‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 53 sur 84 · ARAGON : JACQUES V^ , DIT LE GONQUERANT · texte numérisé non relu

ARAGON : JACQUES V^ , DIT LE GONQUERANT

NAVARRE : SANCHE VH, jusqu'en 123^.

THIBAUT I*', comte de Champagne.

PORTUGAL : ALPHONSE u, jusqu'eu 1223.

SANCHE II, DIT GAPEL , jusqu'en 12^8.

La mort de Henri i appelait au trône de Castille Bérengère ,. sa sœur aînée. Elle fut reconnue reine des

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deox GasUllei par les cortès da royaume assemblées à Valladc^d; mais, aussitôt après sa proctamation , elle abdiqua en faveur de Ferdinand son fils, né de son mariage ayec le roi de Léon. Ce jeune prince fut aussitôt salué roi par les cortès, aux acclamations du peuple réuni pour cette cérémonie ; il fut conduit ensuite dans réglise cathédrale, où tous lui jurèrent fidélité (31 août 1217).

Le r<rî de Léon, qui n'avait pas été prévenu, fut irrité de ce qu'on lui avait demandé son iils pour le faire roi , sans sa participation. Il prétendait lui-même avoir des droits à la couronne de Castille, et excité par le comte de Lara qui lui promettait son appui , il s'avança avec une armée contre Burgos , dans Tintention de détrôner son fils ; mais, voyant les Castillans disposés à lui résister, il se retira dans ses états.

La retraite du roi de Léon n'empêcha pas l'orgueilleux Lara de faire la guerre à son souverain. Ferdinand marcha contre lui à la tête d'une armée et le fit prisonnier, et telle était la puissance de cet homme, que le roi n'osa ni le faire mourir, ni même le priver de sa liberté. Alvar se retira à la cour de Léon , où il parvint encore à exciter Alphonse contre son fils et le décida à lui faire la guerre. Le roi de Léon entra avec de nombreuses troupes en Castille, et vint mettre le siège devant une petite place. Ferdinand s'avançait pour la défendre, quand Lara tomba malade. Les prélats profitèrent de cette occasion pour représenter à Alphonse l'injustice de la guerre qu'il faisait à son fils, qui, retenu par l'amour et par le respect dus à un père , se contentait de l'observer, quoiqu'à la tête de bonnes troupes. Ces remontrances engagèrent le roi à fever le siège et à signer la paix avec Ferdinand ( 1219 ). Lara , en apprenant cette nouvelle, sentit augmenter son mal et mourut de douleur.

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Le 30 novembre de la même année (1219), le roi Ferdinand épousa Béatrfx, fllle de Philippe, doc de Souabe et empereur d^Allemagne. Quelque temps après (1220), une nouvelle révolution éclata chez les Maures d'Espagne , et contribua à Taffaiblissement de leur puis- 'sance déjà si déchue. Quelques gouverneurs de provinces en Afrique s'étant révoltés contre Zeil-Arax, fils et successeur de Mohammed, les Maures d'Espagne saisirent cette occasion de se venger de la tyrannie des Almohades. Abén-Hut, descendant des anciens émirs de Saragosse, accuse les Almohades. d'à voir falsifié' le koran ; à l'aide du fanatisme et de son éloquence , il soulève les anciens habitants contre ces cruels conquérants. Tous sont égorgés en moins de quatre jours et on purifie les mosquées. Aben-Hut se fait proclamer roi de Murcie et <i'Andalousie ; Hohammed-ben- Abdallah se saisit de Bacza et du pays d'alentour, et Abnzeit se fait reconnaître roi de Valence.

Ferdinand voulait profiter de cette révolution pour attaquer les musulmans; mais auparavant il assembla les cortès du royaume à Burgos , et y fît reconnaître , en qualité d'héritier de la couronne, son fils don Alphonse, né en 1221, et qui depuis régna sous le nom d'AK phonse x. En 1222, il jfbrça le roi de Valence à se reconnaître pour son vassal, et franchissant la Sierra- Morena , il ravagea le territoire de Baëza , défit un corps de mahométans, et termina la campagne par la prise de Quesada et de quelques autres forteresses qu'il fit raser.

Chaque année, depuis ce moment, Ferdinand ne cessa de faire la guerre aux Maures, de leur enlever quelques places et de rendre tributaires quelques-uns de leurs petits rois. De son côté, le roi de Léon , renonçant tontà-fait à une guerre impie contre son fils, consacra ses dernières années à porter les armes contre les infidèles.

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n remporta snr eux plmiecirs victoires signalées, entre àotres une bataille près de Mérida (1229), leur prit l^mportante place de Gacerès , celle de Merida et d'au* très encore. Après cette dernière campagne, la plus ^orieose de sa vie , Alphonse ix voulut aller à Saint- Jacques pour remercier le ciel de ses succès; mais il fut attaqué en route d'une maladie dont il mourut le 23 septembre 1230. Ce prince, qui avait de grandes qualités , se distinguait aussi par de grands défauts. Il était brave, il aimait la justice, et il sut, par sa modération dans la levée des impôts, mériter Taffection de ses sujets, mais il était inquiet, turbulent, léger, inconstant; il parait qu'il ne pardonna jamais à son fils son élévation au trône de Gastille, car par son testament il voulut le priver de celui de Léon, dont il était lliéritier légitime.

On doit à Alphonse ix la fondation de la célèbre université de Salamanque , en 1225.

Ferdinand , en apprenant la mort de son père , malgré le testament qui Texcluait du trône et y appelait ses deux sœurs dona Sancha et dona Dulce , entra dans ce royaume avec une puissante armée. Ses sœurs n'essayèrent pas même de faire valoir le testament de leur père , et s'empressèrent de se désister de tous leurs droits en faveur de leur frère. Ainsi s'opéra encore une fois la réunion des royaumes de GasHlle et de Léon , qui ne furent plus divisés depuis.

La même année, Abuzeit, roi de Valence, détrôné et diassé de ses états, se retire en Aragon, embrasse le christianisme, et cède ses droits sur Valence à Jacques, roi d'Aragon.

Cette année est l'époque de la puissance des rois de GastUle et d'Aragon. Le premier, maître des deux Castilles, de Léon, des Asturies, de l'Estramadure, de la Galice et de la Biscaye, c'est-à-dire de près de la moitié de l'Espagne , ajouta bientôt à ses domaines toute l'An-

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daloosie , et devint lui seui plus puissant que tous les autres rois ensemble, tant par retendue de sa domi-* nation que par le nombre, la valeur et la soumission de ses sujets.

Jacques i, maître de TAragon, de la Catalogne, des lies Baléares, du Roussillon, adopté par le roi de Navarre, eût laissé à ses successeurs une puissance aussi redoutable, sises sujets, braves et guerriers, eussent été moins fiers et plus soumis ; si l'adoption de la Navarre eût eu lieu, et si les Aragonais n'eussent pas porté leurs armes en Sardaigne , en Corse et en Italie, ce qui affaiblit et ruina même le centre de lem* monarchie.

La Navarre resta toujours im état souverain, mais pauvre, faible et languissant. Quant au Portugal, il s'agrandit insensiblement, et s'il ne put jamais atteindre en Europe à une étendue bien considérable, les immenses possessions qu'il acquit au-delà des mers, son commerce, ses richesses, le rendirent bientôt un des plus puissants états de la chrétienté.

A ces quatre royaumes chrétiens il faut ajouter un royaume mahométan, fondé sur les débris de la domination des Maures ; c'est le royaume de Grenade. Un homme tiré de la charrue en fut le premier souverain. Il commanda à des peuples laborieux , riches , braves , nombreux et pleins d'industrie. Sa famille conserva ce trône pendant plus de deux siècles , tantôt avec le secours de l'Afrique , tantôt par les ressources d'une adrdte politique. Tous ces royaumes , à l'exception de celui du Portugal, se fondront bientôt en une seule et grande monarchie, comme nous le verrons dans le chantre suivant.

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