‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 50 sur 84 · ALPH0II8B L · texte numérisé non relu

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le centre du pouvoir et du gouvernemeut , mais bien les grandes et puissantes familles du pays. Celles-ci influent non-seulement sur les événements intérieurs , mais elles s^emparent aussi de tout le pouvoir militaire contre les ennemis extérieurs. Il est vrai que Forigine de cette aristocratie, qui s'élevait au-dessus du pouvoir royal ^ ne remonte pas à la même époque dans les cinq états chrétiens, mais tous en contenaient déjà le germe depuis longtemps. Partout, en effet , Tépée et la bravoure étaient les seuls moyens d'élévation ; partout la nécessité d'être toujours armé , pour combattre les étrangers , avait créé un esprît belliqueux qui , pendant la paix extérieure , avait peine à se soumettre aux lois. Un tel état de choses devait naturellement amener la lutte de la force brutale contre le gouvernement. Sans doute la Péninsule ne manquait pas de rois énergiques et puissants qui savaient défendre leurs prérogatives; Sanche m de Castille, Alphonse de Portugal, Ferdinand u de Léon, Sanche vi de Navarre, et Raymond Bérenger de Catalogne et d'Aragon, étaient des princes qui, dans de nombreuses batailles, avaient donné l'exemple de la bravoure à la tête de leurs chevaliers. Mais le colosse de l'aristocratie devint bientôt si puissant, qu'après la mort de ces rois leurs héritiers mineurs ne furent plus en état de le contenir et de résister à ses envahissements. On en vit la première preuve après la mort de Sanche m ; et pendant la minorité de son fils, un exemple analogue se reproduisit en Aragon et en Catalogne, par suite du décès du comte ou roi Raymond Bérenger, qui laissa aussi un fils mineur, Alphonse ii.

Ce siècle fut aussi celui de la fondation des ordres religieux militaires , qui .résument toute la pensée de cette époque à la fois religieuse et guerrière. Nous avons déjà parlé de l'ordre d'Alcantara, fondé |iar Alphonse vn. Celui de Calatrava date du règne si court de Sanche m.

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et aoo oiigioe mérite d'être rapportée , parce qu'elle dooD« ODC idée des mœar» de l'époque.

Les nmsnlnians «'avançaient avec mie armée nombreuse contre Ca]atrava;Ies templiers, â qui cette forleresie élalt confiée, désespérant de pouvoir la défendre, la rendirent au roi de Castille. Il se trouvait i cette époque à Tolède un bomme pieux, l'abbé Raymond de Fltero,et chez lui nn moine nommé Diego Velasqnei, appartenant à une famille noble et qui Jadis s'était distingué à la guerre comme chevalier ; ces deux hommes se chargèrent de la défense de cette place, et prldrenl le roi de la leur confier. Sancbe , charmé de cette ofl^re Inattendue, leur promit, s'Ill'arrachaient aux Sarrasins, de leur en donner la souveraineté. L'archevêque Jean de Tolide appuya l'abbé et son aillé, en accordant une Indulgence plénière à tous ceux qui s'armeraient pour la dC'fense de Calatrava. En pen de temps l'abbé eut autour de lui plus de vingt mille combattants, et ceux qnl ne poqvateDt assister en personne à celte expédition lai envoyèrent des chevaux, des éqaipi;ments^ des provisions ei de l'argent, en sorte que la forteresse fut bientôt pourvue de tout ce qni était nécessaire. Les Sarrasins n'osèrent l'attaquer, et Calalrava fut sauvée.

L'abbé Raymond réunit un certain nombre choisi parmi ceux qui étalent accourus à la défense de Calatrava ; il en forma une confrérie qu'il soumit à l'observance de Clteatix, mais avec des fonnes guerrières. Cette confrérie prit le nom de l'ordre de Calatrava , et acquit UentAt une grande considération et d'immenses richesses. Trois ans après la fondatitm de l'ordre de Calatrava, un nouvel ordre militaire fut fondé à Saint- Jacques en Galice et devint également riche et poissant.

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