‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 27 sur 57 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Conspiration d'Olivarez contre le duc de Braganoe. — - Son mauvais succès. — Les Catalans se mettent sous la protection du roi de France. — Revers de la ibaison d'Autriche. — Les Espagnols soutiennent leur réputation dans les Pays-Bas. — Mort du cardinal de Richelieu. — Disgrâce et mort d'Olivarez. — Don Louis Haro de Gusman lui succède dans le ministère. . — Bataille de Rocroi. -^ ^ Opérations militaires en Allemagne^ en Portugal , dans les Pays-Bas , et en Italie. — Insurrection de Naples — Paix conclue entre TEspagne et la Hollande, et entre la France et l'empereur. — Guerre active entre l'Espagne et la France. — Cromwell commence les hostilités contre l'Espagne. — Ses motifs. — Les Anglais s'emparent de la Jamaïque. — Us brûlent la flotte du Pérou. — Dunkeix|ue et Mardyke pris et livrés à Cromwell. — Défaite des Espagnols dans le Portugal. — Traité des Pyrénées. — La guerre contre le Portugal continue. — Défaite sanglante des Espagnols en Portugal. — Mort de Philippe IV. — Son c£u*actère.

La révolte du Portugal consterna la cour de Madrid. Olivarez seul s'efforçait de cacher ses inquiétudes sous un air de gaîté; et en apprenant au roi cette fâcheuse nouvelle, il le félicita d'un événement

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qui, entraînant la confiscation des biens paternels du duc de Bragance, allait ajouter à la couronne d'Espagne des revenus considérables. Bien que, Philippe fût accoutumé depuis long-temps à adopter les idées de son ministre, il trouva cette révolution plus importante qu*on ne s'efforçait de la faire paraître et ordonna au duc d'Olîvarez de prendre les mesures les plus rigoureuses pour la réprimer. Mais le mal était déjà trop grand pour que les faibles remèdes qu'y pouvait apporter la cour de Madrid opérassent quelque effet. Les colonies portugaises suivirent Texeniple de la mère-patrie et secouèrent le joug de l'Espagne : une alliance fut formée entre les cours de Lisbonne et de Paris; et les Hollandais conclurent une trêve avec le Portugal.

Olivarez se voyant dans l'impossibilité de renverser la maison de Bragance et de faire rentrer le Portugal sous la domination espagnole parla force des armes, employa tous les moyens que la ruse et l'intrigue purent lui fournir. L'archevêque de Braga et le marquis de Villa-Real entrèrent dans la conspiration que forma le duc d'Olivarez, et reçurent de lui des sommes considérables qui leur servirent à mettre dans leurs intérêts un grand nombre de vagabonds et de scé-« lérats. Leur plan était d'assassiner le roi et de mettre le feu à la capitale : au milieu de la confusion générale un corps de troupes espagnoles devait être introduit, afin de rétablir l'autorité de Philippe. Tout était prêt pour l'exécution, lorsqu'une lettre

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interceptée découvrit au gouvernement portugais le péril dont Jean IV était menacé. Les deux principaux chttfs de la conspiration furent arrêtés : le marquis de Villa-Real fut jugé , condamné et exécuté publiquefnent. Le roi, ne voulant pas, dès le commencement dé son règne, se brouiller avec la cour de Rome, permit à l'archevêque de Braga d'expier son crime dans une prison , où il mourut de chagrin.

Pendant que le duc d'Olivarez se reposait sur cette conspiration du soin de rétablir en Portugal la domination espagnole , Philippe dirigeait , en personne, la marche de son armée contre les insurgés catalans. Cette expédition ne servit qu'à prouver l'état de décadence où ?e trouvait l'Espagne. IjCS Catalans s'étaient mis sous la protection du roi de France , qui avait envoyé une armée à leur secours : Perpignan était le point de communication entre la France et la Catalogne. Tout le Roussillon fut conquis par les Français. A cette époque les deux branches de la maison d'Autriche éprouvèrent des revers continuels. £n Allemagne, les Impériaux ne purent résister aux efforts des Français et des Suédoii^: en Piémont, en Lorraine et eii Catalogne, les Espagnols furent défaits dans plusieurs combats. Dans les Pays-Bas seulement, ils conservèrent cette réputation militaire qui leur avait donné de^s droits à l'admiration de l'Europe; et la réduction de la ville d'Aire couvrit de gloire les deniiers moments ,de l'Infant cardinal, frère de Philippe, qui ^lourut

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