Tome II. qo
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précautionsnécessaires avaient été prises pour garantir la flotte. L’entrée du bassin dans lequel elle était stationnée était défendue par deux forts et par une estacade : ces obstacles n’arrêtèrent point les confédérés. Les forces de terre attaquèrent les forts, et les enlevèrent ; les vaisseaux brisèrent l’estacade , et entrèrent dans le port. L’amiral français voyant que la résistance était inutile, mit le feu à son vaisseau; les galères suivirent son exemple. Dix vaisseaux de guerre furent brûlés, sept coulés à fond; six tombèrent au pouvoir des vainqueurs ainsique neuf galères; les quatre autres furent la proie des flammes. Une grande partie des richesses que cette flotte transportait avait été prudemment débarquée et portée à Lago lors de l’approche des Anglais; toutefois un immense butin fut le prix de leur valeur. La nouvelle de cet évènement répandit la terreur dans Madrid; la reine seule, au milieu de la consternation générale, montra une fermeté digne de la fille de Victor Amédée : elle fit vendre ses bijoux; quelques nobles imitèrent son dévoûment, et firent les plus grands efforts. Le cardinal Portocarrero leva et entretint à ses frais six escadrons; levêque de Cordoue leva un régiment d’infanterie.
La faction autrichienne cherchait à fomenter des troubles dans tout le royaume. Le comte de Melgar, amiral de Castille, s’était retiré à Lisbonne avec trois cents de ses adhérents ; il y publia un manifeste dans lequel il déclarait que le testament de Charles II
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avait été forgé par le cardinal Pottocarrero , et faisait serment de fidélité à l’arehidue qu’il, proclamait roi sous le nom de Charles I U. Son exemple fut immédiatement suivi par le due de Moles et le marquis de Corzeua , les deux plus zélés partisans de la maison d’Autriche. ; m n
Philippe était alors en Italie ; cette défection! hâta son retour; sa présence déjoua les intrigues de ses ennemis. Mais elle ne put remédier au misérable état dans lequel se trouvait le royaume. Sous les règnes précédents la plus grande confusion s’était mise dans les finances ; les officiers du fisc s’étaient tellement multipliés que leur nombre surpassait celui des troupes régulières; ils engloutissaient les revenus qu’ils devaient percevoir. On confia aux talents d’un Français nommé Orri, le travail difficile de débrouiller ce chaos- Orri joignait à la science des calculs une activité infatigable, beaucoup de pénétration, de fermeté et de courage , et ne se laissait ébranler ni par les menaces des grands, ni par; les plaintes de la inuhitude. 11 confirma Philippe dans la résolution de reprendre les domaines royaux qui avaient été aliénés par ses prédécesseurs : il aida aussi ce monarque à mettre une plus grande réforme dans sa maison; et en. diminuant le nombre des percepteurs il soulagea le peuple et açcrut les revenus de la couronne. Les ajliés s’occupaient alorsides apprêts nécessaires pour l’invasion de ;l’Espagne : les res* sources ordinaires étant insuffisantes poMï mettre Je
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royaume en état de défense, il fallut s’emparer d’une partie des trésors qui avaient été soustraits des bâtiments attaqués dans le port de Vigo par les Anglais. Ce fut le cardinal d’Estrées qui suggéra cette mesure à laquelle le cardinal Portocarrero et le duc de Medina-Cœli s’opposèrent en vain. Ce -dernier était président du conseil des Indes ; il démontra les graves inconvénients auxquels on s’exposait en interceptant les remises qui appartenaient aux négociants. On n’eut point égard à ses remontrances, et cette violation du droit de propriété accrut le nombre des mécontents.
La cour de Madrid était alors divisée entre les cardinaux d’Estrées et Portocarrero. Le premier insistait pour qu’une armée française fût introduite dans le royaume; c’était, suivant lui, le seul moyen d’assurer la tranquillité et la sûreté de l’Espagne. Portocarrero considérait cette mesure comme injurieuse à la nation , et priait le roi de se reposer sur la fidélité et la valeur de ses sujets espagnols; mais ses conseils furent rejetés, et son influence diminua rapidement. L’esprit de cabale qui agitait alors le cabinet de Madrid semblait dominer toute l’Europe. Les cours négociaient secrètement entre elles, Le duc de Savoie, ayant obtenu de l’empereur la promesse de plusieurs villes fortes et du riche territoire qui est entre le Pô et le Tanaro, abandonna la cause de son gendre, et se joignit à la coalition formée contre la maison de Bourbon. Le roi de
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Portugal espérant aussi pouvoir étendre ses domaines et partager les dépouilles des Espagnols, reconnut l’archiduc. Le nombre des ennemis de la maison de Bourbon augmentait à chaque instant et ne parvenait point encore à ébranler sa puissance et sa prospérité. Sur tous les points où la guerre était portée les succès étaient presque balancés entre les divers partis. Si le duc de Marlborough et le prince Eugène avaient pris plusieurs villes importantes de la Flandre, en Allemagne les impériaux avaient été battus : une victoire décisive remportée par le maréchal de Villars et l’électeur de Bavière, |a prise d’Augsbourg et les succès du maréchal de Tallard , ouvraient aux Français la route de Madrid.
L’archiduc Charles venait d’arriver à Lisbonne se reposant entièrement sur l’amiral de Castille qui avait en Espagne un grand nombre de partisans; Philippe surprit la correspondance du comte de Melgar et s’assura des principaux chefs de la conspiration. Afin de prévenir son rival, ce prince fit une incursion sur le territoire du Portugal, réduisit la forteresse de Portalègre, ravagea le pays jusques aux rives du Tage, et fit cinq mille prisonniers. Ce succès passager fit place aux plus grunds revers. Le danger dont l’empereur était menacé réunit dans le cœur de l’Allemagne toutes les forces de la confédération germanique, et les plaines de Hochstet devinrent célèbres par la victoire que le prince Eugène et le duc de Marlborough remportèrent sur les
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Frâtreaik et les Bavarois. Dix mille hommes des nteillfetïres' froüpés de France et de Bavière périrent dàttS lé tombât ; lë mdréchal Tallard, éoinmandânt i’Urtrlée'ï'fdï fait prisonnier avec treize mille de ses soldats; céirt pitoes de canon 1 tombèrent au pouvoir des alliés, dont les' pertes montèrent à 'quatre- mille cinq cértts hommes tués et huit mille blessés ou faits prisonniers {ïj. 'Gette bataille eut des suites impor^ tàntè^ét’flr prfmdrn ù 1 l’empereur une iaftitude offensiVe.*!! ÿVtnpafrà 1 des dotnaihes 1 «lé félécteur de Bavière; les considérés' passèrent leBWii et portèrent eii Alsace letiffe atmé^'rifctorièuses.' ^ -' :,; - 11 ■' 1 lr < ! >
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Des discussions s’élevèrent dans les conseils des confédérés au sujet de cette acquisition importante.
Le comte de Melgar voulait que l’on en profitât pour porter la guerre dans l’Andalousie, assurant que, si les alliés devenaient maîtres de cette province, la capitale du royaume et les deux Castilles seraient obligées- de se soumettre, puisque c’était des provinces méridionales qu’elles tiraient la plus grande partie de leur subsistance. L'archiduc, ayant résolu de commencer la conquête de l’Espagne par l’invasion de la Catalogne, rejeta ce plan.
Au milieu des dangers dont le royaume était menacé, la cour de Madrid ne s’occupait que d’intrigues. Le cardinal Portocarrero ne se trouvant plus assez d’influence dans les affaires, quitta le ministère; le cardinal d’Estrées fut rappelé en France; le duc de Grammont aspirait à gouverner l’Espagne avec cette même autorité que Richelieu et Mazarin . avaient eue en France. Il fit ôter le commandement de l’armée au duc de Berwick , fils naturel de Jacques Il roi d’Angleterre, pour nommer à sa place le maréchal de Tessé. Une vaine tentative que fit ce nouveau général pour reprendre Gibraltar détruisit une grande partie des troupes espagnoles ; ce revers entraîna la disgrâce du maréchal de Tessé, et devint fatal au pouvoir et à l’influence du ministre. Dans ces fréquents changements les Espagnols ne pouvaient remarquer, sans indignation, qu’ils semblaient être les seuls auxquels leur souverain n’accordait
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pas de confiance, et que les Français occupaient tous les hauts emplois. Les nobles excitèrent des mécontentements parmi le peuple : la désaffection devint presque générale, et l’esprit de révolte fit de rapides progrès.
L’armée d’Espagne se consumait devant Gibraltar. Les Portugais entrèrent dans l’Eslrainadure et réduisirent les villes de Salvatierra , Albuquerque et Alcantara. L’archiduc, accompagné du comte dePéterborough et du prince de Hesse- Darmstadt , s’embarqua, avec dix mille hommes, sur la flotte anglaise et hollandaise qui vint le prendre à Lisbonne. Une partie de ces forces débarqua sur la côte de Valence : Charles III fut proclamé roi , et l’on promit à ceux qui embrasseraient sa cause une exemption générale de taxes; un grand nombre d’Espagnols suivit ses drapeaux. Tortosa et Lérida ouvrirent leurs portes; l’archiduc vint rejoindre ce corps d’armée avec le reste de ses troupes près de Barcelone. Les confédérés assiégèrent la ville par terre et par mer. La garnison était peu nombreuse et les habitants disposés à se rendre, mais le duc de Popoli ayant pénétré dans la place excita ceux qui étaient attachés au parti de Philippe à faire une vigoureuse défense. I,e prince de Hesse-Darmstadt fut tué en attaquant le fort Montjoie, et les alliés eussent été peut-être forcés de lever le siège si le magasin aux poudres n’eût sauté. Le fort fut entr’ouvert par cette violente explosion , et le gouverneur demanda
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à capituler. Le comte de Péterborough donna dans cette occasion un bel exemple de grandeur d’ame et d’autorité militaire. Pendant que le gouverneur traitait avec le général anglais des principaux articles de la capitulation , il entendit dans la ville les cris tumultueux des ennemis et s’écria , « Vous nous avez « trahi, et vos troupes ont surpris la ville. » « Il faut « que ce soit les soldats du prince Hesse-Darin- « stadt, répondit Péterborough; laissez-moi entrer « avec mes Anglais, et aussitôt que l’ordre sera ré- « tabli je reviendrai seul achever avec vous le traité.» Il eût été inutile de douter de sa sincérité: il fut admis. Se hâtant de pénétrer dans toutes les rues où les Allemands se livraient au pillage, les Anglais les contraignirent à sortir de la ville et à rendre le butin qu’ils avaient pris. Péterborough revint aux portes signer la capitulation, au bruit du juste tribut d’éloges que les Espagnols donnèrent à sa générosité.
La mort de l’empereur Léopold n’avait point diminué l’ardeur des confédérés ; son fils Joseph avait hérité de ses projets et de son trône. L’état critique des affaires d’Espagne fit rappeler le duc de Berwick; on espérait qu’il réparerait les malheurs qu’on ne lui avait pas permis de prévenir. Il reçut l’ordre d’observer les mouvemens des Portugais et d’arrêter leurs progrès, tandis que Philippe suivi de vingt mille hommes de vieilles troupes s’avançait en Catalogne. L’archiduc, n’ayant que des forces très-inférieures,
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se renferma dans Barcelone : Philippe assiégea cette ville et fit bloquer le port par une flotte française. Les travaux du siège furent conduits avec la plus grande vigueur, et les assiégés se défendirent avec une obstination désespérée. Les drapeaux clé Philippe flottaient déjà sur le fort Montjoie , lorsque les flottes combinées d'Angleterre et de Hollande parurent devant Barcelone et forcèrent les Français d’abandonner le blocus par mer. Philippe, ne pouvant enlever la place sans le concours de sa flotte, fut contraint de renoncer h une entreprise qui lui aurait livré son rival. Sa retraite se fit dans le jflus 1 grand désordre; les blessés furent laissés à la générosité du comte de Péterborough qui menaçait de près l’arrière-garde de l'armée. Philippe, ne se fiartt point aux Aragonais, passa les Pyrénées et se retira à Perpignan : ce prince courageux répondit au maréchal de Tessé qui lui conseillait d’aller à Versailles pour conférer avec Louis XIV , qu’il ne retournerait jamais à la cour de France, et qu’il voulait régner en Espagne ou périr.
Après avoir laissé les débris de son armée au maréchal de Tessé, Philippe traversa la Xavatre'et' la Vieille-Castille, et rentra, non sans beaucoup de difficultés, dans Madrid, où sa présence était nécessaire pour calmer les troubles que la nouvelle de sa retraite désastreuse avait excités, et pour rétablir l’ascendant du parti des Bourbons qui était presque anéanti par l’influence de l’Autriche. Toute l’Espa-
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gne étant troublée par les prétentions de deux princes rivaux :'à Madrid les partisans de Charles étaient considérés comme des traîtres ; a Barcelone, les édits de Philippe étaient brûlés par la main du bourreau. A peine ce prince eut-il le temps de se reposer dans sa 'Capitale; Sa retraite avait encourage les alliés à redoubler d’efforts : une armée anglaise et portugaise commandée ■ par le comité de Galway et le marquis de Los Minos réduisit les villes de Ciudad -Rodrigo et de Salamanque, et s’ouvrit le chemin de Madrid. Le duc de Berwick avait été obligé de fuirdeyant ces troupes , ét Philippe, abandonnant à regret sa capitale; se retira à Burgos avec' ün petit nombre de soldats dévoués. Dix jours après son.. depart des Anglais et les Portugais entrèrent dans Madrid et proclamèrent ; l’archiduc Charles , roi d’Espagne. L’éclat qu’ils cherchèrent à donner aux préparatifs.de: son .couronnement nie fut d’aucun avantage pour Ses intérêts : les habitans voyaiebt avec indignation lés bannières de l’ Angleterre efc du Portugal flotter sur leurs murs, et l’attachement qu’ils avaient eu pour, la maison d’Autriche céda à la haine que leur inspiraient ses alliés. Charles était alors occupé à réduire Valence et l Aragon; mais aussitôt qu’il eut été reçu dans Saragosse il.se bâta, dé venir à Madrid, afin de regagner par sa présence l’affection du peuple. u
Les malheurs de la maison de Bourbon se multipliaient alors rapidement sur tous les points de ce
vaste tliéâtre de guerre. A Ramillies, l’armée française, sous les ordres du maréchal de Villeroi , fut défaite par le duc de iVlarlborough : la perte qu’elle essuya dans cet engagement fut évaluée différemment par les partis opposés ; toutefois il paraît certain que les Français eurent huit raille hommes tués ou blessés et six mille prisonniers (i). La bataille de Ramillies fut surtout très-importante par ses conséquences. Louvain, Bruxelles, Anvers et Gond ou vrirent leurs portes aux vainqueurs : Ostende inrésista que dix jours : Menin se rendit après six semaines de siège; et, avant la fin de la campagne, Ath et Dendermonde se soumirent aux armes des confédérés, t .
Les affaires de Philippe étaient également malheureuses en Espagne : des pertes répétées resserrèrent son autorité, et son trône fut menacé; Tolède avait reconnu Charles; Alicante avait été soumise par la force des armes; et le comte de Santa Cruz avait livré Carthagène et les débris de la flotte espagnole aux alliés. Philippe, renfermé dans la Vieille- Castille avec moins de dix mille hommes, paraissait devoir céder à l’archiduc; le maréchal de Vauban était tellement persuadé de l’impossibilité de remédier à ses affaires , qu’il lui conseilla de s’embarquer pour l’Amérique avec ses partisans.
L’habileté du duc de Berwick et la mauvaise con-
(i) Srnoll. Contui. Hume, vol. 2, book 1 , cbap. y.
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duite des alliés conservèrent à Philippe une couronne prête à lui échapper. La vie molle et paresseuse que les Anglais et les Portugais menèrent à Madrid ne leur fut pas moins fatale que les délices de Capoue l’avaient été à l’armée d’Annibal. Le comte de Galway et le marquis de Los Minos perdirent plus d’un tiers de leurs troupes par les excès et les débauches, pendant leur séjour dans la capitale de l’Espagne. Le duc de Berwick intercepta leurs convois et les força à se retirer devant lui. Philippe rentra dans Madrid , après une absence de trois mois , et consacra les premiers moments de son retour à réprimer la faction autrichienne. Le duc de l’Infantado, le patriarche des Indes , le comte de Lemoset plusieurs autres furent arrêtés et emprisonnés; le duc de Najeta, les comtes d’Oropesa , de Haro et Galvez avaient suivi les confédérés dans leur retraite , mais leurs biens furent confisqués , et leurs dépouilles remplirent les coffres épuisés de Philippe.
Ce prince reprit Alcantara et Carthagène peu de temps après son retour ; ce succès fut contrebalancé par la perte des îles Majorque et Iviça. En Italie, la gloire et les intérêts de la maison de Bourbon reçurent un échec plus dangereux. Le duc de Vendôme avait battu les troupes de Victor Amédéeet investi sa capitale. Il fut rappelé en Flandre pour y réparer les fautes du maréchal de Villeroi , et la conduite du siège de Turin fut confiée au maréchal la Feuil-
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lade, tandis que le duc d’Orléans et le maréchal de Martin commandaient l’armée d’observation. La ville était réduite à toute extrémité lorsque le prince Eugène, après une marche savante, longue et pénible, opéra sa jonction avec le duc de Savoie à Asti, et s’avança au secours de Turin. Les retranchements des assiégeants furent forcés; le maréchal de Marsin fut tué et le duc d’Orléans blessé : l’armée à demi détruite fit une retraite précipitée; et cette journée décisive enleva à la maison de Bourbon , 11 Milan, Mantoue et le Piémont.
Les effets de la bataille de Turin s’étendirent jusqu’à Naples. Les princes d’Avellino, Montesarco et Bariati, le duc de Montaieon, secrètement attachés aux intérêts de l’Autriche, excitèrent les Napolitains à la révolte en faisant courir Je bruit que Philippe voulait céder Naples à la France. Le duc d’Escalona, vice-roi, afin d’appaiser l’indignation générale, jugea à propos de renvoyer les troupes françaises, mais leur départ fut le signal de l’action pour les conspirateurs. Une armée autrichienne s’approcha de la ville pour les seconder : les citoyens ouvrirent leurs portes aux Allemands , et abjurèrent le serment d’obéissance qu’ils avaient fait à Philippe : en peu de temps l’exemple de la capitale fut suivi dans tout le royaume. Le duc d’Escalona soutint un siège vigoureux dans Gaëte , mais la place fut prise d’assaut , et le vice- roi fut emmené prisonnier à Naples.
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