‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 2 sur 57 · INTRODUCTION. PEN · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. PEN

êe véritable DronpAr ICE dans un Mat état. Oubli nos passions d’une politique infructueuse ; travaillons à la prespérité de notre com munauté, et transmettons à notre postérité , cette Patrie que nos pères ont si chèrement conquise. Si Haïti siccombe, ’amais peut être le noir et ses descendans ne formeront dans le Nouveau Monde un peuple indépendant. Nous nous serions tous fait exterminer en défendant héroïquement le sol qui nous a vu naître; mais nos ennemis, tout en respectant notre mémoire, en considération de notre chûte glorieuse, se croiraient le droit de “proclamer que les Africains et leurs dvendans ont été incapables de se gouverner.

appelens- nous sans -cesse le sort de la m'Ilheurense f'ologne , de ce penple généreux , brave, aux nobles élans, mais aux institutions vicieuses , résistant aux progrès de l'esprit humain , et conservant, pendant que les autres nations se polissaient en se fortifiant, les mœurs , les usages, les régiemens des anciens Slaves. Ce peuple qui sauva l'Europe du joug des barbares Mongols, Mures, Tartares, et qui, sous les murs de Vienne conduit par. le grand Sobieski . sauva la chrétienté , tomba en un jour sous les coups de ses voisins régénérés, autrefois ses tributaires.

Appelons franchement dans notre sein nos frères e tous les points du globe ; offrons-leur une organisation assez forte, assez protectrice, assez de garanties dordre et de stabilité pour qu'ils pu issent vivre parmi nous. Appelons sur notre sol l’industrie et les capitaux de l'Europe; nous devons le faire. sous peime des plus grandes calamités, car craignons, si nous ne faisons prospérer le magnifique territoire que Hi OUS OCCUPONS , que l’étranger , croyant la la proie facile. n'allonge la main pour s'en saisir. Nous sommes prêts à verser tout notre sang pour lPindépendance de notre pays; nons jetons malédiction sur ceux qui voudratent voir les baïo:ettes étrangères dominer sur. nos rivages ; mais ce n’est pas assez encore : le génie d'Haïti veut que nous ayons l'orsueil de nous élever à la hauteur des nations les plus civilisées. |

Hinitons les peuples noirs et jaunes qui font des efforts pour atteindre à la plus haüte civilisation. En attendant que nous ayons de solides établissemens d'instrnction publique, d'arts et de métiers, que notre gouvernement envoie à l'étranger nos jeunes concitoyens. Par les voyages leur patriotisme etleurs connaissances s’épureront, et ils reviendront avec d'immenses riches. se intellectuelles dans leur patrie qui en proñtera Les orgueiletix Romains énvoyaient bien leurs fils s’instruire en Etrurie et plus tard à Athènes. Pierrele-cran : rêvant à la régénération des Moscovites , sentit la nécessité de parcourir lEurope pour s'instruire dans les Arts. ?

Quel grand élan Mehemet-Ah ne dormatil pas à l'Egypte moderne, en utilisant les connaiseances acquis s en Europe par les jeunes africains qu il y euvoyait en grand nombre, chaque année.

T'ous nos efforts doivent tendre vers notre régéné ration. F

Ceux qui sont à la tête des sociétés , qui travaillent au bonheur et à la gloire des peuples, ne doivent jamais se décourager: si le feu sacré , de grandes vertus les animent, s'ils sont méconnus ou persécutés , 1ls trouveront leur récompense dans la justice infaillible de l'histoire.

L'histoire est compatissante, mais elle est . aussi impitoyable: elle trouve un Tacite pour immortaliser les vertus d'un Germanicus, et elle trouve un Macite pour flétrir les crimes d'un T'ibère.

Que l’amour de la patrie ne nous abandonne jamais: nous devons à Haïti . que nos pères ont fondée par tant de sacrifices , notre sang, nos lumières

will | YNTRODUETION.

et notre fortune. Si de barbares et d’injustes envahisseurs l’attaquaient , et que le sort lui fut contraire , ensevelissons-nous dans de nouveaux "Thermopyles.

T. MADIOU fils.

Pai consacré à cette histoire, pendant plusieurs années, la plupart de mes moments de loisir, En lécrivant J'ai toujours eu en vue la liberté qui seule forme des cioyens ; jai flétri le vice et la tyrannie; je me suis eflorcé de faire chérir la vertu, et de démontrer que Les peuples qui ont joui de la liberté et de. l’ordre public ont prospéré, La jeunesse qui, dans un état, grandit étrangère à ces idées , demeure sans âme ; elie ignore les sentimens de l'honneur, et chez elle le patriotisme s'éteint, comme dans . les contrées où, par un infàme système, tous les élans de générosité sont comprimés.

fai consulté les auteurs espagnols, français, anglais et américains qui ont écrit deu 1492 à 1789, et depuis celte époque jusqu'à nos jours, de nombreux mémoires , des correspondances, rapports officiels, bulletins, feuilles publiques. Jai interrogé surtout les acteurs, les témoins des évènements, enfin la plupart des vieux débris de notre gloire nationale. ; î

Q@aoiqua cette histoire puisse être plus détaillée, elle est cependant assez /circonstanciée, pour que le lecteur en la parcourant acquüière une connaïssance parfaite des évènemens qui se sont déroulés de 1192 à 1827 exclusivement.

Je dois un tribut de reconnaissance à plusieurs de nos vétérans qui se sont, fait un véritable plaisir de me raconter Îles événemens qui s'étaient passés sous leursyeux;, et de me découvrir les causes de nos drames révolutionnaires. J'ai souvent été attendri par les larmes que le souvenir de nos jours de gloire leur arrachait.. Jeci terai parmi eux les généraux, Bonnet, Borgella, Dalzon, Alam, Inginac , lecolonel Bigail, le citoyen Romillon St. Rome, les généraux Souffrant et Frémont. Je, ne puis oublier les citoyens Baubrun Ardouin , ex-ministre et sénateur ; Céhony.. Ardouin , secrétaire-d'état au département de Pintérieur, ÆE. Séguy Villevaleix, an cien secrétaire partiuler du Président Boyer et mon père, ancien sénateur , qui m'ont, donné toutes les explications que J'ai pu désirer, quant à l'administration de la Ré publique de 1818 à 1887. 2 À |

Pour Timpression de cet ouvrage j'ai été aidé par le zèle de mes compatriotes, et par la plupart des étrangers qui habitent Haiti. Parmi les premiers je citerai MM, J. Paul, Dupuy, Larochel, (C. Ardouin B. Ardouin; parmi les derniers MM: Sewel!, Hearné et Twedy. Ÿ F8

L’abrégé de cette histoire fut adopté, en 1845, par le conseil des Ministres , poux enseignement de l’histoire d'Haïti, dans les établissements d'instruction publique, sur la recommandation du citoyen Beaubrun Ardouin, alors ministre de l'instruction publique. ”

Je prie le lecteur de se montrer indulgent quant à ce qui concerne le*style de cet ouvrage ; jé me suis seulement efforcé d’être correct, car à 1800 lieues du fo: yer de notre langue, dans un pays ou presque toute la population parle le eréoie, il est presque impossible que le français ne subisse pas l'influence de nombreux idiotis mes que cependant j'ai taché d'éviter, | ne

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