Tome III
HISTOIi. C
premier septembre, au nom de Ferdinand VII, que dorénavant le tribut que les Indiens payaient à la couronne d’Espagne serait aboli dans tous les districts des provinces appartenant à son gouvernement. Elle permit aux seuls vaisseaux anglais d’entrer dans la rivière, et maintint la rigueur du blocus à l’égard des autres nations.
Des députés de Buénos-Ayres avaient été envoyés à Monte-Video pour établir et arrêter les bases des négociations qui avaient été ouvertes après la cessation des hostilités, au mois de juillet; mais le gouvernement portugais s’étant déterminé à soutenir par la fort* le gouvernement de ranc'ienne Espagne, un corps de huit mille hommqt aux ordres de don Diégo de Souza , marcha au secours d’Elio , et arriva le i o septembre près de Monte-Video; ce renfort inattendu persuada aux députés que le général Élio était d’intelligence dans l’envoi de ces troupes; ils rompirent les négociations, et parvinrent à s’échapper de la ville. Telle était la situation des affaires vers la fia de 1811. :
Nous ajouterons seulement, relativement aux différends entre l’Espagne et ses colonies, que les eortès, après une longue discussion^ adoptèrent, le 19 juin , un décret d’acceptation de l’offre de médiation faite par le gouvernement britannique, mais sous la condition que la reconnaissance de la souveraineté des eortès formerait la base dn traité J et que, dans le cas où la négociation viendrait à échouer.
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le gouvernement anglais suspemlrait ses relations avec les provinces rebelles et aiderait à les réduire à la soumission. Des commissaires furent, à cet effet,
nommés par la cour de Saint-James, et partirent immédiatement pour aller remplir leur mission , qui n’eut, comme on devait s’y attendre, aucun résultat favorable.
En 1812 , la guerre civile avait, de proche en proche , embrasé toutes les provinces de l’Amérique espagnole; le parti royaliste européen ne pouvait résist^^ux indépendants s’il n’était soutenu par de puissants renforts, et la métropole, pour conserver ces riches possessions, avait à les reconquérir.
A Buénos-Ayres , les négociations qui avaient été rompues par l’arrivée des troupes portugaises, furent renouées avec la junte par* le vice-roi Elio; elles se terminèrent par un traité de pacification, dont la première stipulation fut de ne reconnaître d’autre souverain que Ferdinand.
La junte, quoique dépourvue, disait-elle, des pouvoirs nécessaires pour reconnaître l’autorité des corlès , déclarait néanmoins l’unité et l’indivisibilité de la monarchie espagnole , dont les provinces de la rivière de la Plata formaient une partie inté-, grante. Elle consentait aussi à remettre à l’Espagne tous les secours pécunajjes pour soutenir la guerre contre la France. On déterminait ensuite les districts qui devaient être respectivement soumis, soit à la junte, soit au vice-roi, qui s’engageait à fairè retirer
les troupes portugaises du territoire espagnol. Les communication^ et le commerce devaient être rétablis entre Buénos-Ayres et Monte-Video, et les ports des deux pays, ouverts aux navires anglais, fa; vice-roi déclarait, en outre, qu’il ne serait fait aucun changement daus le système établi par ce traité, jusqu’à ce que les cortès eussent fait connaître leurs intentions.
Ces concessions prouvaient assez les difficultés qu’éprouvait la junte de Buénos-Ayres : elle manquait de moyen* et de ressources pour sot40ir la cause de l’indépendance. Les patriotes se divisaient; la capitale était devenue un foyer d’intrigues, et le parti«espagnol conspirait à la faveur de ces dissensions. Le 7 avril, un corps composé dé nobles, mé- . content de la nomination d’un colonel , sans qu’il eût été consulté sur ce choix , après avoir chassé tous ses officiers des casernes , appela aux armes les autres régiments : les canons furent braqués dans les rues ; on en vint aux mains, et après beaucoup de sang répandu , les nobles furent obligés de se rendre, et leurs chefs furent fusillés. L’ancienne junte avait été déposée, et il en avait été établi une nouvelle, composée de quatre membres seulement. Le cabildo intervenait avec cette autorité dans la direction des affaires publiques, et les querelles nées de l’esprit de parti étaient très-fréquentes dans la \ille. Le pouvoir de cette junte était presque nul dans les province^; celle de Cordôue s’affranchit de toute
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dépendance de la capitale, et se donna un gouvernement à part. A ces maux , vint se joindre une querelle ayec les Portugais, dont les troupes envoyées au secours de Monte-Video refusèrent de retourner dans leur pays , et prirent possession de Maldonado, contre la teneur du dernier traité. Un corps aux ordres du général Artigas, fut envoyé de Buénos-Ayres, pour les déloger de cettS place; ce général entra sur le territoire de Monte-Video , et y attaqua, sans succès, un corps portugais. Les habitants , irrités de cette violation , armèrent quelques bâtiments de guerre pour empêcher les troupes de Buénos-Ayres de passer de l’autre côté de la rivière. Le blocus de cette ville fut repris par l’escadre de Monte-Video.
Le général Vigodet avait remplacé le gqyiral Elio, dans le gouvernement de Monte-Video. Dans cette guerre entre le nouveau vice-roi et la junte, il y eut peu de combats mais beaucoup dp manifestes et d’autres écrits pleins d’animosité. Les Portugais, que les habitants de Monte-Video appelaient leurs fidèles alliés, étaient campés sur le ruisseau de Saint- François, à dix-huit lieues de Salto, où Artigas était posté avec les troupes de Buénos-Ayres. Il reçut de Philadelphie deux chargements d’armes et de munitions. Au moment où tout se préparait pour une vigoureuse attaque , Buénos-Ayres fut sur le point de subir une contre - révolution , par l’effet d’une conspiration formée dans son sein , et qui , si elle
eût réussi, aurait fait, de cette ville, un théâtre de sang et de pillage. l>n Espagnol , nommé Martin Alzaga, d’un caractère turbulent et audacieux , s’associa un assez grand nombre de ses compatriotes , sous la foi du serment et du secret. L’objet du complot était de s’emparer, par surprise, de tous les postes de la ville , de désarmer les Américains et de rétablir la domination des Espagnols. Les membres du gouvernement, les magistrats, et les personnages distingués, devaient être assassinés. Un propos imprudent d’un des conjurés, en présence d’un esclave, découvrit la conspiration.
On saisit les conspirateurs : vingt-cinq périrent sur l’échafaud, le 4 juillet ; les personnes soupçonnées d’être leurs complices furent incarcérées. Le zèl<0ïes autorités fut singulièrement secondé par les habitants; à la première alarme, plus de six mille s’étaient réunis pour aider les troupes régulières à garder la ville et à saisir les coupables. Cependant l’utile intervention de l’Angleterre parvint à rétablir les relations entre la junte de Buénos-Ayres et le prince régent de Portugal: Iæs troupes portugaises commencèrent, le i3 juillet, leur retraite des rives dé Saint-François; la junte envoya des députés à Monte- Video , pour traiter de la cessation dès hostilités , et prendre des mesures pour rétablir les communications entre les deux pays.
La province de Venezuela, qui s’était fortement prononcée pour une indépendance absolue, avait
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été, au commencement de 181 1, affligée par une terrible catastrophe, dont les effets eurent une puissante influence sur son état politique. Le 26 mars, dans l’après midi, la ville de Caraccas éprouva un violent tremblement de terre qui renversa la plus grande partie des édifices , et ensevelit sous leurs ruines un grand nombre d’habitants. Le, port de la Guayra partagea ce désastre, et plusieurs autres villes de la province souffrirent de cette calamité. Le gouvernement, pour tranquilliser un peuple superstitieux, publia une proclamation rédigée par don Migttel José Sang , vice-président de la junte , où nous trouvons ce passage remarquable : « Quelle conséquence « tirerez-vous de cet évènement? Les fanatiques vous « diront , dans un langage mystérieux , que c’est un « châtiment de Dieu, qui , dans sa colère, spéciale- « ment contre les habitants de cette ville, a, de « cette manière , manifesfé sa justice. Les malveil- « lants vous insinueront qu’une ville haïe de Dieu , « pour avoir proclamé son indépendance, et s’être « déclarée coiftre la tyrannie des ambitieux, ne pou- « vait s’attendre qu’à être engloutie. Les ennemis de « la liberté et de l’égalité s’efforceront de vous per- « suader que la noble résolution avec laquelle Ca~ « raecas déteste les tyrans, et fait la guerre aux « despotes, est la seule cause de ce désastre, et que « ce n’est qu’en changeant vos sentiments et en vous « courbant de nouveau sous le joug que vous avez « secoué, que vous apaiserez le Dieu que vous avez
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« irrité. Tel sera certainement Je langage des super- « stitieux, des malveillants et de l’ennemi. Mais^ « citoyens , un vrai chrétien qui sait la doctrine de « Jésus -Christ, dépouillé de vains préjugés et de « motifs d’intérêts particuliers, vous. dira que les « tremblements de terre ont la même origine que
« les diverses beautés et horreurs dont la race liu-
« maine a , chaque jour , le spectacle dans toutes « les parties du gjobe. Il vous dira que c’est l’œuvre a nécessaire de cette nature que Dieu a ordonné, de « manière à exciter ses créatures à admirer sa toute « puissance, à l’adorer dans ses ouvrages, et à re- « connaître que les hommes ne sont pas créés pour « la félicité apparente de cette vie. »
Cependant les fâcheuses conséquences qu’on prévoyait dans la proclamation , ne manquèrent pas de se réaliser. Les moines dirigèrent l’opinion vers cette idée, que le tremblement dfe terre étaitaune punition infligée par le ciel à la province, pour avoir renoncé à la fidélité envers Ferdinand VII; et leur influence sur un peuple crédule et fanatique^ entièrement abattu par les pertes qu’il venait d 'éprouver, pénétra dans lame des habitants. Quelques-uns des plus marquants ouvrirent et entretinrent une correspondance avec les Espagnols de Porto-Riceo, et avec l’armée royale qui se trouvait à Coso, sous les ordres de Monteverde. Ce général, prenant avantage du découragement et de la désunion qui régnaient dans le parti indépendant, et ayant été joint par un corps
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de trpupes venant de Maracaîbo , entra , au mois d’avril , à Valence , sans opposition : le général Miranda et le congrès qui s’y étaient retirés après le tremblement de 'terre , se retirant devant lui , il se porta à Mercani, ville que Miranda avait évacuée pour se retirer sur Vittoria. D’autras places, fatiguées des sacrifices exigés pour la cause commune , se soumirent sans efforts. Dans cette crise , les états de la confédération créèrent une dictature qu’ils conférèrent à Miranda. Ce général publia , à celte occasion , une proclamation dans laquelle il exposait les circonstances périlleuses dans lesquelles se trouvait le pays, et les maux qui pesaient sur la république; signalant la pénurie des finances comme le plus grand de tous. Il indiqua quelques mesures à employer pour l’amélioration des affaires , et promit solennellement de ne pas remettre l’épée dans le fourreau avant que la liberté de Venezuela ne fût établie, et que la patrie ne fut vengée de ses ennemis.
Les royalistes obtenaient cependant de nouveaux avantages: ils s’emparèrent par surprise, leÜ. juillet, de la ville et du port de Porto-Cabello. Lfe dictateur Miranda n’opposa que de faibles moyens de défense. Caraccas capitula le 28 juillet, avec Monteverde, et trois jours après, la Guayra se rendit à discrétion. Miranda , qui était arrivé dans ce port avec l’intention de s’embarquer sur un bâtiment anglais, fut pris et jeté dans un cachot. Le manque de constance
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et de modération avait rendu douteux , dans cette province, le succès de la révolution , même avant le terrible tremblement de terre. Miranda fut envoyé en Espagne , au commencement d’octobre. Don Fernando Melheido , vint de Porto-Ricco, pour prendre possessiof! de Caraccas; mais Mohteverde refusa de lui remettre cette place , sous prétexte de l’état d’agitation où elle se trouvait.
La province fie Sainte -Marthe, dans la’ viceroyauté de la Nouvelle-Grenade, avait déclaré la guerre à la province de Carthagène , qui s’était déclarée indépendante, avait aboli l’inquisition, et avait fait prêter serment de fidélité aux officiers civils et militaires. Ces deux provinces se livrèrent, sur la rivière de la Madeleine; plusieurs combats peu sanglants , avec des succès variés.
Le riche çt vaste royaume du Mexique fut, durant tout le cours de cette année 1812, un théâtre de guerre et de désordre : toute la côté méridionale était en état d’insurfection ; des partis nombreux d’insurgés parcouraient le centre du royaume , et ne se dispersaient plus comme par le passé, à l’approche des'royalistes. Dans la Nouvelle-Galice seule, la tranquillité était maintenue par la grande surveillance du vice-roi. Les communications entre les provinces étaient coupées , et les travaux des mines et de l’agriculture étaient suspendus. Une frégate anglaise , destinée à prendre à la Véra-Cruz un chargement d’argent, fut obligée de mettre à la voile
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sur son lest. On avait découvert, le 16 mars, dans cette ville une conspiration dont le but était de s’emparer du parc d’artillerie , des bastions , de la caserne des volontaires et du môle ; d’appeler le peuple aux armes. Plus de deux cents personnes furent arrêtées, et il fut prouvé quelles étaient d’in-‘ telligence avec le chef révolutionnaire Morellos, qui leur avait promis des secours. Le général royaliste Gillejas , continuait alors le siège de Cuantla , où Morellos s’était posté. Le nombre des insurgés mexicains s’élevait, dit-on, à soixante-quatorze mille hommes; il était impossible de les soumettre, on ne pouvait que les tenir en échec.
Le 17 juille't 1812, les insurgés s’approchaient de la Véra-Cruz; ils avaient intercepté toutes les communications entre Xalapa , Ouxaca et Guatilmala. Morellos, après avoir été battu à Cuantla, s’était jeté, avec quatorze mille hommes sur la grande route du Mexique. Au 16 août , les insurgés avaient deux grandes armées sur pied , commandées , l’une par Ryan , et l’autre par Morellos. La première assiégea la ville de Mexico; et la seconde, après avoir réduit Acapulco , défit l’armée royaliste , et poursuivit ses avantage jusque sous les murs de la vfra-Cruz.
D’après le peu de nouvelles sur l’état des affaires au Pérou en 1812, on ne savait guère autre chose, si ce n’était que de grands troubles régnaient dans ce royaume. L’esprit d’indépendance s’était manifesté à Lima, et le 4 mars, Je gouverneur offrit d’installer
une junte, pourvu qu’on lui en donnât la présidence, et que le gouvernement de Cadix fût reconnu. La province de Cochabainba continuait ses relations avec la junte de Buenos- Ayres. Le Potosi, avec la plus grande partie du Pérou, restait fidèle à la •métropole.
Jusqu’à l’année i 8 i 3 ,les succès partiels et balancés des royalistes et des indépendants dans les possessions espagnoles de l’Amérique n’amenèrent aucun résultat décisif, et contribuèrent seulement à alimenter la guerre civile. Au Rio-de-la-Plata , après le départ des troupes portugaises du territoire espagnol , par suite de la médiation de lord Strangford , à la fin de 1812, l’armée des indépendants avait passé l’Urugay, et forcé les détachements royalistes à évacuer le port de Colonia et quelques autres places. Leur parti se réunissait en armes sur différents points , et pillait les villes et les villages sans défense. Les troupes de Buenos - Ayres ayant repris le siège de Monteo-Video, le capitaine général Vigodet, qui y commandait, fit le I er janvier i8i3, une sortie qui fut vivement repoussée. Les insurgés pouvaient aisément réparer leur pertes : la population se rangeait voloutie# sous leurs bannières, tandis ^ue les royalistes ne pouvaient recevoir des secours que de la métropole. Le gouvernement des provinces-unies dë Rio-de - la-Plata déclara libre toute personne née postérieurement au 3 i décembre 1812.
L’assemblée législative, siégeant à Buenos- Ayres,
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décréta en ces termes le principe de l’égalité politique. « L’assemblée générale ordonne que pour confé- « rer tous emplois , ecclésiastiques, civils ou mili- « taires, on n’aura aucun égard à l’âge, au grade, ni « à la naissance, mais que les emplois seront donnés « aux personnes qui les méritent par des capacités « supérieures , et spécialement par leur valeur éprou- « vée et leur zèle patriotique. » Les provinces-unies ajoutèrent à ces actes de souveraineté, celui de faire frapper des monnaies aux armes dç l’assemblée gé. nérale , surmontées d’un soleil avec cette devise , union et liberté. Dans toutes les parties de ce vaste continent, considérées en Europe comme des possessions immuables , ces principes se propageaient , et les nouveaux gouvernements se formaient : les insurgés dominaient à •Carthagène ; une frégate espagnole entrée dans le port avec une pleine confiance, fut forcée de se rendre , et tout son équipage fut fait prisonnier. Sainte-Marthe tomba au pouvoir des indépendants. Les habitants du Chili déclarèrent aussi leur émancipation , et ouvrirent leurs ports à tous les pavillons.
Les royalistes qui avaient dû au tremblement de terre d’avoir si facilement reconquis Caraccas, ne se maintenaient qu’avec peine à ce foyer de l’insurrection générale. Les insurgéf s’avançaient dans, le Venezuela. Le général Bolivar, après s’être emparé de la Guyana, était entré à Valence le 2 août, et y avait trouvé un parc d’artillerie considérable , et
une grande quantité d’armes et de munitions. I^es troupes royalistes du général Montevetde avaient été battues, dispersées, et avaient été poursuivies jusque dans Porto -Cabello. Cette guerre sanglante prit alors un caractère de férocité qui devait amener indubitablement l’anéantissement de l’un ou de l’autre parti. Le Pérou se déclara pour la cause de la liberté. Le général royaliste Goyeneche avait évacué le Potosi : le peuple s’était joint aux insurgés.
Les cortès comprirent enfin que le moment de l'affranchissement des colonies d’Amérique n’était pas éloigné , et qu’il ne restait pour maintenir leurs relations avec la métropole , d’autre moyen que d’abolir entièrement les lois et les règlements qui entravaient le commerce de ces provinces. I^e nouveau gouverneur de Porto -Ricco, Alexandre Ramirez, avait publié le 1 3 mars , au nom de la régence d’Espagne , une proclamation annonçant que tous les ports des provinces espagnoles d’Amérique jouiraient des mêmes privilèges que ceux de la métropole ; que le commerce était libre, pour tous les navires espagnols , amis ou neutres; que l’exportation de tous les produits du sol ou des manufactures était permise , y compris l’or et l’argent monnayé. Don Rainirez fit connaître ces dispositions au duc de Manchester, gouverneur jle la Jamaïque, et les objets d’importation et d’exportation ayant été affranchis de toutes les prohibitions et des droits auxquels ils étaient précédemment soumis, les Anglais surent
Digitizetf-tfy
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tirer le plus grand avantage d’une mesure qui alors favorisait exclusivement leurs intérêts.
Les concessions tardives faites au commerce ne calmèrent point les esprits : les colons indigènes n’y trouvaient aucun avantage certain, aucune garantie, tant que les ressorts du gouvernement seraient entre les mains des Européens. Les provinces du Chili et de Lima se régissaient par leurs propres lois. I-es gpuverneurs de ces provinces avaient été forcés d’acquiescer aux décrets des juntes. Le général Vigodet, gouverneur royaliste de Monte-Video , fit dans le mois de mai une tentative pour opérer une pacification entre cette ville et Buenos-Ayres : elle fut sans succès ; le directeur de cette république , Posadas , ne voulut entendre à aucune proposition, avant la soumission de Monte-Video : il fit étroitement bloquer cette ville. Vigodet, pour la délivrer, fit sortir du port le 1 4 mai 1 une escadre composée de quatre frégates, trois bricks et quelques autres bâtiments de guerre, afin d’attaquer l’escadre de Buenos-Ayres, commandée par un officier anglais. L’évènement ne répondit pas aux espérances de Vigodet; son escadre fut battue, prise ou dispersée; on lui fit cinq cents prisonniers. Il voulut recourir aux négociations; mais le directeur persista dans la résolution de n’écouter aucune proposition, que Monte-Video, avec tous les navires et les propriétés publiques , ne fût remis aux armes de Buenos-Ayres. Cette capitulation fut acceptée le 20 juin. La garnison espagnole resta
prisonnière de guerre, le général Vigodet seul i*è* tourna en Espagne : ce succès fut décisif pour la cause de l’indépendauce.
Tous les nouveaux états formés dans les colonies espagnoles de l’Amérique, en proclamant chacun leur constitution , avaient jusque là reconnu le roi Ferdinand VII , comme leur légitime souverain ; les lois étaient promulguées en son nom ; les liens avec la mère - patrie n’étaient pas encore entièrement rompus; mais quand on apprit que ce monarque, rendu à ses sujets d’Europe, avait refusé de sanctionner la constitution des cortès, la conflagration devint générale : tout le Mexique se déclara indépendant ; les royalistes indigènes se rattachèrent aux nouvelles constitutions, et la révolution fut achevée.
FIN Ul! TOME TROISIÈME.