ALPHONSE I» DIT LE CATHOUQUE
Alphonse, gendre de Pelage, fut élu roi par les seigneurs.
Sous son règne , commencèrent entre les musulmans ces guerres civiles qui furent «i favorables aux chrétiens. Okbah, après avoir terminé la guerre des Berbères en .\frique, revint en Espagne qu'il administra avec sagesse; mais il mourut bientôt, et Abdelméleck fut tiré de prison et replacé à la tête du gouvernement Les Berbères se soulevèrent de nouveau en Afrique et en Espagne ; Abdelméleck remporta deux victoires sur les rebelles; mais il fut victime d'une révolte de ses propres troupes , qui le massacrèrent dans son palais de Gordoue ( lld ). L'Espagne , après sa mort , resta deux ans sans gouverneur.
Alphonse sut profiter de toutes ces guerres civiles pour étendre les limites de ses états. En 7/12 il enleva aux Sarrasins la meilleure partie de la Galice ; en 7/13 il s'empara d'Astorga, et l'année suivante de Léon, de Sardagna , etc., et de tous les pays situés près des mon-
tagnes. Enfin, Tan 7/i6 et 7/i7, il chassa entièrement les infidèles de la G allée et de toutes les villes de Léon et de Gastille.
Les dissensions des musulmans favorisaient singulièrement les succès des chrétiens, et il n'est pas douteux que si la guerre civile eût déchiré plus longtemps les coBtrées occupées par les Arabes , ceux-ci se seraient vus bientôt chassés de TEspagne en aussi peu de temps qu'ils en avaient mis à la conquérir. Mais une révolution qui éclata alors dans le califat vint changer la face des choses, et réunir sous une même autorité toutes les fractions divisées de TEspagne mahométane.
Mahomet n'avait laissé que deux filles, dont Talnée forma la famille des Abassides, et la cadette celle des Ommiades. Ceux-ci s'emparèrent du trône de Damas , au préjudice de l'autre branche qui y avait plus de droit comme descendant de la fille aînée du prophète, et y régnèrent pendant près d'un siècle. Enfin Aboul-Abas , de la famille des Abassides , entreprit d'enlever la couronne à Moaviah , dernier calife Ommiade. Il forma un puissant parti, et après une lutte sanglante il défit Moayiah dans une bataille près du Caire , et lui enlevale trône et la vie ( an 132 de l'Hégire. — de J. C. 71x9 ). Quatre-vingt princes de la famille des Ommiades furent égorgés par ordre du vainqueur. Abdérame , seul échappé du carnage , se sauva en Afrique , où il espérait trouver un asile contre la fureur de ses ennemis, auprès de Ben-Hamid, gouverneur de cette province, qui devait son élévation aux Ommiades. Mais Ben-Hamid fut un des premiers à reconnaître l'autorité des Abassides , et oubliant l^s bienfaits des Ommiades, dès qu'il apprit l'arrivée d'Abdérame, il chercha à le faire périr. Le prince fugitif eut encore le bonheur d'échapper à ses poursuites. Il se réfugia à Tckvari où la tribu de Zénata , qui était puissante , lui promit de le défendre contre les
entreprises de Ben-Hamid. Abdérame, incertain de son sort , flottait entre la crainte et l'espérance , lorsque toutà-coup il se vit élevé à une fortune à laquelle il n'aurait pas même osé prétendre , tandis que sa famille était sur le trône des califes.
Les Arabes d'Espagne avaient toujours été fort attachés aux califes Ommiades. Ils regardaient les Abassides comme des usurpateurs et ils plaignaient le sort des malheureux Ommiades , victimes de l'ambition de leurs rivaux. Ils n'eurent pas plutôt appris qu'un prince Ommiade, dernier rejeton de cette illustre maison, s'était réfugié en Afrique, que les vœux de tous les Arabes se tournèrent de son côté. Ils lui députèrent les principaux chefs des tribus pour l'inviter à se rendre en Espagne et pour lui jurer en leur nom une obéissance et une fidélité à toute épreuve. Après quelques moments d'hésitation , Abdérame partit pour l'Espagne et y arriva ^dans le mois d'août 755. Malaca, Sidonia, Séville,lai '^/fffiàretkt leurs portes et embrassèrent son parti. Ce prince, débarqué seul (n Andalousie, se vit bientôt à la tête d'une armée assez forte pour achever de soumettre l'Espagne. Toutefois , il ne parvint pas à terodner cette entreprise sans rencontrer une forte résistance. lousef-el-Fahri , gouverneur de l'Espagne pour le calife Abasside, voulut s'opposer à ses progrès; mais il fut battu sur les bords du Guadalquivir (756). Gordoue et toute l'Andalousie reconnaissent Abdérame pour leur souverain. L'année suivante, lousef assiégé dans Grenade est contraint de lui pi:omettre obéissance et fidélité; mais cette soumission dui-e peu. Il se révolta en 758 ; battu et poursuivi par Abdérame, il est obligé de se réfugier à Tolède dont les habitants lui coupent la tête et l'envoient au vainqueur, dans la crainte d'être punis comme partisans de sa rébellion. Cette mort ayant affermi la couronne sur la tête d*Abdérame, il prend
EROlLA I, ABDÉRAME I. 63
le titre d'Emir-^l-Mouménim , dont on a fait le mot Miramolin , c'est-à-dire suprême seigoemr des croyants.
Qoelque temps avant cet événement, Alphonse i était mort, sans savoir qui , du calife dé Damas ou de rEmir-el-Môuménim, allait rester maître de TEspagne.
FBOILA r» ROI d'oviédo. 767 - 768.