‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 33 sur 84 · PELAGE I · texte numérisé non relu

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les autres auprès de Poitiers. Les Sarrasins furent entièrement défaits et Alnlérame trouva la mort sur le champ de bataille , où restèrent , suivant les historiens du temps, trois cent soixante-quinze mille des siens ( octobre 732 ).

Cette journée, si glorieuse pour Charles Martel, marqua le terme de l'agrandissement des Arabes en Occident et jeta le découragement chez les Arabes d'Espagne. Cependant Abdelméleck, successeur d'Abdérame, s'efforça de vassurer les croyants , de ranimer leur ardeur , et les pressa de se porter , sans perdre de temps , au secours des provinces menacées au-delà des Pyrénées; plusieurs corps passèrent les monts, sous la conduite des meillem's chefs restés en Espagne. Mais la déroute de Poitiers avait partout relevé le courage des chrétiens; les généraux d'Abdelméleck fuirent battus près d'Avignon, et lui-même, voulant aller à leur secours, éproova dans les Pyrénées un échec qui le força de revenir sur ses pas. Ce revers lui enleva la confiance des Arabes , et le gouverneur de l'Afrique lui retira le commandement qu'il confia à son propre frère Okbah.

Lfi nouvel émir se disposait à passer les Pyrénées , lorsqu'il fut tout-à-coup rappelé en Afrique par la nouvelle d'une formidable révolte des Berbères , qui y mettait en péril la puissance du calife ( 737 }.

Tandis que les Arabes cherchaient à étendre leur domination dans la Gaule et à l'affermir dans l'Afrique , ils la croyaient inébranlablemeut établie en Espagne et ils ne s'apercevaient pas qu'au milieu des montagnes des Asturies se formait le noyau d'une puissance , destinée à combattre la leur et à en triompher. La victoire de Pelage à Covadunga avait étendu au loin son crédit et sa renommée. Une foule de chrétiens, de toutes les parties de l'Espagne musulmane , accoururent dans les Asturies pour y trouver un asile, une retraite contre

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renyahissement de rislamisme et pour y professer publiquement leur croyance au milieu de leurs frères, chrétiens comme eux. C'est ainsi que le premier noyau de la population des Asturies se grossit peu à peu par des agrégations successives de Goths et d'Espagnols, qui se retiraient des provinces occupées par les musulmans..

La paix que les Arabes laissèrent à Pelage , peut-être par mépris, plus sûrement parce que ce pays ne leur paraissait pas valoir la peine d'être conquis , fut employée par lui à organiser son nouveau peuple. Telle fut Thumble , mais glorieuse origine de la monarchie catholique en Espagne.

Le gouvernement de Pelage , dans les dix-huit ans qui suivirent l'heureux combat de Govadnnga , n'eut à repousser aucune attaque nouvelle de la part des musulmans. Ainsi put se consolider et se raffermir ce petit état, à la faveur des circonstances de lieux et de foraine qui le maintinrent providentieUement hors de la sphère d'action des musulmans.

Laissé en paix dans ce royaume de quarante lieues de long sur douze ou quinze de large , Pelage s'y tint renfermé comme la prudence lui en faisait une loi, plus occupé de l'administration publique et civile du pays , du développement de ses ressources intérieures , que de llnatile et peut - être dangereux soin d'en reculer les limites. Après un règne de dix-neuf ans , Pelage mourut . le 18 septembre 737 ; son corps fut inhumé dans Téglise de Sainte-Ëulalie , qu'il avait fait bâtir. Sa mémoire est restée chère aux Espagnols dont il a relevé et fondé de nouveau la monarchie.

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