royaume ne pouvait être mieux choisi. Sancho en envahit donc en peu de jours et avec la plus grande facilité toute la partie orientale, et s'établit tout d'abord assez solidement sur le territoire dont nous avons parlé, entre le Pisuerga et la Cea ; passa bientôt cette rivière, et pénétra jusque dans les plaines de Léon. Mais là il trouva de la résistance. Les populations s'insurgèrent. Bermude, de son coté, mit sur pied une armée de Galiciens dans le dessein de faire sérieusement la guerre au roi de Navarre, et marcha contre lui : les deux rois furent sur le point d'en venir à une bataille générale ; mais les éveques de l'un et de l'autre royaume, au rapport de quelques historiens, ayant représenté aux deux rois que la guerre qu'ils $e «faisaient ne pouvant qu'être fatale à leurs sujets et au christianisme, ils devaient étouffer tout sentiment d'animosité, et vivre en bonne intelligence, ils se prêtèrent à un accommodement par lequel il fut arrêté que le prince Ferdinand, second fils du roi de Navarre, se marierait avec domna Sancha, sœur du roi de Léon, et que Bermude lui céderait pour sa dot tout le pays que Sancho avait conquis au commencement de la campagne entre le Pisuerga et la Cea. Le titre de roi de Castille

min* Adefonsi),adhoc puer regnare cœpisset, rex Santiusa fluraine Cejae versus Castellam oraoia occupait. El dans Lucas de Tuy: — Siquidem prafatus rex Sanlius paler régis Ferdinandi post raorlcm Legionensis régis Adefonai rege Veremoodo, puerllibus anois impedito partent regni soi, videlicet a (lamine Pisorga uaqae Cejam, suo dominio mancipaveral. i Voye* Eapaft. Sagr. , t. xxxvi, append. 16.

fut formellement concédé à Ferdinand avec la main de Sancha. La paix cimentée à ce prix entre les chrétiens, Bermudc fit célébrer le mariage de sa sœur avec la pins grande magnificence, et en conséquence établit Ferdinand roi en Castille et sur les terres qui s'étendaient des frontières de la Galice au Pisuerga, lesquelles, avant l'invasion de Sancho dans le royaume de Léon , formaient la limite entre ce royaume et celui des Cantabres, agrandi de toute la Castille depuis la mort de Garsia ».

Ainsi, la guerre et le traité de paix eurent heu de Tannée 1029, que fut tué Garsia à Léon, à l'année 1032, dans laquelle s'effectua le mariage de Ferdinand avec Sancha. La plupart des historiens font dater de cette année la pacification des deux états, et s'accordent à dire que depuis ce mariage la paix ne fut plus troublée entre Sancho et Bermude. Mais ce traité ne suffit point à mettre un frein à l'ambition du roi de Navarre. Un an à peine après sa conclusion, il renouvela les hostilités contre Léon, et poussa plus loin que jamais ses conquêtes, s'empara d'Astorga, à ce qu'il semble, parla force des arnjes, et se prit à gouverner le royaume de Léon et les Asturies, jusqu'aux frontières de la Galice, en maître et en roi a; ce fut alors aussi sans doute qu'il fit ouvrir

I Atasi le racontent Roderich de Tolède , le Moine de Silos et Lacis de Toy. Voici U rersion de ce dernier : — Deinde moyens arma contra regem Vereraondom Ugionenio rrgnura valdè minorafit. Tamen contra eum insurgentibna vebementer Legionenaibas et Gallecia , ne hoc dereniret in patriaa destruclionem, pellvit a Veremnndo rege Legionis adhuc io leneris annia eonstituto Sanctatn aororem suam nobilissiraam pnellam dari filio ©jus Fcrdinando in conjugem propter pacem CbrisUanorura reformandam. Rex autem Veremundus largiaaima manu regales aororia nuplias exhibuit,el Fcrdînandus Sanciam in conjugem accepil. Casternm rex Vercmundna ab extremis finibns Gallecia) usque ad flamen Piaorgam, quod tune Cantabrienaium regnum aeparab&l, rex constituitnr.

* In era mlixh (1054) presll Sancins rex Astorga ( Annal. Complut., p. 513). Cf. par les Annales de Tolède, p. 584. — (Test Fépoque étideroroent a laquelle «e rapporte ce passage d'un acte de FeTdinand-le-Grand, de 1059, où, parlant 4e aon père,» dit : — Et auirexit pater nosler Santlos rex et cœpH regere J^glonensc regoura (Act. Ferdin. I, ann, 1059).

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