DEPUIS LA CONQUÊTE ARABE
aux califes. Après la bataille de Xérès, Tarik profita rapidement de ses succès; Séville, Gordoue et toute FAndalousie se soumirent; une nouvelle armée de Gotbs fut vaincue et dissipée , et la terreur se répandit dans tout le royaume.
Muza , ne Tooiant pas laisser à son lieutenant toute la gloire d'une si belle conquête , ne tarda pas à venir en personne, suivi d'un nouvel essaim de Maures pour la continuer '. Le petit nombre d'habitants qui parvinrent à se soustraire à l'esclavage ou à la mort, ne trouvèrent un asile sûr que dans les cavernes des montagnes les plus inaccessibles. Enfin cinq ans s'étaient écoulés à peine depuis le débarquement de Tarik, que toute l'Espagne fut courbée sous le joug musulman, à l'exception de quelques cantons stériles des Asturies, de la Gantabrie (Aragon) et de la Navarre, que les Maures ne purent ou ne voulurent pas occuper.
Musa ayant fini sa conquête, retourna à Damas, chargé des dépouilles de l'Espagne et de l'Afrique, et suivi d'un cortège de prisonniers composé de la plus illustre noblesse des Goths. Le calife ne récompensa ses éclatants services que par un traitement ignominieux , et son fils Abdalaeis , qu'il avait laissé au gouvernement de la Péninsule et qui avait su mériter l'attachement du peuple vaincu, fut assassiné par des chefs arabes, à la tête desquels était Ayoub, frère ou beau-frère de Muza.
Ayoub succéda à son neveu, par le choix des Arabes; mais son élection ne fut pas' confirmée par Soliman, successeur du calife Valid , et la vice-royauté d'Espagne fut donnée à Alhahor. Ce nouveau vice-roi fit la conquête de la Galice gothique; puis, franchissant les Pyrénées, il s'empara de toutes les possessions qu'avaient eues les
I On a donné ordinairement le nom de Maureg aux arabes venus d* Afrique en Espagne, parce qu'ils sortaient de la Mauritanie.
jbà PELAGE I.
Cioths dans la Gaule et qui comprenaient le Roussiiloo et une partie du Languedoc.