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Histoire d'Espagne

Règne d'Alfonse XI. — Les principaux seigneurs de sa famille et du royaume se disputent sa tutelle. — Guerre avec Grenade. -TT,.lfort des Inânts don Juan et don Pierre. —^ Prétentions de D. Juan Manuel^ -p-;MQrV<^dpna Maria de Molina. ~ Mariage d'Alfonse avecdona Constant ^Manuel (filtè de\don Juan Manuel). — Amours du roi avec Eléonore de Guïmaq.^-r- ^n^ma^çe avec dolia Maria de Portugal. -^ Trêve avec Grenade. --ry6QÙraRQèment^'dtt liil à Burgos. ~ Bnfiins du rot, bâtards et légitimes. — Faib divers. --^ Conqu^ de la Sardaigne par rinfant Alfonse d'Aragon. — Prise de Giôràitar par les Africains. — Mort du ro| d'Aragon Jacques II. — Affaires diverses de^^astille et de Portugal. — Suite et histoire des émirs de Grenade. ^ Passage des Beny-Merinys dans la Péninsule. *-> Bataille du Salado.

D6l312.àlM0i.

Alfonse XI avait un an et vingt-six jours quand il fut proclamé roi à Jaen sous les auspices de son oncle Tinfant don Pierre, le 7 septembre 1312. Ce fut dans de bien tristes circonstances. L*État n'avait paseu le temps de se remettre des maux que lui avait causés la minorité du dernier roi, et se voyait exposé à des maux plus grands, par une minorité nouvelle, et qui devait se prolonger bien plus longtemps vm. 1

2 filSTOIRE D*£SPAÇ1H£.

encore. La reine doua Gonstanea, veuve de Ferdinand lY, se retira avec son fils à Avila ; elle était accompagnée de doua Yataza, qui était chargée de [éducation de Tenfant, et, comme tous les partis s'agitaient» VQuIaat chacun s'emparer du jeune roi, on prit la précaution de le mettre entre les mains de don Sancho, évéque d' Avila, la reine le confiant à sa garde jusqu'à ce que les cortès lui eussent nommé un tuteur. Cette affaire fixait l'attention de toute la nation, et chaque chef de parti se croyait déjà mattredu gouverueiQ^at, surtoutles infans D. Juan et D. Pierre, et le comte de Lara, D. Juan Nuûez. Les reines n'étaient point d*accord, il n'y avait point d'accord entre les royaumes de Léon et de Gastille, ce qui augmentait le péril. En effet, les uhs aommëreM ^pour tuteur l'infant D. Juan, les autres l'infant D. Pierre, oncle du roi, conjointem^ei)^ avep sa ipère doua Maria. Il fut impossible de réunir les suffrages sur un seul tuteur, et il n'était pas prudent qu'il y en eût deux. Dans ce conflit de prétentions" et d'exiggices, la reiue doâa Maria proposa, et c^la fut accepté, que obaque tuteur exercerait cette fonction dans le lie^ où il aurait été nommé ; qu'ainsi l'infant D. Juàn gouvernerait les peuples qui l'avaient choisi, tandis que Viofaut D. Pierre goavernerait avec dona Maria les autres peuples.

Ce fut en ce moment que mourut la reine Constance. La personne du roi fut remise entre les mains de son aïeule, et la chancellerie resta près du roi : elle délivrait des lettres signées et scellées en blanc aux infans don Juan et don Pierre qui, eu uss^ient comine ils l'entendaient, chacun (lans sa. juri- .dict^pn. Il fut convenu que, dans les cas très graves seulement, ies décisions ne seraient revêtues du sceau royal qu'après avoir été discutées par les trois tuteurs réunis. Cette convention fut ratifiée par les cortès à Burgos, où la reine s'était rendue avec le roi son petit-fils en 1314.

Les différens étant ainsi terminés, et la convention devenue plus stable par la mort de don Juan Nuûez, décédé à

Baiigos ea juillet 1315, d'après doa Juan l>Iaau«l, leç infam passèreat ea Andalousie dans le but glorieux de poursuivre la guerre couUre les Arabes; ils obtinreut quelque succès, JOàm qui furent bieutôt iqterrompus par leur mort : tous deujs succombèrent dans la Yéga de Grenade en juin 1319. Par cette moriy )a reine doua Maria resta seule tutrice, les cortèB ayant arrêté que si un ou deux des tuteurs venaient à mourir, la tutelle resterait entre les ipains du survivant. La r^ine Qt aussitôt publier dans les villes la mort des infans et le droit de juridiction qui en résultait pour ^le, en vertu de la dé^bération des cortès. U semblait que de la mort de ces deux rivaux devait naître la tranquillité de tous; mais doa Ju^U Manuel prétendit à la tutelle : il obUat même le sttffnage d/e quelques villes. Il prit les armes contre l'infant don Philippe, fils de doua Maria, sous prétexte d'apaiser les trout)les d'Âvila; mais, n*osant pas livrer combat à llnfaut, et celui-ei n'osant pas l'attaquer dans les positions avantageuses qu'^ occupait, l'infant se mit à saccager les villes qui avaient nommé don Juan Manuel tuteur.

D'un autre côté, don Ferdinand de la Cerda et don Juan, fils de l'infant don Juan et de doua Maria de Haro, int^guaient en Gastiile, tant contre don Juan Manuel que cputre le parti de la reine ; à chaque instant surgissaient de npUr veaux embarras. Tant de tuteurs nuisaient nécessairement à la véritable tutelle. Aucun d'eux ne voulant céder, bien qu'ils ne fussent revêtus d'aucun caractère légal, le roy^^ifoiia était devenu la proie d'ambitions particulières. La reine doua Maria, pour y reméaier, pensa qu'il fallait réunir 1^ cortès, et elle les convoqua à Palencia, mais la mort arrèUi ses desseins.

Elle était à Yalladolid, prête à se rendre à Paieaci£(y quaud elle fut atteinte d'une grave maladie. Elle convoqua tous les chevaliers et les régidors de la ville, et mit la personne du roi entre leurs mains ( tant ellç avait de c/mr

fiance eo eQx), leur recommandant de le garder et de relever saris le livrer à qui que ce fût, avant qu'il fût en âge* de gouverner par lui-même. Âlfonse avait alors dix ans à peine. Doua Maria fit son testament le lundi de l'ère 1359(29 juin 1321). On y voit mentionnés parmi les gens de sa maison don Juan Sanchcz de Velaseo, majordome; Nufio Ferez, abbé de Santander, chancelier ; doua Sancha Garcia, camarera; Garcia Ortiz et Bovi don Monsi, dépensiers ;7ùan Roligues, Buy Lopez etFernando Gonzalez, appariteurs; Pierre Diaz, hôtelier; Francisco Ferez et Tello Gonzalez, valets de chambre; Âlfonse Ferez, dépensier, intendant de las Huelgas deyalladolid,etc. Les principaux légataires furent son fils don Philippe, dofia Maria sa nièce, veuve de Tinfant don Juan, ainsi que le majordome {chancelier. Elle occupait un appartement dans le couvent de San-Francisco de Yalladolid, où elle mourut, revêtue de Thabit de Saint-Dominique, en juillet 1321. Elle avait fait préparer sa tombe dans son monastère de la même ville, Sainte-Marie-la-Boyale, qu'on appelle aujourd'hui de Las Huelgas'.

Le prélat qui officia aux obsèques de la reine fut l'évéque de Sainte-Sabine, don Guillen, cardinal-légat du pape, qui avait été envoyé pour mettre d'accord les tuteurs. On ne tarit point en louanges sur les fondations pieuses de l'adroite reine. On lui doit en effet le couvent royal des Bernardines de Yalladolid, pour la fondation duquel elle avait donné son palais de Las Huelgas, se contentant d*un appartement dans une maison contiguë au couvent de San-Francisco, où elle mourut ; de sorte qu'elle consacra au service de Dieu ces deux palais. Elle en donna un à des dames qui quittaient la terre pour le ciel, et l'autre à des religieux. Le palais de Las Huelgas fut donné à des Cisterciennes ( Bénédictines ),

1 Era Hccciix obiit regina dSa Maria in VaUeoleU in Julio (Chron. Joan. mMiia). — Voir auMi le t. ly de la Casa de Lan, p. 82.

GHAPITBE OXZKIUS. 5

dont le cooyent ayait été bçûlé en 1282. Elle firent leur église d'une salle basse du palais, et c'est là que fut enterrée la reine <.

Il est encore fait mention da magnifique couvent de Saint- Paul de Yalladolid, de Tordre des prédicateurs, fondé par )a reine doua Violante dans le lieu appelé la Cascagera. C'était nn ermitage dédié à Notre-Dame del Pino. Des moines y habitaient dans une petite maison, mais la reine Maria leur fit bâtir une église et un cloître en 1286, sous Tinvocation de saint PaisL Comme tout n'était pas encore terminé au moment où elle fit son testament, elle leur assigna le droit de péage de la ville de Yalladolid, dont ils devaient jouir jusqu'à ce que tontes les constructions fussent achevées.

La chronique d'Alfonse XI dit qu'elle fonda le couvent des prédicateurs de Toro et plusieurs autres édifices. Ellemême en fait mention dans son testament, dans lequel on trouve qu'elle laissa des aumônes considérables aux religieuses de l'ordre de Saint-François de cette ville, ainsi qu^à celles de Tordre de Saint-Quirce de Yalladolid. Elle protégea apssi Tordre d'Alcantara, dans le bullaire duquel on trouve plusieurs privilèges accordés par elle à cet ordre ; enfin, Tévèque de Palencia, qui lui donne les titres àHllmiris^ de pia et de sancia^ dit qu'elle avait construit à ses frais sept monas-

I Don Juan Manuel rapporte que le roi Don Alfonse XI, quand il assiégea Valladolid, ^n 132S, fit mettre le feu au couvent de las Huelgas, où reposait le corps de Dona Maria. — Eodem mense (juUo, era 1356), obsedit rex Vallemoleti, et indpit dcbellare yillam, et incendit monasterium de Olgis ubi erat sepulta regina DiSa Maria. Mais la chronique ajoute qu'il fit retirer le corps de la reine pour qu'il ne f&t pas consumé dans l'incendie (Chronica del Rey D. Alonso el Onceno, c. 72) Le sépulcre resta à las Huelgas jusqu'à ce qu'un autre monastère fût édifié. Ce fut en 1600 que réglise et le chœur, b&tis aux frais de l'abbesse Dona Anna de Mendoza y Quijada, furent entièrement terminés. Cette construction avait duré dix-neuf ans. Les oasemens de la reine Dona Maria y furent immédiatement transférés ; ils y sont encore. — Dona Maria avait doté cette maison et pourvu non-seulement aux frais de la fabrication, mais encore à l'entretien des cierges, aux émolumens du chapelain, et même à l'alimeatation des religieuses, comme on le voit dans son testament.

6 HlâtOIBÉ D*ESPAGNB.

tèt-cs, obtrè celui de Saitit-François de Valladolid ^ « Elle est bien digne da nom que nous lui donnons de femme forte, dit en parlant d'elle un de ses historiens f Florez ). Ses vertu* furent mises dans tout leur lustre durant ces trois règnes si féconds en désordres. Sur cette mer orageuse, le Vaisseau de l'État fut sauvé du naufrage par une femme qui, scrtt au gouvernail, soit à la rame, sut lutter contre la fureur des flots, et ne fut pas moins habile à combattre ses ennemis qu'à surmonter les trahisons de ses alliés. Femme forte, car eHe fut douée de toute l'énergie virile ; elle fat mère de doo Ferdinand parce qu'elle lui donna le jour, mais bien pliis eU6ore par tout ce qu'elle fit pour lui conserver^la couronne ; elle sut se résigner an dédain de son mari, elle sut vaincre l'ingratitude même de son fils : ils réussissaient l'un et l'autre dans leurs entreprises, quand ils se conduisaient d'après ses conseils, et ne faisaient que des fautes quand ils s'éloignaient d'elle^. »

Alfonse XI ayant atteint sa quatorzième année le 13 août 1325,1e consistoire de Valladolid fut convoqué, et il lui fut déclaré que le roi, entrant dans sa quinzième année, était résolu à gouverner par lui-mèmè et à mettre ainsi un terme à la mésintelligence qui régnait entre ses tuteurs. L'instigateur de cette affaire était un certain Garcilasso delà Vega, qui avait su prendre, dans ces derniers temps, le plus grand ascendant sur les affaires de l'État. Les cortès ayant été réunies, l'infant

* Cron. del Rey D. Alonso cl XI, c. 31. — Rod. Paient., part, iv, c. 8, etc.

* Tel est, d'après Florez, le caractère de Dona Maria. Chacun sent que c'est là le ton d'un panégyriste plutôt que celui d'un imiiartial rapporteur. Ce qu'il ajoute est plus fort encore : « Quoique nous n'ayons pas rapporté en détail, dit-il, tous les faits qui sont à sa gloire, car nous n'avons pas voulu copier les chroniques tout entières, nous croyons en avoU* assez dit pour prouver combien elle fut grande et quel exemple die laisse aux rois et aux reines. Puisqu'elle sut gouverner tant de royaumes par son talent et son courage, ornons son tombeau de trophées, de couronnes et de sceptres, mais réunis en un seul écusson, car touîî ces royaumes n'eurent qu'une seule protectrice, la reine Dona Maria. »

GHAPITBB OHZISME. 7

déD PhUippe, dM Jaan Manael et doa Juan, flls de l'infant don Ja«Q (don Jnan el Taerto), renoncèrent solennellement à ienr charge de tuteur et reconnurent pour leur uniqde seigneor le roi, qui prit à Tinstant les rênes du gouvernement, w rapport d'un de ses tuteurs m^me, sur Tassertion duquel Florez a rectifié les fausses dates de ses deyanciers '.

Le roi nomma aux différens emplois de sa maison. Le choix qu'il fit de ses conseillers parmi les ennemis des tuteurs fut tel que don Juan Manuel et l'autre don Juan craignirent d'être inquiétés, et se confédérèrent contre le roi. Pour cimenter leur accord, il fut convenu que doua Gonstanza , fille de don Juan Manuel, épouserait don Juan, qui était veuf. Mais le roi, considérant tous les embarras que pourrait lui susciter ce mariage, isea deux seigneurs étant des plus puissans du royaume, surtout s'ils parvenaient à mettre dans leur parti .don Alfonse de la Gerda, résolut de l'empêcher à tout prix. Il attira à son parti don Juan Manuel en lui demandant la main de sa fille Gonstanza, que don Juan Manuel avait eue de sa première femme nommée aussi Gonstanza, fille du roi Jacques II d'Aragon. Don Juan Manuel, flatté des avantages qui résulteraient pour sa fille de cette alliance, et espérant pour luimême une grande part dans le maniement des affaires, y consentit immédiatement. Les accords du mariage eurent lieu à Peûafiel, et le roi donna en otage à son beau-père le palais de Guenca et les châteaux de Huete et deLora, à la condition qu'il les lui rendrait dès que la reine serait mère. Ges conventions arrêtées, l'infant don Philippe, oncle du roi, se rendit à Peûafiel avec sa femme doua Marguerite, pour y recevoir la reine et la conduire, avec tout l'appareil d'usage,

^ Era HCGCLXiii (1325) in die S. Hippolyti in mense augusti incepit re\ Dns Alfinsus rcgnare abaque tutoribus, et eoUem mense venerunt ad eum dns Joannes filius in£antis dni Emmanuelis et dns Joannes fllius infantis dni Joannîs : et renuntiarenmt Mitoriae, et post quatuor dies venit dns Philippus et renuntiavit tutori9e(CIiron. D. Joan. EmmanueUs.)

g HISTOIBB D'ISPAGUB.

à ValladoKd, où se trouvaif le roi. Le mariage fut sassim célébré, en novembre 1325, au rapport du^-^ère de la reine loi-même qui lavait ac<jompagnée ». Le roi confia à celui-ci le commandement delà frontière (le nomma Adelantado). Il s'en montra digne par sa loyauté et sa valeur et remporta une ^cloire complète sur les Arabes dans un ei^gment contre toutes les forces de Grenade-La reine n'avait pas encore atteint l'âge de consommer son mariage; car son père et sa mère ne s'étaient mariés à Xativa qu'en avril 1 3 12.Elle eut pour gouvernante ou Camàrera une dame appelée dofia Teresa, et, quoiqu'elle prit le titre de reinfe dans les actes», le roi n'usa jamais des droits dépoux avec ielle,*en raison de leur âge à tous deux.Conslance ne put fai>e confirmer son titre de reine par suite des graves sujets de discorde qui s'élevèrent entre son père et le roi.

La cause de cette discorde fut tout honorable pourD. Juan Manuel. La poUtique,il est vrai, disons le mol, l'ambition l'avait induite accepter de devenir le beau-père du jeune roi de Caslille, en manquant à la promesse antérieure qu'il avait faite à D. Juan el Tuerto de lui donner la main de sa fiUe Constance, appelée à devenir reine de CastiUe ; mais il n'avait pas cru trouver en un roi de quinze ans, éleyé dans la religion de Jésus-Christ, un ignominieux et^machiavéiique tyran. Or, c'est ce que fut dès cet âge cet Alfonse XI si vanté, digne père de Pjerre-Ie-Cruel et de Henri de Trastamare; cet Alfonse XI, sensuel et cruel, qui se souilla, tout en entrant dans la vie, d'un meurtre infâme et de nombreux parjures. D. Juan Manuel souffrait de son manque de foi envers D. Juan el Tuerto (oncle du roi à la mode de Bretagne), et U eût voulu pouvoir le réparer. Le prince castillan ayant

« En «cccixni (1325) ta mewe novembrl, eonlwxtt prieftlus m cum regliia D CODitaïKia. aua «upcadlcU D. Joanni» (Chron. <sju»dem). • Bertun, t u, ùcrlt. 188, année 1816, et un autre d'OrWo, de la ntaM

sur ces entrefaites obtenu la mun de dolla Blanca, fllle de riofant D. Pierre de Gastille, mort dans les plaines dé Grenade, laquelle Blanca ^tait en Aragon avec sa mère dofla Maria, fille du roi Jacques II, le roi de Gastille s'en montra fort irrite. Dofia Maria possédait de riches domaines en Castille, en Biscaye et sur la frontière d'Aragon ; elle avait à se flaindre des procédés de la maison royale ; et D. Juan el Toerto, par cette alliance, se détachait du service du roi, comme on disait; c'est-à-dire du service d'un adolescent déjà plein dc'vices, de cruauté et de détestables passions, que le hasard de la naissance, les vices, la cruauté et les détestables passions de ses pères avaient investi de la royauté par la pire voie, cell^de l'usurpation et de la violence. D. Jqan el Tuerto avait des intérêts opposés à ceux du roi, mais an moins aussi légitimes que ceux du roi. Il s'agissait de terres, dç propriétés, de droits juridiques; il eût pu dire avec raison, comme le meunier Sans-Souci :

Ce moulin est à moi,

Tout aussi bien au moins que la Prusse est au roi.

Il promit au roi Jacques d'Aragon, grand-père de sa femme, de défendre ses droits et ceux de doua Blanca contre la Castille. Cependant, D. Jaan Manuel ne crut point devoir tout-à-fait manquer à son ancien allié, à celui qui avait dû être son gendre, et, instruit des périls que cette situation nouvelle (vue avec une sorte de rage jalouse par le roi de Castille) appelait sur la tête de D. Juan el Tuerto, il lui envoya dire que , quoique beau-père du roi, il ne laisserait pas d'être fidèle à leur vieille amitié, et, en tout ce qui serait juste, à leur ancienne alliance, surtout dans les circonsstances présentes, où, selon les dispositions que le roi manifestait, il avait tout à craindre, et où 11 lui serait si nécessaire d'avoir un allié sûr contre ce qui pourrait être tenté à son dommage.

10 HI9fOIN1l'lffFAailE«

IM'thoBm éti éUttcht là, forsqite^ an ihois de février 1326, le rcd(àgé d- an pea moitas de qoioie an») assembla de uôaveMeèf oortès àYalladoIid, et en obtint.de riches sQbsideB.TôQt fier des témoignages d'afféctioti qu'il avait reçunle Ift.jnajo^ rite des dépotés^ il commença pea après à visiter le» pays de sa jaridi^tionrojale^sons^rétexte d j rétablirrordre et la justice, en réalité fibûr y assurer sa domination et ses exactions paitt^* culières (royales). Il était, le 28 juillet, à Médina del Gampo, oioL il rétoqua quelques cbncei^ions faites dans les certes de Yalladolid de Tannée précédente (celles où il s'était fait reconnaître solennellement roi). Il poursuivit sa marché, traioant à sa suite une sorte d'appareil de justicier, et faisant appli^er les plus sévères chàtlmens avec^un sang-froid auguste, remarquable surtout dans un si jeune hoibme. Arrivé à Toro, le jeune homme se radoucit tout à coup^ et changea de ton. Le loup se fit berger. Il fit appeler près de lui l'homme à qui, dans ce moment, 11 voulait le plus de mal, son grand-oncle D. Juan el Tuerto, sous prétexte de délibérer de divers points importans touchant une guerre nationale et religieuse à faire du côté de Grenade et suF>la paix du royaume. Sur de bons aVis, ï>. Juan el Tuerto refusa d'abord rhonneur de cette entrevue royale ; mais le roi s'obstina. Il lui envoya de nouveaux messagers, et lui fit faire diverses offres attrayantes. Le voyant résister malgré tout, comme par un secret pressentiment, Àlfonse lui envoya, pour lui ôter toute crainte,un sauf-conduit en forme. D. Juan céda enfin, et vint à toro le 30 octobre. Le roi lui fit grand accueil, et lui témoigna le plus vif désir de s* allier avec lui pour le repos de tous. Il rinvita à diner pour le lendemain, veille de la Toussaint ;mais, à son entrée dans le palais, D. Juan fut» par Tordre du roi, frappé ie nombreux coups de poignards, et tomba mort avec deux chevaliers qui Taccompagnaient. Aussitôt, comme un assassin empressé de dépouiller sa victime, Alfonse donna Tordre de s'emparer des villes et des châteaux

CÉÂPttÈt dlfZXiillÉ. 11

que D. Juan possédait en GastiUe, et qni s^élevaient à plus de qnatre-vingts'.

Ainsi fût assassiné à Tofo, le 31 octobre 1326, D. Jnan le Contrefait, petit-fils d*Alfonse le Sage. Sa mort fit une telle impression sur don Jaan Manuel qu'il abandonna le commandement de la flrontière, et se retira à Chinchilla, dans le royaume de Sfurcie. A cela se bornèrent d'abord les manifestations de son mécontentement, et Tannée 1326 finit sotts ces tristes auspices. L'année 1327 commença pleine de difficultés pour Alfonse. L'infant D. Philippe, oncle du roi, mourut à Madrid au mois d'avril, et Alfonâe, attaqué par les Arabes, passa en Andalousie pour leur tenir t^le; il rassembla de nombreuses troupes à Séville, et y appela D. Juan Manuel. Hais, indigné de la trahison dont avait péri tictiHié D. Juan el Tucrto, D. Juan Manuel refusa de s'y rendre. Telle était son indignation contre le roi que, sans considérer ce qu'il pourrait en advenir à sa fille, il fut sur le point de s'allier à l'émir de Grenade poilr faire la guerre à Alfonse. Celui'Ci ouvrit cependant la campagne contre les Arabes, s'empara de Pruna, d'Olvera, d'Ayamonte et de la Torre del Alfaquin au mois de juin. D. Juan Manuel perdit sa femme an nioiâ d'aoàt, et se prononça plus vivement que jamais contre Alfpnse^ ; il avait effectivement sujet de lui en vouloir : le roi de Portugal Alfonse IV avait conçu le projet de marier sa fille doua Maria au roi de Gastille,iiavant que

^ Chron. del rey D. Alonso el XI, c. 52. — La chronique ( 1. c.) nomme les deux cheYaliers qui furent tués avec D. Juan : — Bl rey mandolo matar, y mufieron allî dos cavalleros con él que eran sus vassallos, que dezian al uno Garcia Fernandez Sarmiento> y al otro Lope Aznares de Hermosilla.

2 Era HCCCLXV (1B27), in aprili obiit infans dns Philippus fllius régis ââi Sa*ejj in Majorât.

Eadem era in augusto obiit infantisSa dna Gonstantla in Castella.

Eadem era obiit dns Jacobus rex Âragonum in novembri.

Eadem era cepit rex à Pruna et Otvera, et lurrim del Alfaqnim et Âymw^j in Junk) anteoedenti.

12 HISTOIBB D'ESPAOïn.

celui-ci eût atteint sa quatorzième année et il avait vu avec déplaisir l'union d' Alfonse avec dofia Constance Manuel <• Dès qu*il eut appris qu'un grave dissentiment s'était élevé entre le roi de Gastille et son beau-père, sachant d'ailleurs que le mariage du roi avec dofia Constance n'avait pas été consommé, le roi de Portugal renouvela ses instances auprès du roi de Castille pour qu'il épousât sa fille doua Maria de Portugal, et Alfonse XI, considérant tous les avantages que lai procurerait cette alliance, écouta les propositions qu'on lui fit à cet égard; puis, prétextant tout à coup que son mariage avec la fille de D. Juan Manuel n'avait pas eu lieu de son libre choix, qu'il y avait été contraint par les circonstances, il ne voulut plus le ratifier, et publia sa résolution d'épouser doua Maria ^. Â la proposition de la main del'infante s'en joignait une autre qui contribua beaucoup à faire conclure ce mariage. Le roi de Portugal offrait de marier son fils Pierre, qui devait lui succéder, avec doua Blanca ( celle-là même qui avait été accordée à D. Juan el Tuerto), fille de l'infant don Pierre de Castille, suzeraine de los Cameros et de toutes

*. Cbron. del Rey D. Alonso el onoeno, c. 68.

2 Les rapports généalogiques d'AUbnse XI et de Constanoe Manuel étaient ceux-ci :

BUAIBOX : AlBUX. PàBBS.

Llnfant D. Alfonse de

^«»'*- \ Alfonse XI.

MoUna. ' Id. Maria deMoltaa. ^^«^"^"«^ ^ ^

DoSaMayordeMeneses.) / *''^'

AllUX. PàUi.

D. Manuel, frère d'Alfon-v

se le Sage et septième, ]

fils de saint Ferdiuand. I Constance de SaToie,? D.Juan Manuel

flUed*Amédée Vicomte l

de Manrienne et de]

Safoie. ^

vSSZ^i'lS^^' }coMhnced'Ar.goo.

Constance Manuel.

CBAPFTRi (nrzriBMB. 13

les possessions de son père, qu'elle consentait à laisser à son oousin le roi de Castille pour lui tenir lieu de la dot que devrait apporter l'infante dofia Maria de Portugal. Dofia Blanca coq^entait à recevoir en Portugal des possessions équivalentes à celles qu*elle laisserait en Castille. Cet arrangement était très avantageux pour le roi Alfonse de Castille : il était ainsi î|mis en possession des villes qui appartenaient à son onde don Pierre^ et qui, entre les mains d'un autre seigneur, auraient pu lui faire un puissant ennemi. D'un autre côté c'était assurer à sa cousine un mariage honorable, ce qnll devait à la mémoire de l'infant don Pierre, qui s'était parfaitement conduit pendant sa minorité et était mort avec honneur dans les plaines de Grenade.

Gela réglé, et provisoirement, le roi fit brutalement empriscmner l'enfant qu'on lui avait donnée pour femme: Constance Manuel (âgée de quinze ans et revêtue du titre de reine ) fut enfermée par l'ordre de son mari dans la forteresse de Toro en octobre 1327, sur quoi D. Juan Manuel quitta ouvertement le service du roi, et prit les armes contre lui (le mois de novembre suivant) ; et une vive gaerre s'alluma aussitôt entre eux K

Les événemens qui marquèrent l'année suivante en Castille sont rapportés par D. Juan Manuel en termes concis, mais qui peignent bien l'époque* t'illustre chroniqueur y plaee soustsa date et en première ligne un meurtre qui mit le roi hors de lui, savoir l'assassinat de son favori et de son ministre des trahisons, Garcilasso de la Yega, que le peuple de Soria mit en pièces au mois de février, dans l'église des frèresmineurs. Vient ensuite la mention pure et simple de ce fait, que le roi assiégea Escalona au mois de mars, Escalona la

^ Era eadem (ISSS), in octobri paecepit ra includi reginam uxorem suam ta Gastt Vo Taureosi, et privari regno in suis bonis. Badem en in novembri expedivit se dns Joaimes à r^ : et ineepit guerra inter

.14 HWMIBB I^'SSPIAHB.

^Mdfri» posfieBmn patrimoniale de D. Juan Muiuel, la yiUe où il était né, et la mention non moins signifleati^^ da siège gne le même D. Juan Manael mit, dans le même mois, doYant Huete, qui appartenait au roi. Il marque, en juin, la mort de Gomez de Garrial, son ami, à MontalvaiL Au inois de juillet, le roi» de dépit de n'avoir pu prendre fisoalona, brûle son camp et lave le siège de cette place pour aller (^hAtier to séditieux balHtaas de Yalladolid, qui avaiœt osé résister à ses ordres, et, vainqueur, fait mettre le feu am monastère di9.)as Huelgas, où la reine Maria de Moliun, grand'mère du roi» était ensevelie. Les Mts se pressent : le comte Alvar Jiafim Osorio quitte le parti du roi. Au moîs 4'août, D. Juan Manuel prend Aza, qui appartenait à Alvar Noflez, et Franinum> qui lappartenait à doua Thérèse. Dans le même mois, Si. Jaoque^XeriQa et D. Pierre son frère viennentlMiseoouiBde Si Juan Manu6l.Mais révénement le pUifiifnportant delannée fut la condusioa du mariage do roi de Gaatille avec la fille du \

roi d^ Portugal, qui se poAirsnîvit à travers toutes ces guerres, et eut lieu enfin au mois de septembre 1328. L'iniMite ^f^ iim^k était née en 1 3 1 3. Les conseillées du roi «'étaient opposés à ce mariage à cwse de leur proche parenté; ils étaient en effet coo^ins^ermainB, tant éa chef de leur père que du ciief de leur mèxe, comme le prounent les géméalegîss royales de Gi^tUle et de i^ortngal > ; î^ ^® marièrent néanmqins. sans dispensi9 du pape, au rapport de don Juan Manuel et de la

^ Va(kclqesgéDèak>gieBtèUcs4iieksdoiiiieiitFk»melBarfc^

Sancho IV de CastUle. Denis de Portugal.

Biaria de MoUaa. ÉUsalMtli d'Aragoii.

Ferdinand IV dç Béatrix Alfonse IV Constance

CastiUe. de CastUle. de Portugal. de Portu^.

Constance de Poj:- Alfonâe IV de Por- Béatri^ Fmrdiiiand IV de

tugal. tugal. de CastUle. Ca&tUle.

AUbaaeXldeCM- Marie Maria Alfonse XI de

tUle. de Portugal. d^ Portugal. CastUle.

dirraiqiie d* Alfrase, et bieirtAt ud raecovMMdementfiit tenté entre Alfonse et D. J^an Manuel ; m fllie fat readoe à oe demkr en ôetobre 1328. Alyar Nouez Osorio dépkit an roi en oe temps, et le roi le iBit tuer par un oertain Ramir Flores, son ami '.

Le mariage convena, le roi de Oastille se rendit, dans l'été de cette année, de Yalladolid à <!iadad--iMtffgo, aeoompa*gné de sa sœur, llnfante dofta Éléonore, et d*nn grand nombre de prélats et de hants personnages. De là il envoya sa sœur à SiiNigal, où se tvoovaient le roi et la reine de Poftn*» gai avec lear fitte dofia Maria, ainsi q«e la reine sainte Isa* belle. Après Irais jours de fêles ils se rendirent ttcws è <A^ fajrates, autre ville de Portugal, où. le m de Gastitle vînt les joindre et où se célébra Je mariage en septembre 1338; Les

> Era «cdanintebruariQ cooei^aiii Sorkose ioteHacit (tersUn Usaiw ^6gfi^ BfiBarum.

Eadem era obsedit rex Escalonam ia martio.

Eodem mense obsedit dns JoaniusB Hoeptem.

Eadcm era ia Judîo obiU Goipeliiis GarriaUo in Monto-vAlbp.

Eadem era in Julio rex incendit reale et machinas : et recessit fie obsidione de Escalona.

Eodem mense oMedit ren VaUemoletf , et tncepit debellere tfllam : et inoendit monasterium de Olgis (Tiilgà las Huêlga$) Bbi erat MRulta r«giiia dna M0rM« Sfquenti die rece:»!»it à re^ proditor i^varus NunU^ 9141 feqerat commiyiitatem.

Eadem era in Augusto cepit dns Joannes Aza, quse' erat Alvari Nunij et Fraxinum, qaod erat dnse Tarasiee.

BtttaB mewt vnemt in «4i^t<onBln dl^ Jiaim^ Aafolius Xerka etdiiPeliii» ejos germanus.

Eadem era in septembri contraxit rex tum fllia régis Portugaliae consanguinea sine dispensatione papae.

Sadctt em ia oHobii tooMa est totipaàttû frter ri^nn et dnÉi lomnâm : et diubcnHit dao Joanai fiUam niam in norembri.

BadeaiBMBse iTcrunt in terram suam dis Jacobi» et dns Petrns. Blinterfaiit i^ mi. us Flores Alyaram NiwiJ Dominum snum in CastcUo de IWuer, quod erat Alvari Konii, quod babebot Ranims ttoiés de maou Aianrf Nunii, oujus erat vassalhis.

Baden era in deocmbri ordi]iatum fttît, quod vidèrent se rex et dus Joamei qul- MM c.\m decem, propè Pontem Dorij et csset rex in Goriel, et diis JeamMS in PtMaa fldttt : ckfivitt dis loamiescum suis decera. . . tota Fcria n cit III ad prâtem «t «ex stettt coin »ur. 1 junUia ex Goriel : d taadem noliiil nr, qufd h viderait

16 HI&TQIBE DSSFAC^B.

deux cours se rendirent à Fuente-6rimalâ5, en CasttUe, où 8e célébrèrent les fiançaillea de don Pierre , héritier de la conronne de Portugal, avec l'infante dofta Bltoca, flUe de Vinfant don Pierre de Gastille. Cette princesse ne tarda pas à se rendre en Portugal '.

La reine de Portugal vint accompagner sa fille, déjà rane de Gastille , jusqu'à Giudad-Bodrigo, où elles s'arrêtèrent quelques jours à cause d'une légère indisposition de la jeune reine. Dès qu'elle fut remise, sa mère retourna en Portugal et les jeunes mariés se rendirent àSalamanque, puis à Médina del Gampo,où ils signèrent le contrat de mariage de Tinfénte dofla Éléonore avec le rot d'Aragon don AUonse lY , et s'en retournèrent à Yalladolid.

Dofla Constance Manuel fut ainsi l'épouse d'Alfonse XI nominalement plus de trois ans, de 1325 à 1328 ; elle porta tout ce temps le titre de reine. Enfermée à Toro en octobre 1327, elle y resta un an, jusqu'au mois d'octobre I32'8, pendant les négociations du mariage du roi de Gastille avec l'infante de Portugal, et n en sortit qu'après que le roi eut épousé celle-ci *.

Le mariage de dofla Élépnore avec le roi Mfonse lY d'Aragon eut lieu en janvier de Tannée suivante (1329). L'histoire de cette fille de Ferdinand lY fut singulière : elle était née en 1307. Elle eut pour gouvernante dofla Sancha, femme de don Sancho Sanchez de Yelasoo (Gronica de D. Alonso el Onceno, c. 52). Le roi son p^re avait résolu de la marier à

^ An boot de dnq ans la diaioluttoii de wa mariage ftat pranoneéey moUfée par les infirmité qui luf survinrent. BientM après Doila Constanoe Manuel lui soceida et épousa l'infiint don Pierre. Ce mariage fut arrangé par le ehancelier de daBa Maria, don Ferdinand Rodrigues de Valboa, qui était i*ami intime de don Juan Manuel.

2 La fiUe de D. Juan Bfanuel semaria en 1340 à D. Pierre, bdiint de Portugal, qui fut roi ensuite, et qui eut d'elle l'infante doila Maria, femme de l'infant don Ferdlnand d'Aragon fila de doBa Éléonore^ sœur aînée du roi don Atfonse XI. DoBa Coustance Manuel mourut à Santarem le 18 novembre 1845) al y Ait iidnMiée dans U aourat de Saint^raiifiali (BariNna» Gttal.» p. m).

GHiUPITRB-.OH^dlJpftB, 17

l'aloé àm-ûh du roi é^Acdg^n Jacques II, btfa efifet; quoique l'infante n>eùt que q^aatre ans en 13 1 1, Idi^ue sou onde Fin- £nitD.¥ietre, frère de Ferdinand iy,é(^usa doua Maria, fille du roî d'Jumgon, die fatâfenc^ Je mèm&iour à Galatayud ayec Viofant Jacques d'Aragoo. Mais, en 1319; après la mçsse nuptiale, Jacques fils de Jaeqoeà renonça tout à coup à ses droits à'iacounonue aiif^i qu'à sst&mme, et se fit moine hiérusdéiÉitaio. jKonore revint donc vierge en Gastille. Toutefois, m 1329, elle devint effectivement reine d* Aragon en épousant le roi Alfouae lY^veaf de sa première femme. Le mariage se fit à Tasazona, og, Suivant I>. Jaa&Jtfanuef, à Agreda, dans le mois de jj^nviér l. Alfonse lY étant mort le 24 janvier 1 336}) 'eDese retira eu Gastiile avec ses deux fils, D. Ferdinand bt D. Juan , dans la CFaintë' des» mauvais traitemens de Pierre IV, fils du premier lit d' Alfonse IV, et qui lui succéda. Mais elle trouva plus tard en Gasiille un autre Pierreiiien plus à craindre, le roi D. Pierre-le-Gruel, son neveu, qui la fit assassiner en 1369 datis le chà(^au de Castro* Xeriz.- La nouvelle reine de Gastiile visita, à Toccasiou du mariage de sa belle-sœur, plusieurs villes de son royaume. Elle vit, en accompagnant dofia Éléonore en Aragon, Burgos, Logroûo, Galahora, Alfaro, Agreda etTarazona. Le roi donna à sa femme, en guise de cadeau de noces, les- palais, les chftteaux et les villes de Guadalajara, de Talavera et d*01medo, avec toutes leurs appartenances et dépendances, droits, privi-" léges, rentes, etc., comme il est dit dans Tacte de mariage*.

* Era MGCCLxyn (1329) in januario contraiit rex DSs Alfoiuufl Aragoaam cum infantitfa D2a Hcleonora aiia régis CasteUœ Dni Fernandi in Agreda.

2 La reine fiiit mention dans son testament de plusieurs autres lieux qui lui appartenaient par droit d'héritage, tels que Mueientes, Madrigal, Villadiego, Palaeios de Valdiwma, et de beaucoup d'autres qui a?aient appartmu à doiia Eléonore de Guzman (maîtresse du roi), et qtii furent donnés à la retne dofia Maria par son flls le roi don Pierre (le Cruel), après la mort de dooa Eléonore. La reine dona Maria eut peur premier majordome don Juan Alfonse de Alburquerque, eomme ii appert de pririlégea à loi accordés (Berganza, t. ii, escrit, 189, et Bullario de Santiago, p. ai9). Vin. 2

19 Hi^TOWc .SI >»i^4JUlf<:.

im ii^é fajte avant le giariage , Alfonse M s'empiresaa de Va(}rç8ser à Jean XXII , successeur de Clément X^ e^ secood pape «vlgQonais, comme dit Moratori; et le pape, ms Ï9S^ Ijux^^çe que lui fitdoaner le roi, de sou entière soumission k Ï9^Hoj^\té ecclÉiiastique, les'lui aceorda aisément» sous quelqiW r^e^ves^ toutefois, meptioanées par tig^^aanidG»^ ecd^ aifiati^^* Ces <},ispen$ea y £igureat sous la, date du&m(iira ^329i, cciqui iiylique avec quel e«kpreaseme^t ÀlfifHiM XI d^\^t ^nYPjfé S(^ ambassadeiv*s à Avignon à cet effet '..

U a*é<valc^ un as^z loi^ temps avant que la reine devint m^^ et cette infécou4ité causait un \if cbi^rin «it roi, qai 4ta|t i|npi|ti§nt i^ avoir i^n successeur. Alfonse a^it oennu à $^viU#»au commeacdpeatde I328,c estrà-4irQ avaût^n aiamsiy u9e daipe, <},ont il s'^àit p^oimém^qt épris. iUle avait i^m£l4oiu^e de Gftjzm,aa, et était fille^de D. Pierre B(ai?liaez de Gnman et de doûA Béatrix Ponce de J[iéon. Quoique déjà K^Hve (de D. ^uan de Yelai^oQ] elle n'avait pas encore atteint r<^e df| dix-neuf a^s. i^ roi en avait dix-sept. Elje était tris rifilk^M tri& noble ^ dit la chronique du roi., et Iq pJt^a belle f^mnàfi quil y eût dans le royaume^. Xelle était en effet sa l^eaiM/é, dit Fierez, que, dès que îe roi la vit, il cessa d'èire rcM pciur deveuii son esclave. Jiecixercbée par un roi jeune et l^U, elle s abandonna à lui, bien qu'elle t^ùt qu'elle ne pourrait être reine. Il Teut depuis presque constamment près de hil, même pendant les fêtes de son couronnement, et, dès Van 1330, elle lui donna à Valladolid un ûls qui reçut le nom de Piie^i;e* Tout c^Ia W fut q^ secret pour personne. La joie du roi fut grande, et les seigneurs, pour lui faire leur cour,i

^ Ba3a»14«y AWi. EçcL, t. xr, ad aon. 1329, wim. 92.

^ Diien maj riea y muy. hua al(j;0, y era en bemosura la m» a9U4ata, nncn qitt «lia en ci t9foa (Ghnmica del Rey Doa Alooso el onceao, c. 93). -- U niMie «■fce (1. G.) dit qu'AUbose Tavait vue à SévIUe ion 4^ son exp^tioa oantm 01nfBi, al aeravaU plus ottWiée, mais eite dit cd tarais» expiè»wi'U n'em awGcttii ^ rapporte i|itlMca.<|i^ipièa aott mariaga a?ec BoSa Macia.

teifitt09lt 9SSi$i ODgniiiil conlentement JdB roi monta publique- BMDt la maifion de oA enfant, kû^ assigna des EUto et des Ym^ sai^^^el mil; au notûbre 4e3 <^il|es cqpprises dani^soti apanaga Agoilar del CmQpo,<Aievaiia*et Cernia^ al it feçat de là te doïd ^ d'Ag«iIar. Soa premier majordmie fut don Aloûsa JeriiaDdevCorcmeiy r<Wl. des favpri» 4a roi et le premier qu'il arma cbei^Ker à Buirgos; Ce doa^Pjerre fat gt*and chancelier 4e.Çaà|tUa4 eha&celier avant de savoir lire, à sept ans, comme k prottttgQQ aîte de 1337 aa bas duqueLfigure son Mm: £léoikore''fttl comb|.ée de ttote» les boutes du roiy qui ne faisait rie^i sAns*la consulter, ear^ outre qu'il Faimait pow sa grande beauté, die avait pris* sur lui un empire absolu. La condescendance dji roi peur elle faisait que les soUieiteuM iearplos adroits s'adressaient à elle jAulôtqu'à la retne. C'est ainsi que le turbulent et puiss^tfit don Juan Manuri lui en* vaja de& émissaiç^ sous prétexte de se réconcilier avec le roi, mais en rétfîlé pour susdter à celui-ci de plus grandB embarras. C'était après ce premier accouchement d'ÉléoHore de Guzman. Il lui conseillait d'engager le roi à Tépousav après avoir répudié la reiue coipme stérile, promettant da passer au service .d'Alfonse ^ «çlte obtenait cette faveur. Elle ne se laissa poiqt, âit-on, éblouir par la brillante perspective de devenir reine, et son bon esprit, ajoute-t-on, lui fit comprendre que, soçs ce prétexte de paix, don Juan Manuel voulait attirer au roi un nouvel ennemi dana kf roi de Por** tugal qu'il irriterait en répudiant sa fille, ce qui tournerait à l'avantage de don Juan Manuel '.

Éléonore perdit jeune ce prenûer fruit de se» amoors. Don Pierre mourut à Guadalajara, à l'âge de huit ans, des blessures que lui fit un faucon. La chronique d'Alfpnse XI

^ Fidèle à son seigneur, dit FLorez> elle assura les envoyés qu'elle ne donnerait jamais un pareil conseil à personne, comme on peut le voir dans la chronique au chapitre 99 ; ce qui détruit Tassertion de ceux qui, on ne sait sur quel fondement, prétendent que dona Qéonore fut épouse légitime du roi.

20 HlSTÛIblfi^DlfSPAGlVfi'.

rapporte sa mort à Vatiûée 1338, et dit' que soii'^eorps fat porté, à Tolède pour pour y 46tre ^enterré ; ii y fut en effet inhumé^^f rière* le m^itr€|,-aat^l de Tégliàe métropolitaine. Élé(/nore eut, en 1336, un autre fils qtfi^fut appelé Sancho* Le. roi lui donna la seigneurie de Ledesma , Bejar, Galisteo; Mbhtemayor, et autres lieut^ et nomma pmir son majârdome Garci Lasso de la Yega le jêunè.

Les accoucbemens iilégimes d'Éléonore se suocédaieot dJBOSk avec une régularité toute patriarcale, lorsqu'on put^lia enfin la grossesse de la reine Marie. G^ fat alors que le roi'sç (lé-* termina à se faire couronper et à renouvelei* ranti||ue usage d*armer chevaliers les seigneurs les plus illustres, usage que les longs troubles qui avaient agité Tétat avaient interrompu. Le roi se rendit lui-même à Santiago de Galice ponr se faire armer chevalier à Taùtel de ce saint, où il fit sa veillée d'armes toute la nuit. Au point du jour, l'archevâque de Santiago, don Juan de Limia, bénit les armes, et aussitôt le roi se coiffa du heaume et revêtit la cuirasse, les brassarts, et se ceignit de Tépée. Dès que cette cérémonie fut terminée, il repartit pour Burgos, où se trouvaient réunis les prélats et là noblesse des villes convoqués pour assister au cburonnement du roi et être armés chevaliers. Toutes les personnes convoquées s'étaient rendues à son invitation , excepté don Juan Manuel et don Juan Nufiez de Lara. Le roi avait fait préparer de riches pièces d'étoffe d'or, de soie, d'écarlate, et des pierreries, ainsi qu'un grand nombre d'épées garnies d*or, d'argent et de rubans. On amena au roi on cheval magnifiquement harnaché, et, dès qu'il s'y fut mis en selle, don Alfonse de la Gerda, fils de Tinfant don Ferdinand , qui avait pris le titre de roi de Gastille, vint lui attacher un éperon, tandis que don Pierre Fernandez de Castro lui attachait l'autre. A son arrivée à l'église de Sainte-Marie de las

' Juan BapUsta Pens, vm. cité par Florei.

GOAffmB OHZIJSMEB^* 2t

Hadgœ, les mêmes seigneurs ioi ôtèrent «es éperons. I^. reiiie, ricbetoent vêtue et''âeâ)m||agnée d'une suite nômbrebse' de grands Sbignaars, de prélatsut de dames d*bon- DeAr,«e rendit aussi à Téglise. En^y arrivant 9 U roi s^assiti Is droite de la reine, sur un magnifique ^î^S^ couvert de drapnd'or, en. présence êè Tard^à^fique de Safint- Jacques, des évé^es deBûr^os, de Palencia^ éb Galahorra, de Mondo^edo ' e!dé Jaen, vêtus; de leurs habits pontificaux, la mitre en tête et la crossef à la main., placés des deux c6tés de Tautel. Lorsque Fuitbevêqcre, qui devait ^'dire la messe assisté déi dames religiettse^ de las* Hn^lgas, arriva, lé- roi et la i^eine ^iarent se mettre à genoux. devant *rautel et faire leur offranfle, et les évêques les bénirent en récitant des prières. On m^epstiite à nu Vépaule droite du roi, et rarcfaevêque l'oîgnit d*une huile sainte préparée pour ^la. Les évêques bénirent deux i^teromies' posées ;sur rautt|l et retournèrent à leur place. Le roi'prit alors sa couronné d'or enrichie de pierres précieuses, et la mit sur ^a tâte, puis. plaça l'autre sur la tête de la reine. Tiwis deux ainsi couronnés ,. se remirent à genoiùf devant l'autel , et restèrent dans ^fiétte attitude jnsquà Waévatiotf; ils allèrent alors se; rasseoir sur leur Irdoe,. ^"gardèreùt lelir couronna .|u8({a-'à la fin de la messe. Après qUfôi ils se retirèrent . mi ^ {^lais. Le roi partit le premier, puis la reine ,- entourés ^eia Aiême suite qui les avait accompagnée^ Il y eut de grandes fêtes à l'occasion de cetiduronnement , et tous ceux qu)^ avaient droit à être armés dieValiers ïe furent en grande cérémonie.

Après une heureuse gtpssesse, la reiqedofta Maria accoucha à Yalladolid, eh 1332 , d'un enfant auquel on donna le nom de Ferdinand. La naissance de cet héritier du trône fut célébrée par de grandes fêles. Le roi lui assigna un palais, monta sa maison et nomma pour son majordome don Juan Àlfonse de Âlburquerque. Quand le roi partit pour la gueîrré de Gibraltar, il laissa l'infant à Toro, mais il se fit suivre par son

jntjordome et ses vassanx mertehant sons i^a bannière, eomim anssl par Içs majordome^fet les*.VaBsaaK des enfans qn'il avait eosd^Éléonore deiBuzmqu. ' .: ^ '

L'infant tfon'Ferdinand.mourat âgé d'eo^ron nn an,ap(ès le 8 février 1 333, car h cette date le roi octroya en son noih dés^priviléges à Véglise^e Pâtencia;'et il n'est plus faitmentiod de lui dans d'antres actes des 22 et 23 septembre 1*^33^ aha^B de sa mort. L'année suivante la reine put se <A>nsoler de oêtte pecte en donnant le jonrà nn fils qui veçnt an bap^ fème le nom de Pierre; il naquit le mardi 30 aiiùt tS34. tl y eni à roocasion de cette naissance de grandes fëtès.D. Pierre succéda à son père, et fut le seul roi de ce nom enfCastille. La rigueur inflexible qu'il déploya pendant le cours de son règne lui valut le surnom de Cruel ou de Justicier. Il fut élèrvé \)ài: 'VascoBodriguez, grand-mdtre' de Saint- Jacques, comme il* il est dit dans les j^tres-patentes accordées {)srr le roi en 1 3S6 et inserites au buUaire de Saint- Jacqûfis ; où le voit aussi par les lettrès^patentes dans lesquelles Jie roi confirme les privilèges. 'accordés S l'ordre d'Alcantsira ^en l'année 1337« * ¥as6o«^Rodriguez s'y intitule gouverneur et premier majordome de rinfânt don Pierre, titre qu'il n'avait pas pris dans nn acte en date du 29' se^mbre 1333 , l'infant n'^ant^ pas encore né à cetté.époqué; c'est donc par erreur que quelquesuns placent /èa na^nCe eu août 1333 : elle^ut lieu en août 1334. D.Vasco étantoiort en 1338, l'infant D. Juan AlfUnse de Albnrquerquelui succé^^dans son emploi de nugordome, qui fut plus tard confié à don Pierre Suarez de Toleda *•

En parlant de la naissance de don Pedro, t|uelques auteurs dbent que la maîtresse du roi dofia Éléonoré tenta de faire mourir la mère et l'enfant an moment de l'acoonchement, eu moyen des maléfices d'nne sorcière maure, mais sans suceès.

* Voir la Chronique d'Alfonse XI, chap. 246 et 25S, et la Chronique du roi don Ptém, art. 1> ebap. 6. '^ •

D. Bodiifc» kig^ûA (^oute que^ ^eiqoe le roi tsA% m liéKtief Intime, 4^m Élâ»Qore ne laissa pas de perfléoQier )a fèikie ) die engagea le. roi à retirer d'iuprès de celle^d ks perflmi^ nés qui la fiervaipiit, et placeurs d'entre elles passèrent au service des bâtards du 1*01. La v'eikB ne conserva près d'elle que don Pierre Alfc^se^d'une très haute naissaace^qui Tavait suivie , et qui devipt plus tard évêque d'Astorga. Il était si attaché ad jP^rti de la reine, que jamais il ne voulut parfèl* à ÉléoQçre ntjméme la voir. Lui-même rc^conte que son dé** voûment a doua Maria Ijavqit souveqt exposé à perdre ki vie, et que la i-eine n avait dans son piurti qulùh seul autre évéqoe^tpus les^ autres aj^ant embrassé le parti de la favo« rite. «Ce qui fait bien voir, dit Florez,ce que peut un péché public d'un roi ^ puisquMl fait plier les cèdres et fléchir ks -colonnes de rjÈglise, rç^iîd muet le crieur publie et ||kit passer à.Tenneiui les sentinelles; » Or\ne pourrait croire à de tel» scandales , si Ypn n!§j^ trouvait dès preuves irréfragables dans, la réponse quç^fit ce même évêque aux accusations qu'on dirigea contre lui dulPortiigal au sbuverciiti Pontife ^« Ceq[u'ily a (Je certain, ajoute Florez d'ailleurs très, préveau pour Éléonore, c'est que la reine dona ffiaria eut à souffrir les dédains de la maîtresse du roi : et comme cette dernière était Tobjet dç la tendresse du monarque, tous œui qui voulaient arriver aux emplois lui faisaient la cour, o

OÙ place les fêtes du couronnement. au mois de janvier 133'^. Le roÇavait traîné sa maîtresse avec lui à Bui^oa. Éléonore fut de toutes les (cérémonies. I)éjà deux foismèrCj sa fécondité, dès ce moment, sembla devoir être sans bornes. £lle accoucha l'année suivante de deux fils. Ces d^àx jumeaux naquirent à Séville à la fin de 1 333 ou au coinmettcernent de 1334. L'un fut appelé Henri (Henrique), et fut le second des rois de Gastille de ce nom ; Vautre fut nommé Frédéric ( Fadrique en castillan). Henri fut adopté par

^ Dans Acii&«, évêque de Porto, 2^ partie, chapitre. 19.

24 HISTOniE D*£SPAGIfE.

don Bodngo ^^^nrez des^^Xxm^^^èignear d^jNforûfta, comte de GijOQ^et de Trastaiçare, qui n'avait p^s. d'enfj^nts; cest poaj:quoi ce fils adoptif, qui faiison'hé^tier,,es).con|iti ^ys lé nom 4c çojgfite de Ti^ast^ma;^; !(^% J^PP^JW^î dans H suite comte de^pzano à caîused^^sa galanterie» Don Fadriqae fut seigneur de Harq et grand-qaaitrè dé Fof d|;e de Saint* Jàçque§.^malgré son illégitimité, j)ar dispjpnses ^j^ciales , et finit par être Tune des nombreuses victimes ^qu^tomb^r^t sôus le jipiçnard de sqgJrère consagguin, comme jitms 1q. yerrons, ek 1358. Il laissa deux^fiUqui se sont rendus ilUis- Ires, don Àl^nse et.don Piey^re.; celui-ci fjj^tJe père de jjon ^ Fadrique, duc d';Arjona,§t comte de Trastamare, dAUt.il est souvent fait mention dan^Thistoirç. Al|onse eut pour fils dpn Fadrique Henriguez, amiral de Gastille^ et dona Juana Henriquez , mère du roi cathodique don Ferdinand Y,, et pJijjisiQui^ autres filles . qui, mariées à des grands d'£$pagne , gon^ devenues la^souche de^plus \I]ustres maisons du pajs ^

Achevons ici d'e?[ppser,.d'aprè%Flor^, les fruiti^ adultères du commerce, d'Alf^nse avec Éléonore de Gijzmai). Cette, sorte dlétat civil des bâtard^ d9 r^i ser^vira à éclairer lAnS^itua-tion, et dira avcic quel laisser-aller oji quelle audace les lois religieuses étaient violées par ^celui-lè. même qui dev^t de tout autres exemples auxlmmmQs qu'il avait mission de diriger dans la voie droite , comme dis/^nt les Arabes. . ' Après les deux jumeaux dont nous venons de parler» ^l^onpre eut, en novembre 1336, un nouveau fil^,qqifut.6ppelé don Ferdinand^- Le roi lui donna lesétats.qu'il avait assignés auparavant h son fils don Sancho. Ces cinq garçons vivaient en 1337, le 9 avril. On a sous cette date uii privilège accordé à Alcantara, ainsi conçu : « Bon Pierre, fils.du roi et seigneur d'Aguilar, grapd chancelier de Gastille, approuve.

^ Rades, Chron. de Saint-Jacques, fol. 45. ^ 1 BflUaire de Saint-Jacques, année 1836, pag. 306..

%|ftAPlTBt ONZnilE. 35

*-^D. Sancto, fils ûû coi et«éigneifr de^liQdesma^approave; — DoD Henri, fils do l^i et seigix^ur de Norofla^de ÇArera el de Bivera, apprj^ave. — D. frëdërjc, fils do roi ct^et gnear de Haro^^approuvi^. — 15. Ferdiimfid^ ^Is da roi, approaye. » Au mcifat^.«de septembre f 333,*il n y avait de. nés que Pierre et Sancha ; car «il n'est fait mention qae^ de * ces deux, premiers dana les prili^s accordés en* cette aimée,.tàild»3 qu'ilôt fait mention fletons les autres âaps les privUëgees accordés dans Taçnée 1337^.<]^es'aii^iib fixéût à l'année suivant» \& moct dmtpitmier de ces fila. Afissi sob n<MB ne patq|V-il plus dansled privilèges ultérieacs. On s'étonnera devoir ^ prfvîléges approyfvés par des nouveaux-n^i mais tel était rasage monarcU^ue ; ils sij^naient comme vassaux d^ roi, comme héritiers de seigneur4É*ies auxquelles appartenait le <&t>it'4S^prob^on. C'est pourquoi on x«|t le nom de'^ux qui avaient un. état "et non celpi^ctos «lUtrés'flls db r^i'^qui n*en avait point, pas' même celui dé riqifaut Bovk'Sfi^i'è qqi^- . lui, était héri^r dii trône- . ' r"*

Eléonore. tHt de^.plus uj» tfls appelé .don Tello^ ^t qn autre appelé 'don 'Jjtan. Quelques ^auteurs dirent* à tort qu'elle en eut un antre, encore, appelé don"! Saiict^,. entre les deux. Xlebd-ci' nç naqpit qu'aprè&JeMênlisr,^ comme it> appert d'an privilège dû T^ri accordé le'30 jUin 1^41 , où l'on voit que Pierre étant mort; ses qt^atVj^ frèr^ éu8-mentionné& approuvent, savoir : don Sancho, soas. le titre de'seigneur dé Ledesma, qui avait. été donné à don if^rdhiand ; don Héori, comme séigneairdér.Noréûa-et de Cabrera; don Frédéric, seigneur de Haro; don Fetdinaifd, seigneur de Lerma, et, im* médiatemeçfaprès, dônr¥èllo, filsdu rbi;f.seigneur d*Aguilar (par la lAort de don Pierre), et don Juan, fils du roi sans ti^ tre '. Ce qui prouve que non seulement D. Sancho n'était pas né entre D. Tello et D. Juan, mais encore qu'il n'était même

^ Hliloirede Saint-Augnstin dé Salamanque, pag. 234.

2é HismnB n'È^k^iUi,

pas né eirt ^41, ép^^ffigii laqnelfls D.TeUo et Bé Jaàn tfcvaiebt. Don T^po éHt pQor majordome don Piêerre Bniz de Vfllegtti» ^ , \^.ëigpiisa doSa Xuana de Lara, fille de d<yi Joaa NaAez IV,

- suzeraine dç^Lafà et de Bt»caye,4'ane de^ notimes da rcû Pierre, qui airraif Çgiit aussijpettre à mcfrtlepaati, s'il n'avait pri^la fuite. Don Tello moulut* le 1^^ octobre 1370; iiu*eût point denfants légitimêâ^ et ^ etiterré à 8alnt«Fninçois^ dé iP^ençia^. Son frère Mon ittan ëtait-néisp }ùiQ 1341^ comme le praiite t^pi^vilége d^à cité, contrairement à ceux

^^i Ie;font naître plus tard^ £n lr344t»il signe ftls du roi tfc seigneur de Xeres-Badajoz ^. Son frère le roi don fiiurre J^ fit mooiir à Garmona.iiii\Bi qu'un autre fils d'Éléonofe appielë

tfon Pierre. Sttifvant la chronique d^Ayala, le roi ordonna ce double assassinat en 1359. Don Joao avait dix-huit 4ns et don PieVre quat^Ztf. Doî} 'il résulte que le premier ^tKtt né enl'341é¥le8ecôndVBj^4&i " ' ••. • .. '

Entre ces^ux derniers naquit don Sancho, que les auteurs

*^cent à Wt ayant 4on Juan; il fut comte d'Alburquerqu§ ej^ seigneur d'autres lieux, et ne périt, peint des*ipains de son frère parce; qui] s'était retiré en Aragon. Il épousa doftft Béatrix^'itifaatè de Portugal v.fiHe du roi don Pîerre et dînes de*Castro^ét eiouru^ à Bnrgo$ en mars 1374, lai&' sant sa femme enceintl^'d'tfne iill6,'qui appela ÉkSquore Urraca et qui devînt jreirie d'Aragon en ^pousanl Ferdinand V^. . Outre tou$ lés .garçons que nous avons cités, Éléooore eut une fille appellée Juana, qui épousa don Ferdinand de Castro, seigneur de MonforW de LemoS; M'Àis ils se séparèrent !<sansenf ans et sans avoir obtenii. de dispenses pour eause de parenté. Elle épousa ensuite doit Philippe de Castro, seigneur aragonais que le roi Henri 4e Trastamàre

* Cbron. du roi don Pierre, 2«e année, page 4. ^AMaiMm de Lara, t. UI, p. 212.

3 BaUair^.deSainWamio,p.S08.)

avmt dâiTBi déia prison de BncgfKJn où'aon frère le rei ûm Pierre le tenait enferma* "^ , ' ^ !>

Gette^t>i*^nde.||coDcmé d%léQoe)ii|.' est en rappoHayec le long espaee deaetnps gne*4e roi Yécat avec elft:<yScanlit:^ leax amour, dit EIore;E, 'qai dara soiis, intertaptioa depuis 1330 jasqu'^ la môr^ dn roj. Dès qitjelle lent perdu flou rojcal amant, flona Éléonore fut expos^P^Bans défepse aux coups de la velllgeancèr,.eképrouva le ebi^tioMâpt^réseryé il ceux ^ goûteot'des plaisin^que I^ciel c^di^pinê^ J^a reine, if^e Mn DMti avait tant outragée de- so^ vif ant^vj^'tengea, d^^uH fut mort,j(l£ tous lee maux qgie lui avait eaij^ dqpa Éléo- . nore, en' la faisant assassiner à^^lQAavera'. » « #

Bevenons maintenant aux t^^ et gestes politiques d'Aïfonse. A quinze ans avaient commencé ses violences degpo** tiques; à dii^sept .commencèrent sa vie de Camille et seâ amours adultères. La sujite fi|t dig^p ^e ces'commenceinens. Il eut dèsHoîé tous^4çs goûts d'uqi maître qui s'irrite des 4noindres)réêi|BÎaàcef , jl^ein d'ailleurs de caprices et de fantaisie^, e( exelrça; un- genre de despj^isme quiloin pgiirrait appeler . I§ ^despotismç pUéril. C'est finsUqu'ç? l'é^oit à 'la foie» défendre qu'onze serve pournv(nrieHre%,de mules êtde mulets-, changer le titre; d'Alm^xarife, qu'avaient jiisque-là porté les intqn(}a|p des finances dc^^la maisoç royale, en celui de trésorier, 6}; rétablir la dignité de comte abolie par saint Ferdinand. .< *,*. • "* :.

l^èvL ne peint mieux r^tajûe la société de ji^ej^ie^ époque, en Cas^illQ), qae. les singuliers jlétails de la chronique sur ces trois faits, K>a vofovté du roi eçt la raison i]e^.out ce qu'il ordonne, et on D'«n' cherché paa d'autrç< « Etant à Truxillo, «dit la chronique,. il * fi.t une ordonnance par laquelle il enjoignit à

1 Flores, hejn» catoUjca»., etc. •— Nous avons insisté sur cette nomlweufle yénè» ntioa de bâtards royaux, pan» ^u*eUo a«criit, comme nous le verrons dans la suHe, les pHocipes anarcbjiiaes dont TEspogne était déjà, si je>ujs einsi dire, i méat travaiUée.

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