‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 40 sur 84 · ROIS DE NAVARRE · texte numérisé non relu

ROIS DE NAVARRE

Alphonse iv, fils d'Ordogno n, est reconnu roi d'un consentement unanime. Prince faible, léger, inconstant, inappliqué, il excita le mépris des Castillans qui se déclarèrent indépendants des rois -de Léon et élirent de nouveaux souverains sous le nom de comtes. En 926, Alphonse perdit son épouse , et la douleur qull ressentit de cette mort le détermina à renoncer à la couronne et à embrasser la vie monastique. Il exécuta ce projet en 927, après avoir remis le trône à son frère Ramire.

RAMIRE n ROI DE LÉON. 927-950.

ABDÉRAME m A GORDOUE. GAROE I*' ROI DE ICAYARRB.

A peine Ramire n était-il monté sur le trône qiie venait de lui céder son frère, que celui-ci se repentit de son abdication et résolut de reprendre le sceptre qu*U avait volontairement quitté. Profitant de Tabsence de Ramire , occupé d'une expédition contre les Sarrasins, il se jette dans Léon, où il se forme un part}, dans lequel étaient déjà entré un gi*and nombre de mécontents , entre antres ses cousins, les fils de Froila n. Ramire se hftte de revenir sur ses pas, assiège Léon et s'empare de son frère et des principaux conjurés. Il usa de la victoire en barbare. ^11 fit crever les yeux à son frère et am fils de Froîla, et les enferma dans un monastère où ils passèrent le reste de leur vie.

GARcnsf I. 77

L^pagpne n'avait pas encore été aussi tranquille; Alxlérame, déjà vieux, «''appliquait à faire fleurir les sciences et les arts à Gordouc; Garcie, roi de Navarre, ne s'occupait que d'actes de piété. Ramire le premier rompit la paix générale, en s'emparant de Madrid, ville peu importante à cette époque et qui devait devenir la capitale de toute la monarchie espagnole. Abdérame, pour se venger, lit une irruption en Gasiille; mais Ferdinand Gonçalez, un des comtes de cette province, célèbre par sa valeur et secondé par le roi de Léon , remporta sur Tarmée infidèle une victoire complète à Osma ( 932 et suiv.)

Abdérame, désespéré de tous les revers que lui avaient fait essuyer les chrétiens, qu'on regardait à sa cour comme des barbares, voulut tenter un dernier effort pour les chasser d'Espagne. Les préparatifs de cette expédition furent immenses ; il leva en Afrique de nombreuses troupes auxiliaires et s'avança en Gastille, à la tête de cent cinquante mille hommes.

La Gastille, inondée de ce déluge d'ennemis, est dévastée ; ses places sont emportées et détruites. Le comte de Gastille , trop faible pour résister, implore le secours de Ramire. Gelui-ci joint ses troupes à celles du comte et marche contre l'ennemi commun. Les chrétiens rencontrèrent l'armée d'Abdérame à Simancas , le 6 ou le 8 août 938. La bataille fut terrible et dura une journée entière. Les Sarrasins vaincus perdirent quatre -vingt mille hommes , au dire des historiens chrétiens et trente mille selon les historiens arabes. £n prenant un terme moyen entre ces deux chiffres, ou même en admettant le plus faible , on voit que la perte des musulmans fut énorme. L'émir de Saragosse et l'élite de la noblesse sarrasine furent faits prisonniers, et Abdelraman échappa à peine suivi de vingt cavaliers.^ On ne parle pas de la perte des chrétiens ; mais elle dut être aussi très-con-

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sidérable , car sans cela Ramire aurait pu mieux profiter de sa victoire. U se contenta de peupler de colonies chrétiennes Salamanque , Ledesma , la Gorogne et quelques autres villes, pour servir de barrière contre le souverain de Gordoue; ce qui fait supposer qu'il était loin de regarder son ennemi comme abattu par sa défaite. Puis » les deux rois épuisés, Tun par ses victoires, Tautre par ses revers, restèrent comme de concert dans Tinaction, sans cependant avoir consenti ni paix , ni trêve.

Abdérame cependant eut l'adresse de faire naître la guerre entre les comtes de Castille et le roi de Léon. Les comtes , quoique soutenus par Abdérame , furent défaits ; mais Ramire ne put profiter de sa victoire, et se vit même forcé de consentir à une trêve avec Fémir Al- Morôménim.

Ramire occupa les loisirs que lui laissait cette trêve à fonder des monastères, à l'exemple des autres princes chrétiens; car il est à remarquer que le dixième siècle fut répoque principale des fondations de ce genre. A Fexpiration de la trêve, Ramire fit une incursion dans les états du souverain de Gordoue , battit son armée et revint avec un immense butin. Gette expédition fut la dernière de ce prince brave , infatigable et hemreux. D mourut en 950.

ORDOGNO m, ROI DE LÉOfl. 950-955. ABDArAIOE UI A CORDOUB. GARCIB I^ ROI DE NAVARRE.

Ordogno m, fils de Ramire ii, est proclamé roi par les seigneurs et par les prélats. Après avoir apaisé quelques troubles dans llntérieur de ses états, il porta la guerre contre les Sarrashis de Portugal , prit et démantela Lisbonne. Quelque temps après cette expédition, Ordogno mourut à Zamora, laissant un fils en bas-âge , nommé Bermude, qui régna dans la suite (août 955}.

SAM€HE I'' DIT LE GROS, ROI DE LÉOll. 955-967.

IBDÉIUMB lu meurt en 960; a pour successeur son

ûls aîné alhacan u.

GASaE I" , ROI DE NAVARRE.

Sanchc , frère d'Ordogno m , en apprenant la mort du roi , accourut de la Navarre où il résidait et se (it proclamer roi de Léon , au préjudice de son neveu. Mais à peine est-il sfir le u*dne, que les grands, secoiidés par le comte de Castille , Fobligent d'en descendre et de se réfugier en Navarre. Le comte de Castille Gt donner la couronne à son gendre, connu sous le nom d'Ordogno le Mauvais et qui était fils d'Alphonse iv, dit le Moine. Cet asurpateur, qui n'est pas compté au nombre des rois de Léon , se signala pendant le peu de temps qu'il resta sur le trône , par un despotisme intolérable et par des ci'uautés inouïes.

Cependant , Sanche le roi détrôné , étant devenu hy-

dropique,se rendit à Cordoue, la première école de médecine qui fût alors en Europe. Abdérame m fut touché des malheurs du prince chrétien; ses médecins lui rendii'ent la santé et lui-même voulut lui rendre la couronne. Il mit à sa disposition une armée qui, jointe à celle du roi de Navarre , pénétra dans le royaume de Léon. Ordogno le Mauvais n'attendit pas son adversaire et s'enfuit en Castille. Son beau-père, indigné de sa lâcheté et de sa mauvaise conduite, le chassa de ses états; il se retira dans un village où il mourut bientôt dans la misère et l'abandon.

Sanche rétabli sur son Uône voulut, toujours aidé du roi de Navarre , punir le comte de Castille qui l'avait détrôné; ce comte fut vaincu et fait prisonnier; maift

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