O HISTOIRE
qu'elle fit partagera son époux, le décidèrent à accepter la couronne.
La révolte des Catalans avait réveillé la jalousie d'Olivarez; et pendant qu'il sommait la noblesse portugaise de marchei* contre les rebellés avec leurs vassaux, il pressa le duc de Bragance de venir à Madrid , sous le prétexte que le roi avait besoin de ses conseils , mais probablement dans le dessein de s'assurer de la fidélité des Portugais, en retenant à la cour d'Espagne un otage aussi précieux. Ses précautions ne servirent qu'à accélérer la révolution qu'il voulait prévenir. Le Portugal se voyait à la veille d'être dépouillé de sa noblesse et de sa jeunesse guerrière; la multitude exécrait la jalouse cruauté de ses tyrans, qui voulaient cimenter par le sang des fils du Portugal le despotisme de l'Espagne. Ceux qui favorisaient le duc de Bragance commençaient à redouter que leurs projets ne fussent découverts ; et ils savaient que leur destruction serait inévitable s'ils tombaient au pouvoir d'Olivarez. Le duc de Bragance avait surtout les plus grandes raisons de se méfier de l'insidieuse invitation du ministre. Sa naissance seule le rendait coupable aux yeux de la cour; et il savait que les moindres soupçons suffiraient au duc d'Olivarez pour le faire périr. Il lui écrivit donc dans les termes les plus respectueux et les plus soumis. Sous le prétextede faire les préparatifs nécessaires pour son voyage et de se procurer assez d'argent pour paraître à la cour
d'espagne. 241^
avec un éclat convenable à son rang , il s'efforça de gagner du temps ; inais Olivarez était si pressé de l'avoir en sa puissance , qu'il lui envoya dix mille ducats. Le duc feignit une indisposition , et prévint en même temps les confédérés que les excuses ne pouvaient plus servir à rien, et qu'il fallait porter le coup qui devait décider de leur sort et de celui du royaume.
Les conjurés ne demandaient qu'à agir. Leurs plans étaient arrêtés ; et ils comptaient avec impatience les heures qui devaient encore s'écouler avant qu'il fût permis de proclamer l'indépendance du Portugal. On avait résolu que le duc de Bragance attendrait à Villa-Viciosa le succès de l'entreprise, tandis que les conjurés , excitant le pieuple à prendre les armes , attaqueraient Vasconcellos , et s'empareraient de la vice-reine dont la personne répondrait de la conduite de la garnison espagnole. On employa tous les moyens pour exciter une insurrection générale parmi le peuple. Rien ne pouvait augmenter la haine qu'il avait pour la tyrannie de l'Espagne ; mais en lui faisant craindre de nouvelles rigueurs^ on le décida à prendre une part encore plus vive à l'action ^i). Lé bruit courut dans Lisbonne que la cour de Madrid avait résolu d'exterminer la noblesse - ■ - — — ^. .- - — . — ^ — - — ^____^____^__^.^^^.^^^
(1) Pour les détails de ces singulières transactions, voyez FabbéVertot, Révol. du Portugal.