‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 41 sur 84 · GARCIE I · texte numérisé non relu

GARCIE I

Oarcie, roi de Navarre, lui fit rendre la liberté et ses états ( 960 ).

Cette année (960), mourut Abdérame m, après an règne de près de cinquante ans. Ce fut Tépoqne de la plus grande prospérité des Arabes; aucun souverain maure ne surpassa Abdérame m en grandeur ni en magnilicence , et les récits qui nous en sont parvenus, sans être exagérés, semblent plus tenir des fables orientales que de Tordre des possibles. Dans les palais de Témir de Cordoue , l'argent et Tor étaient prodigués aux usages pour les(|uels le luxe de nos princes d^anjourd'hui fait beaucoup , en employant les métaux vulgaires. Douze mille cavaliers, armés de cimeterres à poignées d'or, vêtus avec une somptuosité éclatante, accompagnaient Abdérame quand il sortait de son palais. On croit tout cela , à l'aspect de ces magnifiques constructions qui ont servi de résidence aux émirs Al Mouménim dans les anciennes capitales de leurs diverses dominations, telles que Grenade, Séville, Murcie et Cordoue. Cependant il ne reste que Tes ruines du palais qui parait avoir été le plus prodigieux , par les immenses dépenses que son érection suppose; je veux parler de celui d'Arizapha, qu' Abdérame m fit construire avec la ville de Zehra, à trois lieues de Cordoue, pour son épouse favorite. Douze cents colonnes de marbre d'Espagne et d'Afrique, d'Italie et de Grèce, soutetenaient et décoraient ces voûtes pompeuses et ces murs incrustés d'or et de pierres précieuses. Quoiqu'il en soit , les tableaux d'une si rare magnificence, à jamais perdue , seraient aujourd'hui bien stériles, si l'histoire , après les avoir tracés, n'ajoutait un trait bien propre à caractériser la vanité des richesses et des grandeurs humaines; c'est qu^Abdérame, le puissant possesseur de tant de biens, était loin de goûter le bonheur. Ce prince écrivit luimême cet aveu mémorable, que, durant cinquante ans

SANGHR n. Si

do règne le plos fortuné , le nombre de ses jours réellement heureux n'avait pas excédé celui de quatorze.

Âlhacan u, fils aîné d'Abdérame m, lui succéda. Il fit en 965 ime tentative contre la Gastille ; mais le comte Feraand Gonçalez repoussa son général Almanzor , qui devait plus tard prendre une terrible revanche de cet Gcnec.

Un autre Gonçalez, comte ou gouverneur de la partie du ^ortugal qui obéissait au roi de Léon, voulut, à Texemple du comte de Gastille^ s'ériger en souverain indépendant; mais battu et poui'suivi par Sanche, il mit bas les armes et obtint sa grâce. Sanche mourut quelque temps après ( 967 ) ; on a accusé le comte de Portugal de ravoir empoisonné.

RAMIRE m , ROI DE LÉON. 967-982.

AUÊkCAH n, ÉMIR DE CORDOOE, mort en 976.

HISSEM II, son fils lui succède.

GAl^OE !•', ROI DE NAVARRE, incurt en 970.

SANCHE II, SURNOMMÉ BARCA, lui SUCCède.

Ramire m, fils de Sanche, est proclamé roi. La régence du royaume fut confiée , pendant la minorité de ce prince, qui n'était âgé que de cinq ans, à la reine mère et à dona Elvire, sœur du dernier roi. Pendant la minorité de Ramire, les Normands firent de nouvelles incursions dans la Galice et Tauraieut changée en désert, s'ils n'eussent été battus et repoussés par ce même comte de Portugal , accusé d'avoir empoisonné le feu roi.

Le célèbre comte de Gastille, Ferdinand Gonçalez et Alhacan ii moururent à peu près à la même époque. Uissem ii, âgé de dix ans, monte sur le trône de Gordoue. Almanzor avait été chargé par Alhacan du gou-

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vernement de Tétat pendant ia minorité de son fils Hissem. Le régent de Gordoae »e montra digne de la confiance de son maître, par la sagesse de son administration et par les victoires qu^l remporta sur les princes chrétiens. A la tête d'one paissante armée, icTée en partie en Afriqoc, il entra en Gastille, prit Gorraaz d'assaot et mit tonte la province an pillage; il isllait poursuivre le cours de ses victoires quand il ftit rappelé à Gordoue pour apaiser quelques mouvements séditievx qui avaient éclaté pendant son absence.

Cependant Ramire , prince faille et €(ui se laissait facilement dominer , s'était attiré )e mépris général ; les traliciens, attachés à Bermude, lils d'Ordogno m, le proclamèrent roi. Bientôt la guerre civile éclate et épuise les forces des chrétiens qui auraient dû se réunir pour combattre le redoutable Almanzor. Enfin Râmire , ayant perdu une l>ataille décisive dans les plaines de Montrose , mourut de chagrin et laissa le trône à son compétiteur (982).

BEEMUDE n , SURKOHMÉ LE GOUTTEUX , ROI DE LÉOH.

SAHCHE n, ROI DE NAVARRE, mort en 99û.

6ARCIE n , son iils , lui succède.

Bermude commença son règne par s^appliquer à réformer la licence, les abus, les brigandages et les désordres de toute espèce, qui désolaient le royaume de Léon et qui étaient la suite nécessaire des guerres civiles ; mais il fut arrêté dans Taccomplissement d'une si noble tâche par Tinvasion des Sarrasins, qui mirent à deux doigts de leur perte toutes les prindpautés chrétiennes de TEspagne. *

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