‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 56 sur 84 · ARAGON : JACQUES O · texte numérisé non relu

ARAGON : JACQUES O

XAVARBB : JEAHNE V ET PHDLIPPB LE BEL, jusqu^en

LOUIS LE Hnnf , ROI DE fraucb et de rayarre*

PCmTOGAL : DEHIS, DIT LE LIBÉRAL ET LE

DE LA PATKIE.

Ferdinand iv, fils aine de Sanche m , n'aTait qae dix ans, lorsqa^après les fanérailles de son père il fut proclamé roi dans la cathédrale de Tolède, et ensuite dans rassemblée des cortès à Valladolid. Malgré cette double proclamation , jamais coaronne ne parot phis chancelante qae la sienne; les Lacerda, la France, FÂragon , le Portagal , Grenade et llnfant don Jnan , se déclarèrent tous ensemble contre le nouveau roi. En même temps, deux factions puissantes se disputent la régence et veulent Tenlever à la reine Marie, appelée à Fexercer par le testament du feu roi. La première de ces factions se composait de la plupart des grands , qui revendiquaient la jégence comme un privilège de la noblesse ; la seconde soutenait les prétentions du prince Henri , grand oncle du roi mineur , revenu rfeemment de sa longue prison, à Naples, et qui voukiit cette régence exclusivement à tous les autres, d'abdrd parce qu'il était le premier gentilhomme du royaume, en second lieu parce qu'il était premier prince du sang royal. Pendant ces débats , Hnfant don Juan , appuyé du roi de Portugal , s'empare de la Galice , puis de Séville, et se fait proclamer roi de Léon; Alphonse de Lacerda , secondé par le roi d'Aragon , prend le titre de roi de Gastille à Sëhagun ; en même temps le roi d'Aragon faisait la conquête de Murcie ; le roi de Grenade ravageait l'Andalousie et battait l'Uifant Henri à Arjona; enfin le roi de Portugal, qui comptait la Gastille perdue , s'empressait d'en arracher quelques débris.

Au milieu de tant d'embarras, les Cortès a88eml>lées

FERDUfAlID lY. 163

à Valladolid reconnurent le droit de l'infant don Henri à la régence. La reine mère , poar ne pas aagmenter les dilficaltés de sa position , consentit à cette décision mais elle eat l'habileté de ne remettre ni la puissance ni la personne du roi entre les mains de Tinfant, et de ne lui laisser qu'un vain titre, dont elle conserva toute Tantorité. Durant toute cette minorité, elle défendit avec autant de constance que de courage le trône de son fils attaqué de tous côtés , et elle fut assez habile pour déjouer les complots de tant de puissances ennemies ; sa conduite , au milieu de ces ambitions rivales , qu'elle parvint à désarmer ou à satisfabe , fut un chefd'oeuvre de politique et de dextérité. Elle eut l'adresse de détacher d'abord de la ligue le roi de Portugal , en lui sacrifiant quelques places ; trahie par des généraux qui ne demandaient que la guerre et les troubles, elle se mit elle-même à la tête de son armée, et remporta quelques avantages brillants ; elle obtint du pape Boniface vm la confirmation de son mariage avec le feu roi , et par là elle fit disparaître la tache d'illégitimité que ses ennemis reprochaient au roi régnant et à ses frères. Le roi d'Aragon se détacha de lui-même de la ligue, pour aller faire la conquête des Iles de Sardaigne et de Corse , dont le pape lui avait donné l'investiture , et pour détrôner son propre frère le roi de Sicile. Juan de Lara , le principal et le plus puissant partisan des Lacerda, tomba au pouvoir de la reine , qui le traita avec générosité et lui rendit la liberté, à condition qu'il s'engagerait à ne pas porter les armes contre le roi. Cet événement perdit le parti des Lacerda, qui acheva d'être accablé en apprenant que Hnfant don Jiian avait fait sa soumission. Enfin , pour cimenter son alliance avec le roi de Portugal , la reine lui demanda en mariage sa fille Constance pour le roi 80D fils (1313).

i6U FERDINAND IT.

De tant d'ennemis, il ne restait plos que le roi d'Aragon « occopé ailleors il est vrai , mais tonjours menaçant , et toujours partisan des Lacerda. Le roi Denis offrit sa médiation entre son gendre et le roi d'Aragon , et bientôt un traité de paix durable fut signé à Campillo , entre Sanche iv et Jacques n. Par ce traité , une partie du royaume de Murcie fut cédée à TAragonais , qui restitua ses autres conqnêtes. Pour ne laisser aucun sujet de discorde, on convint de s'en rapporter à l'arbitrage des rois de Portugal et d'Aragon , au sujet des prétentions d'AIpbonse de Lacerda , alors retiré en France. Les deux rois médiateurs décidèrent qu'Alpbonse renoncerait au titre de roi, et qu'on assignerait à lui et à son frère un certain nombre de villes pour apanage, avec le titre d'Infant de Gastille; Ferdinand Lacerda consentit à cet arrangement , mais Alphonse , que rien ne pouvait consoler de la perte d'unç couronne, se plaignit hautement d'avoir été sacrifié , et refusa de souscrire au traité. Il se rendit à la cour de Philippe le Bel, pour demander de nouveau secours. Mais le roi de France , dont les prédécesseurs avaient toujours échoué en Espagne, n'osa s'engager dans une guerre douteuse, pour soutenir les droits d'un prince malheureux et rejeté de toute la Gastille.

Tels furent les résultats de l'administration sage et habile de la reine mère ; car son influence se prolongea au-delà du terme de la minorité de son fils. Malheureusement celui-ci était incapable de continuer l'œavre si bien commencé par sa mère. Dans les luttes qull eut toujours à soutenir contre les grands, au lieu d'user de l'adroite politique de sa mère , il se laissa souvent aller à des emportements indignes d'un rd, ou à des actes que l'équité condamnait. Du reste, il maintint la paix et les alliances avec les princes chrétiens. En id09, il se coalisa avec le roi d^Aragon »

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