‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 32 sur 84 · PELAGE I · texte numérisé non relu

PELAGE I

OU Âmbiza, homme généralement estimé pour sa pra-^ dence et sa valeur.

Pour venger la défaite de Toolonse, Âmbessa envoya plusieurs corps au-delà des Pyrénées; mais ils cherchèrent en vain à recouvrer les places dont les Arabes avaient été expulsés. Narbonne seule leur restait; c'était la place d'armes des musulmans et leur centre d'opé*rations. Dans les diverses courses qu'ils firent à Test, ces détachements eurent presque toujours le. dessons. Enfin Ambessa résolut de se mettre lui-même à la tête d'une expédition. Il attaqua et enleva d'assaut Garcassonne , qui avait résisté jusqu'alors. Il se dirigea ensuite sur Nîmes , qui capitula ; puis , remontant la vallée du Mône, il prit Lyon; et, suivant le cours de la Saône jusqu'en Bourgogne , il prit et pilla Autun ( 22 août 725 ). Il revint ensuite chargé de dépouilles et satisfait d'avoir couru et reconnu ainsi le pays. Mais cette incursion en Bourgogne lui fut fatale. Dans un des nombreux combats qu'il eut à livrer, il avait été blessé i^usieurs fois et il mourut, avant d'arriver à Narbonne , des suites de ses blessures*

Trois émirs ou gouverneurs administrèrent successivement l'Espagne jusqu'en 729 ; aucun d,'eux ne fit rien qui mérite de fixer l'attention de l'histoire. Enfin ^ Abdérame , celui que l'armée avait déjà voulu nommer émir après la bataille de Toulouse, fut élevé à cette dignité par Mohammed, plénipotentiaire du calife Hescham ( 729 }.

Abdérame ( Abd-el-Rhaman ) , prit à tâche, dès son entrée au pouvoir, de disposer toutes choses pour la conquête de la grande terre au-delà des Pyrénées ( c'était ainsi que les Arabes désignaient la Gaule ). De grands préparatifs se faisaient ea Syrie contre Tempire grec ; une expédition en Occident devait correspondre avec l'attaque de l'Europe orientale. Abdérame employa

PéUGE I. S?

les premières années de son gouvernement à disposer tout ce qui convenait, non plus pour une simple course à Taventure, mais pour une expédition sérieuse dont Tobjet était la conquête d'une vaste contrée et le triomphe complet de Fislamisme. Tous les vrais croyants en état de porta* les armes se rangèrent avec empressement sous les bannières de Témir et lui formèrent Tarmée la plus considérable de musulmans qui eût encore paru en Espagne. Au commencement de Tannée 732 , Abdérame traversa les Pyrénées , entra dans la Novempopalanie, et s'avança dans les états d'Eudes d'Aquitaine par les vallées du Bigorre et du Béarn. Son immense armée se répandit comme un torrent dévastateur dans toute cette contrée. Oleron, Aire, Bazas, furent saccagées; Bordeaux, qui essaya "de résister, fut emporté et pillé. Eudes, avec une armée nombreuse d'Aquitains, tenta^ d'arrêter l'armée musulmane sur les bords de .la Dordogne; il fut complètement défait, et les Sarrasins se virent maîtres de toute l'Aquitaine. Us poursuivirent leurs ravages et marchèrent en avant sans trouver de résistance jusqu'à Poitiers. Ils prirent et brûlèrent un des faubourgs qui était ouvert ; mais l'enceinte fortifiée de la ville résista à leurs attaques. Abdérame laissa un corps suffisant de troupes autour de Poitiers et marcha ensuite vers Tours. Il atteignit enfin ce fertile bassin de la Loire , qui offrait une si grasse proie à ses soldats , gorgés de butin. Déjà, suivant quelques historiens, l'armée musulmane avait pillé les faubourgs de Tours et se préparait à donner l'assaut à la ville, excitée par Tappât des immenses richesses enfermées dans l'église de Saint-Martin , lorsqu'Abdérame apprit que Charles Martel s'avançait à marches forcées avec la nombreuse armée des Francs. U fallut s'apprêter à combattre ce nouvel ennemi. Les deux armées ne tardèrent pas à se rencontrer, les uns disent dans les environs de Tours,

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