DE LA PATRIE
A l'avènement de Sanche iv au trône de Gastille, TEspagne se trouvait dans une position très-critique*
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Le roi de France , $ qui Jeanne avait apporté la Navarre , menaçait i'Aragon , et Sanche avait à comlMittre les Lacerda et llnfant don Jnan qui voulait se mettre en possession de TAndalon^e, que son père loi avait cédée par testament. La conformité de situation , jointe à celle de caractère «t aox liens da sang, unit étroitement Sanche iv et Pierre m. Mais la mort deceloi-d, arrivée en 1285 « enleva cet allié an roi de Gastille , qui ne trouva pas son successeur Alphonse m aussi bien disposé à épouser ses intérêts.
Les onze années du règne de Sanche m furent une suite mm interrompue de guerres civiles et de guerres étrangères , occasionnées par les prétentions de ses neveux et de son frère don Juan. Nous indiquerons les principaux événements.
En 1289, Sanche, intimidé par le roi de France, signa un traité par lequel il cédait aux fils de Ferdinand le royaume de Murde pour eux et leurs desc^dants , en toute souveraineté. Mais les deux Lacerda refusèrent de ratifier le traité, parce que le roi d'Aragon Alphonse m , alors ennemi de Sanche , les en détooma , et les choses restèrent dans le premier état. Don Juan, fatigué de demander inutilement à son frère la cession de TAndalousie, passa en Afrique auprès du roi de Maroc , qui lui donna des troupes avec lesqueUes il vint assiéger Tarifa. Alphonse de Guzman, dont la fidélité et la grandeur d'âme mérite de passer à la postérité^ commandait dans cette importante place; son fils , jeune encore , était tombé entre les mains de rinfant , qui le fit exposer à la vue de Tarifa , avec menace de le faire périr, si le gouverneur ne livrait pas la place. « Si vous commettez un crime aussi atroce, répondit Guzman en lui jetant son épée , vous qui êteft né prince et chrétien, sachez que non-seulement je préfère le sacrifice de mon fils à la perte de mon hon-
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near , mais que j'aurai le courage de tous donner des armes pour exécuter le meurtre que tous méditez. » Tandis que cet héroïsme admirable tenait en suspens chrétiens et Maures, don Juan plongea son poignard dans le sein de Tenfant Ce trait de cruauté souleva contre lui toute TÂndalousie et il fut obligé de s'enfuir à Grenade.
Sanche, attaqué depuis quelque temps d'une maladie de langueur , mourut à Tâge de trente-six ans ( 25 avril 1295 ). Les prétentions des Lacerda , les révoltes de ises frères et des plus puissants seigneurs du royaumcl» les guerres étrangères qull fallut soutenir , la vue des troubles dont la Gastille était menacée après sa^mort, toutes ces choses ne lui permirent pas de goûter «n instant de satisfaction sur ce trône, qui lui avait coûté tant de sang et de crimes. D se fit remarquer par Boa courage et sa fermeté, mais son ambition , sa cruauté , son ingratitude envers son père ternissent ses qualités. Il mourut dévoré d'inquiétudes sur le sort de ses enfants. En effet, son mariage n'avait point été confirmé parle pape. Les Lacerda conservaient un parti puissant , et les frères de Sanche étaient intéressés à contester l'état des jeunes princes. Malgré la précaution que [urit le roi , avant sa mort , d'exiger des grands du royamne le serment de fidélité pour son successeur , celui qui monta après lui sur le trône aurait eu le même sort que les Lacerda, sans la constance, la fermeté et l'haute politique de la reine sa mère.
FSEDUTAIID IV , SDRN OimÉ l'AJOUBHÉ. 1205-1312.