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et sa présomption décida la cour de Vienne à agir hostilement. 11 força le duc de Mantoue à recevoir une garnison française. L’empereur, qui avait alors réuni toutes ses forces , prit aussitôt les armes pour soutenir l’indépendance de l’Italie. Cent mille soldats, couverts des lauriers qu’ils avaient remportés sur les Turcs, se réunirent sous les aigles impériales. L’élite de cette armée fut confiée au prince Eugène, dont les talents militaires avaient ébranlé la puissance ottomane, et devaient un jour abaisser la grandeur de Louis XIV. Ce prince avait à venger les insultes qu’il avait reçues dans sa patrie ( 1 ). Le prince Eugène entra en Italie à la tête de trente mille hommes, et défit l’armée française, qui eut l’imprudence de l’attaquer dans ses retranchements, à Chiari , sur les rives de l’Oglio.
Les succès des Impériaux ranimèrent les espérances du parti autrichien en Espagne. la? goût des peuples pour la nouveauté ne manque jamais de répandre de l’éclat sur le commencement de chaque règne, et les acclamations qui saluèrent Philippe \ lors de son entrée à Madrid n’étaient peut-être ducs qu’à l’administration désastreuse de ses prédéces-
(1) Le prince Eugène était fils du comte de Soisson et d’Olympe Mancini, l’une des nièces du cardinal IWazarin. Il demanda un régiment au roi ; mais ayant été refusé, il alla servir l’empereur contre les Turcs , et devint un advei saire formidable pouriLouis XIV.
d’espachk.
scurS. Mais cette impression fût promptement effacée; Philippe, par un décret qui accordait aux pairs de France le même rang et les mêmes distinctions dont jouissaient les grandesses, irrita l’orgueil des Castillans. Un grand nombre de nobles se détachèrent de lui; et parmi eux se trouvait le comte de Melgar, amiral de Castille, qui avait été réputé l’un des plus habiles ministres de Charles II, et qoi, ayant été exilé de la cour par le cardinal Portocar^ rero, s’était attaché à la maison d’Autriche, et en- 1 gageait secrètement l’empereur à soutenir par les armes les droits de sa famille.
La position dans laquelle se trouvait la maison db Bourbon était délicate : toutes les puissances étaient prêtes à fondre sur elle. Le parlement anglais, eiv refusant de s’engager dans une nouvelle guerre, avait seul mis une digue à ce torrent impétueux; Louis XIV, par un acte inconsidéré, souleva contre lui la nation anglaise, et les ennemis de ce monarque agirent alors de concert. Jacques II venait de mourir à St- Germain: Louis, bien qu’il eût déjà, par le traité deRiswick, reconnu Guillaume III roi d’Angleterre, donna au prince de Galles le vain titre de roi, que son pèré avait eu jusqu’à sa mort. Les Anglais, qui jusqu'alors s’étaient opposés à la guerre, fuient exaspérés par cette insulte. Un bill d 'atteinder fut porté contre Jacques III, et l’indignation de Guillaume , fut ressentie par toutes les classes du peuple. Il profita de l’effervescence des esprits.
hâta les préparatifs de la guerre; et une triple alliance fut conclue secrètement entre les cabinets de Londres, de Vienne et de La Haye.
L’influence de la faction autrichienne commençait alors à se faire sentir en Catalogne et à Naples. La première de ces provinces était sourdement excitée à la révolte par les mécontents : à Naples,, une violente insurrection avait eu déjà lieu; et les deux partis s’étaient battus avec acharnement dans les rues jusqu’à ce que la présence des troupes du duc de Popoli eut établi la supériorité de la faction française. L’état d’agitation de cette belle province détermina Philippe à visiter ses possessions italiennes. Arrivé à Naples, ce prince récompensa ceux qui s’étaient montrés zélés pour sa cause, et pardonna à ses ennemis sans aucune restriction. Il remit aussi au peuple les arrérages des taxes considérables qui étaient dues à la couronne. Les Napolitains, touchés de la clémence et de la générosité de leur souverain, lui offrirent un don libre de sept cent mille ducats, comme une preuve de leur reconnaissance.
En Italie les évènements de la guerre étaient variés et incertains. Le maréchal de Villeroi avait été surpris dans Crémone, et fait prisonnier; mais la ville était restée au pouvoir des F rançais , et le prince Eugène avait dû se retirer. Le duc de Vendôme succéda au maréchal de Villeroi dans le commandement de l’armée d’Italie : ce petit-fils de Henri IV était intrépide comme lui , doux et bienfaisant. Il déploya
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de grands talents dans ses dispositions judicieuses pour la bataille de Luzara. Philippe donna, dans cette occasion, des preuves signalées de sa valeur personnelle; !e combat fut long et sanglant. Les deux partis réclamèrent la victoire; mais les avantages en restèrent aux Français, qui réduisirent, peu après, Luzara et Guastalla.
La ligue entre l’empire, l’Angleterre et les Provinces-Unies était conclue; Guillaume, après avoir réussi à former cette alliance, n’en put voir les résultats. Des fatigues continuelles avaient épuisé sa constitution faible et délicate; une chute de cheval hâta „ les progrès de la maladie, et il mourut à l’âge de 1702. cinquante -deux ans, laissant la réputation de l’un des plus grands généraux de l'Europe à cette époque. Sa mort consterna les alliés. Son successeur, la reine Anne, adopta ses plans, et donna au célèbre Marlborough le commandement en chef des troupes qui devaient agir en Flandre. Les flottes combinées de l’Angleterre et de la Hollande ayant à bord douze mille anglais se présentèrent devant Cadix; mais, trouvant cette ville défendue avec intrépidité par une garnison nombreuse et un gouverneur habile, elles attaquèrent dans le port de Vigo la flotte espagnole et française, qui était composée de vingttrois vaisseaux de guerre et de treize galères richement chargées. Comme les trésors que ces bâtiments avaient à bord étaient une des principales ressources de Philippe pour continuer la guerre , toutes les