‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 71 sur 282 · CHAPITRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-UNIÈME

fils de Véla , qu'il fit brûler vifs. Après quoi l'héritier et vengeur de Garsia se rendit à Burgos , où il se fit prêter serment par tous les comtes et les grands du pays, en qualité de duc ou de roi de cette terre, dont la valeur et l'adresse de Fernand Gonzalez avaient fait un comté indépendant1.

Tel fut le premier effet immédiat de l'assassinat de Garsia, fils de Sancho, fils de Garsia, fils de Fernand, fils de Gonzalo, pour rappeler d'un trait, à la manière des Arabes, la généalogie et la série des comtes de Bnrgos et de Castille dont nous voyons s'éteindre la race en Garsia. Sancho de Navarre devenait par là le plus puissant d'entre les chefs, comtes ou rois, de l' Espagne chrétienne, comme il en était le plus habile. Ses domaines, acorns de la Castillè, touchaient maintenant aux états de Léon. Dans la revendication des anciens droits des comtes ses prédécesseurs, Sancho ne tarda pas à se montrer avide et disposé à pousser sa juridiction aussi loin qu'elle pourrait aller, et les commenceinens de son règne en Castille furent marqués par un empiétement territorial, qui amena une rupture entre les deux états dont les conséquences furent des plus graves.

Voici comment, d'après un privilège d'une authenticité douteuse, on raconte que les deux rois Bermude et Sancho se brouillèrent.

Un jour, le roi Sancho, dit-on, étant à chasser avec ses montagnards sur le territoire de Palence, lança un sanglier, lequel, blessé et fatigué par les chiens, s'enfonça dans l'endroit le plus épais de la foret. Le roi, qui le poursuivait en chasseur ardent pour sà*proie, l'ayant vu entrer dans un heu souterrain,y entra aussi,à dessein d'achever de le tuer; mais il sentit son bras immobile lorsqu'il voulut le lever pour frap-

> Roder. Tolel., de Reb. llisp., I. c. — On trouve dans Eualona ( Historla de Sabagaa, appendices, p. 438) an acte à la date do il mari 108Ot où on lit ; Bel Saniios in Caslellael Rex Vi

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per Tanimal avec l'épi eu. S'apercevant qu'il y avait dans cette grotte un autel, et sur l'autel une image de saint Antoine, à laquelle il avait négligé de rendre hommage, et persuadé que la subite paralysie de son bras était un châtiment de Dieu pour avoir manqué de respect à la sainteté du lieu, il demanda aussitôt mentalement pardon de sa faute au saint, et lui promit de lui bâtir une église à la place même où il était : vœu en considération duquel le bras du roi recouvra aussitôt le mouvement. Sancho, pénétré de la plus vive reconnaissance pour une faveur si singulière, ayant appris que c'était là qu'était située l'ancienne Palence, ruinée par les guerres, et sur l'enceinte de laquelle il avait crû avec le temps des ronces, des arbrisseaux et des épines, résolut de réédifier la ville et le temple en l'honneur d'Antoine, saint et martyr des premiers temps des persécutions païennes en Espagne; et il chargea du soin de présider à cette reconstruction Pondus, étèquê d'Oviédo, personnage illustre, dont on s'explique mal cependant l'intervention en cette affaire, et les rapports avec un roi étranger et presque déjà ennemi de son roi légitime le roi de Léon *.

Peu de temps après, l'évèque Pontius ayant commencé à réédifier la ville et l'église de Palence par ordre de Sancho, Bermude s'y opposa, prétendant que ce lieu était du domaine de sa couronne, et comme le Navarrais prétendait de son côté qu'il dépendait du comté de Castille, ils en vinrent à une rupture ouverte. Sancho, plus expérimenté et plus vigilant que le roi de Léon, entra dans les états de son ennemi, et se rendit maître de tout le pays* qui s'étend depuis lu rivière Pisuerga 'jusqu'à la Céa a. Bermude était alors

1 Ferrerai, d'après Roderich de Tolède (de Reb. Hiip., I. c. ). — Voyez aussi le diplôme de foodationde l'église do Palence, dans Risco.

2 Ce premier mouvement de la conquête Havanaise et castillane ne saurait être placé qu'au commencement du régne de Bermude. Ainsi on lit dans Roderich de Tolède : — Cum Adefonsus pater Veremundi ( corrigea Veremundus

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