ALPHONSE U, DIT LE GROS
La famille des Castro à laquelle appartenait Guthero Fernandez, le tuteur du jeune roi Alphonse viii, se partageait alors avec celle des Lara , non moins puissante, la haute influence sur laCastille, que devaient bientôt déchirer leurs discordes. Ainsi, dès le début de ce règne agité , un double danger menaçait le trône du jeune prince, remarquable par sa vive et précoce intelligence. C'était, d'une part, une noblesse insolente qui se disputait sa tutelle, et de l'autre, l'ambition de son oncle , Ferdinand , roi de Léon , qui ne voulait pas laisser échapper une si belle occasion d'arrondir ses états aux dépens de la Castille. Toutes les premières années de ce règne sont remplies par des troubles excités par les Castro et les Lara. Les Lara parvinrent d'abord par leurs intrigues à enlever la tutelle du roi aux Castro. Ceux-ci, pour la reprendre, appelèrent le roi de Léon, qui entra à main armée en Castille, s'em-
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para de la. plupart des yiUes, et rédama poar lui-même la tutelle de son neveu. Mais les Lara eurent Tadresse d^enlever le royal papille, et de le soustraire à toutes les recherches. Sanche v , roi de NaVarre , profitant de ces troubles, se remit en possession de la Rioja et de tout le territoire que les rois de Gastille lui avaient enlevé (1160).
Cependant le jeune Alphonse grandissait an milieu de la guerre civile et de l'occupation étrangère , forcé d'errer d'une ville à l'autre de son royaume, repoussé par l'une, accueilli dans l'autre, et s'enhardissant peu à peu à braver les forces bien supérieures du roi de Léon. Enfin , par un retour soudain, la Gastille, qui s'était jetée tout entière dans les bras de Ferdinand, se retourna tout-à-coup du côté de son roi légitime ; Tolède chassa la garnison léonaise qui l'occupait, et ouvrît ses portes à Alphonse vin, qui entra dans cette ville aux acclamations universelles (1166). La majeure partie de la Gastille suivit l'exemple de Tolède, et cependant il fallut encore trois ans à Alphonse pour reconquérir une à une les quelques cités qui résistaient encore.
Pendant ce temps, TAragon, dont les destinées désormais sont presque constamment liées à la Gastille , était aussi troublé par une minorité. Raymond Bérenger eut encore , en 1158 , une courte guerre , suivie d^me paix durable avec la Navarre , puis des guerres contre la poissante maison des Baux , qui lui disputait ses possessions en Provence. Au milieu de cette vie' agitée , Raymond trouva encore le temps dé faire aux musulmans naé guerre acharnée, de leur enlever une quarantaine de places, et de rendre tributaires plusieurs de leurs roitelets. Enfin, ce prince habile autant que brave, véritable fondateur de la puissance de l'Aragon, après avoir porté avec prudence et bonheur le poids de sa double couronne, mourut en Italie, près de Turin, en il6!2
laissant ses vastes états à son fils et à celui de la reine Pétionille, llnfant Raymond Bërenger, qui prit en montant snr le tr(yne le nom d^Alphonse u. Gomme ce prince n^aTait que onse ans , la régence fut confiée à la reine PétroDille, jnsqn^à la majorité de son fils.
En 1163, Pétronille, fatiguée du fardeau des affaires, remit le pouvoir dans les mains du jeune roi, qui, malgré son jeune âge, comment depuis lors à régner par lui-même. U sut se maintenir en paix avec ses voisins d'Espagne, sauf une légère querelle avec la GastUle, qui se termina par un traité solennel en 1170.
La même année, Alphonse de Gastille épousa la princesse Léonore , fille de Henri n , rc^ d'Angleterre , à peu près du même âge que lui ( iU ans ). La jeune princesse reçut pour dot le comté de Gascogne , qui , confinant aux provinces basques , une des possessions de la Gastille , rendait cette alliance utile autant qulionorable pour Alphonse.
Cependant la majorité d'Alphonse vm n'avait pu éteindre la guerre civile entre les Gastro et les Lara. En 1176, les deux partis se livrèrent une bataille acharnée, comme elles le sont toutes dans les guerres civiles, dans les plaines d'Estevan de Gormaz; les Lara y furent complètement battus.
Les cinq ou six années suivantes sont remplies par les guerres que les rds de Gastille et d'Aragon font ensemble au roi de Navarre. Gette guerre ne fut terminée qu'en 1179, par la médiation de Henri u roi d*Angleterre. ISnfin , une guerre entre la Gastille et Léon fut apaisée , grâce à l'intervention du roi d'Aragon et des prélats des deux royaumes ( 1180 ).
Tel était le misérable état de l'Espagne chrétienne , partagée entre cinq états, tous rivaux, tous ennemis, et toujours exposés à cette sanglante alternative de l'invasion étrangère ou de la guerre civile.
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De 1180 à 1188, les annales de la Gastille sont fort pauvres en événements historiques. Les étemelles querelles de la Castille avec la Navarre , et quelques guerres sans importance entre les deux pays, remplissent seules cette longue lacune. L^année 1188 fut marquée par des événements plus graves. L^infante Bérangère, fille d'Alphonse vm, et déjà âgée de dix-sept ans, fut fiancée avec le prince Conrad de Souabe, troisième fils de Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne. Cette lointaine alliance avec le fils du puissant empereur prouve que déjà la Castille avait pris rang parmi les états de TËurope, et y jouissait d'une importance moins proportionnée à son étendue qu'au prestige de grandeur et de force dont l'entourait le souvenii* d'Alphonse vu.
La même année fut signalée par la mort du roi Ferdinand de Léon , auquel succéda son fils Alphonse ix , âgé de dix-sept ans. Trois ans auparavant , Sanche i avait également succédé à son père Alphonse Henriquez , sur le trône de Portugal. Le nouveau roi de Léon n'était guère disposé à reconnaître le droit de suzeraineté de la Castille, droit, qui pendant le long règne de Ferdinand u, était complètement tombé en désuétude; mais Alphonse vm n'était pas d'humeur à renoncer aux prérogatives de la couronne; il menaça, les armes à la main; et le roi de Léon, trop faible pour résister, vint à la cour de son cousin de CastiUe , loi rendit hommage , et fut armé chevalier par lui en même temps que le jeune Conrad de Souabe.
La concorde établie entre les deux rois de Castille et de Léon ne reposait pas sur des bases bien solides. En effet , ce dernier s'allie avec le roi de Portugal dont il épouse la fille; il fait également un traité avec le roi d'Aragon, qui voyait avec jalousie l'influence toujours croissante de la Castille. Mais le pape Clément m prononça la nullité du mariage du roi de Léon , avec Tin-
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faate de Portagal ponr cause de parenté, et les denx rois, ayant refusé de se soumettre à la décision du saintaiége, furent excommuniés.
Pendant ces démêlés des deux rois avec le pape, Alphonse vm entra à la tête d'une armée en Andalousie et pénétra, en ravageant tout sur son passage jusqu'au bord de la mer. Là , il écrivit au souverain de Maroc une lettre qui contenait une sorte de défi chevaleresque, auquel le musulman répondit en publiant la guerre sainte dans tous ses états d'Afrique. A cet appel une foule incroyable de mahométans accourent sous les étendards de Témir Al-Mouménim, franchissant le dé-r troit et menaçant la Gastille. Alphonse implore le secours de tous les rois chrétiens d'Espagne; ceux de Navarre et de Léon se mettent en marche , mais sans se presser , et Alphonse se trouve seul en face de Tennemi. Une bataille terrible s'engage le 18 juillet 119ô près d'Alarcos, L'armée castillane fut taillée en pièces; vingt mille hommes et presque tous les chevaliers restèrent sur le champ de bataille. Alphonse échappa avec peine et s'enfuit à Tolède avec les débris de ses forces. Il reprocha avec aigreur aux rois de Navarre et de Léon leur lenteur et leur lâcheté ; ceux-ci , qui n'étaient pas fâchés de voir hmnilier la fierté du roi de Gastille, se retirèrent en ravageant le pays dans lequel ils étaient entrés , sous prétexte de le défendre. D'un autre côté, les vainqueurs* d'Alarcos entcent dans la nouvelle Gastille dont toutes les places tombent en leur pouvoir, à l'exception de Tolède. Jamais ce royaume ne s'était vu dans un danger aussi éminent. Heureusement que le prince mahométan fut arrêté au milieu de ses succès, par la nouvelle d'une révolte qui l'obligea de repasser dans ses états d'Afrique.
Le roi de Gastille, délivré des mahométans, voulut punir le roi de Léon de sa perfidie; il entra dans son royaume, et les deux rois étaient sur le point de se
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livrer une bataille, quand on parvint à les réconcilier, et pour gag;e de la paii, on convint que Bérengère, rhéritière de la Castille ^ , épouserait le roi de Léon. Cette alliance, à laquelle Alphonse vin ne consentit qn^ regret, fut néanmoins très - avantageuse à sa postérité (1197).
Le roi d'Aragon, Alphonse ii, était mort Tannée précédente et avait eu pour successeur son fils aîné, Pierre n; son second fils Alphonse hérita du comté de Prorence*
Le roi de Navarre , Sanche vi , passa en Afrique dans Pespoir d'épouser la fille de Témir Al-Mottménim, qui lui aurait cédé , en faTCur de ce mariage , ses possessions dans la Péninsule (11^). Cette démarche imprudente n^eut d'autre effet que d'atth'er contre lui les armes des rois de Castille et d'Aragon. L'Alava, la Biscaye et le Guiputtcoa furent enlevés à la Navarre et incorporés pour jamais à la Castille; le roi d'Aragon s'empara aussi de quelques portions de ce royaume , et ce fut là tout le fruit que Sanche retira de son alliance avee les Almohades. L'émir Al-Mouménim, avec lequel il était allié, mourut pendant qu'il se trouvait à sa covr, et son successeur M ohammed-Aben-Jacob déclara à Sanche qu'il pouvait épouser sa sœur, mais qu'il ne loi céderait pas un village de ses domaines en Espagne.
En 1200, la Castille contracta une nouvelle alliance avec la France ; Blanche , la secmide fille d'Alphonse vm, épousa l'héritier du trône de l'Yance, qui depuis fut Louis vm, père de saint Louis. Par suite de cette alliance, Alphonse prit part à la guerre de PhOippe- Auguste, roi de France, contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre, et aida son allié à conquérir la Guienne.
A la sollicitation du souverain pontife Innocent m, les rois de Castille , d'Aragon , de Léon et de Navarre,
I Elle avait été , comme nous Tavons vu plus liaut , fiancée à Conrad, fils de Tempereur; mais le mariage n'avait pas ca lieu.
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firent on traité de paix et d^alliance contre les infidèles. Xe pape menaça d'excommunier le premier d'entre eux qoi viendrait à rompre cette paix. U était temps que les Tols chrétiens songeassent sérieusement à s'unir contre leor ennemi commun, car jamais celui-ci ne s'était montré plus terrible et plus menaçant. L'émir Mohammed faisait d^menses préparatifs, et publiait la guerre sainte; son armée montait, diH>n, à cinq cent mille hommes, qui se préparaient à inonder la Péninsule. L*émir Al-Mouménim se croyait si sûr de faire la oon-* qoéte de l'Espagne et même de l'Europe entière , qu'il écrivit au pape que l'église de Saint'-Pierre de Rome servirait bientôt d'écurie à ses chevaux. Le pape ré* pondit en publiant contre lui une croisade, et en accordant les mêmes indulgences, pour ceux qui se croiseraient en Espagne, que pour ceux qui allaient combattre en Palestine.
Cependant toute l'Espagne s'ébranlait pour la religion et la liberté. Les rois de Navarre et d'Aragon accouraient joindre leurs troupes à celles du roi de Gastille ; ceux de Léon et de Portugal envoyaient de l'argent et dès soldats. Bientôt une multitude de Français, d'Âllànands et d'Italiens franchirent les Pyrénées ; mais leur coopération fut plus funeste qu'utile. Ils voulurent commencer par piller les riches Juifs de Tolède ; les Espagnols s^ opposèrent. Ils voulurent ensuite piller les Maures qui avaient capitulé, après avoir vaillamment défend^i la ville et la citadelle de Galatrava; le roi de Gastille maintint cette capitulation , et les croisés , mécontents , repassèrent les Pyrénées, laissant les Espagnols réduits à leurs propres forces. Gette défection ne découragea pas Alphonse; suivi des rois de Navarre et d'Aragon, de vingt évêques et d'une armée de cent mille hommes, U s'avançA à la rencontre des Almohades, et leur livra bataille le iU juillet 1212, près de Tolosa.
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Le roi de Castille commandait le cori>s de bataille , celui de Navarre la droite, et TAragonais la gauche; la mêlée dura presque tout le jour; Témir Al-Mouménim, Têtu de noir , enviromié de ses plus braves chevaliers , combattait le koran dans une main et le sabre dans Tautre; son poste était une espèce de cercle formé par des pieux reliés entre eux par de fortes chaînes de fer. Longtemps la victoire fut indécise , et Alphonse , sans Tarchevêque de Tolède, se serait jeté au milieu des bataillons ennemis pour ne pas survivre à une défaite qu'il croyait certaine; cependant, vers le soir , les Arabes, presque nus et armés à la légère, ne pouvant résister aux chevaliers chrétiens couverts de fer, commencèrent à fuir en désordre; ce fut le signal de la déroute. Le roi de Navarre acheva de déterminer la victoire en forçant le retranchement où se tenait Mohammed , et celui-ci prit la fuite , en poussant un cri de désespoir. Celte journée mémorable, qui sauva 1^pagne et rendit aux chrétiens une supériorité qn^ils ne perdirent plus, coûta, dit-on, plus de deux c^t mille hommes aux mahométans;
Chacun dans cette bataille avait fait son devoir. Lç roi de Navarre avait noblement effacé la tache de ses liaisons avec les Almohades >. Le roi de Castille, pour lui témoigner sa satisfaction, lui rendit quinze places, et lui abandonna ainsi qu'au roi d'Aragon le butin immense qu'on enleva aux infidèles.
Le troisième jour après la bataille, les chrétiens re-
1 En souvenir de l'exploit par lequel le roi de Navarre détermina le gain de la bataille , il igouta à ses armes , qui n'étaient qu'un éeu de gueulei plein^ une double &rle de ckatnei avee^une émeraude <iu milieu. On peut voir ces amies, écartelées avec celles de France» sur les pièces de monnaies d*Henri iv, de Louis XIII, de Louis xiv et de Louis xv. Alphonse s^outa aussi, en m<^moire de ceUe journée, aux armes de Castille, «mm four d'or iur un éeu de gueules.
prirent les opérations et soumirent tout le pays jusqu'à Baêza ; cette ville se trouva déserte, à Texception de la mosquée où S'étaient réfugiés un grand nombre d'habitants; on y mit le feu, et tous périrent ou furent faits esclaves. Le siège dUbeda arrêta quelque temps Tarmée chrétienne; puis la disette et les maladies forcèrent les rois à se retirer, après avoir mis de bonnes garnisons dans les places craquises.
De retour à Tolède, où il fut reçu en triomphe, Alphonse institua une fête qui devait se célébrer chaque année sous le nom de Triomphe de la Croix, pour perpétuer la m^émoire d'un événement , qui décida en grande partie du sort des Maures en Espagne. Mohammed était retourné en Afrique après la journée de Tolosa; il y vécut méprisé de ses sujets, et dans cette obscurité qui accompagne ordinairement les princes malheureux.
Tandis que le roi de Gastille était occupé de cette importante guepnre, le roi de Léon n'eut pas honte de profiter de l'embarras de son cousin, pour reprendre toutes les places que les Castillans avaient conquises. Alphonse de Gastille se conduisit dans cette circonstance avec une grandeur d'âme remarquable ; au lieu de commettre des hostilités , il invita le roi de Léon à une entrevue à Valladolid; il lui fit sentir la nécessité pour les princes chrétiens de vivre en bonne intelligence ; et pouc lui prouver de son côté son désintéressement, il lui céda non-seulement les plxices qu'il avait reprises, mais plusieurs autres encore qu'il désirait, exigeant, seulement, pour prix de ces sacrifices , qu'il se réconciliât avec le roi de Portugal avec qui il était alors en guerre, et qu'il s'engageât dans une ligue contre les musulmans.
Par suite de cette ligue , les rois de Gastille et de Lton continuèrent Tannée suivante la guerre contre les Maures, mafs avec moins de succès qu'on aurait pu
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reapérar , après la défaite de Tolosa. Gela tenaila répoisemeot oà se troiiTaîeBt ces deux royaunes, ravagés depuis si hmgtemps par la guerre étnuigère et par la gaerre civile.
Celte année, 1213, le roi d'Aragon Pierre n, étant allé en Langoedoc an secours dn comte de Tonloosey fat tné le 17 septembre à la bataille de 11 oret gagnée par Simon de MontforL U laissa son trdne a son fils Jacques i, encore enfant.
En 12ià, le roi de Castille invita le jnâ de Léon à.nne entrevue à Placentia , pour concerter ensemUe la continuation de la guerre contre les Mahométans. En se rendant à cette entrevue, Alphonse vm fut attaqué d'une fièvre maligne à Guttière-Munos près d'Arevalo, et y mourut la nuit du 5 au 6 août Son corps fut transporté au monastère de las Hudgas de Burgos, quil avait fait bâtir pour y être inhumé.
La valeur de ce prince, son amour pour ses sujets, son zèle pour la religion, la protection qu'il accorda aux gens de lettres, lui ont mérité un rang distingué parmi les rois d'Espagne, et le font regarder comme un des fondateurs de la gloire de cette nation. Il suivit avec persévérance , et plus constamment qu'aucun autre roi , le projet de chasser les Maures d'E^gne; on lui reproche de n'avoir pas su profiter.de ses divers succès; mais cette faute ne doit-elle pas être imputée plutôt à l'organisation des armées d'alors, qu'il n'était pas pos* sible de tenir longtemps réunies rDu reste, on ne peut lui dérober la gloire d'avoir réparé les rovers qu'il essqya avec une fermeté supérieure aux événements, n porta an plus haut point le désintéressement, la libéralité , la valeur, la modération, la magnanimité et l'amour de sa patrie ; il jouit, surtout dans les dernières années de sa vie, du bonheur d'être aimé et respecté. Les larmes que la Castille répandit sur son tonibeau étaimit une juste
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récompense des travaux auxquels il se livra pour défendre son royaume, Tagrandir, et y faire naître le goût des sciences et des lettres.
Il laissa de la reine Eléonore ( morte deux mois après lui), Finfant don Henri et quatre princesses : Bérengèré, qui avait épousé Alphonse ix, roi de Léon; Blanche, mariée à Louis vui, roi de France; Urraque, mariée en 1208 à Alphonse ii, roi de Portugal; et Eléonore qui épousa , en 1220 , Jacques i , roi d'Aragon.
i!ipb0Bse vm avait fondé, en 1208, Tuniversité de Palenda , la plus ancienne d'Espagne. Il ût venir d'Italie et de France des savants pour remplir les chaires, et les combla de bienfaits.
ROTAUMB DE CASTILLE : HEKRI 1*% 121/ihl217.